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Andy Verol & Hirsute

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

Présentation

Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/



Sortie du second livre d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, le 25 juin 2008, aux éditions Scali. Infos ici: http://www.scali.net/




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A lire absolument

Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/

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C'est toujours plus beau quand il fait beau, idiot... | 24 décembre 2007

Viens dans mes bras. Approche-toi et viens dans mes bras. Fais pas ton timide, ta mijorée, fais pas l'idiot, viens me voir, que je te sers dans mes bras. ça te fera du bien, tu pourras te soulager sur moi. Tu pourras aussi me parler de tes causes humanitaires, tes idées politiques, tes amours déchus, tes ombres existentielles, en te soulageant, bêtement, là, contre la cuisse de mon jean H&M.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 11:25:11 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

La banquette est en cuir, me colle au cul. | 24 décembre 2007

La banquette de la Velsatis est en cuir noir. La peau de mon cul colle, adhère fort avec la sueur. Je ne sais pas depuis combien de temps je roupille là, à poil, derrière les vitres fumées de la grosse caisse. Je suis allongé sur le dos. Mes bras tremblent parce que le moteur tourne. dehors, un black maigrichon aux biceps veineux-secs-durs hurle, lève les bras, invective, menace de l'index...

Il est une certaine heure du jour. C'est sûr. C'est certain. J'ai bien sûr le souvenir de moi, de ma vie, de ce que j'ai pu vivre ou survivre. Mais je ne sais pas. Je n'en sais rien. Je ne sais pas ce que je fais là, pourquoi je sais que je suis dans une Velsatis, que ce black qui agresse les passants, est menaçant. Le temps est gris tendant au blanchâtre. Le jour est chatré, la salope. Les passants puisent dans leurs forces d'êtres urbains pour avancer sur les trottoirs.

J'ai les jambes écartées. L'entre-cuisses en sueur. Les poils collés sur la peau. Le moteur tourne. Engourdi par la chaleur qui règne en souveraine à l'intérieur de la berline, la bagnole, la caisse. Mes roubignoles scotchées au cuir. La la que c'est bien, au moins à moitié bien. Et très bien aussi. Saillant c'est. Serrant. C'est troublant. Le moteur tousse. Un signal sonore indique que la jauge est presque vide. Comme je n'ai plus de sous, que je n'ai plus de vêtements, que je ne sais à qui appartient cette voiture, biture, j'ai peur de l'instant où ça calera. ça s'arrêtera. Et voilà. Il y a bien l'idée qu'à un certain instant, je me suis sifflé des litres de vin. Le con. Que j'ai trempé, en bon dégueulasse, ma queue dans quelques gueuzes affamées, des jeunettes bourrées, que j'ai défoncé grâce à mon pseudo, mes livres qui vont sortir... Pour finir. Ici. Dans la Velsatis. Avec l'odeur de pisse aussi. Les souvenirs d'un fist aussi. Le chibre tendu d'un mec noir aussi. Les galoches rèches entre mecs. Les filles ne cessent de geindre. Comme si j'étais téléporté aux années du lycée où je ne comprenais rien à rien... La bedaine en plus. Les grosses boules dans les cuisses. Des tonnes d'hormones en moins. La honte en plus.

Pourquoi je fais ça moi? Comment je fais pour partir de là moi? Moi? Ce début de vieux dégueu. Ces années qui ont passées. L'odeur de pisse. Les kiss sur le pubis à celle qui s'appelait Iris. Ce pet aussi lâché sans crier gare, dans mon pif, dans ma bouche lovée dans la fente. Je ne veux plus ce genre de souvenirs. Je ne veux pas me rappeler ça. Tu sais je veux pas. je préférerais aider des gens qui crèvent... Je voudrais être bon, avoir de bonnes pensées... Je veux plus être con...

Le black sec frappe à la vitre. "Y a quelqu'un là-dedans fils de pute?! Ouvre! Sale partouzard de merde! Ouvre! T'as pas payé ta coco toute à l'heure enculé! Ouvre!" La Velsatis, ça doit être solide, je crois. J'ai de la craie gluante dans la calotte de ma bite. Le moteur s'arrête. Coincé là. Crever là. Je vais crever là. A poil.

"Ouvre fils de pute! Ouvre l'toubab, j'sais que t'es là l'partouzard! Ouvre!"

A suivre...

Vie et mort d'un mec qui ne créa pas de journal underground (Projet à l'attention de Poussière éditions)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 11:03:10 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Le mec qui ne se torchait plus, en attendant de vivre dans un grand verre | 23 décembre 2007

Il y avait évidemment en lui, dans lui, dans ses grands yeux noirs, la lueur, la fameuse lueur bidon que tout le monde y voir quelque chose d'important, une sorte de haine profonde enfoncée dans le bonhomme. Mais tu vois, ce ne sont que des conneries. Ces têtes de "chantmé" dans les films de merde américains. Faudrait peut-être pas les louper les Etats-unis cette fois-ci, faudrait pas non plus se rater, se cramer du premier coup en une guerre, une mondiale, une béton mondiale, une costaude quitte à finir à coup d'atomes pétés scission hein? Faudrait sans doute aussi que les braillards "bubars" se fassent sauter avec des décharges plus lourdes encore. Histoire qu'on en finisse, que leur Dieu les sauve, que celui des autres les sauve aussi, que les dieux de tout le monde sauvent tout le monde, les uns contre les autres, les uns dans les autres... Ce serait pas mal de ne pas échouer quand on balance des bombes sur les pays ennemis, histoire aussi de pas se coltiner une reconstruction qui ne ménera encore qu'à une résurrection puis à un pourrissement profond des rapports entre enfants petits-enfants de survivants...

Il serait bien que mondialement, on se loupe pas quoi. Qu'on nique la planète vraiment à fond, que nos gosses crèvent dans d'horribles souffrances histoire qu'ils ne soient pas blasés, comme nous, par des boîtes de marron glacés, des ordinateurs flambants beaux, des voitures avec des pneus qui évitent les aqua-plannings... Hein? Il faudrait vraiment pas passer, cette fois-ci, à côté de notre grande immense extermination commune, communiste limite, capitaliste-communiste! Ce sera bien. Vous verrez, autant les corps cramés, nous n'aurons pas à les renifler, puisque nous serons han ces corps hein? Han... J'ai envie de dégueuler de joie, de jouir, de suicide collectif mondial, tous ensemble, en une chaîne humaine de tarés, de cerveaux surdimensionnés. Vous le savez que vous êtes des raclures, que ça ne dure pas assez longtemps, que c'est inutile, que ce n'est pas viable comme ça, que vous ne voulez absolument pas tout réussir, bâtir, vous rêvez de détruire en jouissant, en prospérant. Moi aussi... Tuons-nous en nous enfilant mondialement. Han! Voilà quoi.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 23:47:00 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Oui, l'ici-haut a enfin décidé de reprendre son destin en main! L'ici-bas ne viendra pas jusque-là! | 23 décembre 2007

Toi, moi, ta famille de merde, ma famille de merde. Tous ceux qui résident sous un toit, chauffage, cadeaux pour les gosses à Noël, tombes bien nettes dans les cimetières, bouchons sur l'autoroute, lutte pour le pouvoir d'achat, passivité intellectuelle, incapacités mentales diverses...

Dégoulinants d'exigences: il faut respecter les "ici-haut", il faut être poli, il ne faut pas être sans activité, sauf si l'on est chanteur de variétoche ou de punk-rock, hip-hop à bourges et autres Aznavour.

Les fils de putains de l'Ici-Haut, se complaisent dans la lutte pour l'égalité, sans révolution, sans briser en millions de morceaux les chairs graisseuses...

Les putains de l'ici-haut se persuadent de l'efficacité de la recherche et de la réforme.

Les enfants de putains de l'ici se vautrent dans le luxe qu'est l'eau courante et l'ampoule électrique...

Les putains d'Ici-Haut créent des associations pour sauver les pauvres, inventent des conférences pour stopper la misère...

Les enfants de putains de l'ici-Haut se sentent la gueule les uns les autres pour savoir qui a le moins de problèmes de conscience quant aux crèves-la faim de l'Ici-bas.

Les acteurs blindés aux as se mobilisent pour les clochedus dans la rue. Les zozios du SAMU social trouvent cool de ramasser des clochedus pour les entasser dans des centres de concentration...

Je dis ça moi.

Je fais rien. Mais je ne prétends pas faire quoique ce soit... je t'explique. Je ne voterai plus parce que je suis mille contradictions dans le bide. Je ne vote plus parce que je n'élierai le pouvoir de personne sur moi et sur les autres. Je ne vote plus parce que mon espace unique de liberté, c'est un système économique qui me permet de remplir mon frigo, regarder les conneries à la télé, écrire des merdes sur internet, sur un ordi à 1000 euros et une connexion de killer à 29,90€ par mois.

Han!

Je regarde des clips de punk et de rap libertaires sur Youtube, et je me dis que je fais partie de la lutte, la vraie. Je fais partie du bord de ceux qui veulent tout péter. Qui veulent. Qui font pas. Qui attendent je sais pas trop quoi. Peut-être que Bové ou Bessancenot commencent le combat? Ouais... Aller en taule pour préserver nos champs de maïs pas OGM... Non mais attends, le maïs n'est pas une plante indigène, c'est une plante venue d'Amérique du sud. C'est une plante qui picole de la flotte comme une crevarde comme je me défonce à la vinasse. Le maïs, ce fut une plante parasite qui détruisit quand on l'implanta en Europe, des tas de plantes indigènes... Alors Bové défend quoi? Le maïs? han! Non! C'est à mourir de rire.

Idem pour Bessancenot, il lutte pour le pouvoir d'achat des plus pauvres? C'est pas une lutte, le pouvoir d'achat, c'est un crime.

Alors dans l'Ici-haut, bande d'enfants de putains, moi j'serai rien, une merde dopée aux OGM, soigné au nucléaire contre le cancer, concepteur de revues littéraires qui servent à rien, et à personne, bouffeur de bons trucs pendant les fêtes, puisque MOI, j'ai un morceau de famille, donneur de leçons aux bâtards de droite, aux croyants de toutes les religions, aux patrons, aux salariés, aux chômeurs, ...

Je serai comme tout le monde Ici-Haut, un buveur d'eau du robinet, frottant ma peau lisse avec le savon en boîte plastoc. J'essaierai de pas polluer trop la Terre, j'élèverai bien mes gosses, qu'ils aillent pas trop traîner avec des junkies, je ferai la picouze à mon chat tous les ans, je le pleurerai à sa mort, je dirai que je suis le plus généreux des mecs parce que j'ai été trois-quatre fois bénévoles aux Restos du coeur, je me défoncerai régulièrement la gueule à l'alcool, je chialerai comme une madeleine comme Fred chichin quand la maladie m'emportera en quatrième vitesse. Je resterai poli. Une fois de temps en temps je m'énerverai. Je ferai parfois semblant d'être touché par le bébé de la bonne femme dans le bus. Et puis j'écouterai les Béru et Keny Arkana à fond dans mon MP3, le casque et tout... Je serai révolté! Je serai de gauche! Je serai quelqu'un qui veut le bien de tous! Et je me ferai des petits plaisirs très souvent. Ici un chocolat. Là un paquet de chips goût Becon... Comme mes vacances avec Vidal à Ibiza. Les tee-shirts des Sex Pistols et Dead Kennedy's, les meufs qui flippent de se faire violer par nous, les bières acides, la techno-house  à deux balles, le freesbye sur la plage à 6 heures du matin en gueulant "Fuck les condés".

Allez va! ça fait mal au coeur... Han.

Don't touch it and suck it! Au somalien qui tend la main...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:52:08 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

C'est une période relativement perdue, un moment vivable... | 23 décembre 2007

S'il y avait des légumes dans le bac du frigo, nous n'aurions pas eu à bouffer la viande surgelée tassée dans le congélo. Nous avons un doute sur la consommation électrique du réfrigérateur... Les loin et les longs, les lits qui puent. Je mange de la viande. Je reprends de la viande. Tu reprends de la viande. Tu prends quelques pâtes, de la sauce en boîte, des poireaux vinaigrette, des moments, dans le coin de l'assiette où tu penses qu'il n'y a pas de place pour tout le monde. A ta table, il n'y a que ta naissance l'vagin au bon moment, au bon endroit de la planète, il n'y a que les autres, les potes, les quelques restes de famille potable. tu bouffes de la semoule en gueulant sur la condition des femmes, des enfants du tiers tiers tiers le monde. Tu prends du fromage, je te donne aussi du pain. J'ai la bouée qui a poussée la queutarde, sur le bord de mon ventre, dans ce coin-là de mon corps... "Il faut faire du sport et manger moins."

Devant la télé, dans la voiture, devant l'ordi, on grignote, on boit un café, on boit un thé, on croque des popcorns caramélisés... On monte un peu le chauffage. Il fait trop frais. On fait couler l'eau jusqu'à ce qu'elle soit chaude pour le cul de bébé... On pense... Pas.

Dans la zone limitrophe de ma vie, il y a des combats de gauche à mener. Mais j'ai cette espèce de façon d'être bien occidental... Je suis bien là, devant l'ordinateur. Me suis jamais senti aussi bien. Bleu. Nos gueules, on les a peintes en bleu pour faire bleu, pour faire message, pour faire mensonge. On se trahit pas. On reprend un morceau de pain pour saucer, un morceau de pain pour terminer le fromage fort, et le fond de vin rouge. La nappe est belle. Nous sommes tous belles les occidentaux à la table conviviale. Nous ne sommes pas méchants. Qu'est-ce que vous voulez? Qu'on se mette en danger? qu'on cesse de consommer? C'est un rêve ça. C'est le rêve des cinglés et des pauvres de ce monde. Han! Dans le delta de mon nihilisme râleur sur-nourri, je vois s'engouffrer des fantômes en millions, les miséreux, ces demi-existences... Ces fantômes qui veulent accaparer les biens, les obsessions, les réflexions, les systèmes sociaux, les armes, les principes éducatifs, la police, les terres des zombies violents, mollassons, troublants que nous sommes ici-haut.

Cassez-vous de chez nous les ici-bas! Han! "Tu veux un peu de Champagne avec ton île flottante?", han? "Ouais vas-y, on va s'culbuter dans la becquetance". Han!

Suck it!

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:18:42 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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Collection Pylône, éditeur d'Andy Vérol

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Vidéo de Gorzar sur un texte "vérolé"

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Exposition - Art! Anthropophagie! Aujourd'hui!

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