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Andy Vérol - N'est pas ton ami

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

A lire et à écouter

Présentation

 


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/ 


 



Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


Me cracher à la gueule, m'adorer, m'éclairer, m'obscurcir, me soumettre une opinion, un texte: hirsute.hirsute@orange.fr


 


 


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A cause des vidéos de partouzes sur le net (3) | 19 avril 2009

 

Je claque mes genoux, l'un contre l'autre, mes genoux nus avec quelques poils... Ils m'ont étudié les boules dans les jambes et les flancs. Ils ne m'ont rien dit là-dessus. Ils m'ont dit que c'était le test, l'expérience, qu'il s'agissait surtout d'étudier l'effet de l'attente d'une mauvaise nouvelle: boules cancéreuses ou simples kystes? ça durera des heures, des jours, peut-être des semaines. Ils ne me diront rien. J'aurai les électrodes posés sur la tête et tout le tralala de fils sur le corps. Mon coeur qui palpite quand j'ai peur, quand je suis submergé par les angoisses. Membres tremblants. Sexe perpétuellement au repos malgré des tentatives d'excitation. Ils étudieront aussi mes faits et gestes grâce à des caméras allumées tout autour de moi. Ils seront plusieurs à m'observer. Quand je serai au-dessus de la cuvette, ils regarderont mon dos trembler et mes doigts essuyer le vomi qui aura giclé sur ma gueule. Quand je lirai des livres, ils se focaliseront sur mes doigts:

"Il ne tremble pas lorsqu'il lit des passages où le personnage se sent paisible."

Quand je penserai à des recettes de cuisine, à des solutions pour réparer des moteurs de voiture, ils scruteront les courbes, des graphiques, des lignes sinueuses dessinées par mon esprit sur une longue feuille de papier déroulée.

Dans le dépotoir de mes pensées, je ne trouverai rien de sain. Ils essaient de comprendre pourquoi je me destructure aussi vite.

L'infirmière stagiaire a 18 ans à peine. ça me gêne. Je sens que j'ai son âge dedans moi, mais mon corps est celui d'un type de quarante ans, plein de mauvaises graisses, des rides, des plis, des poils géants, de la corne aux pieds, un visage avachi, des cheveux éparpillés sur le désert de mon crâne... Des goûts de vieux, des mouvements de vieux, des angoisses de vieux...

Juste avant d'être incarcéré dans cette étude, j'avais le goût de "je m'en fous de tout". Quand j'étais frappé par une brise, où face à un paysage sublime, je m'en foutais, je ne pensais plus qu'aux documentaires de la télé:

"C'est pareil que le truc que j'ai vu sur France 5 la semaine dernière."

Quand je baisais, je m'emmerdais... et pour pas m'emmerder, je cherchais à aller toujours plus loin, pour renouveler, pour dépasser ces sensations de blasé. J'allais très loin, de plus en plus loin... et je pense que si l'on ne m'avait pas incarcéré ici, j'en serais venu à devenir un fait divers ambulant.

"Ce Vérol est un cas très intéressant. Il est l'archétype du quadra actuel. Ses centres d'intérêt se sont rétractés au fur et à mesure qu'il tentait de retrouver les sensations de plaisir, de joie et d'orgasme qu'il avait connu lors de sa jeunesse. Une sorte de quête perpétuelle pour redevenir le glorieux obsédé sonique qu'il avait été... A cela, vous ajoutez qu'il est confronté, comme tout adulte, au fait qu'il n'existe pas d'avenir pour un individu... Sans reproduction, il n'y a pas d'avenir... et il a fini par le comprendre, trop tard."

Ils me disent qu'avoir des enfants m'aurait préservé de la perversité qui engonce mon être... Je regarde l'infirmière jeune en coin...

A cause des vidéos de partouzes sur le net (3) - A suivre?

Andy Vérol

Publié par hirsute à 13:12:17 dans Andy Verol | Commentaires (30) |

Le flou des mains qui coulent | 18 avril 2009

"C'est plus du surmenage que de la fatigue habituelle. Ils ont les doigts sales, les gens qui servent dans les cafés parisiens. Comment veux-tu qu'ils fassent autrement? Il leur faudrait se laver les mains toutes les dix minutes pour que ce soit parfait. Mais avec le nombre de clients, les commandes non stop, ils ne peuvent s'attarder et penser à l'hygiène. Il serait pourtant indispensable de remédier à ce problème, peut-être en installant, comme dans les hôpitaux, des distributeurs de savon désinfectant... Je cherche des solutions, sans pour autant en trouver. Je tatonne, je cherche, et surtout, je veux que ma réflexion bénéficie au plus grand nombre."

Ils me retirent les diodes. L'infirmier ne me sourit pas. Le docteur Bellard entre, le visage figé comme celui d'un personnage de cire. "Vous pouvez vous rhabiller Vérol. C'était parfait. Nous vous communiquerons les résultats de notre expertise."

Faits divers. Des images de meurtres dans une maison individuelle basée en banlieue... Dans le Val d'Oise. C'est une construction moderne, comme il en existe des milliers en France, de nos jours. Le crépis est abîmé, et des traces de boue ont assombri la base des murs. La pluie battante et le mauvais entretien du terrain ont provoqué ce pourrissement. Dans l'entrée, il y a le corps d'un berger allemand, le poil imbibé de sang. On entend le "tic tac" d'une horloge et le "sploc sploc" d'un robinet mal éteint.

J'ai enfilé mon pyjama, me suis assis sur mon lit et j'écris sur mon cahier de notes qui est posé sur mes genoux. Il fait soleil, et on entend, au loin, l'explosion des canons.

Le parc est paisible...

A cause des vidéos de partouzes sur le net (A suivre?)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 13:47:47 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Les cinémas de cul ont disparu... | 17 avril 2009

J'ai franchement jamais été la plus grande star de ma vie à la con. Quand j'ai vécu - 4 mois - à Londres, j'attendais mon bus pour aller faire les photocop's de zines. C'était au début des années 90. J'allais vers Camden, c'était la zone, pas du tout un truc de branchouilles blanches faussement fauchées. ça sentait les pieds... et tout le tralala sur la guedro, les putes à 20 Livres et les quelques pounds pour une part de pizza bien tomatée et une salade sans doute, hue, salée à la sueur... Je ne comprenais rien à ce qu'on me disait. J'étais une merde en anglais, et pour moi, ça importait peu. Je me sentais plus libre dans un pays où je ne comprenais rien que dans un quartier où tout le monde braillait ses oppositions en français.

L'Angleterre, c'était un exotisme, des filles faussement prudes, des homos épanouis, des nazis à fond, des islamistes à l'essence... C'était comme ça... que last week, je suis allé voir un film de cul dans un cinoche... Y'avait de moins en mois de mecs qui allaient voir des films de cul... A paris, ceux qui allaient dans les cinés porno, c'était comme les consommateurs de putes: des paumés d'expatriés, d'immigrés, de diasporisés et des dégénérés, des tarés, des facteurs qui trouvaient pas la fente... Quoi...

Moi j'avais pas d'intentions particulières. Je bossais dans une boutique de New age travellers à Brixton, quartier noir par excellence, à l'anglo-saxonne. ça signifiait que tout blanc n'était qu'un étranger, un danger et un ennemi... ça me faisait bander.

On sonnait. On faisait un code. On était ensuite vérifié par le juda d'une porte blindée...

Puis j'allais bosser. ça consistait en la reprographie de centaines d'exemplaires de fanzines underground et politiquement à la lisière de ce que la société et ses lois à chier, autorisaient. On préconisait, dans certains cas, le meurtre de grands patrons, et dans d'autres cas, on orientait les gens vers les mondes parallèles: les soirées illégales et interdites (y compris par une démocratie fondée sur les libertés individuelles comme en Grande Bretagne) qu'étaient les rave(s) hardcore plantées dans les campagnes... humides.

ça me crevait de faire ça. Mais j'étais le chien de ces libertaires, un chien volontaire...

et pour me relaxer de toute cette violence... j'allais assister à des séances ciné de cul... juste avant que tout ça ne soit interdit... par les cassettes vidéos à pas cher, les copies, et finalement internet qui ouvrait le monde entier, de 7 à 107 ans à l'urologie, la scatologie, les incestes, les partouzes multi-religieuses, les speed-fucking, les "spécial" obèses et femmes qui vomissent, et les...

A l'in térieur, on était que des mecs, et on se sentait... enfin libres, avec nos queues, notre film, nos mains précises sur nos queues moitié dures...

A suivre?

Andy Vérol

 

Publié par hirsute à 22:40:23 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Le Tunnel du Mont Blanc, c'est 40 morts, 40 familles brisées, alors putain ferme ta gueule ok? | 16 avril 2009

Je te rappelle que le Tunnel du Mont Blanc, c'est 40 morts, 40 familles brisées, alors putain ferme ta gueule ok?

Et le Darfour, c'est un million de morts et tu chiales ton franchouille buté à cause des pirates somaliens...

Tu postillonnes à la gueule de ta conseillère Pole EN Poids, et tu t'as déjà oublié les victimes du tsunami connard!

Tu te grattes les couilles devant l'huissier qui te tèj, alors que les tibétains se font "tembeter" par les chinetoques avé l'étoile rouge sa mère

Tu pues des pieds sur ton canap' avec ton livre de cul et tes films à l'eau d'rose (la fuck en berne entre les dents due!) alors qu'un noir essaie de sauver les Etats-Unis d'Amérique la belle la sensuelle qui a eu des Muscle Cars comme les Mustangs, les problèmes de deng les durs à dondon dans l'dedans han...

Tu flippes à chaque diarrhée qu't'attrapes, à chaque tuyaux qu'on te fout dans le cul pour tester ta merde, alors que Damon Albarn, Manu Chao et l'Arche de Zoé aident des p'tits gosses tout maigres, tout gros du bidon...

On massacre les bisons, on porte du vison, on s'bouffe du thon (avec des quotas européens) dans des couettes d'luxe des vieilles chiennasses en chaleur qui sentent l'anis et t'sentent l'anus (eh c'est à chier ça hue!)

Tu trembles quand tu t'rappelles que toute ta famille est morte, mais t'as pas un pet d'compassion pour les fabricants d'slip en Corée, pour qu'tu tortilles des couillasses d'folasse dans une night la club à sa maman, avé du NTM, du Clo-clo, du Daft Punk et du RRRRRRRRR Kelly... C'est l'son de d'la salope d'Amanda qui donne l'change à la bite à Momo, l'vigile, l'vigouille qui parle aux voituriers comme des merdes qu'ils sont... ça sent le sensationnel, y'a Amanda évidemment, mais y'a aussi Cindouille la nouille et sa brunasse de chevelure au gel qui colle... Y'a l'ron-ron du mec qu'aime Bob Marley et qui sort quand même en boîte pour s'faire des meufs, même des qui mettent des bas pas troués, des qui mettent pas d'serviettes, mais bien des Tampax... Comme la mama... Han hue.

Tu fais mine de pleurer quand tu t'es fait virer, quand ta soeur elle est décédée, quand l'dondon d'tonton il est creuvé, mais tu t'en fous, tu fais quand même gym avec ta Wii  - oui tu mates Trainspotting pour la 200ème fois, et t'écoutes Cali en chiant...

T'as une tête de ver à soie à la gare RER l'matin, t'as beau être noir, t'es blanc comme un linge quand ta meuf te dit d'aller sucer des vulves ailleurs... T'as beau être blanc et chanter que Jésus il va venir te lécher les couillasses, tu passes ta vie à te vider sur des sites de cul sa mère sur l'net avec des idées du style: "Et si j'faisais ça avec un black sdf de la New Orléans... " Truc du genre.

J'ai pu un pet d'rectum pour finir cette chiasse...

Illustration sonore huehue (Merci Arturo B )

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:11:36 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

et les croutes que j'enlève avec les ongles... | 15 avril 2009

... et ça fait une douleur qui fait du bien... Et ça fait un bruit, un craquement... Tu mens, mais la douleur  qui fait du bien, quand t'enlèves la croute avec les ongles... trois semaines après t'être gaufré sur le macadam à cause, hue, de la glace... La face... Les fesses à fond. Fais. Je veux m'arracher les croutes en tatant les couilles d'Arturo B. et la chatte à Amanda.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 21:15:56 dans Andy Verol | Commentaires (7) |

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