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Andy Vérol - N'est pas ton ami

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

A lire et à écouter

Présentation

 


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/ 


 



Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


Me cracher à la gueule, m'adorer, m'éclairer, m'obscurcir, me soumettre une opinion, un texte: hirsute.hirsute@orange.fr


 


 


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Nelo, où l'on voulait couper les couilles des pédophiles | 27 octobre 2009

Nelo est mal foutu et mal luné. Les longues heures passées à fantasmer, se palucher sur des films X en streaming sur le net, l’ont littéralement « légumisé ». Il rêve d’avant-hier, quand il a senti la chaleur véritable d’un corps invisible qui le frôlait.

 

Il a cessé de bosser. Peu importe que la France s’appauvrisse, que le monde s’effondre, il a confié son existence-la-belle-avec-des-pieds-dans-le-sang-de-la-vulve-d’mommy… Il a cessé de travailler, s’est mis à ruminer devant la télé. Les pieds posés dans la couette, un chat roux, gras, ronflant sur ses pieds aux ongles noirs et longs. « Tu fais les papattes sur les poils à papa hein ? », lui dit-il attendri comme une mère à la con devant son gosse flasque et baveur.

 

Nelo a perdu la vie parce qu’il a perdu son travail. Ils parlent avec pitié de ceux qui n’en ont plus. Ils en parlent méchamment, dans le dos, dans les fêtes de famille. Ils en parlent. Ils ne disent rien en face, en parlent entre eux, complotent à Noël. Nelo le sent, le comprend quand il doit répondre à la question fatidique : « Alors tu en es où quant à ta recherche d’emploi ? »

 

Quand il zappe sur le net ou sur l’écran plat-la-révolution-du-numérique (avec 12 chaines de meurtres, de putes présentant l’info, de connards mollusquant sur des apprentis chanteurs de merde, de neuneus mimant l’esprit critique, de séries américaines ou françaises où le bourge est le héros, et sa bagnole, son cheval de bataille, …) en becquetant des chips, des Granola ou les escargots surgelés qu’il restait du Nouvel an passé, il pense qu’il ne se paluche pas, qu’il rumine, qu’il a quitté son emploi pour plusieurs bonnes raisons : Ne veut plus donner sa vie, ses heures pour un salaire qui fait office de menottes… Ne plus supporter l’hypocrisie, la nature parasitaire de 90% des emplois du tertiaire. Profiter de ses droits. Ne plus avoir à subir les collègues, ces bêtes en tailleur, en costume, en tenue décontract’ qui giclent les uns sur les autres, discutent de culture misérable, de promo de supermarchés, de chiards merdeux… Des collègues qui se vantent d’avoir achetés la cafetière Nespresso… avé les capsules qui niquent l’environnement, le café qu’on sous-paie les péquenots du Tiers-Monde (pays en voie de développement, oui, oui, ben voyons)… Il était si bon leur café, ils étaient si heureux d’en parler entre eux que Nelo les a laissés à leur bonheur, leurs p’tits soucis…

 

Son homme est là. Pour combien de temps ? Ils ne font plus l’amour, parce qu’il ne consacre ses couilles qu’aux vicieuses du net, celles qui font, agissent, changent de corps, d’âge, de sexe et de cris dans chaque fenêtre ouverte. Ça dispense Nelo de penser, ça le conforte dans son inutilité soudainement acceptée. Mais parfois, un éclair de vie le saisit, il s’enivre plus qu’à l’accoutumé, et sort, erre dans un centre commercial et brasse, « nage-crawle » dans la sueur, les parfums piquants, l’amère saveur des soldes, la grotesque copulation aux éjac’ précoces des clients avec leurs vendeurs, leurs vitrines, leurs produits…

 

Nelo ne voit aucune différence avec ses vidages de testicules répétitifs, les viols dans le lit conjugal, les raclées sérieuses sur la face des marmots, l’entassement des taulards en attente de procès et le bourrage de nœud des soldeurs de centres commerciaux, des producteurs de pub, des sponsors de vie, des coachs de caddies et des bonimenteurs, et des animateurs de grandes surfaces, des cartes de promo, de fidélité, de crédit, de vœux…

 

La vie vieille d’un occidental jeune… Nelo n’avait peur que d’une chose… Que le temps ne passe trop vite, qu’il ne soit rapidement allongé sur le lit d’un hosto à souffrir les traitements, les opérations, les infirmières grosses avec des taches sur les jambes… La télé allumée, les livres et magazines… Les conversations avec les autres malades. Le temps qui flotte, et glisse tout doucement vers la mort… que l’on n’accepte pas. Le souvenir d’une époque où l’on faisait des rouges à lèvres avec de la graisse de baleine, une époque où l’on voulait couper les couilles des pédophiles à défaut de couper les mains des voleurs de banquiers, une époque où l’on ne savait plus très bien si l’on était le consommateur de la viande de l’autre consommateur…

 

Nelo sur le seuil de la porte du vieux con : « Bonjour, je suis journaliste… » Et les os qui craquent illico, l’alcoolique, le vioque qui vida ses couilles dans la vioque pour perpétrer l’espèce, pue, là « ça sent les cheveux morts qui puent le shampoing… »

 

Il ouvre

 

Le ventre

 

Les nuits

 

Les cauchemars,

 

Les chiffres et les lettres

 

La guerre contre Saddam Hussein, le mur de Berlin, la marche blanche, les zappings, les couches qu’il portait adulte… Les noirs qui dégénaient les guns comme Basquiat chiassait des toiles… La thune, les ouvriers abattus à la sortie de taule : l’usine, qu’ils finirent par regretter une fois scribouillés dans le fichier-souffre de l’Assedic… « Rendez nous notre emploi ! »

 

« Pour remplir des caddies, abruti. », balance Nelo, la nuit, dans ses yeux dans ceux du vioque. Les poils collés sur les jambes par l’eau du bain qu’il a fait couler, pour noyer, le vioque… Il

Pense

A

L’enfant

Merdique

Qu’il

A été…

 

La saveur du jambon de vieux entre les lèvres. « Tu es le vioque que je ne serai jamais… J’ai d’l’ambition moi, j’me tue à feux vite… »

 

Nelo luit de sueur comme dans la cale d’un bateau fouettant l’esclave… La mine antipersonnel du vieux vient de blêmir… La face tractopelle pute de la ruine s’effondre en regards suspects sur son futur meurtrier…

 

Une tronche de dipneuste, un rein râlant ses dernières heures dans un tronc de viande faisandée.

 

« Tu pues l’cheveu mort plein d’shampoing qui fait glisser la semelle chez l’coup’tif… »

 

Il est le parurier de Dieu, Nelo, ornant la mort des cons de leurs plus beaux ornements mais…

 

Ultime soubresaut du vieux ligoté : « Quand j’étais jeune, je dansais mieux qu’toi vaurien… »

 

Ziiiing fait la lame clinquante sous le néon glauque de la cave à vin vide.

 

 

A suite… Grosse merde.

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:02:31 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

J'aurais du lire les livres de Begbeider... | 25 octobre 2009

j'aurais du accepté d'm'inscrire au club de volley, j'aurais du accepté de faire prepa HEC...

j'aurais du voter UMP et bien écouter en cours d'anglais

j'aurais du engrosser la meuf à Didier et passer l'permis bourré

j'aurais du faire des soirées branchées, archi-guindées, j'aurais du me taper des gonz' friquées

j'aurais du lire les livres de Begbeider pour les copier, j'aurais du mettre des décolletés

j'aurais du flinguer mon géniteur taré, j'aurais du finir aux Assises prostré,

j'aurais du me home-trainer, et me body-builder

j'aurais du ovuler... et dans le... j'aurais du me jet-setiser...

j'aurais du me Frédéric Mitterrandiser

j'aurais du me dé-smicariser

...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 09:50:22 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

J'aurais préféré être nazi que d'être un écrivain d'aujourd'hui | 24 octobre 2009

Je perds tous mes lecteurs... et mes boyaux avec... Y'a un mec qui me lisait depuis des années, qui était en bas de chez moi, tout à l'heure... Il était venu de Lyon pour ça, pour me "parler" comme il m'a dit:

"Vérol, alors comme ça t'es un pote à Naulleau hein? ça fait 3 ans que j'te lis pour que tu t'foutes de ma gueule? T'ES UN FAF! T'AIMES NAULLEAU! T'ES SON POTE PUTAIN!"

Le mec était mastoc, mais je me suis approché... Parce que j'aime pas les mecs qui me traitent de FAF... Je m'en fous qu'on me prenne pour un aigri ou un réac' ou un naze, mais un français, un franchouille de merde... non, ça je peux pas... Je suis un connard, une merde, peut-être un fond de chiottes, mais pas un français... Je m'approchais de lui, et lui campait sur place. Il faisait gris presque la nuit en plein après-midi, je pensais aux crachats, à Arturo et Camille, une serveuse que j'ai connu en 1999...

J'aurais préféré être nazi que d'être un écrivain d'aujourd'hui finalement...

Il a disparu dans mon dos tandis que je courais vite... très vite...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 23:04:54 dans Andy Verol | Commentaires (4) |

Perdu la vie | 24 octobre 2009

J'ai peur d'avoir perdu la vie un instant, cette nuit. Finalement je l'ai retrouvée, la vie, dans le fond de mes chiottes, dans une purée de vomis et des larmes de haut-le-coeur.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 15:46:30 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

J'ai peur de la Chinetoquie (le Chine des chinetoques quoi!) | 23 octobre 2009

Passe une bonne vie, je le souhaite... En tout cas, tout comme moi, essaie de ne pas rater ta mort. bonjour au revoir il fait beau, il pleut, t'as vu à la télé, ça va le boulot, alors les enfants tu lis quoi en ce moment t'as vu ce film... j'avais créé ce que j'ai appelé un "pseudo-collectif", où j'étais en fait le chef, le maitre, le dieu, le fuhrer tacite... es réseaux dits sociaux sont toujours là pour révéler l'envie, le goût le désir de pouvoir des créateurs sur leurs "ouailles"... voilà, c'est ce que je voulais que tu dises... et comme je n'ai pas de gourou, que je suis moi-même un chef, forcément, je bastonne...

C'est la lutte des seigneurs mon ami... les seigneurs de la loose... on n'a pas de seigneurie, nous sommes justes des grosses merdes qui ont pu se donner l'illusion du pouvoir grâce à cette technologie de réseau qu'on appelle Internet... et la reconnaissance...

Tu rêves, tu fantasmes...

Ceux qui ont la reconnaissance et la gentillesse et de leurs pairs, sont des bourges de merde... toi tu n'as plus que les fonds de chiotte de la reconnaissance comme moi... Tu as les loosers, ceux que tu flattais et qui sont restés avec toi... L'esprit clanique des merdiques, et la lourde clinique des han-han qu'aimeraient avoir d'la maman... je n'ai fait que de la merde de ma vie, je suis un dechetterie de banlieue où tous les dimanches, des blaireaux beaufs qui se prennent pour Travolta de Grease, viennent vider leurs bagnoles, balancer de la machine à laver, de la carcasse d'ordinateur de Kevin, ce petit connard aux posters sur les murs les sms à longueur de journée et "les cours on s'en branle j'veux un taf pour gagner des thunes, des thunes si y faut j'fais La Nouvelle Star"...

L'dondon dedans, la caresse sensuelle de ses mains même si la purée est trop épaisse... La passe sur le trottoir du pont géant de 32 km construit en Chinetoquie... Han hue han han...

Au moins, on se fait moins chier ici, quand je me pointe... c'est ça mon oeuvre... Créer du nerf un instant dans des gens

Je suis à toi, avec mon gland en forme de crocs...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 20:06:43 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

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