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Andy Vérol - N'est pas ton ami

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

A lire et à écouter

Présentation

 


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/ 


 



Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Elle est essoufflée à côté de son corps mal famé | 12 juillet 2009

 

Et sans que tu sois là à te lamenter. Tu as le trop trop de quelqu’un qui vit au 14ème étage. Tu as les mains merde et le mou merdique. Tu as les mains merdes. Tu as l’harmonie bulleuse d’une huître qui agonise. Dans la rue, tu ruines mamie, tu mets des mains dans les molles d’ma conscience. Et c’est ça, c’est ça c’est. Et sa peau est écorchée, sa peau chie, et sa peau pue. Sa peine est.

 

Et son pet pend.

 

Tu n’es pas fan de Dune, et tu ne connais pas ma façon de chier, le dessin de mon visage quand je chie, quand je pue. Tu ne me connais pas quand j’ai peur du cancer, et tu ne me connais pas quand je te jouis dans le dos. Tu me sens, tu m’imagines, mais tu me…

 

Mets

 

Mal

 

A

 

L’aise

 

Un violon avec un effet écho qui s’allonge comme la peste sur la corde de ma trouille de connard… Des troupes de gens qui cherchent du travail. Des vents. Des vieux. Des vieilles. Des vulves sèches sociales, des syndiqueux qui bandent mous, nazes. La laideur des immeubles des Louvrais où je vais pour

 

Payer des

 

Jeunes

 

Filles

 

Qui me

 

Suceront pour quelques euros.

 

Tu cries comme une horreur sous la surface de la couette. (J’ai des envies de laideur, et tu as tout fait pour que ce soit une chiasse cette vie). Les gens qui racontent qu’ils ne savent pas, sont des vampires, et des putes qui demandent double après la pipe à 40 euros. Dans un

 

Pays étranger.  

 

J’arrache des petites feuilles de mon calepin. (Je pense à pine). Des mélanges de gens, de caresses et de gens et de caresses. De connexions Internet. Des crises planétaires à l’échelle de mon gel-douche. Des partouzes en Belgique, des gens qui giclent en philosophant.

 

Des tanks. René est un fier luron, il sourit quand il fume ses Gitanes. Il a l’amour brut d’un bétonneur des années 30. Il s’appelle René et range des bibliothèques. Les rondeurs stupéfiantes de la stagiaire. L’ennui, la paye médiocre et les conversations axées essentiellement sur le boulot. (Il pense à ses boules). Elle sent le tabac froid et le thé chinois, elle sent un peu des pieds quand il les suce. Elle a moins d’idées politiques quelques secondes après l’orgasme. Elle a le sens de l’orientation sexuelle. Elle affabule, elle pipote, elle raconte qu’elle a joui, qu’elle n’a jamais vécu ce moment-là de sa vie. Et René (c’est Julien en fait), s’en contente. Se persuade que c’est vrai comme il se persuade qu’une demi-heure encore dans le train, c’est peu, c’est moins qu’une heure. Et nie. Et ne dis jamais rien quand on l’insulte, garde son sourire de circonstance. Elle est essoufflée à côté de son corps mal famé, met des minutes entières à se décider

 

Pour aller pisser ?

 

Dans la tasse sale, il y a le café chaud. (Il pense à son père et sa façon de le boire bruyamment). A l’heure de la météo. Il dit. A tout le monde. De se taire. « C’est l’heure de la météo, fermez vos grandes gueules ! »

 

Elle reste dans le lit, à l’étage du dessus. Si elle a envie de pipi, elle a un pot de chambre, comme on faisait avant. Elle n’a plus d’ordinateur, plus de téléphone. Elle a une couette, un duvet, des portraits stressant de ces soldats d’il y a un siècle.

 

A travers les volets du matin, il y a des brins de lumière du matin en formes de barre contre le papier-peint fleuri/pourri. Puis elle lâche un pet odorant pendant que son amant picole son café au lait en bas devant la télé.

 

Elle pense qu’elle aura le temps de s’épiler les jambes, d’écrire un truc hardcore sur son blog Elle pense qu’il essaiera de nouveau de la prendre. Bien qu’elle n’ait envie, au fond que de câlins, de tendresse… Eviter le métro, les copineries pourries, les nuits de sexe…

 

Elle a envie de se taper des bouchons avec lui, avec le siège bébé derrière, sans bébé dedans. Des glacières pour manger frais, des clopes pour méfu ferme, de la zic, des bonbecs. Des baisers.

 

Elle et René.

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 00:32:20 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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