Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Papa ne sort plus de sa chambre, depuis quelques heures. L'approche de l'arrivée de ma frangine ne fait qu'amplifier son stress. Pour parfaire cet isolement, il a pris la télévision (C'est comme son église), et l'a installée face à son lit (Ce sont des taches, des froissements, des poils). J'entends derrière la porte qu'il regarde des vieux championnats de catch déroulés en cassette VHS. Il rembobine, cale les séquences qui lui permettent de zapper le réel.
Un client s'est pointé à la borne. Il possédait une Cayenne, un truc de folie, avec une couleur inqualifiable, unique, une peinture de luxe... Son visage me disait quelque chose. C'était celui d'Alain Delon, du moins de loin (J'ai regardé toutes les cassettes des Inconnus en cachette). Donc j'ai salué Alain Deloin et lui ai dit que nous ne vendions plus de carburant.
"Et comment je fais moi? Je suis presque à sec, et ce genre de bagnole, ça suce l'essence à une vitesse!"
Je lui ai précisé que nous ne vendions plus de pétrole depuis belle lurette.
"Et pourquoi vous ne mettez pas un panneau "Fermé définitivement"?"
Je lui ai dit que nous vendions quelques produits d'épicerie, de confiserie, du produit à essui-glace, de l'huile de vidange et des magazines (pas de journaux).
"Vous trompez les gens sur votre commerce. C'est illégal. Je vais immédiatement contacter la police.
- C'est inutile monsieur. Je vais pouvoir vous dépanner de quelques litres d'essence pour pouvoir rejoindre la prochaine station.
- Espèce de petit escroc.
- Je vais vous chercher ça monsieur."
Illico, je suis allé jusqu'à la porte de la chambre de Daddy/Skin et j'ai frappé du poing:
"Daddy! Y'a un gros bourge qui veut appeler les keufs pour dénoncer ce qu'on fait!"
J'ai entendu "clic", suivi de l'arrêt immédiat des braillements des commentateurs de championnat de catch. Puis j'ai entendu le craquement des lattes du lit, puis les bruits de tissu qui se frottent délicieusement aux poils des jambes (Je vois tout au travers, je vois toujours daddy quand il s'habille/se déshabille), puis les "boum" des rangos qu'on enfile, puis un "clac"... et enfin la serrure qui se mit à parler comme ma soeur (le son aigü, un peu intello, un peu agressif des intellos).
Papa apparut sur le seuil:
"J'ai l'manche"
en acier en l'occurence, récupéré sur un chantier du côté de la Seine Saint-Denis.
Il est passé devant moi. Le couloir de la maison ressemblait au corridor, l'entrée avant l'arène (c'est nul de parler comme ça, ça put la redite). Daddy/Skin, rasé de près et la voix rocailleuse (40 tiges/jours durant 25 piges, l'amour de la nico-tine): "Va pas faire chier un patriote l'enflure de bourge altermondialeux!"
J'essayais mollement de le calmer en tapotant, tant bien que mal, sur son épaule (mes yeux se focalisaient essentiellement sur son cul rond archi-musclé, dur comme l'acier et mon sexe de quelques fois).
"T'AS QUOI TOI?!"
L'autre a sursauté, auto-plaqué contre la belle peinture de la carrosserie de sa massive (bagnole de luxe).
"T'AS QUOI FILS DE CHIEN DE METEQUE!"
Direct Daddy s'est planté comme un chêne massif contre le faux Delon, front contre front, haleine de malade, respiration de furibond.
Les énormes postillons: "TU VAS APPELER LES FLICS C'EST çA?! T'ES MORT FILS DE CHIEN DE BATARD DE MERDE!"
L'autre s'est mis à trembler comme une feuille. On était une seconde dans un grand ouest du nulle part (j'ai des pensées de mule comme ça, ma tronche qui s'barre).
Puis j'ai aperçu cette tache grise grossir à l'entrecuisses du bourgeois monsieur. Son froc en lin semblait envahi par une grande marée.
Il ne prononçait pas un mot. Son visage était mort, gris, comme si son cerveau et son corps avait anticipé la suite et préparé sa conscience à l'ultime instant (comme l'agonie ignoble qui dure des heures comme pour faire accepter enfin que l'on va dormir à jamais, que le monde autour s'évanouit, que les rêves, les espoirs se terrent dans l'oubli... du genre).
"JE VAIS TE SECHER RACLURE DE BOURGEOIS PRO-LIBERAL DEGENERE! JE VAIS TE FAIRE RESPIRER LA MORT A PLEIN PIF!"
C'était une réplique d'un champion de catch ça. ça me fit sourire vraiment. C'était bien vu à ce moment là.
Puis j'ai tourné les talons et je me suis avancé jusqu'à l'entrée de la boutique. Les bruits des coups suffisaient à me faire jubiler. Daddy/Skin respirait fort et l'autre poussait des cris stridents, un peu comme si l'on égorgeait un porc.
Un Homme Clitoridien (Un roman toujours en cours d'écriture).
Andy Vérol
Publié par hirsute à 11:31:14 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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