Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Les écolos voulaient nous interdire le pq, du moins mettre des quotas sur le nombre de feuilles à utiliser pour chaque caguague... A l'époque, j'étais plutôt du genre ouvert à ces idées consistant à lutter contre le réchauffement climatique. On était tous plus ou moins d'accord avec ça de toute façon, parce que nous voyions bien que la planète était détruite à vitesse grand V.
En même temps, je bossais à 35 kilomètres de chez moi. Je n'avais pas le choix. Là où je trimais, les logements étaient hors de prix, bien au-dessus de ce que mon pauvre salaire pouvait supporter. Je vivais/m'emmerdais/zonais donc en banlieue et travaillais/servais/subissais dans une entreprise de merde qui me payait de la merde pour que je gère des projets pour l'équivalent d'un salaire minimum +15%. Bon c'était ça ma vie. Ensuite, j'avais envie de cultiver, mais je n'avais qu'un balcon nain. Alors sitôt ingurgité les 4 carottes minuscules et les 6 fraises des bois qui avaient péniblement pu pousser à la force de mes arrosages désorganisés, je n'avais plus qu'à aller dans le supermarché du coin où je pouvais pécho des kilos de carottes/pesticides/fongicides/engrais-chimiques et des barquettes de fraises produites à coups de massacre de l'Espagne toute entière.
Et je n'avais pas le choix, parce que je ne savais plus très bien ce qu'on produisait autrefois dans ma région. Et je ne pouvais pas non plus me payer du bio qui était certes meilleur mais me contraignait à supprimer mes petits plaisirs d'occidental rondouillard: un jeu pour la console eud'jeux ici, un cd de Tricky ou d'Aphex Twin là.
Mais après tout ça, j'étais entièrement d'accord avec l'écologie. Il fallait CHANGER LE MONDE TOUS ENSEMBLE.
Dans l'immeuble où je vivais (c'était un HLM quoi), on se parlait pas. On se disait parfois bonjour, parfois, on se le disait pas. Ce n'est pas qu'on s'ignorait, mais disons que nous n'avions pas d'atomes crochus, et nous n'en voulions pas. Nous avions Internet et ses t'chats, la télé et ses émissions de débats, les passants s'engueulant/riant qui passaient sans cesse en bas... ça suffisait largement à remplir nos besoins en relations sociales.
Et puis il y avait la fête des voisins. Mais pour moi, becqueter des salades avec des gens qui votaient, ça m'emmerdait. ça me génait. ça me génait moins d'exhiber un morceau de salade sur les dents que de parler avec des hommes et femmes avec lesquels, à cette occasion, je n'aurais pas le droit de m'engueuler, me friter, me créper la croupe comme un dingue. Tout ça parce qu'il ne fallait pas gâcher la "fête". Ben voyons. J'aurais fait chier mon monde, j'aurais trop picolé, et je me serais énervé à tout-va: "c'est pas bio la salade... Ah tu prends ta bagnole pour aller bosser? C'est écologiquement irresponsable ça... Tu sais comment on élève les cochons en Bretagne?". Etc.
Tu avais le couple qui votait FN assis à côté des rebeus pro-Besancenot, les jeunes abstentionnistes qui clopaient en ricanant des conneries balancées par un fan de Johnny et de Carla Sarkozy... Une joyeuse fraternité de façade, un bel échec... Parce que lorsque chacun rentrait chez soi, c'était parti pour la foire aux critiques (après la "foire aux mensonges" comme dirait Manu Chao) où l'on balançait sa purée à la gueule de celui ou celle avec qui ont avait fait risette durant toute une soirée. "Et t'as vu comment ils élèvent leurs gosses? Non mais l'autre il a une Mercedès alors qu'il est au chomedu. Ils sont gentils ces arabes, mais franchement quand il a refusé ma salade avec juste quelques bouts de jambon, ça prouvait bien qu'ils sont pas intégrés..." Le bonheur.
Enfin voilà. C'était comme ça.
C'était bien pour tout le monde de vivre l'illusion d'une vie sociale... Mais lorsque les écolos ont commencé à vouloir mettre des quotas sur le nombre de feuilles de PQ à utiliser, les choses ont commencé à dégénérer.
Mon Usine, la suite... (Extrait non retenu de mon roman en cours d'écriture, encore et toujours).
Andy Vérol
Publié par hirsute à 10:48:47 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
09-06-2009 07:13
De alary Sujet:
politico/bourrico
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