Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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<< La crise c'est comme la Tecktonik, c'est une illusion sublime, non? | Dieudonné essayait de faire de l'humour noir | Tricky - Evolution Revolution Love & Psycho Killer >>
J’ai idée que la candidature de Dieudonné est la seule qui puisse intéresser durant ces élections européennes. Je ne voterai pas pour lui, d’ailleurs je ne voterai pas. Mais je me rappelle de Dieudonné avant son délire hallucinant qui l’a porté dans son caca… Je n’aime pas vraiment les juifs, pas plus que je n’aime les musulmans, les catholiques, les protestants, les animistes, les laïcs… Je n’aime pas les religions et ceux qui s’en prétendent… Dieudonné est un cas d’école. Quand je l’ai croisé en 1999, à Cergy, il se faisait huer par les mecs et les nanas de banlieue dont je faisais partie.
Racailleux, taulards, étudiants de merde et autres dépressifs, avions vu en lui le médiocre, le fils de « faciles » qui imitait la banlieue pour faire style qu’il en était. Il était con. On s’en foutait de lui. Il n’avait jamais eu de talent comique. Celui qui nous faisait tous rire, les juifs, les cathos, les musulmans, les FAF, les intégristes, les anarchistes, les skins, les neuneus et les geeks, c’était Elie Semoun, et pas lui…
Il était parti du forum dégoûté, faisant la tronche parce que personne n’avait ri à ses imitations pathétiques de mecs de banlieue à la façon Michel Leeb… Et les seuls à rire, c’était déjà des pauvres bouzeux bien franchouillards… C’était un peu comme se présenter contre le Front national à Dreux.
Le problème de Dieudonné, c’est ça. C’est qu’il n’est pas plus antisémite qu’un nazi, pas plus pas drôle que Michel Leeb, c’est qu’il est mauvais, qu’il est un non-acteur, un comédien à chier, une daube en écriture. Ce qui fait qu’il est à mourir de rire depuis quelques années. Sa posture de victime des médias et des juifs, des sionistes, des salauds de je sais pas quoi l’a amené à poser avec des skinheads de l'ex-Gud avec sa coupe afro. Mais qu’on se rassure, ces fils de pute de skins lui mettront la gueule sans le bouillon sitôt le pouvoir accaparé…
Dieudonné et son pote Soral, sont des hue-hue à zan-zan. Il n’y a qu’à lire les livres nul de Soral pour s’en persuader.
Je dis tout ça parce que je sais que la liste anti-sionniste de Dieudo est un des plus grands sketchs pas drôle élaboré en période électorale… Encore que, pour un abstentionniste comme moi, c’est le moment le moins chiant et le plus utile de cette campagne vomitive.
Ensuite, voici un Dieudonné d’une époque où la grande gueule était encore tout petit (genèse) :
Dans le quartier d’en bas, il y avait un noir. C’était un antillais, ce qui, pour nombre des gens du quartier faisait une réelle différence avec un noir d’Afrique. Qui plus est, il s’appelait Maurice Aimé Cendrillon… ça faisait rire Leni et son frère Eddy.
Donc.
Il avait emménagé en 1984, au printemps, juste quelques mois avant que je ne parte vers d’autres contrées, la Paname, la sale. François Mitterrand avait déjà enterré les illusions d’une partie du peuple et les chômeurs, ouvriers et autres employés sous-payés continuaient à cultiver un racisme de compétition et des préjugés gigantesques sur tout ce qui pouvait être vivant et bipède.
Le fils de Maurice Aimé Cendrillon, Julien, arriva dans notre école en mars. On ne comprenait pas très bien pourquoi ces gens étaient venus s’enterrer par ici.
En fait, le papa avait été recruté comme contremaître chez Thomé-Génot… En cette qualité de chef d’ouvriers nouvellement désigné, il eut rapidement à manger de copieuses insultes de la part d’une grande partie du quartier : « Saloperie de nègre. Grosse merde de chimpanzé. Ils embauchent des babouins dans les usines maintenant ? »
Tout ça à bonne distance parce que le bonhomme était une force de la nature. Il impressionnait avec ses énormes bras plein de muscles et son visage émacié. Il avait une voix caverneuse et posait des regards plein de ténèbres sur tout ce qui l’entourait, le harcelait.
Pour Julien, ce fut une difficile intégration dans la classe qui l’attendait. Même si l’on se foutait de sa couleur de peau, on ne pouvait se désunir pour défendre son droit à exister en tant qu’écolier à part entière.
Il n’était pas question pour Papy, Hutch et les autres copains, d’intégrer ce noir dans notre escadron de têtes brûlés.
Ça me faisait mal au cœur. C’était triste. C’était troublant. C’est aberrant. Mais je n’avais pas non plus envie d’être exclus de mon groupe, ma bande, ce qui me protégeait de la violence de ceux qui la constituait. Si j’étais éjecté, je risquais tout simplement d’être massacré, humilié. Ils m’auraient frappé un peu dans les bois, m’auraient obligé à manger mon caca, m’auraient touché le sexe pour le frapper, insulter le côté gluant du désir provoqué par les attouchements musclés.
Julien Cendrillon n’était donc qu’une tapette pour toute l’école. Un nègre qui aimait rouler des pelles aux couilles des garçons de notre escadron de combat, de chasse…
Pour moi, secrètement, quand je jouais avec mes playmobils, j’en avais fait un des personnages principaux de mes réalités ludiques tardives. Julien était ma maîtresse/playmobil. Mon Burkinabè des Antilles, mon dépouillé gourmand, mon flanc fondant sous la gencive, la passive envie, après, pendant, Malik, de partager des câlins vraiment liquides.
On se croisa finalement seuls à l’écart.
A suivre ?
Robert de Niro n’est plus un héros (Toujours en cours d’écriture)
Andy Vérol
Publié par hirsute à 23:24:20 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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