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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Cause anthropique de la disparition de l’Homme? | 29 mars 2007

Mouliner l'air à l'infini en se persuadant que demain sera le nôtre, que demain brillera l'Amour, l'Intelligence... Brasser de l'air. A l'échelle planétaire. L'Homme s'est lui-même séquestré sur la planète. Peut-il seulement se résoudre à sa propre disparition par étouffement ? L'Homme/geôlier, l'Homme/prisonnier. Son monde/pénitencier. Sa préventive. Sa mort sans jugement.


 Parler de mondialisation, c'est aussi, finalement réduire l'Homme a une espèce en voie d'étouffement... L'incapacité culturelle, sociale, économique à bouleverser radicalement la façon de chacun de penser et de vivre le Monde, pose le problème de l'extinction.

Le corps lardé de coups de l'Humanité, croupit, s'étale, se gaufre. Le corps brûlé. L'amas/viande des êtres cumulés, entassés, comme dans ces monstres de modernité technologique que sont les avions de ligne. La mondialisation, c'est la promesse de la fin inéluctable de l'Histoire, de l'âme des Hommes, réduits à leur seule capacité à consommer, à innover, inventer, proposer... Exclus les pensées/déjà/poussières sur le sens, sur l'attente, sur l'ennui, sur l'envie de vie, le désir de mort, sur l'attente de l'immortalité, sur le pourquoi/pas/l'oisiveté. Exclus les regards sévères portés par un ou des dieux tonitruants. L'Humanité est devenue un taulard gesticulant furieusement dans une cellule trop petite. L'Humanité est ce séquestré qui se branle sans apprécier l'orgasme, qui se shoote sans planer, qui encule sans jouir.

100, 200, 400 imbéciles partent à destination de quelque part avec des milliers de tonnes de carburants, des ordinateurs partout, des circuits, des micro-processeurs, des fils électriques, des tonnes de tôles, de matière, de structures modelées à la force des machines, robots et autres bras puissants, des plans, des comités d'ingénieurs, des techniciens consciencieux. L'assemblage. La matérialisation d'un véhicule aérien extraordinaire...
 Mais ouvrir les yeux. Les ouvrir. Le corps/viande de l'Humanité se soulève une dernière fois. Il regarde ses propres défauts. Il n'est pas fiable, mais faillible. Il n'est pas fort mais si faible. Les yeux/Humanité se pose sur son corps/immense. Une sorte de lépreux qui part en lambeaux en courant un 100 mètres. 11- 12 secondes pour disparaître dans sa propre course. 
 L'avion. Ces imbéciles regardent les hôtesses et les stewards faire la démonstration de la sécurité. A droite. A gauche. En haut. En bas. Ohé ! Ohé ! LE masque d'oxygène, le gilet de sauvetage. Oula ! Oula ! Certains connaissent déjà et reluquent du coin de l'œil. Fatigue. Les affaires. Ceux qui partent en vacances...L'avion est une bombe. L'avion de ligne où nous séquestrons pour découvrir le monde en quatrième vitesse est la cause directe de notre extinction imminente.
 L'avion : pollution outrancière, arme ultime de combats résistants et terroristes, outil absolu de dissolution de l'espace, les espaces qui nous séparent, de dissolution du temps, des temps qui nous divisent. L'avion de ligne lisse les rapports humains. L'avion mélange, mondialise, perturbe notre capacité à penser le monde.

L'avion, arme de perdition et de séquestration massive. Moyen ultime d'entériner l'idée selon laquelle nous devons vendre nos emplois pour vendre des Airbus. L'avion de ligne, sa gueule profiler, ces 100, 200, 400 imbéciles tournés vers l'avant, en ligne... Avion de ligne. Outil ultime de lavage de cerveaux. « Vous désirez un café ? Un jus d'orange ? Un thé ? Un croissant », l'hôtesse et son uniforme. Le sourire. La façon insipide d'être correct, respectueux... L'homme voyageur est séquestré. S'il insulte l'hôtesse : «Arrête de faire ta connasse ! Arrête de me proposer ton gavage ! Tes magazines et journaux de merde ! » 

Des hommes sur-entraînés se jettent dans le cockpit, des panaches de fumée, les cris. Allah Akbar ! L'avion est vaincu. Les 100, 200, 400 imbéciles aussi... Les 2500 autres... Les imbéciles.
 Dans son propre jus de merde, l'Homme/lâche se cache derrière sa puissance technologique, économique pour baiser celui qui remettra en cause son nihilisme capitaliste. 
 Le banc. Les accusés. La respiration courte. Le cœur qui palpite. Les radios qui braillent et les télés qui vomissent dans les salons, les chambres les salles à manger. Les chiottes un peu aussi. Les lumières allumées. L'éclairage électrique partout. Le traitement chimique de chaque produit. L'injection massive d'insecticides, pesticides, spermicides dans la bouffe, dans les couettes de lit, sur les matelas des clic-clac, dans les lopins de terre des anciens jardins ouvrier.

La liberté à coup de « vous pouvez retirer votre ceinture. Vous ne pouvez cependant pas rallumer vos téléphones, ni fumer. »  Boire. Supporter l'air conditionné, cette fraîcheur sèche qui fossilise les crottes de nez en un rien de temps. Les consignes en anglais. Les indications du commandant de bord. L'uniforme. Le chef absolu de la boîte en l'air. Les sièges trop petits qui obligent à une promiscuité. L'haleine des autres. Les goûts des autres. Celui-là et son magazine de bagnole. L'autre-là qui mate les jambes de l'hôtesse. La maman qui ne sait pas faire taire son gosse. Le cadre endormi, la bave aux lèvres.

L'Humanité/Occident traîne dans les aéroports. Les boutiques sont judicieusement placées, prix majorés. Les zones d'embarquement sont immenses. On scrute les sacs à mains. On fait enlever les talons des femmes, les boucles de ceinture des hommes... En souriant. En crevant.

Paris – Rue Montorgueil – 9h26 – 29 mars 2007

Tout ce fric qui m'incendie. Les gens/pourboires, les citoyens cadenassés au pognon. Concentrations économiques. Dispersion sociale. L'éclatement de l'homme. Nuit noire. 
 Il n'y a qu'avec Dieu et l'Anarchie que l'on savoure les meilleures perspectives de Salut. Sans ironie.
 Dans Dieu, la contrainte, le corps relâché dans les bras du « Tout-puissant ».
Dans l'Anarchie, la liberté, la pensée qui contrôle le Corps/Viande, le monde, les ennemis, les silences du sens, l'apocalypse du désir qui s'éteint.
Des pans entiers du corps, la carcasse en peau/poils qui se délite. Avec le temps qui avance, on use d'immondes stratagèmes pour cacher la décrépitude à notre regard, pour cracher nos habitudes de rats hagards. On consomme. Voilà. C'est dit. On consomme comme des cons. On se consume. Bien évidemment. 
 Séquestrés dans l'habitacle d'une puissante berline, tout cuir. Coincés dans un bouchon. Un camion frigorifique se les gèle et s'évide en pleine rue, aidé par un type en blouse blanche. On ruine ses muscles à la livraison des carrés de bidoches géants. Les côtes du bœuf. Les miennes en comparaison. Les fruits et les légumes parfaitement rangés sur les étales. Peau d'balle l'clodo, j'ai que des billets de dix. Pas une pièce sur moi. Bye.

Nos vies détournées.

Se sont reproduits comme des cochons juste après la guerre, et ont livré les fermes et les usines à des marchands de mort, leurs germes et leurs urines comme éléments de décor. Ont laissé des villes/prisons, des avions de ligne luisants. Des lignes de vie plus longues et des rêves éteins.
 Séquestrés encore. Dans le présent/contrainte. L'in-choisi... L'in-voulu... Recherche volontaire de maison chère dans le Cher ? Ou ailleurs.


Hiatus. Eoliennes. Hier. Pourquoi faire ?


Ratatinées les croyances. Oubliée la science désintéressée. La recherche non  marchande. Out le décès in vivo. On s'essaie à l'éternité via les playmobils, les bidons d'huile, les remontées de bile.
 L'angoisse. A force de sécurité sociale et de suréquipements hospitaliers, on a peur de son propre corps, des maladies qui le mangent, de l'usure, la vieillesse, les lésions provoquées par l'infernale accélération de l'avion de ligne au décollage.Droit dans le mur. Ligotés.
 Je choque un stylo pour défaire ces liens. Mais rien. Comme d'autres qui s'évanouissent et s'aveuglent – ça ira quelques années encore, je le sais, je le sais – Je m'endors dans les mots, englué dans mon propre sang, sperme, ma salive et tout autre mélasse et fluide crachés par les volcans de mon épiderme. 
 La Terre entière essaie d'être conne. 
 L'avion de ligne penche vers l'avant. Les hôtesses et stewards deviennent blêmes. Ils vomissent presque sur nous. Là sur nous... Et plutôt que de se jeter, fuir, on se ligote un peu plus. On rattache notre ceinture... Merci commandant.Les cheveux frayeurs vers l'arrière. Des types gueulent. Des femmes gueulent. On pète. On chie sur soi. On pisse. En silence. En criant. On sombre. Très vite en une seconde/éternité.
 On tombe. Enfin. On pratique l'arrêt cardiaque collectif pour se désencastrés de la vie/con. La chute. Les yeux fermés. Nos corps en groupe qui plongent vite vers le sol en terre marron... Mort. Merde. Libres. *

 

Andy Verol

Publié par hirsute à 21:22:43 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

31-03-2007  06:23  31-03-2007 06:23
Pas joli  De  Cosmic Dancer identité certifiée Sujet:  Pas joli Url: [Liens]
Saisissant. Magistral.
30-03-2007  12:46  30-03-2007 12:46
La terre entière  De  Gritche  Sujet:  La terre entière Url: [Liens]
essaie d'être conne, oui. La seule solution c'est d'aller plus loin dans la bêtise. Joli post.

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