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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Déjà en action, "levrettant" la seule fille osseuse de l'assemblée | 30 janvier 2012

« T’as rien dans l’froc.

-          Ta gueule, laisse-le tranquille.

-          Quoi ? Quoi ?

-          Allez, c’est bon, j’te paie une tournée et on fait copain »…

La dent jaillit de plus belle, brillante, d’un jaune sublime plantée dans une gencive rougeâtre et pleine de dépôt blanc… Il s’appelait Kévin, blond, yeux bleus, muscles saillants… « Eh les cocos, vous avez pas un peu de thunes pour me payer une biche ?». Je dégainai un bifton de 50 euros et lui tendis. C’était aussi émouvant pour lui que si je lui avais offert dix points d’immortalité. Il déguerpit illico et chopa violemment une petite brune qui était plantée contre une relique de flipper, avant de disparaitre avec elle dans la cour intérieure. « C’est là qu’ça s’passe… ». En effet, quelques gars s’en allaient dans ce réduit herbeux coincé entre des maisons individuelles… Les filles y batifolaient, tortillaient la vulgaire pour faire « folir » les aspergeons turgescents…

On éclairait à la bougie le petit couloir qui menait à la débauche de chairs… Ce jour était baigné dans une chaleur moite et mon corps était engourdi par le désir de baise, de bonne bouffe et de sommeil… Dans cet ordre. J’avalai mon verre tranquillement. Malgré ces mois d’existence dans la fange humaine, je n’étais pas encore totalement détendu à l’idée d’aller me vautrer sur une femme devant d’autres porcs en rut. Alors que la mode avait été à la minceur et la beauté lisse lors des années précédentes, la tendance s’orientait vers des femmes bien grasses, parfois obèses, aux seins lourds, au sexe et aux aisselles hirsutes. Il était rare de trouver des filles répondant aux canons de la seconde moitié du XXème siècle. A la télévision, comme dans les quelques journaux encore rentables, on parlait de nourriture qui pouvait tenir au corps à un moindre coût… Les mannequins n’étaient plus, aux yeux de nombre d’hommes, que des tas d’os faméliques aux relents maladifs… Difficile à croire quelques années plus tôt, mais les « fat girls » avaient la cote… Je ne fis pas exception, repérant une gamine de dix sept ans à peine, au visage déformé par la graisse, qui zonait parmi les copulateurs, assise sur un frigo Bosch défoncé, renversé sur le flanc :

« Tu t’appelles comment ?

-          Rosalie, mais mon vrai prénom, c’est Anaïs.

-          J’préfère Anaïs.

-          Ok, comme tu veux.

-          Vouvoie-moi et appelle-moi monsieur.

-          D’accord ».

Je sortis une liasse de billets froissés de ma poche. Ses yeux pétillèrent d’envie lorsque je commençai à mouiller mon pouce pour compter la somme que je voulais lui donner… 10, 30, 40, 45 euros…

« Je veux tout avec ça.

-          Tout, c’est 60.

-          Alors vas pour 60 ».

J’ajoutai les billets supplémentaires et lui tendit. Elle chopa le tout avec ses doigts boudinés, gourmande, vénale, à peine craintive…

« Tu restes sur le frigo, on sera tranquille.

-          Bien Monsieur ».

Avant d’entrer en action, je lançai un regard circulaire sur cette cour minuscule où une dizaine de couple s’échinait sous une température de 35°c… Bertrand était déjà en action, « levrettant » la seule fille osseuse de l’assemblée, une petite brune aux traits anguleux… Sa préférence était aux filles en fin de parcours. « Si elle a une sale maladie, je veux la choper ». Il s’éreintait à même le sol, broyant les genoux et les paumes de la marmot sur un parterre d’éclats de carrelage, un silex spongieux flanqué dans l’énorme bouche du bas de la fébrile… Il me fit un clin d’œil amical avant de donner une énorme claque sur le cul chétif… A mon tour, je laissai ma rage hormonale déferler sur cette Anaïs… Avant même qu’elle ne commence à me gober, j’étais déjà en nage.

 

Extrait de Mon usine, la suite sans issue… Roman en cours d’écriture.

 

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 15:47:37 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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