« considérez votre nature d'hommes : vous n'avez pas été créés pour vivre comme des brutes, mais pour chercher à acquérir vertu et connaissances » Dantes. La Divine Comédie. L'enfer. Chant XXVI
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Un effet de dose d'une protéine, produite par un gène présent en simple ou double exemplaire, est responsable de la détermination du sexe chez l'embryon d'oiseau.
Jean-Jacques PerrierComment le sexe est-il déterminé chez les animaux ? Alors que la question est résolue pour les mammifères depuis dix ans, elle restait en suspens en ce qui concerne les oiseaux. Ce n'est désormais plus le cas grâce aux résultats de l'équipe d'Andrew Sinclair et Craig Smith, à l'Université de Melbourne. Chez les animaux, les deux sexes se différencient notamment par leurs gonades – les testicules chez les mâles ou les ovaires chez les femelles – et par leurs chromosomes sexuels : XX chez les mammifères femelles, XY chez les mâles ; ou WZ chez les oiseaux femelles et ZZ chez les mâles. En théorie, la détermination du sexe par les chromosomes peut se faire de deux façons. Soit l'un des chromosomes produit un facteur déterminant pour la formation des gonades adultes ; c'est le cas du chromosome Y chez les mammifères, porteur du gène SRY, dont l'expression provoque la différenciation des gonades embryonnaires en testicules. Soit il existe un « effet de dose » qui traduit l'existence, chez le sexe doté d'une paire de chromosomes X ou Z, de deux copies d'un gène au lieu d'une seule. C'est cet effet de dose qui semble être à l'œuvre chez les oiseaux. Les chercheurs de Melbourne ont identifié le rôle sexuel du gène DMRT1, porté par le chromosome Z et connu par ailleurs depuis une dizaine d'années. Le blocage de son expression dans des embryons génétiquement mâles (ZZ) entraîne la différenciation d'ovaires. La protéine DMRT1 est produite en double dose chez les mâles (ZZ), alors qu'elle ne l'est qu'en dose unique chez les femelles (WZ). La surexpression du gène dans les gonades d'embryons femelles les masculinise-t-elle ? Les chercheurs vont tenter de le vérifier, bien que cette modification soit rapidement létale pour l'embryon. http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-l-origine-du-sexe-chez-les-oiseaux-23261.php |
Pour en savoir plusC.A. Smith et al., The avian Z-linked gene DMRT1 is required for male sex determination in the chicken, Nature, publication en ligne avancée, 26 août 2009.
L'auteurJean-Jacques Perrier est journaliste à Pour la Science.
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Publié par trichard à 17:55:56 dans ONTOGENIE | Commentaires (0) | Permaliens
Après la naissance, un prématuré a besoin de soins attentifs et de beaucoup de technique. Mais il a aussi besoin de confort et douceur. D'où l'idée d'un lit spécifique, qui maintient idéalement le corps. Il a fallu dix années d'études sur la meilleure posture pour les bébés en soins intensifs et les grands prématurés.
Pour faciliter l'adaptation des prématurés à la vie extra-utérine, une équipe du service de néonatalogie de l'Hôpital Nord de Marseille a mis au point un très original berceau, qu'elle a baptisé... Cocon. Il s'agit en effet d'un véritable nid, spécialement conçu pour permettre au nouveau-né de retrouver une posture et une activité voisines de celles qu'il avait dans l'utérus maternel. Il suffisait d'y penser...
Ce Cocon est composé d'une partie supérieure étroite pour contenir la tête de bébé, et d'une autre plus large pour le bassin. Tout est pensé pour que le petit ne se retrouve pas dans une posture néfaste à son développement moteur ou psychique.
Des hôpitaux commencent à s'équiper
L'objectif est donc de faciliter la transition entre le ventre de Maman et le monde extérieur, bien plus angoissant. Confortablement calé, le petit prématuré sera moins stressé. Il respirera plus facilement et dormira paisiblement...
Outre les hôpitaux marseillais, quelques services de néonatologie en France disposent actuellement de ces cocons : à l'hôpital Necker enfants-malades (Paris), aux CHU de Poitiers et de Rennes, à l'hôpital de Voiron (Isère), de l'Archet (Nice), au Centre hospitalier d'Albi, à l'hôpital de Tarbes.... Tous ont été équipés grâce au soutien de l'Association Soroptimist France. Le prochain sur la liste est le CHU de Nantes. Une vingtaine de cocons lui sera remis mardi 10 mars, par les représentantes de l'association.
Publié par trichard à 11:34:33 dans ONTOGENIE | Commentaires (0) | Permaliens
Dés l'âge de 11 ou 12 mois, le bébé fait des gestes montrant des objets du doigt ou attirant l'attention, par exemple, sur son oreille s'il a mal : ce sont des gestes qui ont un sens (ou sémantiques). Si, à 14 mois, il ne pointe rien de l'index, c'est qu'il n'est pas capable de communiquer avec son environnement et que la parole ne se met pas correctement en place. Meredith Rowe et Susan Goldin-Meadow, de l'Université de Chicago, montrent même que plus l'enfant recourt à des gestes sémantiques à 14 mois, plus son vocabulaire sera riche quand il aura quatre ans et demi.
On sait que les bébés
ayant évolué dans un environnement sensoriel appauvri - où ils n'ont
pas été suffisamment stimulés - ont souvent moins de vocabulaire quand
ils parlent. C'est le cas par exemple quand leurs parents souffrent
(après un décès ou parce qu'ils vivent dans la misère), sont dépressifs
ou gravement malades. On a ainsi observé qu'en moyenne, les enfants
issus de familles de faible statut socio-économique ont un vocabulaire
moins riche que ceux issus de familles favorisées. Ce retard existe dès
l'âge de quatre ans et persiste pendant toute la scolarité si l'on ne
fait rien. Or le manque de vocabulaire est souvent synonyme d'échec
scolaire.
Pourquoi les enfants de milieux
défavorisés ont-ils un vocabulaire pauvre ? On savait déjà que cette
tendance dépend de la façon dont les parents parlent à leur enfant dès
son plus jeune âge. Les psychologues américaines ont filmé pendant 90
minutes 50 bébés âgés de 14 mois dans leur environnement familial et
ont analysé tous les gestes et paroles des enfants et de leurs parents.
En moyenne, les bébés font 20 gestes signifiants et prononcent 13 mots,
et leurs parents font 40 gestes et disent 364 mots. Mais plus les
parents font de gestes sémantiques en direction de leur enfant, plus ce
dernier leur répond. En revanche, le nombre de mots employés par les
parents n'est pas lié au langage des bébés. En outre, plus les parents
ont des revenus et un nombre d'années d'étude important (les deux
paramètres étant corrélés), plus les gestes signifiants dans la famille
sont nombreux. Les psychologues ont ensuite évalué le vocabulaire des
enfants à quatre ans et demi : il est d'autant plus riche que les
enfants et leurs parents faisaient beaucoup de gestes sémantiques. Bien
sûr, faire des gestes à son enfant de 14 mois n'est pas le seul facteur
impliqué dans la qualité du vocabulaire. Mais il s'avère qu'ainsi, on
peut augmenter l'acquisition du vocabulaire chez l'enfant à un âge où
les disparités langagières n'existent pas encore.
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-faire-des-gestes-donne-un-vocabulaire-plus-riche-20671.php
Publié par trichard à 10:36:39 dans ONTOGENIE | Commentaires (0) | Permaliens
Suivre la formation d'un embryon de vertébré en temps réel, cellule par cellule : c'est la prouesse réalisée par une équipe allemande. Une révolution dans l'imagerie du vivant.
Ce film montre le développement cellule par cellule d'un embryon de poisson-zèbre durant les premières 24 heures. La couleur orange indique que la cellule bouge d'au moins 1,2 micromètre par minute, la couleur bleue, que la cellule est immobile. (© Philipp Keller, EMBL)
En 1983, le Britannique John Sulston frappait les esprits en observant en temps réel le développement embryonnaire du ver Caenorhabditis elegans.Adulte, l'animal comporte seulement 959 cellules. À cette aune, on mesure l'avancée que constituent les travaux de Philipp Keller et de son équipe du laboratoire européen de biologie moléculaire à Heidelberg [1] : ils ont observé les 24 premières heures d'un embryon de poisson-zèbre, plus gros et moins transparent que celui de Caenorhabditis - au bout d'une journée, il comporte 20 000 cellules.
Pour ce faire, les biologistes allemands ont injecté dans l'oeuf juste fécondé des ARN messagers codant une protéine fluorescente se fixant à l'ADN. Puis ils ont suivi les noyaux cellulaires par microscopie avec illumination laser : un faisceau laser plan et fin a balayé l'embryon horizontalement et verticalement pendant 24 heures, la fluorescence émise par les cellules étant enregistrée à raison de 400 images toutes les 60 ou 90 secondes.
C'est cette technique de microscopie tridimensionnelle qui a permis un suivi de 24 heures. « Contrairement aux techniques employées jusqu'alors, le faisceau lumineux se déplace ici très rapidement, ce qui réduit son effet phototoxique sur les cellules, explique Thierry Darribère, de l'université Pierre-et-Marie-Curie à Paris.Le suivi peut donc durer plus longtemps, et il n'est pas exclu qu'on puisse le prolonger au-delà de 24 heures. »
Résultat : 400 000 images à partir desquelles les chercheurs ont établi, grâce à des algorithmes innovants d'analyse d'image, une base de données numériques répertoriant la position de chaque cellule au cours du temps. Ils ont alors reconstruit un « embryon numérique » en trois dimensions. On y visualise la position des cellules et leurs déplacements avec une grande précision, aussi bien à l'endroit qu'à rebours [2].
Cela permet de remonter à l'origine cellulaire des organes dont les ébauches sont en place au bout de 24 heures - les auteurs ont ainsi retracé le cheminement des cellules de la rétine. Reste à appliquer cette méthode à d'autres vertébrés. C'est ce à quoi s'attelle l'équipe allemande.
Sandrine Etien
http://www.larecherche.fr/content/actualite/article?id=24436
Publié par trichard à 16:26:37 dans ONTOGENIE | Commentaires (0) | Permaliens
Une équipe japonaise a obtenu des clones de souris à partir d'animaux morts et congelés depuis une semaine, un mois... et 16 ans. La technique est nouvelle et prometteuse, d'autant que ces souris avaient été congelées sans traitement cryoprotecteur.
A quand le mammouth ? Les auteurs japonais qui rapportent leurs résultats dans la revue scientifique Pnas évoquent eux-mêmes cette possibilité, même si elle reste très hypothétique. L'équipe de Teruhiko Wakayama, du Centre de biologie du développement Riken, à Kobe, s'en est effectivement rapprochée en obtenant des souris vivantes par clonage d'animaux morts et congelés depuis une semaine, un mois et 16 ans, à -20°C et sans aucune cryoprotection. Dans ces conditions, l'eau contenue dans les cellules et dans le milieu intercellulaire forme des cristaux au moment de la descente en température, augmentant considérablement la concentration du milieu encore liquide. Avec la formation de cristaux d'eau, qui augmente le volume, cet effet de la congélation conduit à la destruction définitive des cellules. Lors de la congélation de tissus vivants, on l'évite à l'aide de cryoprotecteurs, des molécules de diverses natures, qui ont pour effet de déshydrater partiellement le milieu intracellulaire. En théorie, les souris congelées de cette expérience auraient donc dû constituer de biens piètres donneuses d'ADN.
Mais les chercheurs ont fait appel à une technique inhabituelle. Au lieu de réaliser une suspension cellulaire des tissus prélevés, ils les ont plongés dans une solution ayant la propriété de séparer les noyaux (NIM, nuclear isolation medium). Ces noyaux ont ensuite été transférés dans des ovocytes énucléés prélevés sur des souris vivantes. Au passage, les chercheurs ont pris le soin de vérifier que le milieu ne recélait aucune cellule ayant pu survivre à la congélation, démontrant que l'ADN injecté dans les ovocytes est donc bien celui des noyaux.
Les scientifiques ont utilisé plusieurs organes donneurs. Curieusement, les meilleurs résultats ont été obtenus avec les neurones. Aucune explication certaine n'est donnée mais les chercheurs avancent l'idée que les neurones résistent mieux à la congélation grâce à leur richesse en glucose. L'hypothèse est plausible puisque les glucides et les glycoprotéines font partie des cryoprotecteurs habituels.

Déjà une descendance
Les ovocytes, une fois le matériel génétique injecté, ont été mis en culture puis transférés dans une mère porteuse. A partir des animaux congelés depuis une semaine et un mois, respectivement trois et cinq naissances ont ainsi été obtenues. Mais les neurones prélevés sur le mâle C3H/He (ainsi est-il nommé par l'équipe), au congélateur depuis 16 ans, n'ont rien donné...
Pour compléter l'expérience, les chercheurs japonais ont alors opéré en deux temps. Les noyaux prélevés sur les animaux congelés ont d'abord été transférés dans des cellules souches embryonnaires pour produire plusieurs lignées cellulaires. Dans un second temps, des noyaux de quelques-unes d'entre elles ont été prélevés et injectés dans des ovocytes énucléés. Cette fois, le mâle C3H/He, mort en 1992, a pu être correctement cloné. Quatre petites souris sont nées mais deux seulement ont survécu (l'une est morte d'insuffisance respiratoire et l'autre a été dévorée par sa mère). L'une des deux survivantes, une femelle, s'est déjà reproduite avec un mâle normal, démontrant qu'elle est en bonne forme.
Ce premier clonage à partir de tissus morts est un espoir de faire revenir à la vie une espèce disparue. Mais il reste mince car il faudra alors trouver une mère porteuse et le matériel génétique doit être intact. Ce n'est jamais le cas pour des organismes fossilisés ou même naturellement congelés dans le pergélisol, comme les mammouths. On peut aussi imaginer congeler dès maintenant des animaux d'espèces en voie de disparition.
Publié par trichard à 17:24:41 dans ONTOGENIE | Commentaires (0) | Permaliens