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Anti-Freud Anti-PsyK

Aux récalcitrants éclairés et opposés au système de la pensée unique à la française. (Utilisez Firefox ou Opera, pour ce blog). Patrice Van den Reysen.

Présentation

Karl R. POPPER.

« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».

« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).





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La psychanalyse, ce que l'on peut en penser... | 22 septembre 2006

Il convient, tout d'abord, de "rendre à Cesar, ce qui lui appartient". Nous donnerons donc la parole à Pierre Janet, précurseur spolié, sinon détourné par Sigmund Freud.


Je cite Pierre Janet :

"Ce qui caractérise cette méthode [psychanalytique], c'est le symbolisme, un événement mental peut toujours, quand cela est utile à la théorie, être considéré comme le symbole d'un autre. La transformation des faits, grâce à toutes les méthodes de condensation, de déplacement, d'élaboration secondaire, de dramatisation peut être énorme, et il en résulte qu'un fait quelconque peut signifier tout ce que l'on voudra. [...] C'est [...] une conséquence de la confiance des auteurs dans un principe général posé au début comme indiscutable, qu'il ne s'agit pas de démontrer par les faits mais d'appliquer aux faits." (in : Pierre Janet, "Les médications psychologiques", vol.2, 1919. Cité par Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani, in "Le dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse").

Bref commentaire :

On trouve dans ce jugement sans appel de Pierre Janet, une validation de nos propos sur le déterminisme psychique prima faciae et absolu de la psychanalyse, mais aussi sur l'accusation d'irréfutabilité qui fut formulée par Karl Popper.

L'essentiel à comprendre, c'est donc le caractère "prima faciae" déterministe de toute la théorie. Et, de surcroît, (outre cette apriorisme), son caractère posé au départ, comme indiscutable. Il ne devient donc plus nécessaire à Freud, de soumettre ses "hypothèses" à des tests intersubjectifs, indépendants, et extra-cliniques. Puisque tous les faits possibles peuvent déjà, (à priori) être expliqués par la théorie freudienne, dotée de ses multiples concepts lui permettant de le faire mais qui ne sont, en réalité, que des gardiens de la conception déterministe intenable de Freud.

En toute logique, rien, ne peut donc réfuter la théorie freudienne. Par voie de conséquence, ceci, comme nous venons de le dire, rend inutile toute forme d'expérimentation, méthode, qui fut du reste, explicitement rejetée par Freud, dans une réponse restée célèbre, qu'il adressa à Rozensweig.

Comme la théorie freudienne ne peut, ainsi, se fonder sur aucun test qui corroborerait de manière indépendante son pouvoir explicatif, descriptif, et prédictif, cette théorie qui ne peut être démontrée fausse et peut toujours être vérifiée, est donc...sans fondement.

Nous ne sommes fondés sur rien, c'est-à-dire sur aucun test que l'on aurait fait subir aux théories freudiennes, pour "croire" (croyance scientifique) en ses pouvoirs d'explications. N'étant fondée sur rien, puisque pouvant être "fondée"...sur tout et n'importe quoi, la psychanalyse est donc une "théorie zéro" (Borch-Jacobsen). La psychanalyse n'exclue donc aucun fait possible qui ne puisse entrer dans son giron interprétatif ou pseudo-explicatif (puisque ne pouvant exclure aucun fait, et qu'une véritable explication revient toujours à exclure, il ne peut s'agir que de pseudo-explications, et non de véritables explications). Nous pouvons croire, légitimement, qu'une théorie est "fondée", précisément, parce qu'elle nous permet de discriminer des faits par rapports à d'autres. C'est-à-dire, parce que la théorie interdit ou proscrit, logiquement, certains faits qui pourraient la contredire. Par exemple, nous croyons dans le concept de chaleur, par ce que des faits relatifs au "froid" ou au "tiède", contredisent, la "chaleur". Or, en psychanalyse, nous le répétons, tous les faits, mêmes les plus infinitésimaux, les plus insignifiants, les plus contradictoires, peuvent être "expliqués" par la théorie de Freud.

Nous avons donc bien, un déterminisme psychique, prima faciae, absolu, et comme le disait Freud, excluant toute forme de hasard et toute forme de non-sens psychique.

Cette forme de déterminisme, comme toutes les formes de déterminisme prima faciae et absolu, n'est d'aucune utilité pour la science (Popper), elle n'a aucun pouvoir explicatif.

En conséquence, à cause de ses prétentions interprétatives, sinon explicatives illimitées (donc pseudo-explicatives), les théories de Freud n'ont pas de véritable pouvoir heuristique. Elle ne permettent de "découvrir" rien d'autre que ce qui est déjà prévu par ce qu'elles disent : aucune "découverte" ne peut être inédite en psychanalyse, tout est réglé dès le départ.


Publié par vdrpatrice à 12:03:38 dans Résistances... | Commentaires (1) |

Remettre en cause l'existence de l'inconscient ? (Modifié le 20 octobre 2008). | 17 septembre 2006

Je pense que je dois clarifier une position cruciale. En tant qu'adversaire de la psychanalyse, je ne remets nullement en cause l'existence de l'inconscient, dans l'absolu. Je pense même qu'il est absurde, compte tenu de la masse des travaux de recherche dans les neurosciences sur ou autour de la notion d'inconscient, comme les théories sur la mémoire implicite par exemple, que de nier l'inconscient.

Ce que je nie, par contre, c'est l'existence d'un inconscient tel que Freud et les psychanalystes d'hier et d'aujourd'hui le conçoivent. C'est-à-dire indissociablement lié au déterminisme psychique prima faciae et absolu excluant (a priori) le hasard et le non-sens qui institue la psychanalyse en un apriorisme complet donc une pensée hors du champ de la Science.

En somme, la position que je défends, est, grosso modo la suivante : il y a un inconscient sous certaines conditions initiales précisées par la science et reproductibles de manière expérimentale, mais la théorie de l'inconscient des psychanalystes est sans aucun fondement parce qu'elle est indiscutablement infalsifiable. Pour s'en convaincre, outre les positions déterministes intenables de Freud, il suffit, par exemple, de s'en remettre aux propos du psychanalyste canadien Patrick Mahony, je les cite :

« De manière directe ou indirecte, il se livre à un commentaire constant sur la résistance du lecteur, de sorte que même si l'on est pas d'accord avec les idées d'un de ses passages, on est amené à tomber d'accord avec ses commentaires sur le caractère subversif de l'inconscient. Sa seule manière de créer une alliance avec le lecteur renforce la nature dialogique de sa prose et la rend éminement intériorisable : le piège transférentiel posé par l'écriture de Freud défie donc le lecteur profane comme le lecteur versé en psychanalyse. » (Patrick Mahony, « Dora s'en va. Violence dans la psychanalyse ». Les empêcheurs de penser en rond. Paris, 1996, pages 238 - 239).

Par conséquent, j'affirme, malgré les travaux de Mark Solms (très critiqués sinon démolis par la critique de Hobson), qu'il est parfaitement impossible de tester la théorie de l'inconscient de Freud et des psychanalystes.

J'affirme en outre, que l'on ne peut conformément « à la foi absolue» (Freud) qu'avait le Père fondateur de la théorie psychanalytique dans le déterminisme, dissocier la théorie de l'inconscient et du refoulement de ce même déterminisme sans complètement dénaturer la pensée de Freud et tester une toute autre théorie que la sienne. Si on le fait, on peut tester cette théorie, qui ne l'est pas si l'on respecte, au pied de la lettre, les injonctions freudiennes.

- Il faut citer Freud, dans les premières pages de sa 3° leçon de psychanalyse. Je cite :

« (...)Incapable d'en sortir, je m'accrochai à un principe dont la légitimité scientifique a été démontrée plus tard par mon ami C. G Jung et ses élèves de Zurich. (Il est parfois précieux d'avoir des principes !) C'est celui du déterminisme psychique, en la rigueur duquel j'avais la foi la plus absolue.»

Puis, vers la fin du chapitre, Freud enfonce le clou encore plus loin en écrivant, je le cite :

« Vous remarquerez déjà que le psychanalyste se distingue par sa foi dans le déterminisme de la vie psychique. Celle-ci n'a, à ses yeux, rien d'arbitraire ni de fortuit ; il imagine une cause particulière là où, d'habitude, on n'a pas l'idée d'en supposer; Bien plus : il fait souvent appel à plusieurs causes, à une multiple motivation, pour rendre compte d'un phénomène psychique, alors que d'habitude on se déclare satisfait avec une seule cause pour chaque phénomène psychologique.»

Commentaires :

Ce qu'il faut d'emblée prendre en considération c'est cette prétendue « légitimité scientifique » du déterminisme tel que le conçoit Sigmund Freud. Bien entendu, comme le démontra Popper, aucun scientifique ne peut et ne doit renoncer à corroborer des lois précises, c'est-à-dire des lois causales, (lesquelles ne sont pas incompatibles, soit dit en passant, avec des lois fréquentistes), voir Karl Popper dans « La logique de la découverte scientifique » section sur la métaphysique indéterministe. Cela signifie que la Science, généralement, vise toujours à atteindre la Vérité Absolue, c'est-à-dire un déterminisme post faciae. Mais elle ne peut logiquement jamais l'atteindre puisque toutes les théories scientifiques prétendant permettre des projets de description, de prédiction, ou des explications, doivent être universelles. Et, en tant que telles, elles doivent toutes avoir la forme d'énoncés universels au sens strict. Par suite, ces énoncés sont tous logiquement falsifiables et invérifiables avec certitude. Ils sont donc dans tous les cas, des énoncés faillibles. Ils ne peuvent donc jamais représenter un déterminisme absolu. C'est impossible. Karl Popper a dévasté toutes les prétentions du déterminisme scientifique (Cf. « L'univers irrésolu plaidoyer pour l'indéterminisme »). Cette doctrine est morte et enterrée. Le déterminisme scientifique ne peut logiquement être d'aucune utilité pour la science. La chose est démontrable et démontrée de manière accablante. Pourtant l'on aurait tort de croire que la réflexion de Popper sur le déterminisme par rapport à l'indéterminisme n'est pas sans nuances très importantes. Je cite Popper dans La logique de la découverte scientifique, dans le chapitre concernant les observations relatives à la physique quantique :

« La croyance métaphysique en la causalité semble donc plus fertile dans ses diverses manifestations que n'importe quelle métaphysique indéterministe du genre invoqué par Heisenberg. (...) En conséquence si nous acceptons que ces conclusions indéterministes sont des hypothèses empiriques, nous devrons essayer sérieusement de les soumettre à des tests, c'est-à-dire de les falsifier. Et ceci signifie que nous devrons rechercher des lois et des prévisions. Nous ne pouvons donc suivre l'exhortation d'abandonner cette recherche sans désavouer le caractère empirique de ces hypothèses. Ceci prouve qu'il serait contradictoire en soi de penser qu'il pourrait exister quelque hypothèse empirique susceptible de nous contraindre à abandonner notre recherche de lois. (...) Sur les ruines du déterminisme, s'éleva l'indéterminisme, soutenu par le principe d'incertitude d'Heisenberg. Mais il naquit, comme nous le voyons à présent, de la même mésintelligence de la signification des énoncés de probabilité formellement singuliers. La leçon de tout ceci nous incite à essayer de découvrir des lois strictes - des interdits - que puisse ruiner l'expérience. Cependant, nous devrions nous abstenir de dispenser des interdits fixant des limites aux possibilités de la recherche. » (Karl Popper. La logique de la découverte scientifique. Observations relatives à la théorie quantique. Métaphysique indéterministe. Edition Payot, Paris, 1979, pages 253 à 255).

La nuance poppérienne vient de son livre suivant La logique de la découverte scientifique et qui s'intitule justement, L'univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme. Dans ce livre, Karl Popper ne remet nullement en cause la nécessité pour toute science empirique de rechercher à corroborer des lois causales, mais il invalide en totalité toute conception d'une démarche scientifique qui se fonderait sur un apriorisme absolu ou laplacien exactement comme celui de Sigmund Freud (lequel va encore plus loin que ce que Simon Laplace n'avait prudement entrevu qu'au titre d'une hypothèse métaphysique). C'est cette forme de déterminisme extrémiste, que Popper nomme « déterminisme scientifique », qu'il faut exclure de tout projet scientifique, parce qu'il se fixe des exigences qu'il ne peut logiquement satisfaire dès qu'il voudrait prouver son caractère opérationnel dans la définition d'un projet de prédiction d'une description de quelque phénomène naturel en s'obligeant à rendre compte, avant la mise en oeuvre d'un tel projet, de n'importe quel degré de précision dans les mesures possibles à partir desquelles calculer les conditions initiales de la prédiction. (Principe de responsabilité renforcé démontré par Popper). Or, il est tout à fait clair, et Popper dans ce livre le prend même en exemple, que le déterminisme tel que l'a conçu Freud pour sa psychanalyse, va beaucoup trop loin, outrepasse de façon la plus grossière toute version d'un déterminisme qui resterait utile dans une démarche scientifique.

Mais On peut démontrer, assez facilement, comment la mémoire inconsciente est indispensable, et pourquoi le déterminisme freudien va trop loin.

Exemple :

Soit 3 moments : un moment M1, puis M2, et M3. Mon sujet d'expérience est une personne adulte dont la culture est jugée « suffisante » . Au moment M1, je fais entrer dans une pièce éclairée, vierge de tout signe, de toute image, et de tout objet, mon sujet d'expérience. Ce dernier ne sait absolument rien de ce que je vais lui demander. Au moment M2, je demande à mon sujet de formuler aussi rapidement que possible (de faire des « associations libres» ) tous les mots qui lui viennent à l'esprit à la suite d'un mot que je vais prononcer. Puis je prononce le mot « Ferrari» . Mon sujet, prononce immédiatement : « rouge» , « voiture» , « circuit» , « vitesse» , « course» , « Schumarer » , « Fangio » , etc. Puis je l'arrête. Au moment M3, je prononce un autre mot : « Maison » . Et je demande à mon sujet la même chose qu'au moment M2. Il énonce, par exemple : « famille », « toit » , « loyer » , « pièces » , « moquette » , « portail » , etc..Puis je stoppe l'expérience. Que tirer de cette expérience à propos de la mémoire inconsciente ? C'est très simple : il est complètement impossible, que, au moment M1, mon sujet ai pu savoir ce que j'allais lui demander au moment M2, puis au moment M3. Il est aussi complètement impossible qu'il ait pu inventer les mots qu'il a formulés aux moments M2 et M3. Donc, avant leur formulation, ces mots, étaient bien dans une sorte de réservoir, et le sujet n'avait pas conscience d'eux. Ils « dormaient ».

Cette expérience, prouve, selon moi, l'existence d'une mémoire inconsciente. Il nous est impossible, je le crois, de ne pas en avoir une. Et je crois même que les animaux, mêmes les moins développés, en ont une. Quelle différence fondamentale, faut il faire, maintenant, avec l'inconscient freudien ? La différence, c'est que Freud, selon son déterminisme prima faciae, absolu, excluant tout non-sens et tout hasard, pourrait nous donner les causes strictes selon lesquelles mon sujet d'expérience a formulé tels mots plutôt que tels autres à la suite de mes sollicitations, et même pourquoi il les a formulé dans un certain ordre ! Freud pourrait même expliquer pourquoi l'expérimentateur lui-même a demandé ces mots. Et ce n'est pas tout. Après l'analyse de l'inconscient de l'expérimentateur ET du sujet d'expérience, Freud, pourrait même, logiquement prédire, les mots que ces derniers pourraient formuler, c'est-à-dire qu'il peut rendre inutile toute expérimentation. En effet, pourquoi chercher des preuves, à posteriori, si la théorie peut déjà les expliquer, à priori ! Mais, dans de telles conditions, si tout est logiquement confirmable, prima faciae, sans la moindre place pour un élément contradictoire dont l'émergence pourrait être due au hasard par exemple, c'est qu'il n'existe rien du tout. Il le pourrait tout comme certains chercheurs de l'INSERM, bien des années plus tard, prétendent que l'inconscient peut prédire la date de naissance !!
Voir ce lien : http://www.carnetpsy.com/Archives/Recherches/Items/p8.htm , où l'on trouve l'article de Monique Bydlowski, intitulé : « L'inconscient peut calculer la date de naissance » .

Il est impossible, pour une science, de ne pas se positionner clairement par rapport à la question du déterminisme. Et les lois causales corroborées sont sensées permettre des prévisions, moyennant des conditions initiales sur des descriptions ou d'autres prédictions. C'est le point de départ de la science, avec les fameux engagements ontologiques par lesquels les scientifiques précisent ce qu'ils considèrent comme réel, donc ce sur quoi devra porter l'effort de recherche. Le déterminisme prima faciae et absolu, s'il était opérationnalisable dans des projets de description ou de prédiction, rendrait toute connaissance, d'emblée logiquement impossible. Cette doctrine ne peut fabriquer qu'un vide absolu. C'est une des raisons pour lesquelles les théories scientifiques demeurent des hypothèses, et que la célèbre formulation par les freudiens de « l'hypothèse nécessaire de l'inconscient» est un bluff. Il ne s'agit nullement d'une hypothèse. Il s'agit d'un dogme qui permet une lecture sans aucune faille possible, aussi infinitésimale soit-elle de la psyché et du comportement humain. Absolument rien ne peut échapper à cette théorie de l'inconscient. Aucun phénomène psychique conscient ou inconscient, aucun comportement humain, même, (je cite Freud) « (...)Ces petits faits, les actes manqués, comme les actes symptomatiques et les actes de hasard » !. L'inconscient de Freud se présente donc bien comme une sorte de Totem, imposant ses tabous : la discussion critique, le recours à l'expérience des faits. Freud n'était pas un scientifique dans l'âme, mais, comme il l'écrivit lui-même un « Conquistador » , ou une sorte de sorcier, ou de gourou.

Mais revenons un moment, à l'aide d'un exemple, sur l'affirmation précédente selon laquelle : « En effet, pourquoi chercher des preuves, à posteriori, si la théorie peut déjà les expliquer, à priori ! Mais, dans de telles conditions, si tout est logiquement confirmable, prima faciae, sans la moindre place pour un élément contradictoire dont l'émergence pourrait être due au hasard par exemple, c'est qu'il n'existe rien du tout. »

Considérons donc, par exemple, comme prima faciae vérifié, l'énoncé universel au sens strict suivant : « tout est de l'eau » . (Normalement, un tel énoncé ne peut être vérifié avec certitude, mais admettons qu'il réponde à un déterminisme physique prima faciae et absolu excluant toute forme de hasard et d'imprécision aussi infinitésimale soit-elle, comme pour le déterminisme psychique absolu de Freud). Si donc « tout est de l'eau » , qu'est-ce que cela implique ? Cela implique, que moi, vous, l'air, les choses qui m'entourent, tout, absolument tout est de l'eau. Cela implique donc qu'il est même impossible, qu'une personne physique puisse formuler un tel énoncé, puisque l'eau ne parle pas, elle ne formule pas des mots. Cet énoncé n'a donc, à la rigueur qu'une valeur métaphysique, et encore...Si donc « tout est de l'eau » , alors, « rien n'est de l'eau » , et, du reste, personne ne peut savoir si quoique ce soit est ou non de l'eau ! Bref, absolument rien n'existe. Cet exemple pour le moins trivial suffit, je pense à démontrer que le déterminisme prima faciae, absolu, et excluant toute forme possible de hasard donc d'imprécision, donc d'énoncés potentiellement contradictoires, ne fait que créer le vide absolu.

Pour pouvoir identifier un contenu, il faut un contenant qui lui donne des limites. Par conséquent toutes les théories universelles et tous les termes universels se rapportant à la réalité doivent avoir leur classe non vide de falsificateurs potentiels. En conséquence, s'il est impossible d'expliquer les événements psychiques ou les comportements autrement qu'en passant directement ou indirectement par la théorie de l'inconscient ou du refoulement de Freud, c'est que cette théorie n'admet strictement aucune limite. Elle n'a donc pas de contenu, et elle n'a plus aucun sens possible.

Finalement, la théorie de l'inconscient du fait de son rapport avec le déterminisme absolu, a pratiquement plus le statut d'un énoncé existentiel au sens strict que celui d'un énoncé universel au sens strict. Les énoncés existentiels au sens strict, sont, comme l'explique Popper dans « La logique de la découverte scientifique » , tous des énoncés logiquement vérifiables, et logiquement irréfutables. Ce que revient à dire Freud, non à titre d'hypothèse, c'est donc : « il y a (il existe) un inconscient » . Tout comme je peux dire : « il y a des singes bleus qui nagent le papillon sur Saturne » . Ce dernier énoncé, volontairement loufoque, est logiquement vérifiable et irréfutable. Pourquoi ? Parce qu'il ne précise aucune coordonnée temporelle. Il ne précise aucune condition initiale. Si nous n'observons pas de singes bleus aujourd'hui ou dans 10 millions d'années, cet énoncé ne peut être considéré comme réfuté, mais toujours potentiellement vérifiable. De la même façon : « il existe un procédé qui permet de faire apparaître une bête à cornes, à tête de bouc, et portant un grand manteau » ne peut être réfuté, et peut toujours être potentiellement vérifié. Tout ceci est une question de logique.



Publié par vdrpatrice à 11:29:51 dans Résistances... | Commentaires (0) |

Adieu la psychanalyse ! | 17 septembre 2006

(Ludwig Binswanger : "celui que la psychanalyse a empoigné, elle ne le lâche plus.")


Ce que nous interdit la psychanalyse et qui motive notre rejet total, c'est que dans la vie quotidienne, lors de tous nos rapports avec les autres, il est pratiquement devenu impossible de concevoir sa propre vie psychique, son être psychique, en dehors d'elle. Il est "interdit de se penser psychiquement sans elle." Quoique l'on dise, quoique l'on pense, ou que l'on fasse, la super-théorie peut toujours vous recouvrir de ses filets. Elle prétend pouvoir libérer alors même qu'elle nie de façon absolument certaine et explicite tout libre arbitre dans la vie psychique. Elle prétend pouvoir libérer en proposant son cadre de référence, une prison intellectuelle dont nous ne pourrions pas faire reculer les murs. La psychanalyse est un piège à rat qui séquestre dans sa camisole de mots toute créature qui s'allonge sur le divan. Ses idées semblent avoir imprégné mes contemporains jusque dans leur plus intimes réflexes intellectuels, en renforçant notamment le positivisme vers lequel le sens commun est naturellement attiré ou leur permettant de justifier d'insupportables pressions de conformité : quelle jouissance pour la vanité, quelle sensation de puissance lorsque l'on croit pouvoir tenir quelqu'un sous une gangue interprétative comme la psychanalyse après lui avoir posé sur le crâne l'entonnoir de l'inconscient freudien (1). Jacques Bouveresse évoque le fait que la psychanalyse a de quoi s'imposer irrésistiblement à des "êtres constitués comme nous le sommes", c'est-à-dire des êtres invariablement attirés par la recherche de régularités, de stabilités rassurantes reposant sur quelque chose de solide et sûr. En effet, pour "prouver" ses théories, elle n'a jamais pu faire autrement que de mettre en avant de "nombreuses confirmations", et le sens commun, aime les confirmations, les probabilités, les régularités, mais ignore le plus souvent que les confirmations aussi nombreuses soient elles ne prouvent rien, et que ce sont les tentatives de réfutations qui ont échoué ou réussi à éliminer une théorie qui seules peuvent en révéler le contenu véritable. Mais la psychanalyse, tout comme la psychologie, attire aussi des créatures parfois avides d'égo ou d'un ascendant sur autrui permettant de le contrôler ou d'affirmer une dominance par un cadre conceptuel et rhétorique qui lui empêcherait de s'en sortir sans passer pour un déviant ou un malade.
Une authentique connaissance scientifique ne peut, précisément, jamais reposer sur quoique ce soit de "solide et sûr" (ou d'absolu), comme le démontre Popper dans sa "Logique de la découverte scientifique", puisque lorsque nous parvenons à corroborer une théorie ce n'est que par l'intermédiaire d'une succession de tests dont les conditions initiales, reposant elles aussi sur des hypothèses scientifiques corroborées (les instruments d'observations avec les théories scientifiques qui ont servi à les fabriquer font partie des conditions initiales), sont seulement considérées comme "non problématiques" (puisque précédemment corroborées) pour que les dits tests soit possibles : cela veut dire que les conditions initiales qui permettent les tests, ne peuvent être, en elles-mêmes, absolument certaines et définitivement vérifiées. Par ailleurs, lorsqu'une théorie est dite scientifiquement corroborée à l'issue d'un test intersubjectif qu'elle réussit à passer avec succès, ce n'est que parce que le test en question est logiquement déductible d'une tradition précédente de tests reconnus par la communauté scientifique internationale. Nous ne pouvons pas jouer les Robinson Crusöe (2) et clamer que les tests que nous avons faits, seuls, sont valides, en faisant fi de tout un savoir antérieur, toute une tradition qui a bâti difficilement un "savoir tester" de plus en plus performant et sévère, interdisant toujours plus d'événements empiriques possibles, que nous pouvons ignorer si nous prétendons pouvoir tester dans notre coin une théorie appartenant à une tradition scientifique dont nous ne connaissons rien. Celui qui prétend tester seul et "scientifiquement", est confronté à l'alternative suivante : ou bien risquer de redécouvrir à lui tout seul tout un savoir déjà testé par d'autres, et recommettre les mêmes erreurs, ou bien tenter d'imposer sa nouvelle découverte comme un révélation du Néant, exactement à la manière de Freud, bien que Freud ne rechercha, de surcroît, jamais des réfutations objectives de ses propres conjectures sur la base d'une discussion rationnelle et critique avec d'autres, mais toujours des confirmations fussent-elles "cliniquement prouvées". Le lecteur qui s'aventurera dans l'oeuvre de Freud, cherchera vainement les traces de la tradition de tests intersubjectifs sur la notion d'inconscient qui précèderait la psychanalyse et dont Freud se serait fait le "génial" continuateur (3) ! Non, Freud s'est toujours présenté comme l'inventeur isolé et héroïque de l'inconscient (pauvre "héro", trahissant ainsi sa conception naïve et erronée de la Science), soit-disant en "rupture" avec une tradition de recherche sur l'inconscient, mais sans avoir jamais démontré en quoi sa théorie constituait une réfutation objectivement contrôlée d'une autre théorie de l'inconscient précédente ou une amélioration patente et testée empiriquement par la communauté internationale. (Que l'on songe à la crédibilité d'Einstein auprès des physiciens de son temps ou d'aujourd'hui, si ce dernier avait affirmé que sa théorie de la relativité était une auto-révélation, comme sortie du néant, issue de son seul "héroïsme" scientifique et en dehors de tout programme de recherche précédent, occultant toute la tradition ayant fait progresser la physique avant lui !). Comme on le comprend en lisant Karl Popper, tout cela ne peut être le travail d'un scientifique, ni même d'un génie scientifique, ce n'est que la supercherie d'un charlatan, d'un marchand d'illusions, et d'un imposteur. Bien que Popper, qui ne pouvait avoir lu les livres de Borch-Jacobsen ou de Bénesteau, donc ignorant probablement tout des multiples turpitudes intellectuelles et méthodologiques de Freud, voyait dans la psychanalyse une préscience intéressante (mais non une science) comportant "une grande part de vrai" (Popper). Mais sur ce dernier point, on pourrait utiliser l'argument d'Eysenck pour répondre à Popper que : "tout ce que la psychanalyse a dit de nouveau n'était pas vrai, et tout ce qu'elle a dit de vrai n'était pas nouveau". (Au sujet des stratagèmes et mensonges de Freud, on pourra lire des arguments dévastateurs dans les livres de Mikkel Borch-Jacobsen. Par exemple : "Les souvenirs d'Anna O.", ou encore "Folie à plusieurs", de cet auteur. Ou encore dans le livre de Jacques Bénesteau : "Les mensonges freudiens".).
L'émergence des théories prétendument scientifiques de la psychanalyse par Freud relève donc de l'imposture scientifique (Pierre Debray-Ritzen), laquelle ne peut engendrer notamment pour sa justification, qu'une imposture épistémologique essayant de relativiser voire de nier toute une tradition de réflexion en épistémologie et philosophie des sciences préexistant à toute psychanalyse, (à commencer, bien sûr par la bête noire : Karl R. Popper) ce qui lui permettrait, croit-elle, de se justifier elle-même en créant son propre cadre épistémologique autonome, nécessaire et suffisant.
Il existe d'ailleurs un site (http://perso.club-internet.fr/tuyau/Psychanalyses/epistemologi.htm) qui est le parfait exemple de désinformation épistémologique, où l'on mélange le vrai et le faux en espérant tromper le lecteur averti par des formules alambiquées, une terminologie bizarre ("ek-siter") et des artifices argumentaires qui tiennent plus d'une rhétorique se voulant habile à subjuguer, mais ne pouvant éviter le plus souvent le ridicule et le comique involontaire. On jette les mots, à vous de mettre le sens ! Ce stratagème donne tout le loisir aux "jeteurs de mots" de retomber sur leurs pattes (...en jouant, en dernier ressort, sur le sens des mots !) s'il s'avère que le sens que vous avez donné met en évidence leurs élucubrations de manière trop évidente. Si vous avez des difficultés à trouver ce fameux sens c'est que vous êtes un sombre ignare. Mais il vaut mieux se dire que le sens en question n'a qu'une teneur gazeïforme, bien difficile à saisir, ce qui se rapproche beaucoup plus de la vérité. C'est là le fin du fin de nos nouveaux maîtres penseurs. Nous reviendrons plus en détails, ultérieurement (en publiant une critique) , sur ce qui est symptomatique de la malhonnêteté intellectuelle de certains psychanalystes quand ils savent qu'on tient des arguments capables de jeter par terre leurs incroyables élucubrations. Face à de telles stratégies, il incombe à l'homme libre de faire face, d'assumer "le fardeau de la raison", c'est-à-dire, en l'occurrence, de lire, d'analyser, et de réfuter. La citation qui suit devrait faire comprendre la situation dans laquelle se trouve celui qui recherche la vérité lorsqu'il est confronté au genre de difficulté que nous dénonçons. "Il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont il sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde". (John LOCKE, cité par Jacques BOUVERESSE in: "Prodiges et vertiges de l'analogie". Édition: Éditions raisons d'agir. Paris, octobre 1999).
Une Science authentique ne repose donc jamais sur une base rocheuse, parfaitement déterminée après un test, et encore moins, parfaitement déterminée avant tout test (comme la psychanalyse !) , ses énoncés universels au sens strict qu'elle réussit ou non à corroborer demeurent des hypothèses puisque ce sont des énoncés universels au sens strict...et cette dernière raison est requise pour la déduction d'autres énoncés permettant par exemple certaines applications pratiques comme la fabrication des vaccins, ainsi que tous les autres objets faisant partie de notre monde empirique (notre Monde "1", ainsi que le nomment Popper et Eccles, à côté des Monde "2" des états de conscience, et Monde "3" de la connaissance objective) puisque avec des énoncés qui ne seraient que numériquement universels, pour une région spatio-temporelle donnée, nous ne pourrions déduire que des énoncés valides dans le labs de temps de la dite période. On imagine assez bien que si les théories scientifiques constitutives par exemple, des vaccins, étaient des énoncés universels au sens numérique, les vaccins ne pourraient avoir aucune efficacité, il ne pourraient pas même exister ! Puisque le geste d'inoculation d'un vaccin quelconque contre une maladie suppose l'anticipation, la prédiction, de son efficacité (voire de sa relative inefficacité) dans un futur immédiat et également, aussi lointain que possible, selon des conditions intiales, elles aussi, anticipées par des énoncés universels au sens strict. Ce n'est que si le vaccin échoue de manière répétée que l'on peut, à posteriori, juger de l'étendue de son efficacité dans le temps, mais au moment de son inoculation il est impossible de savoir à quelle date précise le vaccin deviendra inefficace sans disposer, avant l'inoculation, d'un énoncé universel au sens strict du genre : "toutes les fois que j'inocule tel vaccin, je sais que son effet dure approximativement tel labs de temps, et si ce labs de temps est significativement plus long ou plus court que d'habitude, et ce, de manière répétée, alors, la théorie du vaccin peut être considérée comme réfutée". ("Les énoncés de cette dernière espèce peuvent, en principe, être remplacés par une conjonction d'énoncés singuliers car si un temps suffisant est donné, l'on peut énumérer tous les éléments de la classe (finie) en question. C'est la raison pour laquelle nous parlons en de tels cas d'"universalité numérique". (Popper in : "La logique de la découverte scientifique." Édition : Payot. Page : 61)).
Tout cela entre en conflit direct avec la pensée du sens commun, celle de la majorité d'entre nous, de l'homme de la rue, qui est de ce fait tellement vulnérable aux superstitions "sophistiquées" comme la psychanalyse.
La psychanalyse et son inconscient se présentent bien comme les nouveaux totems de notre temps. Ils ont aussi leurs tabous : la discussion critique pour la recherche de la vérité, et la croyance dans le libre arbitre humain. Je pense que ces tabous n'ont rien à faire avec l'idée de progrès dans une société ouverte, (ils sont même un obstacle), mais concernent les sociétés primitives et les sociétés totalitaires. Et je pense que les totems, à l'époque ou nous vivons, n'ont plus qu'une seule utilité pratique : celle d'être abattus pour nous libérer. Détruisons-les, il est bien temps !
Je suis profondément attiré par l'idée de contribuer, modestement, à une libération du carcan psychanalytique. Qu'adviendrait-il si nous réussissions à nous en débarrasser ? Serions-nous prêts à affronter de nouvelles heuristiques, de nouvelles relations interpersonnelles, un ordre social rénové ? Serions-nous prêts à assumer, encore une fois le fardeau de la Raison, en hommes et femmes libres ? J'aime voir la psychanalyse comme une sorte de "Mur de Berlin" psychologique que nous devons faire tomber. Mais, je le répète, sommes nous prêts à faire face aux nouveaux problèmes qui surgiront de la chute d'un tel mur d'obscurantisme ? Car la chute du Mur de Berlin ou toute nouvelle forme consécutive de progression vers davantage de liberté engendre de nouvelles relations, de nouvelles interconnexions sociales, de nouveaux problèmes inédits (et aussi des conséquences imprévisibles et peut-être riches en perspectives), de nouvelles recherches pour trouver des solutions à ces nouveaux problèmes. Tout ceci démontre, ainsi que le fit Karl Popper, que l'augmentation de notre liberté par l'élargissement de nos cadres de référence suppose que les anciennes connaissances, y compris celles qui prétendent s'imposer à nous comme des dogmes définitifs chapeautant tout à l'instar de la psychanalyse, ne peuvent donc prétendre à un déterminisme à priori et absolu, et doivent être constamment soumises à la discussion critique, et si possible à l'aide de tests intersubjectifs. C'est cela que Popper nomme "le fardeau de la Raison" dans son livre "La société ouverte et ses ennemis", et, paradoxalement si l'on peut dire, ce fardeau sera toujours sur nos épaules tant que nous seront attirés par la liberté puisque celle-ci dépend directement de l'accroissement de nos connaissances. Seul l'homme libre accepte de porter un tel fardeau, il accepte d'en assumer toutes les conséquences, parce qu'il a en horreur ces formes de paternalisme que l'on trouve dans les doctrines totalitaires qui cherchent à lui donner l'illusion de pouvoir le délivrer de ses responsabilités personnelles. ("Ce n'est pas ma faute, c'est mon inconscient !" Voilà quel peut être l'éternel refuge des adorateurs de la théorie de l'inconscient de Freud. Voilà comment les psychanalystes peuvent déresponsabiliser tout individu qui commet un crime. Voilà aussi comment l'individu est placé sous la tutelle d'une théorie qu'il ne peut qu'accepter que religieusement et dont les clefs ne sont jamais vraiment en sa possession. Dans de telles conditions, cette théorie ne peut pas servir l'individu qui doit s'y soumettre, elle ne peut que l'aliener ou, comme dirait Binswanger, l'empoigner pour ne plus le lâcher). Il exècre aussi les procédures infantilisantes, quand elles ne sont pas humiliantes de la psychanalyse. Il est donc naturellement et "rationnellement" porté à rejeter, tôt ou tard (...), les théories fermées ou celles qui portent en elles l'utopie d'une marche vers un "monde d'amour et de beauté" (Popper) ce genre de monde qui ne peut exister que dans nos rêves romantiques, nos rêves d'enfant, mais pas dans les espoirs légitimes et réalistes d'hommes et de femmes adultes et responsables.
La psychanalyse est la nouvelle ennemie du progrès de la société ouverte, c'est une ennemie d'autant plus coriace qu'elle entend ne pas être démasquée en tant que telle, mais plutôt servir ses desseins en croyant nous apporter de nouveaux pouvoirs. Mais puisque la psychanalyse ne peut, du fait des ses fondements déterministes être soumise à aucun test, c'est donc, avant tout, en tant que philosophie que nous devons la rejeter, voire en tant que métaphysique stérile et verbeuse (car toutes les métaphysiques ne sont pas à jeter aux orties), puis à l'aune de ses prétendues conséquences thérapeutiques "efficaces".
Je demeure convaincu que si nous recherchons à accroître notre liberté, nous devons activement nous débarrasser de cette mythologie qu'est la psychanalyse, tout en sachant qu'il nous faudra accepter d'assumer certaines conséquences imprévisibles nées spontanément de sa chute, ou de son rejet aux poubelles de l'histoire. Il n'y a pas de liberté et d'épanouissement dans le cocooning : la vie n'est pas un perpétuel retour au berceau, "nous devons accepter ce saut dans l'inconnu et l'incertain avec ce que nous possédons de raison pour nous guider vers la sécurité et la liberté" (Karl R. Popper in: "La société ouverte et ses ennemis", tome 1). Ou bien encore : "l'homme peut apprendre, donc il peut être libre". Alors, comme le fit comprendre le Pape Jean-Paul II au peuple polonais : "n'ayons pas peur", abattons les anciens dogmes, faisons reculer les murs par un acte simple et authentiquement révolutionnaire, qui consiste à faire preuve de courage et d'indépendance intellectuelle en lisant les livres qui nous révèlent la vérité sur l'imposture psychanalytique.
J'ai enfin compris que la certitude est incompatible avec la liberté, parce que la certitude et le déterminisme aprioriste et absolu supposent l'immuabilité (cette immuabilité ne pouvant être maintenue que par des formes plus ou moins sophistiquées d'autoritarisme comme celle qui consiste à rejeter dans la déviance les questions insolentes et audacieuses que nous oserions poser, ou parce que celui qui s'emporte aurait toujours tort), et que la vie tout comme la liberté, sont évolution et changement.





Notes :




(1) "Le freudisme offre des armes efficaces à ceux qui, pour s'épargner de répondre aux objections, les attribuent à des motivations souterraines, à un "non-dit" dont ils se rendent maîtres à bon compte. Par-là, ils s'attribuent une supériorité intolérable, ils pervertissent la critique et le dialogue démocratique, ils interdisent le débat scientifique. Cela n'est-il pas contraire à l'intention de la psychanalyse et à la pratique du plus estimable des analystes ? Brisons donc les tabous qui infestent notre vie intellectuelle, la plus plate, la plus morne qu'on ait jamais connue dans ce pays, et la plus contrôlée. (...)Critiquer le freudisme c'est se rendre suspect et risquer ce qu'on appelle dans la nouvelle procédure pénale, se faire "mettre en examen". Avec les marxistes, on était convaincu d'esprit bourgeois et impérialiste. Avec les freudiens on est convaincu de résistance pathologique et dénégation. Commen s'en sortir ? En délaissant un terrain où l'on est piégé pour celui de la vérification épistémologique." Préface de Jean-Marie Domenach, in : "Déclin et chute de l'Empire freudien" de H.J. Eysenck. Edition : Guibert, Paris, 1994, page : 12.



(2) A ce sujet, voici comment se voyait Freud lui-même, cité par Frank J. Sulloway dans son livre : "Freud biologiste de l'esprit", chapitre : "le mythe du héros dans le mouvement psychanalytique", page : 428.
Freud : "voici comment j'imaginais le futur : j'arriverais probablement à m'en tirer grâce au succès thérapeutique de la nouvelle méthode, mais la science m'ignorerait totalement pendant toute ma vie ; quelques dizaines d'années plus tard, quelqu'un ne manquerait pas de tomber sur les mêmes choses - pour lesquelles le monde n'était pas alors mûr - , le ferait accepter, et me vaudrait l'honneur d'avoir été un précurseur dont l'échec était inévitable. En attendant, tel Robinson Crusoé, je m'installais aussi confortablement que possible sur mon île déserte. Quand je regarde en arrière ces années solitaires, loin des contraintes et de la cohue d'aujourd'hui, tout cela me paraît une époque héroïque. Mon "splendide isolement" n'était pas sans charme ni avantages...Mes publications, qu'il m'était possible de placer avec un peu de mal, pouvaient toujours être en retard sur mes connaissances et attendre autant que je voulais, car il n'y avait pas de priorité à défendre (1914 d, S.E., 14 : 22).


(3) Quelques citations tirées du livre de Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani : "Le dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse." Edition Les Empêcheurs de Penser en Rond, Le Seuil, Chapitre 2, pages 171 à 174 :
Alfred HOCHE : "Comment un tel mouvement [psychanalytique] est-il possible ? Sans aucun doute, la condition négative en est d'abord et avant tout le manque de sens historique et de formation philosophique des adeptes portés au fanatisme de la doctrine."

Morton PRINCE : "Dans la poursuite de ces recherches [psychanalytiques], on a trop négligé de très nombreux faits et données psychopathologiques accumulés par les patientes recherches d'autres observateurs. C'est un peu comme si un bactériologiste avait limité ses recherches à l'étude d'un seul bacille et avait négligé la masse de connaissances acquises dans le domaine bactériologique dans son ensemble."

William STERN, Congrès de Breslau, le 13 et 14 mai 1913 : "Les psychanalystes, qui reprochent régulièrement à leurs adversaires leur ignorance professionnelle, travaillent eux-mêmes dans ce domaine [la psychologie de l'enfant] en dilettantes complets ; la recherche scientifique sur les enfants on bien n'existe pas pour eux, ou bien est soumise à toutes sortes de remaniements interprétatifs jusqu'à ce qu'elle puisse être rattachée à leur système conceptuel."

Erwin STRANSKY, Congrès de Breslau, le 13 et 14 mai 1913 : "L'ignorance systématique des travaux des autres chercheurs et le refus systématique de s'ouvrir à leurs critiques sont un des traits distinctifs de l'obédiance psychanalytique."

Adolf WOHLGEMUTH : "On trouve partout [chez Freud] une ignorance quasi complète de la littérature et des résultats de la psychologie moderne, de la méthode expérimentale et de la logique."

Publié par vdrpatrice à 11:25:17 dans Résistances... | Commentaires (1) |

"Freud et Joshué : la suppression de la censure." | 17 septembre 2006

Chers internautes, voici, très gracieusement fourni par son auteur, sous le pseudonyme de "Forumm", un texte qui ravira les adorateurs de la cause freudienne.
A lire avec délectation et sans modération.
(Dans le texte "ICS" = inconscient, et "FRD" = Freud).



(...)Nous arrivons au cœur de la technique psychanalytique.
Pour interpréter, le psy a besoin d'ICS. L'inconscient étant un "refoulé', il faut le défouler. Pour le défouler il faut "suspendre la censure" force refoulante
Tout client qui s'allonge pour la séance inaugurale, s'entend enjoindre l'ordre de suivre la "Règle fondamentale" de tout dire, parce que l'espace psycha est un espace de "non censure".
Chouette! Quelle aubaine ! Vous vous rendez compte ! La libération totale !
Hélas ! la censure n'est pas un planeur que l'on arrête ! Freud suspend la censure comme Josué arrêtait le soleil.
La censure se moque de l'ordre du psy. Elle traverse les murs du cabinet de Freud et continue son règne si bien qu'elle transforme Freud, le "suspenseur" de censure en un dévot de censure, en supercenseur, le censeur de l'omniprésent désir oedipien, le chien de garde de la censure oedipienne. Il n'a plus en tête que cette censure unique. Il se met à l'affût pour le dénicher dans les moindres propos du client.
Il renifle le moindre signe de sexualité oedipienne, comme le chien renifle la cocaïne dans les bagages à la douane. Il suspend si bien la censure qu'il a fini par la tabouiser, la sacraliser, la diviniser, en censure absolue. Il s'érige en prêtre de la censure oedipienne, ou plus précisément antioedipienne .
Voyons comment il "analyse".
La psycha se donne comme une recherche, une investigation. Mais quel besoin a-t-on encore de recherche ? Les jeux sont faits. Freud fait semblant de chercher, mais dans sa tête tout est déjà donné : Œdipe, oedipe, re-oedipe, partout oedipe...
Le client peut parler des jours, des semaines, des mois voire des années, la religion de Freud est faite, comme celle d'un certain juge au procès d'Outreau.
Freud considère le client comme un enfant qui dit des mots dont il ne saisit pas le sens, qui
annone un langage codé dont il n'a pas la clé que seul Freud possède
De temps en temps il fait " h'm !h'm !" pour faire croire qu'il écoute, mais il peut aussi bien faire son courrier ou rédiger un chapitre d'un futur bouquin que la situation resterait pareille.
Les paroles du client glissent sur Freud. Elles rentrent dans une oreille pour sortir de l'autre. Il paraît que dans certaines réunions confessionnelles, appelées charismatiques, il arrive que des fidèles se mettent à parler une langue étrangère qu'ils ne comprennent pas eux-mêmes, tels les apôtres qui parlaient au jour de la Pentecôte, à la descente du Saint-Esprit. On appelle le phénomène la glossolalie. Il faut un médium, dépositaire d'une grâce de l'Esprit saint pour la traduire, l'interpréter. Freud se considère comme le medium qui traduit la langue codée de l'ICS dont lui seul possède la clé.
Mais le client ne tarde pas à s'apercevoir qu'il parle devant un mur. Dès que Freud sent qu'il y a risque de rupture, d'abandon, il se réveille et donne quelques souffles sur le feu du foyer qui risque de s'éteindre. Il fait miroiter de nouveau la menace et la promesse : " Si vous abandonnez la cure, vous conserverez votre névrose ou votre malaise existentiel, tandis qu'en poursuivant vous serez "guéri".
Le pauvre client mord de nouveau à l'hameçon. La confiance et l'espoir mis dans le publicitaire de génie qu'était Freud se raniment aussitôt. On est reparti pour une nouvelle étape.



Les premiers clients de Freud étaient, comme il le faisait observer, des désespérés, laissés pour compte par la neuropathologie de l'époque. Freud représentait la dernière chance, la dernière carte. En quittant Freud ils risquaient de ne savoir plus où s'adresser. Freud avait profité de la situation pour les recueillir, en faire ses cobayes et sa garde prétorienne.

Cette comédie du dialogue peut durer de la sorte indéfiniment. L'"homme aux rats ou aux loups" est resté en analyse, paraît-il, quarante ans, jusqu'à sa mort. L'histoire n'a rien d'absurde, ni d'invraisemblable. La technique de Freud comporte toutes les conditions de possibilité pour qu'elle en fût ainsi.
Tant que le but secret, le but non-dit, le but inavoué et inavouable ne sera pas atteint les séances pourront se prolonger.
Quel est ce but de Freud qui constitue le point noir, le point aveugle de la psychanalyse, qu'il est nécessaire d'analyser ?
Il nous fait croire que la psy vise à rendre conscient l'inconscient. Or il n'est pas nécessaire de passer beaucoup de séances pour faire le tour du soi-disant noyau de toute névrose et psychose: le complexe oedipien .
La compréhension, la conscientisation de ce complexe ne comporte aucune difficulté particulière. C'est la réalisation de la promesse du miracle, de la liquidation du complexe qui pose problème à Freud.
En proclamant urbi et orbi qu'il suffisait de prendre conscience du complexe nucléaire oedipien pour en être débarrassé, pour le catharsiser, à l'instar de la première analysée qu'est Anna O...il savait pertinemment qu'il n'en était rien dans la pratique.
Pour justifier ses échecs Freud sortait de sa manche un expédient : la résistance.
Si le miracle annoncé n'avait pas eu lieu
c'était la faute au client qui résistait.

Que veut insinuer Freud quand il parle de résistance à propos d'un client qui a compris l'ensemble du système freudien ?
L'inconscient oedipien n'a rien de compliqué. C'est vite fait de le démasquer, de l'expliquer. C'est un roman assez simple . Si le miracle promis de la catharsis n'était pas au rendez-vous, c'est parce qu'il ne s'agit pas de catharsis mais d'endoctrinement

Nous voici parvenus au cœur du cœur de la cure freudienne :
Freud exige, sans oser le dire, non pas une compréhension intellectuelle soi-disant catharsisant, qui dissipe l'"inconscient" mais autre chose très peu avouable. Il propose, impose et exige que le client, non seulement comprenne la soi-disant structure de son inconscient, au plan intellectuel, mais qu'il s'IDENTIFIE à l'oedipe, qu'il endosse le personnage Œdipe, qu'il se crève les yeux de honte comme Œdipe, qu'il se frappe la poitrine comme Œdipe, qu'il renonce à son désir sexuel, ses revendications, ses révoltes, etc..., tout ce qui le travaille et engendre son mal être, son malaise existentiel. Il faut qu'il se débarrasse de tout pensée personnelle, lave son cerveau, pour y implanter la révélation freudienne que son inconscient oedipien, dynamique, lancinant, invincible, incontournable, s'engage dans une impasse. Il faut qu'il en prenne son parti. Le seul parti qui reste: se soumettre à la loi antioedipienne, se reconnaître incestueux, parricide/matricide, s'en repentir, se couler dans cette loi cosmologique. La paix, le bonheur, l'apaisement se logent dans l'identification avec la censure antioedipienne.
Ainsi Freud se conduit comme un de ses illustres ancêtres, le prophète Nathan. On se rappelle le comportement de ce dernier. Envoyé par Yaweh pour annoncer à David le châtiment qui l'attendait après le crime commis contre le mari de Bethsabée, Nathan commence par raconter une histoire qui provoque l'ire du roi. Puis devant l'indignation de David, déchirant le masque , il se dresse, le désigne en s'écriant " c'est toi ce criminel !"
Pris au piège, David s'effondre et passe le reste de sa vie à implorer le pardon de Yaweh en se répandant en des psaumes interminables, merveilleux par ailleurs.
C'est une conversion que veut Freud, une "metanoïa", pas une simple information intellectuelle, annoncée comme cathartique. Ca c'est pour la publicité. ( mensongère ?)
Tant que le client ne s'est pas agenouillé pour se frapper la poitrine, comme Henri à Canossa, Freud continue ses "h'm! h'm! " jusqu'à l'usure. Il n'a rien à perdre, il peut attendre un an, deux ans, vingt ans, c'est pas lui qui paie !!!
C'est une des raisons pour laquelle les psy freudiens finissent tous par se révéler comme des sergents recruteurs, récupérateurs, réadaptateurs, normalisateurs. Ils se ressemblent et se rassemblent en meutes de chiens de garde de l'ordre établi, l'ordre dominant. La réalité finit par percer sous le vernis de leurs discours révolutionnaires.
Telle est la réalité de la suspension de la censure oedipienne. La censure est si peu suspendue, qu'elle a rendu Freud aliéné au point de se croire libérateur quand il travaillait pour elle.



Quittons le cabinet de Freud où l'air empesté nous suffoque pour nous détendre avec une bouffée d'air hilarant sous le ciel de l'épistémologie.
N'est-ce pas un spectacle euphorisant que de voir notre fondateur lancer un canular dont la mayonnaise s'est mise à prendre contre toute attente.
Entrons dans le système de Freud, non parce que nous le prenons pour vrai ni digne d'une valeur logique quelconque, mais pour en vérifier la cohérence, la "consistance", serrons le d'un peu plus près pour voir s'il "résiste".
Admettons l'hypothèse de Freud que l'inconscient soit un "refoulé". Admettons que ce refoulé soit dynamique, à l'instar des prisonniers maintenus dans sa caverne par Eole, que le refoulé ait la dynamique du vent qui ne cesse de vouloir s'échapper pour aller semer de la tempête etc...
La censure, l'Eole psychique, veille. Pour échapper à sa vigilance que fait le refoulé ? Il se travestit, il se camoufle, il se déguise et trompe le geôlier, répond l'imagination dévergondée de Freud.
Le refoulé s'échappe en lapsus, en acte manqué, en rêve, en mot d'esprit. Fort bien !
Tout cela semble cohérent. La cause du refoulé travesti, camouflé, masqué est donc la censure, la censure en tant que force refoulante.

S'il en était ainsi, l'annonce de la suspension de la censure devrait produire un soulagement pour le refoulé. Lui qui vivait tapi dans l'ombre comme un clandestin, perdu dans la foule, à l'annonce de la régularisation des sans papiers, il devrait jeter aux orties tous ses atours pour travesti, tout son appareil de camouflage.
Alors pour quelle raison continue-t-il à se camoufler et pourquoi diable a-t-il encore besoin d'un Freud , chien policier, pour le démasquer ?

En suspendant la censure, Freud n'a-t-il pas scié la branche sur laquelle il est assis ?
En voulant à la fois libérer un refoulé et le maintenir camouflé il est en pleine incohérence.
Freud montre qu'il ne raisonne pas sur les choses, mais sur les mots. Il se paie de mots. Il prend ses métaphores, ses allégories pour des réalités. Comme Josué qui arrêtait le soleil n'a arrêté que le soleil dans sa tête.
Freud a besoin de deux choses contradictoires. Il les pose au prix d'une incohérence logique dont il était inconscient.
Pour avoir de la matière à interpréter, il a besoin des refoulés-libérés. Mais il ne sait pas, car les mots ne le lui font pas savoir, qu'en libérant le refoulé, du coup il le dévoile, le démasque, le décamoufle et se rend inutile, superfétatoire .
Alors il maintient un libéré-camouflé pour pouvoir continuer à exercer son art de renifleur des contrebandes. Il veut à la fois le beurre et l'argent du beurre. Il veut avoir des régularisés mais clandestins.
Quel génie que ce FRD ! Il s'est fabriqué un ICS sur mesure qu'il localise, enferme une fois pour toutes dans les associations comme pour une garde à vue, à sa disposition. Il envoie le client extraire ICS pour l'amener devant lui afin qu'il puisse l'incriminer de crime oedipien. Il se réserve un travail de tout repos, le travail noble du juge d'instruction, et charge le client d'accomplir la basse besogne. Sacré Freud !
Si vous voulez guérir du "Malaise de la civilisation" convertissez vous au dogme de l'Œdipe , et si vous voulez gagner votre vie faites vous missionnaire de ce culte, ça paie très bien.


FORUMM

Publié par vdrpatrice à 11:22:12 dans Résistances... | Commentaires (0) |

Vous avez dit : Symptôme ? | 17 septembre 2006

(Un vieux démon de la psychanalyse : « tout le monde est fou ! »).




« La psychanalyse est une passion non une science. Il lui manque la fermeté de l'investigateur. En fait, c'est précisément ce défaut qui singularise le psychanalyste. Il aime et déteste son patient; il envie sa liberté et son pouvoir, et son affaire est de ramener ses forces au niveau de sa propre faiblesse. Elle affirme que l'artiste sublime un défaut parce qu'il se sent incapable. La psychanalyse est, en réalité, un acte de revanche par lequel l'infériorité du psychanalyste est transformée en supériorité. Le patient tend naturellement à se soumettre au médecin. C'est pourquoi, aujourd'hui, n'importe quel idiot veut traiter son génie. Peu importe comment le médecin s'efforce d'expliquer le génie, tout ce qu'il arrive à faire est de montrer qu'il en est dépourvu.»
(Karl Kraus).


Cher internaute, avant d'aller plus loin, nous vous informons que l'essentiel de nos arguments ci-après se basent sur le livre de Jacques Van Rillaer intitulé : «les illusions de la psychanalyse», ou au moins le chapitre consacré à «l'argument des résistances». (Édition : Pierre Mardaga). Voilà bien un livre «qu'on peut lire» au sujet de la psychanalyse...

L'objet de cette page (qui sera pour l'occasion une réponse à un internaute psychanalyste) est de parler, une fois encore d'une attitude caractéristique des psychanalystes (ou du moins certains d'entre eux), une attitude tout à fait «symptomatique»...Résultat d'une forme bien connue de «résistance» : le refus de la critique et d'admettre les arguments anti-psychanalyse les plus efficaces, ceux-là mêmes que les psychanalystes considèrent évidemment comme pathogènes et témoins d'un refoulement spécifique. Je précise que j'ai déjà développé des arguments que l'on peut consulter, sur ce site, aux liens suivants : «Adieu la psychanalyse», «Et pourtant, ça marche...!», «Bas les masques...», «Termes universels et le terme d'inconscient dans la psychanalyse.».

Si vous êtes contre la psychanalyse c'est la preuve d'une «résistance», c'est-à-dire le refus ou l'incapacité de prendre conscience d'un «matériel pathogène» qui est en vous...Vous êtes donc «malade»...Et la seule solution pour vous d'être à nouveau reconnu comme un individu «normal» à part entière et plus comme un vulgaire «symptôme» par les psychanalystes c'est d'admettre que vous «résistez», et aussi de reconnaître l'existence de votre inconscient. Vous voilà donc piégé...Inutile de «résister», d'ailleurs votre énervement, le fait que vous perdez votre sang-froid si vous réagissez négativement lorsque l'on vous traite de «symptôme», tout cela confirmera de toute façon, et «que vous le voulez ou non» de manière «scientifique», la réalité de vos symptômes et de votre inconscient. Cela me fait un peu penser à ce qu'écrivait encore Karl Kraus : «les aliénés sont toujours reconnus par les psychiatres au fait qu'après l'internement ils montrent un comportement agité.» Vous voyez : tout est mis en œuvre par les psychanalystes pour que vous donniez, de vous-mêmes, les confirmations que réclament leurs théories (1). La psychanalyse ne fait pas offrande de sa «substance spirituelle» à son patient, (à part la camisole de mots dans laquelle elle séquestre ses victimes, elle est vide de toute substance) c'est le contraire : elle demande à ce dernier de déposer à ses pieds, comme un sacrifice, les constituants de cette substance, et pousse le culot jusqu'à une situation quasi tragi-comique où elle se targue de lui dire : «Tu vois ? Je te l'avais prédit que tu me les donnerais !» (Bien qu'en réalité il ne s'agit jamais de prédictions, mais toujours de rétro dictions (2) de ses «résultats»). Elle demande à tout un chacun de se soumettre à la règle de l'inconscient, sinon c'est l'infantilisation, la négation de votre personne.»Après avoir découvert le sens d'une action, il faut faire admettre ce sens à ce patient. C'est ce que Freud prétend faire. Il n'en est rien, ce que le psychanalyste veut ce sont des aveux, obtenus par quelqu'un qui sait, avant toute enquête, ce qui doit être, auprès de quelqu'un qui refuse d'admettre ce que l'autre veut qui soit. Comme nous le savons cette résistance devient la preuve d'un refoulement. On est exactement dans les procès bolchéviques. Il faut persuader l'autre d'admettre une vérité dans l'intérêt du système dont il fait partie grâce au transfert. Tout le sens de la technique est là.»

Lorsque vous entamez une discussion (avec l'illusion qu'elle sera honnête et fructueuse) avec un psychanalyste dont l'objet est la critique épistémologique de, par exemple, la théorie de l'inconscient, le psy, sentant que vos arguments sont susceptibles de mettre très largement à mal les élucubrations freudiennes...ne répond pas sur le terrain où vous l'attendez (bien sûr), celui de l'épistémologie, mais débute une stratégie (psy) de réponse, par la fameuse question : «avez-vous réfléchi d'où vous vient cette idée de critique de l'inconscient ?» (Réponse finalement attendue par lui : de votre inconscient...ou de toute autre cause confirmant des raisons psychanalytiques, de vos «pulsions» à critiquer la psychanalyse. Vous confirmez, sans le savoir, sans en avoir conscience, le bien fondé de la psychanalyse, même en lui opposant les arguments les plus efficaces.) Autre stratégie : il n'a rien écouté, ou d'une «écoute flottante», il a focalisé son attention sur les émotions, (procédé particulièrement humiliant et infantilisant, comme si vos arguments n'avaient aucune valeur, ou qu'une valeur infantile) à ce qui s'est dégagé émotionnellement de votre façon de parler, et tente de détourner le problème en vous disant, toujours de manière bienveillante, voire infantilisante : «...vous êtes très passionné lorsque vous en parlez», ou encore: «vous voyez que vous avez des émotions». Reprenant les thèses de Karl Bülher, Karl Popper soutient les arguments suivants : le langage a, au moins, 4 fonctions :

« 1) La fonction expressive, ou le langage considéré comme symptomatique de l'état de l'organisme ;
2) la fonction d'appel, ou le langage considéré sous l'angle de sa capacité de stimuler des réponses dans d'autres organismes ;
3) la fonction descriptive, ou le langage considéré comme décrivant des états de fait (qu'ils existent ou non) ;
4) la fonction argumentative, ou le langage considéré comme moyen pour la critique rationnelle (plutôt que pour la simple affirmation et contre-affirmation). (...) la fonction argumentative, de même, n'est pas réductible aux deux fonctions inférieures - exprimer et appeler -, bien que tous nos arguments expriment et appellent. Ainsi, par exemple, la validité d'un argument ne peut pas être réduite à sa force de persuasion (ce serait la réduire à un appel efficace) un argument valide peut ne pas convaincre qui que ce soit, tout comme des arguments invalides ont pu convaincre de nombreuses personnes, et pendant de longs siècles. Ainsi, la description et l'argumentation ne sont pas seulement des expressions et des appels. Une théorie déterministe du langage exprimée en termes de lois naturelles ne peut pourtant expliquer que ces deux fonctions inférieures : il lui faut concevoir tout langage comme symptomatique, et toute réponse comme la réponse à un appel. Il en va de même pour toute théorie qui a recours aux machines. Une machine à calculer réagi à des appels reçus ; et les réponses qu'elle calcule sont autant d'expressions, ou de symptômes, de ces états internes. Et, du point de vue du déterminisme «scientifique», elles ne peuvent être rien d'autre. La différence entre une machine qui ferait usage d'une méthode de calcul ou d'un argument valides et une autre qui ferait usage d'une méthode invalide est située au-delà de la portée de toute théorie qui se restreint à l'approche causale du déterminisme «scientifique». C'est ainsi que le déterminisme « scientifique « se voit obligé soit d'ignorer la différence entre les fonctions «supérieures» et les fonctions «inférieures», soit d'affirmer la réductibilité de celle-là à celle-ci. Mais l'une et l'autre de ses manières de procéder sont inacceptables, et tout particulièrement parce qu'elles sont forcées d'exclure tant la fonction que la structure de l'argumentation.»
(In : Karl R. Popper, «L'univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme». Edition : Hermann. Paris, 1984. Pages 70, 71).

Comme on l'aura compris, a partir du moment où Sigmund Freud postule un déterminisme psychique absolu, il ne peut admettre qu'il y ait le moindre espace de non-sens psychique (comme le fait remarquer Jacques Bouveresse). Tout doit pouvoir être interprété (quand ce mot n'est pas volontairement confondu avec «expliqué») grâce à la théorie de l'inconscient et du refoulement inconscient. La théorie de Freud n'accepte donc aucun espace de «non-savoir» pour ce qui concerne (entre autre) le psychisme humain ! Evidemment, les psychanalystes pensent qu'il est possible de se «connaître soi-même» grâce à l'analyse, et d'avoir, in fine, une connaissance de son inconscient. Mais comme le démontre de manière dévastatrice Karl Popper dans le livre cité plus haut, je cite : « Connais-toi toi-même - c'est-à-dire connaissez vos limites - est un idéal (...) logiquement irréalisable. Puisque nous sommes des calculateurs, nous ne pouvons nous connaître pleinement, pas même toutes nos limitations, du moins, pas celles de notre savoir.» Popper, page 89.

Ainsi, comme le suggère Popper, que nous utilisons ici, on peut arguer du fait que le psychanalyste, «armé» de son déterminisme, va utiliser massivement l'argument conceptuel du «symptôme», qui n'est, par définition, que la manifestation d'une pathologie toujours décrite à la lumière de la théorie permettant de le relever, et donc qui ne peut être, d'emblée, la preuve formelle de la pathologie puisqu'il n'y a que la méthode expérimentale qui permette de corroborer que certains symptômes que l'on relève chez un malade, sont bien associés à une pathologie spécifique, par rapport à d'autres symptômes «concurrents» comparativement testés ! Parce que la logique de la découverte scientifique exige qu'au moins deux théories concurrentes soient en présence pour faire émerger de la connaissance. On n'apprend rien sur les chenilles, en observant une seule et unique chenille (Popper). Et en paraphrasant Popper, nous pouvons donc dire que l'on ne peut rien apprendre sur la manifestation symptomatique d'une pathologie sans tenter de la comparer avec une autre possible, hypothétique et concurrente.

En somme, le déterminisme freudien, permet d'observer, de justifier, d'inventer, de nuancer à l'infini n'importe quel «symptôme» qui se rapporterait au psychisme, et de trouver des confirmations en nombre illimité et d'une infinie subtilité (conséquence logique de son déterminisme), dans tous les cas pathologiques étudiés, sans pour autant que toute cette symptomatologie puisse être testée inter subjectivement !

Par conséquent, les psychanalystes croient que ce qui fait l'immense force de leur doctrine c'est cette capacité à tout interpréter, à trouver des confirmations partout, (et à prétendument expliquer), sans jamais comprendre que c'est là que se trouve, au contraire, toute sa faiblesse, ensuite la preuve flagrante de sa non-scientificité, et enfin la nullité de son pouvoir d'explication.
Cette «méthodologie» rend la théorie freudienne, dans la plupart des cas, certaine (irréfutable), sinon hautement probable (courant très peu de risque d'être réfutée, grâce à l'emploi de certains stratagèmes). Or, comme le démontre Popper, plus le degré de corroboration d'une théorie s'accroît à la suite de tests intersubjectifs passés avec succès, plus son degré d'improbabilité logique s'accroît également, c'est-à-dire que la théorie a d'autant plus de chances d'être réfutée par l'expérience qu'elle revendique un pouvoir de prédiction élevé (dépendant de son degré de corroboration).

En somme, la «logique» de l'attribution de la preuve par le psychanalyste, en s'appuyant sur sa théorie du «symptôme révélateur» de l'inconscient ou d'un refoulement inconscient a, toujours, la structure suivante (laquelle correspond au fameux sophisme : «POST HOC ERGO PROPTER HOC», selon lequel si un événement suit d'un autre, il serait causé par le premier) :

« Si (A) est vrai, alors, (B) l'est aussi. »


Exemples :

1°) «(A) : S'il est vrai que je résiste aux interprétations de mon analyste,
(B) : alors, il est vrai que j'ai un refoulement inconscient.»

ou bien :

«(A) : S'il est vrai que je viens de faire un lapsus linguae,
(B) : alors, il est vrai qu'il dépend d'un déterminisme psychique inconscient, absolu, et excluant tout hasard.»

Ou encore :

«(A) : S'il est vrai que vous avez tel symptôme «psychique»,
(B) : alors il est vrai que la cause (cachée) de ce symptôme est inconsciente et procède d'un refoulement inconscient.»

Ou bien encore (pour les irréductibles) :

«(A) : S'il est vrai que les hommes rechignent à ce que les femmes accèdent à certains droits dans la Société,
(B) : Alors, il est vrai que la cause (cachée) de cette attitude est une peur inconsciente de la castration.


Par conséquent, si la structure d'attribution de la preuve employée par les psychanalystes est bonne, appliquons la dans les exemples qui suivent :

2°) «(A) : S'il est vrai que l'horizon est plat lorsque je l'observe de la fenêtre de ma chambre,
(B) : alors il est vrai que la cause cachée (par analogie avec l'inconscient) de la platitude de l'horizon, c'est que la Terre est aussi plate que l'horizon.»

Ou bien :

« (A) : S'il est vrai que Socrate est un homme et qu'il est chauve,
(B) : alors il est vrai que les hommes sont chauves.»


...Mais le psychanalyste croit que tout est réductible aux deux premières fonctions du langage dans un échange, voire à la seule première fonction. Les mots n'étant que des chewing-gums (Lacan), ce qui compte ce sont les émotions exprimées, et parmi elles, celles qui confirment les théories de la psychanalyse (celles qui ne les confirment pas à priori, finissent d'une manière ou d'une autre par être «récupérées» par le filet théorique freudien, filet aux mailles extensibles à volonté).
J'ai souvent constaté, que lors de ces prétendus échanges fructueux, le psy se croit supérieur, il vous traite de haut, il me fait penser à ces personnes, qui vous écoutent parler assises lourdement en prenant une pose empruntée, épanouie et décontractée à l'excès (comme s'ils étaient parvenus à une espèce de sérénité et de maturité archétypique avec leur potion), parlant sur un ton exagérément calme, et en vous regardant comme si pour eux vous étiez totalement prévisible, le tout agrémenté de ce fameux petit sourire fait de fausse bienveillance, de fausse chaleur humaine, de fausse patience, de vrai mépris, de vrai snobisme, d'authentique imposture...Quand ce sourire ne signifie pas tout bonnement qu'il se moque, avant même que vous en parliez , de tous vos arguments. «Les patients c'est de la racaille» disait Sigmund. Votre super-interlocuteur assume sa super-théorie, laquelle autorise toutes les pirouettes. Il en assume donc aussi la langue de bois. Ne pétez pas un plomb, il aurait raison !
Le psy vous prend donc pour un imbécile. Ce n'est pas grave. Il ne vous reste qu'à continuer de «résister» pour inverser les rôles afin qu'il comprenne que l'on est toujours l'imbécile de quelqu'un, et que l'honnêteté n'est pas forcément le symptôme d'une résistance.


Soyez donc heureux, souriez, vous faites désormais partie de la tribu.
La secte psy, où que vous soyez, vous lancera ses filets pour récupérer votre dignité et votre fierté d'homme libre sous sa chape théorique irréfutable, toute puissante, éternelle...Amen ! D'ailleurs il suffit d'écouter Dieu, en personne, parler :
«Toute la théorie psychanalytique est construite sur la perception de la résistance qu'oppose le patient lorsque nous essayons de lui rendre conscient son inconscient.»
«Les hommes, dans leur ensemble, se comportent envers la psychanalyse comme l'individu névrosé.»
«Ma situation a quelque chose d'effrayant car ce n'est pas une mince affaire que d'avoir toute l'humanité comme patient.» (S. Freud) Freud s'est probablement cru investi d'un destin messianique ? (Comme l'hilarant Raël ?)
...Mais certains, parmi les proches de dieu, on osé «résister», voici ce qu'ils lui ont répondu :

« J'aimerais vous rendre attentif au fait que votre technique de traiter vos élèves comme vos patients est une fausse manœuvre. Vous produisez par là des fils-esclaves ou des gaillards insolents (Adler, Stekel, et toute la bande insolente qui s'étale à Vienne). Je suis assez objectif pour percer votre truc à jour. Vous montrez du doigt autour de vous tous les actes symptomatiques, par là vous rabaissez tout l'entourage au niveau du fils ou de la fille, qui avouent en rougissant l'existence de penchants fautifs. Entretemps vous restez toujours bien tout en haut comme le père (...) Voyez-vous, mon cher Professeur, aussi longtemps que vous opérez avec ce truc, mes actes symptomatiques ne m'importent pas du tout, car ils ne signifient absolument rien à côté de la poutre considérable qu'il y a dans l'œil de mon frère Freud. » (Jung).
S. Freud, in «Les illusions de la psychanalyse.» Jacques Van Rillaer. Chapitre : «l'argument des résistances.»

Il n'y aurait donc pas âme qui vive (ou qui ait vécu, ou qui vivra...) qui puisse échapper à la définition que donne Freud de l'inconscient (n'oublions pas qu'il existe des définitions de l'inconscient inscrites dans des contextes authentiquement scientifiques. Et j'ajouterais que je ne nie absolument pas avoir un inconscient dont la définition serait donnée par quelque théorie, par exemple, neuroscientifique).
L'humanité toute entière (passée, présente, et future) doit être psychanalysée (sauf Freud lui-même ?), il n'y a strictement aucun moyen d'y échapper puisque si vous niez l'existence de votre inconscient (freudien) c'est que vous refoulez. Il ne reste plus qu'à répandre sur vous l'idée du symptôme. Quant à l'amalgame qui sera fait entre ces prétendues constatations «scientifiques» et le fait qui vous soyez fou ou malade mentalement, ne vous inquiétez pas, le sens commun s'en charge, les psychanalystes le savent bien, et du reste, ils comptent sur sa logique de bistrot pour l'aider à confirmer ses théories.
Mais une question cruciale peut encore être posée par ceux qui «résistent» et ne veulent pas se laisser piéger : Comment une telle théorie de l'inconscient qui ne peut être remise en question de quelque façon empirique que ce soit peut-elle avoir un contenu ? Autrement dit : Quelles sont les limites empiriques et testables de cette théorie qui, justement, permettraient d'en baliser le contenu ? Et pour formuler le problème de manière plus épistémologique : Quelle peut bien être la base empirique d'une théorie qui ne peut admettre aucune classe d'énoncés contradictoires ? Les réponses à ces questions se résument en une seule réponse : puisqu'aucun cas humain ne peut échapper à la définition de l'inconscient que donne Freud, cette théorie n'a donc pas de limite, par conséquent, elle n'a pas non plus de contenu empirique qui puisse être balisable. Ceux qui ont fait l'effort de lire l'œuvre de Karl R. Popper savent bien ce que tout cela implique : cela implique qu'une théorie qui explique tout, en fait n'explique rien du tout. Ou, en d'autres termes, que la théorie de l'inconscient de Freud n'est même pas un gaz, elle n'est rien d'autre qu'un jeu de langue mouillée de salive hégélienne.

L'internaute psychanalyste avec qui j'ai échangé quelques propos acerbes, m'a dit que je ferais mieux, notamment, de «feuilleter» Kant et Freud pendant les vacances d'été. On pourrait répondre à ce monsieur que, premièrement il ferait mieux de lire Popper avec attention, et, deuxièmement, que s'il pratiquait un «effeuillage» de la théorie de l'inconscient de Freud comme j'ai tenté de le faire, il se rendrait compte, que «le Roi est nu» !


Jacques Van Rillaer, dans le livre cité plus haut, IV° partie : «L'avenir des illusions» :

«Une pratique de bavardage»

Tout récemment, dans le dernier numéro de la revue Ornicar (1979, 19 : 5s), le Président de l'Ecole freudienne de Paris (Jacques Lacan) déclarait :
«La psychanalyse est à prendre au sérieux, bien que ce ne soit pas une science. Comme l'a montré abondamment un nommé Karl Popper, ce n'est pas une science du tout, parce que c'est irréfutable. C'est une pratique, une pratique qui durera ce qu'elle durera.
C'est une pratique de bavardage.
Le mot bavardage implique quelque chose...Bavardage met la parole au rang de baver ou de postillonner. Il la réduit à la sorte d'éclaboussement qui en résulte.
Les mots font la chose, la chose freudienne, la crachose freudienne. Mais c'est justement à l'inadéquation des mots aux choses que nous avons à faire...»

Publié par vdrpatrice à 11:21:19 dans Résistances... | Commentaires (0) |

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