« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».
« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).
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Pour le savoir, suivez ce lien. Il s'agit d'un texte écrit par Nils WIKLUND, et traduit en plusieurs langues.
Avec l'autorisation de son auteur, le voici dans sa traduction française :
Les Temps Modernes, 62, avril-juillet 2007, Nos 643-644, p. 336-341.
Pourquoi Sigmund Freud n'a-t-il jamais obtenu le Prix Nobel de littérature ?
Par Nils Wiklund.
Freud a été proposé douze fois pour le prix Nobel de médecine et, progressivement, il est arrivé à la conclusion que ce prix ne conviendrait pas, de toute façon, à sa manière de vivre. Ce que l'on sait moins, c'est que Freud - un "post-moderniste" de la première heure, dans le sens où il créait en toute liberté sa propre réalité - a été également nominé pour le prix de littérature.
En 1904, Sigmund Freud visita pour la première fois l'Acropole d'Athènes où il vécut une expérience peu commune. Bien qu'il sache parfaitement ce qu'était l'Acropole, depuis ses années passées sur les bancs du lycée, il lui vint subitement cette étrange idée : « Ainsi tout cela existe réellement comme nous l'avons appris à l'école ». Et, dans le même temps, comme il s'observait lui-même, il trouva cette réflexion remarquable, car il n'avait jamais mis en doute l'existence de l'Acropole.
Nombres, parmi nous, ont eu des sensations existentielles comparables quand nous avons vu pour de vrai un monument contemplé des centaines de fois auparavant sur des images : les pyramides, la tour Eiffel, le Taj Mahal -, une sensation fugitive d'irréalité difficile à cerner. Freud n'oubliera jamais son expérience sur l'Acropole. Et 32 ans plus tard, en 1936, il écrira un charmant petit article dans lequel il essaiera de l'interpréter. Il croyait que cette sensation d'irréalité pouvait être liée au sentiment d'être arrivé « aussi loin » qu'il l'avait fait (à l'Acropole comme dans ses travaux) et que par là, il avait dépassé son propre père, ce qui selon lui pouvait provoquer des réactions d'ordre psychique.
Son article "Un trouble de mémoire sur l'Acropole" a généré par la suite une longue série d'articles écrits par divers psychanalystes, dont celui de Risto Fried en 2003, une monographie fascinante de 657 pages intitulée « Freud on the Acropolis: A Detective Story » (Therapeia Foundation ed.). Risto Fried était psychanalyste et titulaire de la chaire de psychologie de l'Université de Jyväskylä (Finlande), mais il était né à Paris et avait soutenu sa thèse à Harvard - puis il avait suivi sa femme finlandaise dans sa patrie. L'ouvrage est une mine d'informations sur la vie et la personnalité de Freud. Achevée peu avant sa mort, on peut considérer cette publication comme l'œuvre maîtresse de Risto Fried.
Fried
montre, entre autres choses, que l'article de Freud, hormis son contenu
psychologique, est un chef d'œuvre littéraire, qui montre de façon magistrale
que l'auteur possédait à fond les règles antiques de la rhétorique de
Quintilien.
Le
texte de Freud est écrit sous forme d'une lettre ouverte à Romain Rolland,
lauréat du prix Nobel de littérature en 1916, à l'occasion du 70ème
anniversaire de celui-ci, le 29 janvier 1936. Sigmund Freud aura lui-même 80
ans cette année là, en mai. Freud envoya son article le 15 janvier ainsi qu'un
télégramme, le jour même de l'anniversaire de Rolland. Dans l'ouvrage de Henri
et Madeleine Vermorel - qui publièrent en 1993 la correspondance choisie de Freud et Rolland -, il
apparaît que Romain Rolland lui écrivit un petit mot de remerciements le 8
février, si court que l'on peut se demander si Rolland appréciait beaucoup
l'article. Mais Romain Rolland fût sans doute honoré ! En effet, le 20
janvier, cinq jours après que Freud avait posté son texte, Romain Rolland
écrivit de sa plus belle plume une lettre manuscrite à l'Académie
suédoise :
Villeneuve (Vaud) Villa Olga, ce 20 janvier 1936
Cher Monsieur le Secrétaire,
Permettez-moi de proposer pour le prix Nobel de littérature le Prof. Dr Sigmund Freud, de Vienne.
Je sais qu'à première vue, l'illustre savant semblerait désigné plus spécialement pour un prix de médecine. Mais ses grands travaux intéressent directement la psychologie ; ils en ont renouvelé les sources ; ils ont ouvert une voie nouvelle à l'analyse de la vie émotive et intellectuelle ; et, depuis trente ans, la littérature en a subi l'influence profonde : on peut dire que plusieurs des représentants les plus marquants du nouveau roman et du théâtre, en France, en Angleterre, en Italie, portent sa marque.
J'ajoute que le Prof. Sigmund Freud, que j'ai l'honneur de connaître personnellement, est d'une rare hauteur de caractère, qu'il a maintenu pendant toute une vie de labeur stoïque, dénuée d'honneurs officiels et perpétuellement en butte à l'hostilité, ou étouffée sous le silence de la science officielle, que la hardiesse de ses vues nouvelle irritait.
Veuillez agréer, cher Monsieur le Secrétaire, l'assurance de mes sentiments les plus dévoués
Romain Rolland.
Les lauréats en titre du Prix Nobel ont effectivement le droit de proposer de nouveaux candidats, ce qui dans le cas de la nomination de Freud par Rolland a bien sûr soulevé de vifs débats au sein de l'Académie suédoise. L'avis pour le moins réservé de l'Académie Nobel, publié en 2001, est aussi un chef d'œuvre de rhétorique, par son style comme par son ingéniosité : « En dépit du fait qu'il s'agisse ici d'une célébrité de rang mondial qui bénéficie encore, sous bien des rapports, d'une aura dont les feux durables ont brillé bien longtemps, il n'est cependant pas impossible à un profane de se permettre, sans problème de conscience, d'adopter une opinion critique envers la proposition de prix. »
Selon cet avis, la valeur de Freud ne pourrait être mesurée qu'en regard de sa méthode de traitement, dont la signification ne peut « être jugée que par des autorités médicales scientifiques et c'est devant cette assemblée que la proposition de prix aurait dû être déposée. » Il est « aisé de constater l'acuité, la souplesse et la clarté de sa dialectique » poursuit l'avis. « Il possède également, sans aucun doute, un style littéraire consommé et naturel, à l'exception peut-être de l'interprétation des rêves, sur laquelle toute sa doctrine repose. Là, il peut devenir obscur dans ses comptes rendus, et sa souplesse intellectuelle prend fin une fois ses matériaux organisés sur le lit de Procuste de son système. Pour résoudre le chaos du rêve, il travaille alors mécaniquement et de façon assez grossière, sans critique et à l'aide d'un langage symbolique dépouillé à l'extrême : le masculin et le féminin des organes sexuels. Toute la richesse des visions du rêveur sont réduites par des simplifications purement géométriques aux deux formes insinuées. Ce sont des Charybde et Scylla qui ne laissent passer rien. On peut exprimer ainsi quoi que ce soit, mais la méthode devient un peu trop commode et l'échange incontestablement pauvre et monotone. »
Sous leur plume, le complexe d'œdipe devient l'idée fixe de Freud : « Le fait que Freud ne peut, ne serait-ce qu'un instant, se délivrer de son idée fixe, ne parle d'ailleurs pas en faveur de la portée pratique de sa méthode curative : une confession illimitée jouant le rôle de l'éboueur de l'inconscient. Que l'époque ait fait main basse sur sa sagesse avec un tel engouement et dans de telles proportions devra être relevé comme un des côtés parmi les plus caractéristiques et les plus inquiétants de cette période. Un tel fait ne constitue pas une raison suffisante pour obtenir le prix Nobel de littérature. C'est d'autant moins le cas que ce sont plus particulièrement les auteurs littéraires qui se sont très souvent embourbés dans sa doctrine et en ont tiré des effets grossiers relevant d'une psychologie bien niaise. » La déclaration s'achève par : « Celui qui a tant corrompu, ne serait-ce que les plus petits de ces nains littéraires, ne doit certes pas être couronné des lauriers du poète, eût-il une imagination féconde dans ses spéculations scientifiques. »
Ces déclarations sont faites au nom de l'Académie suédoise en 1936, sous la signature de Per Hallström, qui était alors secrétaire perpétuel de l'Académie et président du Comité Nobel. Nombreux sont ceux - tels Hans Eysenck et Bror Gadelius - qui ont constaté que Freud était un auteur doué qui savait être persuasif grâce à ses talents rhétoriques en dépit d'une absence de fondements scientifiques. Néanmoins, on peut se demander pourquoi il a été proposé au prix Nobel de littérature alors que le prix de médecine aurait été plus naturel. La raison en est que le Comité Nobel de physiologie ou de médecine de l'Institut Karolinska a fait preuve d'une rare constance dans l'indifférence envers ses diverses nominations. La princesse psychanalyste Marie Bonaparte - descendant du frère de Napoléon 1er, Lucien, et mariée avec le prince George de Grèce et du Danemark - militait au milieu des années 1930 en faveur de la candidature de Freud, autant pour le prix Nobel de médecine que pour celui de littérature. Cette activité a pu également être à l'origine de la lettre de Romain Rolland à l'Académie suédoise.
Freud fut proposé au prix Nobel de médecine pour la première fois en 1915. Entre les années 1917 et 1920, il fut proposé chaque année par le lauréat du Nobel Robert Bárány, un médecin viennois qui après sa libération des camps de prisonniers russes devint professeur à l'Université d'Uppsala en 1917. Selon Ronald Clark dans « Freud: The Man and the Cause » (1980), Freud nourrissait des sentiments mitigés envers le soutien de Bárány, à qui il avait refusé auparavant d'être son élève. Freud a écrit que, pour sa part, il n'était intéressé que par les aspects financiers du prix Nobel et peut-être aussi par le côté piquant de dépiter certains de ses compatriotes. Il a été proposé de nouveau par plusieurs personnes, sept fois entre 1927 et 1938 (l'année avant sa mort). En 1937, il a été nominé par pas moins de 14 professeurs en titre ou lauréats du prix Nobel, mais sans succès. Cela ne conduisit même pas à l'examen complet des travaux de Freud. Peu à peu Freud trouva que le prix Nobel ne conviendrait pas à sa manière de vivre : un an avant sa mort il écrivit qu'il déclinerait le prix si d'aventure il lui était attribué. Mais ce ne fut pas le cas non plus.
J'ai obtenu d'intéressants documents originaux du Comité pour le prix Nobel de physiologie ou de médecine de l'Institut Karolinska. Le professeur Henry Marcus de l'Institut Karolinska fut chargé en 1929 d'émettre une avis préliminaire afin de décider s'il était opportun de se livrer à une étude complète des contributions de Freud. Le professeur Marcus exprima sans détour qu'une telle étude n'avait aucune raison d'être puisqu'il n'était pas avéré que les travaux de Freud aient une quelconque valeur scientifique. Après avoir résumé la théorie de Freud, Marcus conclut : « Si l'on veut essayer de se livrer à une examen critique plus approfondi de l'ensemble de la théorie psychanalytique de Freud, il faut alors admettre que ses recherches sur l'importance des pulsions refoulées dans l'apparition des symptômes de maladies nerveuses sont particulièrement intéressantes ; d'ailleurs la grande majorité des neurologues reconnaissent assez bien les liens entre ces deux phénomènes. En revanche, si l'on excepte les propres disciples de Freud, dont plusieurs ont cependant déjà pris leurs distances avec leur maître sur ce point, la plupart des chercheurs considèrent qu'il n'existe aucune preuve du déterminisme des complexes sexuels dans les névroses. C'est surtout l'hypothèse des traumas inconscients sexuels de la petite enfance qui ne peut être considérée de manière définitive comme prouvée ; son contenu apparaît au plus haut point étrange, pour ne pas dire invraisemblable, à un médecin raisonnant en termes scientifiques. Freud ne fonde ses affirmations que sur un nombre très limité d'exemples. C'est pourquoi ses interprétations de rêves ne peuvent être perçues que comme des expériences subjectives et des constructions de l'esprit. Toute la doctrine psychanalytique de Freud, dans son état actuel, ne relève pour une grande part que d'hypothèses que ses adeptes ont comprises avec fanatisme comme une confession à moitié religieuse. A l'aune de la vraie critique scientifique, elle ne résiste pas à l'examen ». En tant que critique globale de la psychanalyse, le jugement du professeur Marcus est assez sagace et toujours aussi pertinent.
En 1933, un nouvel examen préliminaire eut lieu - d'une page seulement -, écrit par le professeur Wigert : lui non plus n'était d'avis qu'il faille se livrer à une étude plus large. Wigert s'abstint de résumer le système de Freud car il le considérait comme connu de tous. Il retint que l'approche de Freud était au plus haut point révolutionnaire et que nombre des "découvertes" de Freud étaient d'une portée si considérable en psychiatrie qu'un prix Nobel était envisageable. Mais le problème résidait dans la constatation que les enseignements de Freud ne reposaient pas sur des preuves, alors qu'une condition sine qua non pour promouvoir l'attribution d'un prix Nobel était que celle-ci soit absolument sûre et certaine. Il souligna que des critiques extrêmement vives s'étaient élevées à l'encontre de la manière de voir de Freud, surtout de la part des autorités les plus compétentes de la psychiatrie autant en Suède (Bror Gadelius par exemple) que dans d'autres pays.
Les déclarations de l'Académie suédoise et du Comité Nobel de l'Institut Karolinska sont toujours valables aujourd'hui, autant qu'à l'époque où elles furent formulées. Au cours des dernières décennies, est enfin apparue une critique sérieuse de la psychanalyse avec des répercussions considérables.
Freud aurait été aussi étonné qu'il le fut au sujet de l'existence réelle de l'Acropole s'il s'était aperçu qu'effectivement ses propres conceptions intellectuelles existaient autrement que sous la forme d'un « jeu des perles de verre » [*]. Au mieux, on ne peut considérer Freud que comme un précurseur ''post-moderniste'' qui créa en toute liberté sa propre réalité.
Nils Wiklund, Docent (maître de conférences) en psychologie habilité à diriger des recherches. Stockholm.
Avec mes remerciements à l'Académie suédoise et au Comité Nobel de physiologie ou médecine de l'Institut Karolinska, pour m'avoir donné accès à leur documentation.
14 Février 2007
[*] note du traducteur : « le jeu des perles de verre » (''Glasperlenspiel'') est un célèbre ouvrage de Hermann Hesse, 1943.
Publié par vdrpatrice à 15:20:25 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
Comme toutes les idéologies totalitaires, la psychanalyse est fondée sur un déterminisme absolu et aprioriste (décidément je ressasse... !) lequel implique un historicisme agissant comme une loi du destin pour tout individu, simple élément d'une masse, d'une « bande primitive », entièrement organisée à partir de « L'Eros », loi à laquelle il ne pourrait échapper. L'inconscient et son refoulé, (vous savez, c'est ce type, cet "autre", qui une fois sorti par la porte, revient toujours par la fenêtre), voilà qui tient dans une gangue tout individu, et qui permet de nier le libre-arbitre, grande bête noire de la gent freudienne.
Mikkel Borch-jacobsen , dans « Le Sujet freudien » (Edition Aubier Flammarion, Paris, 1982, pages 196 - 204), nous donne une analyse du totalitarisme inhérent à la théorie Freudienne, c'est-à-dire aussi au Sujet Freudien, indissociable d'elle. Il montre que pour Sigmund Freud, toute organisation sociale a besoin d'un lien indéfectible pour sa cohésion, d'une « socialité ». Il s'agirait d'un lien social primitif, comme « bande primitive » organisée uniquement autour de l'Eros, la libido, le principe de plaisir. Dans cette organisation freudienne, l'individu sacrifierait sa particularité propre à ce « grand individu » qu'est la masse. « La socialité (...), ne serait jamais qu'un des « degrés » d'Eros, comme puissance bandante, agglutinante et en ce sens archisociale de la vie ». Borch-Jacobsen met ainsi en évidence le caractère organiciste, biologique de l'organisation sociale de Freud, la rapprochant d'une conception totalitaire. « Mais on voit immédiatement ce qu'implique cette hypothèse, cette hypothèse organiciste : déjà toute une conception politique et, pourquoi ne pas le dire, totalitaire du lien social, puisqu'elle pose d'emblée la société comme société une, unie, unanime, indivise. » Borch-Jacobsen écrit ensuite que le terme même de « masse », est, selon les travaux de Hanna Arendt (voir « Le système totalitaire »), « le mot d'excellence des totalitarismes modernes ». Cependant, Borch-Jacobsen trouve absurde et relevant de la niaiserie le fait de vouloir, par ce biais, comparer Freud à un fasciste ou un stalinien. Car il trouve un Freud s'insurgeant contre la tyrannie de la suggestion (alors même que Borch-Jacobsen accusera plus tard, dans « Folies à plusieurs », puis dans « Le dossier Freud », ce même Freud de fonder toute la prétendue efficacité de la psychanalyse sur la suggestion..) et une « théorie autoritaire du lien social », ce qui en ferait le militant de l'autonomie du sujet individuel. Mais l'auteur du « Sujet freudien » poursuit en écrivant que Freud se situe bien dans la ligne idéologique de Le Bon, lequel inspira, comme le démontra Hannah Arendt, les idéologies fascistes, à commencer par celles d'Hitler et Mussolini. En effet, c'est la conception freudienne de la société comprise comme un organisme ou un corps (on trouve aussi cette conception chez Platon et Hegel, eux aussi accusés d'être les fondateurs du totalitarisme moderne, par Karl Popper avec leurs théories organique de l'Etat), qui permet de l'identifier comme un système totalitaire. Borch-Jacobsen écrit : « Affirmer l'unité organique du corps social revient immédiatement, (...), à affirmer une unité de Sujet (...). L'opposition entre l'individuel et le collectif reste de ce point de vue très secondaire et elle se produit à l'intérieur d'une identité fondamentale : le Nous est encore Moi (...) ». Enfin, « la figure du Chef omniprésent et omnipuissant, qui apparaîtra incessamment dans le texte de Freud », ne contredit pas, selon Borch-Jacobsen, cette logique du Sujet [freudien], « bien au contraire » (Borch-Jacobsen). « A ce corps qu'est la société, il faut en effet une tête, à cet organisme il faut un centre d'organisation. Et la masse, de fait, ne peut s'ériger en Sujet qu'en érigeant en s'érigeant comme figure d'un sujet indépendant, autonome, ne s'autorisant que de lui-même - donc un chef autoritaire. Donc un Narcisse, ainsi qu'on l'apprendra plus loin. Seul un Chef narcissique peut donner à la société l'unité d'un corps propre. Et inversement, en s'assujettissant à cette figure organique et narcissique du sujet, le sujets ne s'assujettissent en fin de compte qu'à eux-mêmes. La politique qui s'esquisse ici est une politique narcissique » (Borch-Jacobsen, page 198).
Mais que va démontrer, par la suite Borch-Jacobsen dans son livre ? Il va démontrer que toute la masse, toute société, si l'on suit la logique freudienne, est tenue en cohésion autour de ce « sujet narcissique », de sa représentation. Qui est ce sujet ? C'est je sujet freudien. D'où vient-il ? Il vient du seul Freud. A qui s'identifie-t-il donc ? A personne d'autre qu'à Freud. Par conséquent, il ne « s'autorise que de lui-même », tout comme la psychanalyse dans son ensemble. La psychanalyse est donc bien un système totalitaire, et le système d'un seul. Totalitaire, en partie à cause des conceptions organicistes de Freud, et de l'identification totale du sujet dans les liens qui l'enchaîneraient à la masse, liens se basant toujours sur l'Eros, la libido, la sexualité (voir notre texte « Freud astronome de l'inconscient »).
Freud s'est présenté comme l'apôtre de l'autonomie du sujet, mais à quelles conditions ? A condition qu'il accepte la blessure narcissique majeure que son libre-arbitre n'existe pas et qu'une telle revendication est toujours une résistance à la psychanalyse, donc à Freud. (« Le moi n'est pas le maître en sa propre maison » (S. Freud)). C'est-à-dire à une seule personne, un Duce, un Chef, puisque c'est le seul Freud qui est l'unique témoin, l'unique responsable, s'autorisant de lui-même, de toute la création de la psychanalyse. Par conséquent, tout sujet « qui se regarde », ne regarde pas des théories objectives, indépendantes de Freud, il « regarde Freud », son Chef, son unique référence. Vivre en société, consiste donc à vivre comme dans un système totalitaire digne de ceux imaginés ou décrits par Platon puis Hegel, en ayant constamment « le regard tourné vers le Chef ».
Et si le Chef, le Dichter originel (Borch-Jacobsen) était aussi le symbole du Père ? Que devient le Complexe d'Oedipe, lui aussi grand principe fondateur ? Il s'effondre. Parce que celui (Freud) qui avait voulu que le sujet s'émancipe notamment à partir de la résolution de ce complexe, ne peut au contraire que l'aliéner si jamais son moi ne peut être libéré du fantasme du Chef qui a imaginé le dit Complexe. Si nous ne pouvons tuer symboliquement Freud, parce, que quoique nous fassions (en tant que sujet normal ou névrosé), nous serions toujours soumis aux dogmes freudiens régissant nos vies, c'est qu'il y a un Père qui ne peut ni ne doit jamais mourir. Et ce Père-là ne confirme pas la règle du Complexe d'Oedipe, au contraire. On ne sort donc pas d'un système totalitaire, puisque, selon la théorie, chaque individu ne peut s'émanciper et devenir adulte qu'à partir de la résolution du complexe d'Oedipe, c'est-à-dire en tuant symboliquement son père naturel, mais sans pouvoir jamais tuer le Père de la psychanalyse.
On peut objecter que Freud n'est pas le père biologique et naturel de tous les hommes. Et que c'est en tuant symboliquement le père biologique, que l'on résout le Complexe d'Oedipe. Notre argument paraît alors une nouvelle fois s'effondrer. Pourtant ce Freud opère bien comme un symbole du père, en tant que chef idéologique. C'est lui seul qui enfanta sa science privée, la psychanalyse, c'est lui qui fut l'unique géniteur. Et il est incontournable de s'identifier à lui, puisque, répétons-le, il ne toléra aucun témoin pendant l'accouchement et la maturation de son immaculée progéniture : la psychanalyse et tous ses complexes. Il demande donc, implicitement ou explicitement, une identification universelle à sa personne, via ses théories et ses méthodes. En conséquence, s'il on veut rejeter le complexe d'Oedipe, il faut aussi rejeter et s'émanciper de cette identification symbolique universelle au Père de la psychanalyse. Rejet, on le sait, impossible, parce que toujours assimilable à une résistance à la théorie, donc à Freud. On peut donc bien tuer tous les autres pères, sauf Freud.
S'il n'y a plus d'autre père vivant que celui de la psychanalyse, comment faire pour éviter d'avoir toujours le regard sur lui ? Impossible. Le piège rhétorique semble imparable. Comme tous les systèmes totalitaires, le freudisme est donc un système ultra-paternaliste, paradoxalement parce que ce n'est qu'après avoir tué symboliquement leurs pères, que les hommes seraient obligés de reconnaître que c'est à cause de Freud (libérateur et Père universel), qui lui reste donc vivant tout au long de l'histoire de n'importe quel individu, donc de la Terre entière que Freud, dans un délire messianique, pensait avoir comme patient.
Il y a bien une identification, voire une reconnaissance suprême et indépassable qui nous enchaîne avec la psychanalyse et Freud.
Certes les hommes peuvent bien être dépendants de théories scientifiques sans lesquelles ils ne peuvent agir sur le monde, (sauf à tenter des conjectures audacieuses, inédites, pour par exemple tenter de réfuter ou corroborer les théories scientifiques qui semblent les mieux établies), mais cette dépendance n'est pas absolue. Car les théories scientifiques, elles, peuvent être détachées de ceux qui les produisent, et appartenir à un monde (le Monde 3 de Popper) où elles peuvent être critiquées et mises à l'épreuve par qui veut s'en donner la peine. Comme l'écrit Karl Popper, une fois que les théories passent dans le Monde 3, celui de la connaissance objective, Monde qui peut être détaché du sujet connaissant, elles peuvent bien mourir à notre place, ou à la place de celui qui dans son Monde 2 (le monde de la subjectivité et des opinions ou théories non divulguées dans le Monde 3) effectua les premières conjectures audacieuses.
Freud, lui, ne peut mourir à la place de ses théories, et inversement. Comme le démontrent Borch-Jacobsen et Shamdasani dans leur livre Le dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse, pour critiquer la psychanalyse, il faut s'en prendre de façon privilégiée, à son unique géniteur, Sigmund Freud et vice-versa. Car c'est lui qui en revendique en totalité la naissance et la maturation, en ayant justifié dès les commencements exclure tous les témoins. Née dans la matrice de l'auto-analyse freudienne, situation typiquement subjective qui plus est inventée par lui seul, qu'il fut le premier à pratiquer, et qui restera le seul à pouvoir pratiquer puisqu'à partir de lui le refoulé nécessitera, selon ses injonctions, le psychanalyste, la psychanalyse se veut pourtant être la science objective de la subjectivité ! Et on ne pourra donc la connaître que par ouïe-dire (!), écrira Freud, dès les premières pages de Introduction à la psychanalyse. Voilà qui est inouï. C'est inouï, en regard de la prétention freudienne à la scientificité et à l'objectivité. Prétention encore très vivace aujourd'hui chez les freudiens, lesquels ne semblent pas disposés à renier les méthodes complètement opposées à la science du témoin princeps : Freud. De plus, son aptitude à répudier de manière aussi explicite et répétée, toutes les autres approches concurrentes de la sienne, toutes les critiques, et y compris les propositions de Rozensweig (auquel Freud répond que la richesse des observations fiables qu'il réalise, seul, dans son cabinet avec ses patients, les rende indépendante de toute vérification expérimentale), renforce encore le lien indiscutablement univoque et subjectif entre Freud et sa psychanalyse. Il souligne à gros traits fluos le caractère non poppérien, et du personnage freudien, et de sa doctrine, malgré les dernières exhortations rafistolées de Roland Gori, Jean Laplanche et quelques autres récemment, à prétendre tout de go, que Freud serait même un poppérien avant la lettre. Nous vivons bien dans une époque où l'on ose tout...
Comment faire plus subjectif, et plus naïvement inductif que le procédé freudien d'accouchement de la psychanalyse ? Le seul rêve de l'injection faite à Irma (rêve mythique d'un mythomane, qui est déjà un mensonge, une fabrication légendaire bien mise en lumière par le Professeur Robert Wilcocks), permet à Freud, sans même la base inductive d'autres rêves effectués selon les mêmes méthodes par d'autres chercheurs, d'affirmer qu'à partir de son seul cas, il y a, indubitablement généralité, donc loi objective et universelle, et par suite, science de la psyché. Et quand bien même il aurait auto-analysé une foultitude d'autres rêves, on ne sortirait pas de ce cadre inductiviste naïf, scientiste et positiviste. On connait différentes sortes d'inductivismes tout comme différentes versions du falsificationnisme, allant des plus naïves aux plus méthodologiques. C'est dans l'inductivisme le plus naïf, parce que le plus isolé, que Freud a procédé. Les grands principes fondateurs de la psychanalyse, l'Oedipe, le refoulement, la censure, l'interprétation des rêves etc., furent forgés à partir des mêmes méthodes. Lorsque certains, comme Laplanche, voient dans Freud, un poppérien (!), et des remises en question (des réfutations) de ses propres théories ; d'une part, comme le remarque Borch-Jacobsen, il n'y a jamais de véritables remises en question, encore moins des réfutations, puisqu'il n'y a pas davantage de tests expérimentaux, indépendants, extra-cliniques et reproductibles que Freud ait pu faire une seule et unique fois, et, d'autre part, comme le reconnaît Laplanche, Freud n'aimait pas les contradictions et ne les recherchait pas activement. Mais surtout, ces freudiens qui tentent maintenant de donner une aura poppérienne au travail de Sigmund Freud, en avançant l'argument de l'intersubjectivité et de la nature indépendante des méthodes freudiennes, n'ont visiblement encore rien compris à ce qu'à décrit Karl Popper dans La logique de la découverte scientifique, et pensent encore, de toute évidence, qu'il suffit d'être deux, dans le cabinet de l'analyste, et que l'analysé reconnaisse les interprétations de l'analyste, pour qu'il y est un cadre prétendument intersubjectif, puisqu'il y a deux sujets (voire trois, puisque l'on ne peut omettre Freud étant donnée la nature de sa théorie). Ceci ne correspond vraiment en rien à ce que préconisait Karl Popper. On n'est même plus dans la caricature, on se trouve dans une mise en forme totalement superficielle voire ignorante de l'épistémologie de ce philosophe.
On ne tuera donc pas Freud sans tuer la psychanalyse ou l'inverse. Comme dans tout système totalitaire, la passation de pouvoir ne peut éviter la violence, la technique de la tabula rasa, et ce, contrairement aux systèmes démocratiques. C'est encore Karl Popper qui nous explique cela. Certes, des dictateurs peuvent bien accéder au pouvoir, démocratiquement, comme ce fut le cas pour Hitler, mais aucun ne refuse de le céder sans violence ou en devant être physiquement éliminé. Les institutions démocratiques ont pour but de pouvoir destituer les gouvernants incompétents ou corrompus sans effusion de sang. C'est ce qui s'est passé lors de l'affaire du Watergate, pour le Président Richard Nixon. C'est dans la violence, le meurtre, que les Chefs totalitaires disparaissent. C'est la raison pour laquelle ils échafaudent des systèmes qui les rendent inusables, et inamovibles, où l'identification à eux doit être permanente, et où le zèle envers leur idéologie doit être enseigné et propagé, par tous les moyens, jusqu'à venir corrompre l'esprit de la jeunesse dans les programmes de philosophie.
Les théories véritablement scientifiques, sont nos projecteurs (certes toujours limités et faillibles) sur le futur, nous permettant des anticipations, et toutes sortes d'actions prévisibles. C'est donc parce qu'elles sont éminemment détachables et indépendantes des sujets ou du sujet qui ont pu les imaginer, qu'elles constituent de véritables clés de notre libre-arbitre, toujours accru grâce à elles, mais jamais absolu. Mais dès lors qu'une théorie reste toujours liée à son « Dichter », sur les plans historiques, épistémologiques et thérapeutiques, parce qu'elle naquit dans un cadre bien trop subjectif, assumé en tant que tel, donc en dehors de tout contrôle ; et qu'en plus des légendes désinformatrices et des stratagèmes en tous genres furent construits et sont maintenus autour d'elle et de son Dichter pour les préserver des assauts de la critique, cette théorie ne devient plus une lumière indépendante du Monde 3 de Popper, elle reste le sujet mythique et originel qui la produit, elle est l'incarnation parfaite de son Dichter, elle est donc le Sujet, son identification propre (Sigmund Freud). Il ne s'agit plus de prétendues Lumières, mais de l'obscurantisme le plus évident.
Si les hommes peuvent échapper à la théorie de la relativité d'Albert Einstein en essayant de la réfuter, (tout comme cette même théorie échappait à Einstein lui-même dès qu'il proposa de la soumettre à des tests indépendants, et parce qu'il ne pouvait, comme tout scientifique, en anticiper toutes les conséquences logiques et empiriques, ce qui est le contraire du déterminisme psychique absolu et prima faciae freudien), et, par le choix des tests, se rendre relativement maîtres de leur destin, aucun d'entre eux ne peut échapper à l'inconscient, lequel ne peut échapper à Freud. Donc aucun homme n'échappe à Freud. Nous lui devons en permanence une reconnaissance absolue et indéfectible. « La psychanalyse m'a sauvé la vie », peut-on entendre de la bouche de ceux pour qui ça a marché. Mais comment ne plus être redevable ensuite, ad vitam eternam, de quelqu'un qui vous a sauvé la vie et, qui plus est incarné, comme Sigmund Freud, par sa propre théorie ? La dette devient éternelle, et même si vous contribuez à sauver Freud et sa psychanalyse des assauts de la critique en devenant un prosélyte fidèle et fanatique, le cas échéant. Être sauvé par Freud, c'est être enchaîné à lui pour la vie, que vous soyez guérit ou pas. Le détester c'est glorifier sa théorie de l'Oedipe, car pour les freudiens, ce n'est pas Freud qui vous haïssez, ce père-là, personne ne peut le tuer (sinon, tout s'effondre...), c'est un autre père symbolique, inconscient, réfoulé, qui est en vous. Ignorer Freud ? Bah, un freudien vous révèlera à vous-même, un de ces jours, vous verrez bien...Alors, comme le loup de La Fontaine, moi, je préfère courir et garder mon propre malheur qui ne doit rien à Freud, plutôt que de porter ce collier et vivre dans cette demeure qui lui devrait tout et où il serait partout mon maître. Je ne veux pas du bonheur que Freud veut pour moi. Je ne veux pas marcher dans les traces toutes faites de la psychanalyse. Je ne veux pas de son déterminisme. Je crache sur la négation du libre-arbitre des freudiens, bien que je sois conscient et lucide sur le fait que toute liberté réelle est toujours limitée (la liberté absolue n'est que métaphysique pour moi). Je vomis leur paternalisme et leur empathie d'emprunt écoeurante.
Mais s'il n'y avait pas la reconnaissance consciente de ce meurtre pour l'ensemble de l'humanité (c'est-à-dire la reconnaissance de l'universalité du Complexe d'Oedipe), puisque ce meurtre est inconscient selon Freud ? Il n'y aurait donc pas non plus de prétendu totalitarisme qui obligerait toujours a regarder vers Freud. Un enfant n'est pas sensé savoir qu'il tue son père, et plus encore, en le tuant, il n'est pas sensé savoir qu'il « en regarde un autre » : Sigmund Freud. Même plus tard, une personne adulte n'est pas sensée savoir qu'elle a tué le père quand il le fallait, et que dans sa vie de tous les jours, elle a soi-disant, constamment le regard tourné vers Freud, même symboliquement ou inconsciemment. Tout cet échafaudage semble délirant...Délirant, d'autant plus que l'exemple de l'enfant prouverait la valeur de la psychanalyse, puisque les enfants ne peuvent comprendre Freud au moment de la résolution de leur Complexe d'Oedipe. Mais c'est oublier que ce sont encore des adultes freudiens, qui, ayant chaussé leurs lunettes (ou le télescope...) freudiennes qui ont observé l'enfant avec leurs préjugés freudiens, et ainsi n'ont pu faire autrement que de trouver des confirmations illustrant parfaitement la théorie de Freud, via leurs préjugés. Confirmations lues à la lumière de ce qu'énonce la théorie. Donc éléments notoirement insuffisants pour affirmer que la théorie est prétendument prouvée par ce biais. Dans un cas comme celui-ci (comme dans beaucoup d'autres), on ne dispose, bien entendu, d'aucun élément de preuve véritable, c'est-à-dire d'aucun élément indépendant qui ait pu être testé de manière intersubjective. Et ce n'est pas, par exemple, la présence d'un analyste et de son patient dans le cadre d'une cure, qui puisse assurer l'intersubjectivité dont parle Popper pour la Science.
Qu'avons-nous donc voulu dire ? Freud a pensé avoir validé une norme universelle, et surtout, irrécusable. Une frontière possible entre le normal et le pathologique. Dans nos sociétés occidentales, et particulièrement en France, la norme freudienne a toujours une prépondérance écrasante, dans tous les secteurs de la société qu'elle a véritablement envahis et inféodés. « La France est la chasse gardée de la psychanalyse » (Roudinesco). Si je me sens mal, si je présente des problèmes psychologiques, c'est Freud que l'on convoquera. Et, le cas échéant, c'est lui et sa théorie du complexe d'Oedipe. Même si je ne suis pas d'accord, et surtout si je ne suis pas d'accord...Car plus je résiste, et plus je confirme la théorie...Je suis donc obligé de me tourner vers Freud et de me plier à sa volonté. Et pour tous les autres individus c'est pareil. La norme freudienne, parce qu'elle est irréfutable, parce qu'elle donne à ses acrobates de la pensée que sont les freudiens, le loisir d'abuser ad infinitum de la mauvaise foi et de l'arrogance intellectuelle, est une norme qui n'en tolère aucune autre. En France, Freud, ses mots, ses théories, ses fantasmes, sont tellement passés dans les moeurs, qu'il est impossible de ne pas s'être fait interpréter de façon freudienne à un moment ou à un autre de sa vie. Si c'est pour plaisanter, dans la rue, ou au bistrot, le problème est moins grave, mais si c'est pour décider de votre carrière, de votre travail, de votre vie sentimentale, là, par contre, cela devient inacceptable, d'autant que les travaux des historiens, des philosophes, des scientifiques, ont montré que Freud a menti, et qu'il avait tort.
L'accès à la prétendue autonomie du sujet que revendiquait Freud, n'est donc qu'un leurre, un coup de bluff, une promesse sans lendemain, un miroir aux alouettes pour amadouer les masses, les tromper, et les attirer dans le piège totalitaire de la psychanalyse. Parce que le sujet ne se libère jamais d'un inconscient qui serait régit par un déterminisme psychique extrémiste tel que l'a conçu Freud. Si je sors prétendument « guérit » d'une analyse, pour le restant de mes jours, j'aurais cette théorie, ce Freud, en moi-même, sans jamais pouvoir me délier de lui. Je vivrais constamment dans une autonomie surveillée, supervisée par ce Freud. Une autonomie bidon, « paternalisée » par ce Freud. Si ma liberté d'action, mon libre-arbitre, comme l'a affirmé ce Freud, n'est qu'une illusion, une vanité, pourquoi puis-je me prétendre soi-disant « autonome » si je ne puis agir, penser, rêver, chanter et jouir, sans que ce Freud ait constamment une œil sur « Moi » (...). « notre sentiment de spontanéité ne pèse alors pas plus lourd, selon le mot de Kant, que l'opinion d'un tourne-broche sur sa liberté d'action » écrit aussi le psychanalyste Pierre-Henri Castel. Et il a raison.
Non, bien sûr, on ne peut comparer Freud à Hitler ou a Staline. Parce que le totalitarisme, bien réel de Freud, est aussi beaucoup plus sophistiqué, et finalement plus puissant que celui des deux autres barbares. C'est un totalitarisme d'autant plus dangereux, pernicieux et fourbe, qu'il opère en avançant derrière le masque de l'humanisme, en se faisant le chantre de l'autonomie du sujet, voire en revendiquant sans vergogne le label de scientificité (comme le fit le marxisme).
Comme toutes les utopies totalitaires, le Freudisme promet des lendemains qui chantent à tous les individus sur Terre, lorsqu'ils auront pris le contrôle de leur inconscient. Mais en réalité, personne ne prend le prétendu contrôle de cet inconscient-là. Il n'y a donc pas de victoire du Moi à espérer. Car personne ne peut avoir le contrôle du hasard et du non-sens, hasard et non-sens exclus de toute causalité psychique inconsciente, comme le veut le déterminisme psychique absolu et aprioriste de Freud. C'est donc toujours l'inconscient qui contrôle. Si vous êtes d'accord, ça va. Si vous ne l'êtes pas, vous résistez inconsciemment. Cette théorie interdit toute résistance. Freud donc interdit qu'on lui résiste. Toute rébellion peut et doit être récupérée sous le front humiliant et infantilisant du symptôme. Le chef, toujours le chef. Il a toujours raison. Une seule voie s'offre à l'individu pour sortir du cercle infernal de l'humiliation et de l'infantilisation : devenir chef soi-même, virtuellement, en prodiguant sa parole, ses « habitus » intellectuels et moraux, et surtout en faisant comme lui, donc en s'identifiant totalement corps et âme, à lui. Il faut donc apprendre l'algèbre rhétorique du petit freudien de base, maîtriser son terrorisme de l'interprétation sauvage et humiliante, être capable d'entrer en surveillance de son prochain en pratiquant, même contre son gré ou sa demande, une psychothérapie journalière de boulevard. Comme la société toute entière est organisée dans l'acceptation devenue tacite de telles choses inacceptables, personne ne vous le reprochera et ne vous identifiera comme un oppresseur. Vous pourrez donc donner libre court en toute impunité à vos fantasmes de domination et d'humiliation d'autrui.
Enfermer les gens sans violence, sans mur apparent et concrets. Faire en sorte qu'ils créent eux-mêmes leurs propres murs, et les placent, de leur plein gré apparent, dans leurs propres têtes, tout en continuant d'ignorer le mal extraordinaire qu'on leur a fait, et en vénérant leurs Maîtres. Voilà le truc. Les totalitarismes brutaux, ne marchent plus. Il en faut d'autres. C'est avec des moyens beaucoup plus sophistiqués, de nos jours, que l'on apprend insidieusement aux gens à se méfier de la liberté, de leur propre libre-arbitre, puis à le nier, à « regarder » celui des autres, à en prendre possession par des interprétations en tous genres, etc.
Nous vivons dans une société « supervisée » par les Freudiens. Mais qui sont les freudiens ? Ce sont toutes les personnes qui ont lu Freud et qui sont en accord avec ses écrits. Il s'en trouve même qui recommandent de ne pas lire les critiques, parce qu'on leur a dit qu'il ne fallait pas lire les critiques ! Les freudiens s'occupent de vous en permanence. Dès que vous dites quelque chose de travers, ils déploient leur infâme bric-à-brac suggestif, fait de regards, de mimiques, de silences, de gestes, de petits mots. Bref, tout un panel humiliant destiné à « vous remettre sur le droit chemin » du bonheur et de l'équilibre. Le freudien vit en permanence derrière son armure protectrice : vous traiter comme un « symptôme ». Le freudien domestique est devenu un psychothérapeute en puissance au jour-le-jour, dans la rue, au bureau, partout. Un psychothérapeute que vous le vouliez ou non. Comme Freud, il ne s'autorise que de lui-même pour déployer sur vous son bric-à-brac même si vous ne lui avez rien demandé. Bien sûr, toute cette description relève de la paranoïa pour notre grand-frère freudien. Grand-frère ? Il aime, comme le disait Jung à Freud, se « placer tout en haut comme le père » (voire comme la mère si c'est une femelle) afin de mieux vous réduire, et vous humilier.
Voici la célèbre réponse de Jung à Freud, laquelle ne manque ni de piment, ni de cette insolence éclairée qui est l'une des qualités de l'homme libre :
« J'aimerais vous rendre attentif au fait que votre technique de traiter vos élèves comme vos patients est une fausse manoeuvre. Vous produisez par là des fils-esclaves ou des gaillards insolents (Adler, Stekel, et toute la bande insolente qui s'étale à Vienne). Je suis assez objectif pour percer votre truc à jour. Vous montrez du doigt autour de vous tous les actes symptomatiques, par là vous rabaissez tout l'entourage au niveau du fils ou de la fille, qui avouent en rougissant l'existence de penchants fautifs. Entretemps vous restez toujours bien tout en haut comme le père (...) Voyez-vous, mon cher Professeur, aussi longtemps que vous opérez avec ce truc, mes actes symptomatiques ne m'importent pas du tout, car ils ne signifient absolument rien à côté de la poutre considérable qu'il y a dans l'oeil de mon frère Freud ». (Jung). (In : Jacques Van Rillaer, Les illusions de la psychanalyse, chapitre : L'argument des résistances).
Les freudiens sont donc des « Big brothers » s'identifiant tous à leur « Big brother » suprême : Sigmund Freud.
« Tout est joué dans l'enfance » nous martèle les soldats de l'armée du Phallus. Le refoulé est immuable renchérissent-ils, et ce, contre les plus récentes découvertes neurobiologiques, lesquelles, comme le fait remarquer Sémir Zéki, ont détruit le vieux dogme biologique selon lequel aucun nouveau neurone n'était créé à l'âge adulte. La théorie du refoulé freudien ? Qu'en reste-t-il après ça ? Rien.
Donc, on a bien une doctrine historiciste, comme pourrait l'écrire Karl Popper : à partir d'une certaine connaissance des faits, il est possible de dire que les choses sont déterminées de manière absolue, et qu'il ne sert à rien de s'y opposer. Les staliniens eux aussi étaient historicistes, ils croyaient que la dictature du prolétariat était une loi du destin scientifique et qu'il était criminel de s'opposer à ce bonheur inéluctable dont l'enfantement, certes, ne se ferait pas sans beaucoup de sang et beaucoup de larmes...
En psychanalyse, malgré les apparences (et les idéologies totalitaires savent bien appâter les gogos et autres victimes avec des promesses de bonheur), ce n'est pas l'individu qui est la fin, mais la théorie, sa survie, son pouvoir, et son statut d'idéologie dominante dans la société. La théorie est un totem lequel est présenté comme le garant du bonheur. Détruire le totem c'est mettre en danger tout le monde, donc le totem est plus important que l'individu. L'analysant est là pour venir servir la théorie et devenir un nouveau prosélyte. Le problème de la guérison ? Pas grave, il suffit de dire que guérir est un terme médical, pas un terme psychanalytique. D'ailleurs la psychanalyse n'a jamais guérit personne. La psychanalyse n'est pas au service de l'individu, c'est le contraire. L'inconscient est un dogme qui ne peut appartenir à aucun individu possédant une enveloppe humaine. Car l'humain, c'est le domaine du faillible, de l'erreur, de l'imprécision, de lois précises, certes, et probabilistes également, mais pas de lois absolues et excluant tout hasard et tout non-sens. Aucun être humain ne peut fabriquer une machine à supprimer le hasard, ou même à le mesurer. Aucune mesure, aucune tentative de mise en correspondance de deux points ne peut jamais être parfaite sur le plan empirique. Car cela dépend toujours d'instruments qui sont eux aussi imparfaits puisqu'ils dépendent de lois universelles, imparfaites, pour leur propre fabrication.
Exclure le hasard et le non-sens ne relève donc pas de l'humain, d'un humanisme. Mais du magique, du tribal, du barbare, du totalitaire. De l'abject. L'inconscient et le refoulé ne sont pas des possibilités pour le genre humain, mais des anathèmes, des totems, des miroirs aux alouettes, qui ne sont utiles que pour la suprême jouissance des psys : pratiquer le terrorisme de l'interprétation et recueillir du « gaz hilarant ».
Elle est paternaliste la psychanalyse, parce qu'elle infantilise. Ils nous infantilisent sans arrêt les membres de la tribu psy. Les femmes-psy donnent du petit sourire en coin et condescendant, parfois assortit de cette petite voix que l'on sert aux bébés ou aux enfants. Elle aime faire comme si "elle vous avait fait", la psy-femelle. C'est sa manière à elle de se sentir en sécurité, d'affirmer son égo qui n'en peut plus de vouloir prendre l'ascendant (tous les psys souffrent de cette maladie incurable chez eux). Et le psy-mec, il fait comment ? Lui, prend une attitude détachée, méprisante, condescendante aussi. Vous n'êtes qu'un con, un ignorant, un sale névrosé. "Les patients c'est de la racaille", disait Sigmund. C'est sa manière de vous lancer un défi que vous ne pourriez pas refuser, puisqu'il tente de vous humilier dans ce qui peut vous toucher en plein cœur : une certaine vanité intellectuelle (pas d'inquiétude à avoir pour lui, par contre, les frustrations de ce genre c'est la première chose dont il a appris à se prémunir en face des autres, bien que cela le tiraille en permanence). Car, comprenez-vous, pour cette créature, il relève de la vanité intellectuelle de mépriser Freud, d'ignorer l'inconscient, de s'en foutre, et de penser que votre conscience vous donne aussi un certain libre-arbitre.
Comme lui a été analysé, qu'il s'est soumis, qu'il sait qu'il a accepté la soumission sans condition aux articles de foi de papa Sigmund, que sa vie et son casse-croûte dépendent d'eux, qu'il est supervisé, et qu'il a perdu toute indépendance d'esprit pour ne devenir rien d'autre qu'un prosélyte fanatique de l'immaculée doctrine, et haineux de la raison critique, il envie votre indépendance, cette idée si insolente, si audacieuse et vivifiante de la liberté que vous avez encore en vous, que vous osez afficher avec tellement d'impudence bien naturelle, et qu'il n'a plus, qu'il ne peut plus rallumer et qui ne peut le conduire qu'à se réfugier dans le dépit puis la haine de cette lumière éteinte, de cette route abandonnée.
Pour le petit freudien de base, l'homme libre est un personnage étrange. Surtout s'il le dit haut et fort. C'est une menace permanente, un symbole de son échec, de sa déconfiture, de son angoisse de savoir qu'il s'est enlisé jusqu'aux cheveux dans cette secte. Alors il a besoin de se conforter, et de se réconforter sans arrêt, le psy-mec. Il faut donc qu'il se place "en haut", dès le départ, et qu'il y reste. Il devient un esclave à vie de l'impitoyable et épuisante dictature du "dernier mot". Car sa doctrine fondée sur son déterminisme absolu, et ses engagements personnels, les poussent invariablement à toujours vouloir se sortir victorieux de toutes les joutes, les combats, les discussions, les polémiques, les débats, les thérapies. Il faut qu'il gagne, il y va de sa foi, de sa vie, de son équilibre. Mais il sait aussi que c'est insupportable pour les autres, cette attitude, alors, souvent, il tente de la faire passer avec un peu ou beaucoup de vaseline. Il s'adonne au tutoiement, ou alors il vous vouvoie en vous appelant par votre prénom. Il est toujours tout miel, et les angles, quant il y en a, il les arrondit pour vous (car vous ne seriez pas assez intelligent pour un peu de finesse, bien sûr, en tout cas jamais autant que lui). Et tant pis s'il écorne allègrement la vérité au passage. Car la vérité ce n'est pas son but, c'est son ennemi juré. Les faits. Les faits têtus, voilà la bête noire de tous les membres de la secte freudo-lacanienne. Alors vive le langage, la polysémie, les métaphores, le symbolisme délirant, le relativisme, la suggestion, la manipulation, la pathologisation, la diffamation, l'hégélianisme...Et oui : mieux vaut tenter de surnager dans un tel foutoir pour qu'au moins le spectre affreux de la vérité s'éloigne.
En face de ces petits-chefs, il n'y a donc qu'une seule alternative possible : se soumettre ou se faire humilier. Vous vous êtes soumis lorsque vous avez accepté d'ânonner comme un béni oui-oui, que "l'analyse vous a sauvé la vie", ou d'autres stupidités de ce genre, comme les articles de foi de la mythologie freudienne. Et surtout lorsque, plusieurs fois par semaine, et tout au long de nombreuses années passées sur le divan, vous acceptez, en fin de séance, de rejouer avec lui une farce. La "farce freudo-sphinctérienne" (Marie-Jeanne Marti), celle qui consiste à comprendre que votre bel argent c'est "anal", mon pauvre vieux ! Et oui : lorsque vous étiez petit, et que vous alliez au pot-pot avec maman, eh ben, vous lui faisiez un gros "cadeau", ou, comme disent les grands benêts, une "grosse commission". Tout ça est encore dans votre inconscient refoulé, à l'état latent et névrotique pour vous, bien sûr, mon vieux. Vous n'avez pas oublié (contrairement à ce que vous croyez, c'est juste "refoulé" donc pathogène ; pas bon ça de garder tout ce "fric" en vous, ça vous rend malade), et le psy est là pour le rappeler au bon souvenir de...votre portefeuille, et vous "libérez" ainsi de beaucoup de cette névrose sonnante et trébuchante, voire bruyante. Quoi ? Vous l'ignoriez ? Ne saviez-vous donc pas que, pour Freud, l'argent c'est du "gaz hilarant" ? Vous voilà "initié" à présent. Eh oui : l'analyse, c'est comme les fayots, ça fait péter. Asseyez-vous donc sur le "pot-pot", et faites offrande de votre matière fécale (votre fric) à votre psy, vous vous sentirez mieux après, une fois que vous aurez enfin fait émerger à la conscience de ce refoulé qui vous empoisonnait tant la vie. Vous vous sentez mieux ? Bravo...
L'autre accent totalitaire est donc le culte du héro et de l'héroïsme, le culte de la personnalité, inévitable, et reconnu par tous, des critiques et des psychanalystes, du moins ceux qui voient un peu de lumière de temps en temps. Ensuite il y a le caractère occulte, sectaire de l'organisation freudienne, son « Comité secret », et son fétichisme de la bague décernée à ceux qui sont les plus proches du septième cercle. Ils sont illustres à dénoncer le caractère indiscutablement sectaire de la psychanalyse. On retiendra tout particulièrement le nom d'Henri Ellenberger qui écrit ceci : « La psychanalyse est-elle une science ? Elle ne répond pas aux critères (science unifiée, domaine et méthodologie définie). Elle répond aux traits d'une secte philosophique (organisation fermée, initiation hautement personnelle, doctrine changeante mais définie par son adoption officielle, culte et légende du fondateur.» Et encore ceci : « Ce que Freud a introduit : [...] retour au système « secte » antique : [...] initiation de caractère plus qu'intime, sacrifices d'argent considérable[s], doctrine commune, culte du Fondateur ». (In : « Les incertitudes de la psychanalyse », notes dactylographiées, Centre Henri Ellenberger, hôpital Saint-Anne, Paris).
Mais l'aspect le plus totalitaire de la psychanalyse, celui qui la fait ressembler encore plus au stalinisme ou au nazisme, ce sont ses méthodes de propagande et d'invasion. Et son invasion surtout dans toutes les institutions françaises.
Elle est partout. Dans la santé, les médias, les arts, la politique, l'éducation, l'entreprise, l'université, le sport, les loisirs. Partout, absolument partout. « Je suis partout » (...), voilà ce qui pourrait être le leitmotiv, ou même le slogan publicitaire de la société holding « Freud and co. ». Elle veut dire son mot sur tout, la psychanalyse (quoique lors de la lamentable débâcle judiciaire d'Outreau, elle aurait beaucoup mieux fait de fermer sa grande gueule...), avoir un œil sur tout, donc tout contrôler, tout rationaliser dans les filets extensibles à l'infini de ses théories. Rien ne doit s'échapper du royaume de Sigmund IV et 2 font 6 et 10 font 16, empereur de l'interprétation des nombres et des mots, apôtre canonisé de la numérologie, cocaïnomane invétéré et prosélyte, et grand débiteur de fariboles pseudo-scientifiques à dormir debout. La raison critique, cette jolie petite bergère, peut toujours courir, l'infernale et bruyante mécanique freudienne sera toujours là, maniée par son roi qui l'observe de loin, par le petit bout de la lorgnette, mais non pour la séduire, mais pour l'écraser. Ah...Pauvre Dora ! A quelle infernale bande de gros dégueulasses tu as eu à faire !
La gangrène freudo-lacanienne sera toujours là, à vous imposer son terrorisme abject et immoral de l'interprétation. Comme tout totalitarisme, la psychanalyse n'est qu'un piège à rat. Et oui, quand elle vous a empoigné, elle ne vous lâche plus, écrira, en substance Ludwig Binswanger, ancien compagnon de route du Très Saint Gourou.
Elle est donc totalitaire encore, parce qu'hégélienne. Elle place l'idée, avant les individus, qui ne sont pour elle, que des « formes vivantes » (Hegel) au-dessus desquelles gouverne « l'esprit du temps », donc l'idée, l'idéologie. Et les idées, seraient plus belles, plus nécessaires que les individus qui doivent ne pas être des obstacles, ni des fins, mais des moyens pour la réaliser. Mais qui vient donc "réaliser" la psychanalyse ? Qui vient l'honorer, se prosterner, et devenir ses plus ardents prosélytes ? Et bien les patients pour qui "ça à marché". Par un "conditionnement bidirectionnel" (Van Rillaer), ils caressent l'analyste et l'analyse dans le sens du poil, qui donc les caresse aussi pour mieux endoctriner, manipuler, suggérer, séduire, piéger, convertir. Ceux qui s'y refusent aussi, l'honorent la psychanalyse, en lui offrant une autoroute à quatre voies bien dégagées pour son argument terroriste et charlatanesque de la résistance refoulée.
La psychanalyse est donc comme les utopies totalitaires : elle se présente comme l'idée du bonheur pour tous, indépassable, inaltérable, immaculée de toute critique et de toute objection possible, sinon c'est le goulag réservé aux « névrosés résistants », aux « fascistes », au « antisémites masqués », etc. Il faut être conforme à l'idée du bonheur et du bien-être qu'a imposé la psychanalyse, dans sa grande manœuvre messianique et paternaliste. Impossible pour elle de ne pas écraser les récalcitrants. Il était aussi impossible, pour le marxisme vulgaire (le communisme) de ne pas écraser ce qui pouvaient s'opposer à cette marche inéluctable vers un « monde promis d'amour et de beauté », la dictature du prolétariat et la fin de l'histoire. Tu parles... !
Peut-être suffit-il de quelques phrases pour démystifier tout le parcours de celui qui voulu être l'égal de Copernic et Galilée réunis ? Celui qui aurait soi-disant réussi une « rupture épistémologique majeure » avec la psychologie de son temps sans toutefois en reprendre les travaux issus de la tradition de tests scientifiques qui l'a précédé. S'agissant de la théorie des rêves, pilier grâce auquel toute la psychanalyse justifierait son utilité selon Freud (Cf. Cinq leçons sur la psychanalyse. Troisième leçon), Alan J. Hobson, écrit que « l'interprétation des rêves n'est issue essentiellement ni de son désaccord avec les théories existantes, comme son chapitre VII voudrait le laisser croire, ni d'études attentives de récits de rêves, mais plutôt d'un ensemble d'hypothèses a priori résultant de ses efforts pour bâtir une psychologie fondée sur la neurobiologie des années 1880 » (J. Allan Hobson. Le cerveau rêvant. Gallimard, Paris, 1988, page87). Celui enfin qui tout en travaillant dans un isolement qui fera de lui ce héros auto proclamé de sa nouvelle science privée, (laquelle n'est sortie que de l'auto-analyse de ses propres délires alimentés à doses massives de cette magique substance, la cocaïne, ainsi que d'autres inventions rocambolesques qui ont fait long feu depuis les travaux des historiens comme Jacques Bénesteau, Robert Wilcocks, Allen Esterson, Frederick Crews, Frank Cioffi, et tant d'autres encore), affirmera mordicus que cette imposture sans aucun précédent dans l'histoire des idées, était la science du psychisme, et pourquoi pas la « science des sciences »...
Malgré l'héroïsme freudien, dès les débuts de la psychanalyse, de vives objections s'élevèrent contre les revendications de scientificité de son Père fondateur. Voici l'une de ses vaines protestations que nous livrent Borch-Jacobsen et Shamdasani dans leur Dossier Freud (p. 205) :
« Vous savez que récemment les médecins d'une université américaine ont dénié à la psychanalyse le caractère d'une science en alléguant qu'elle ne pouvait fournir aucune preuve expérimentale. Ils auraient alors tout aussi bien pu faire la même objection à l'astronomie, car les expériences pratiquées sur les corps célestes sont particulièrement malaisées ». (S. Freud)
Voici maintenant ce qu'écrit le Professeur J. Allan Hobson, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School et directeur du Laboratoire de neurophysiologie au Massachusetts Mental Health Center, et qui répond à la perfection à la protestation de Freud. Rappelons que le professeur Hobson est mondialement connu pour avoir démontré scientifiquement l'effondrement total du pilier central de la psychanalyse : la théorie des rêves. Il fut aussi celui qui invalida les travaux de Mark Solms, basés sur des I.R.M., en démontrant qu'ils ne confirmaient en rien les théories de Freud. Hobson reprend, dans cette citation, la prétention de Freud à comparer sa psychanalyse à une science équivalente à l'astronomie. Il écrit :
« Freud remarque que certains médecins d'une université américaine non citée refusent déjà à la psychanalyse un caractère scientifique, parce qu'elle ne peut apporter de preuve expérimentale de ses postulats (1932). Il réplique en dressant un parallèle entre l'astronomie et la psychanalyse. Personne ne reprochant à l'astronomie de n'être pas scientifique parce qu'elle éprouve des difficultés à faire des expériences sur des corps célestes, il est donc injuste - aux yeux de Freud - de critiquer la psychanalyse parce qu'elle ne fait pas d'expérience sur l'esprit inconscient et ses idées.
Si Freud a raison d'observer qu'en psychanalyse comme en astronomie on se trouve limité aux observations à distance, son analogie passe par-dessus deux critères fondamentaux de la science : la mesure et la prévision. L'astronomie effectue les deux, la psychanalyse aucune ». (J. Allan Hobson. « Le cerveau rêvant ». Gallimard, Paris, 1988. Page 80).
Mais soyons reconnaissants et plus respectueux du génie, oublions les propos déstabilisants et récalcitrants du professeur Hobson, et marchons un moment sur les sentiers dorés de la légende freudienne...
Freud, comme Galilée, possédait donc son télescope (la magie de l'interprétation alliée au symbolisme délirant). Il l'avait d'ailleurs fabriqué lui-même. Dès lors, il pouvait comparer ses objets de recherche à des étoiles ou à des planètes, certes inaccessibles pour des observations empiriques, mais possédant la même valeur intrinsèquement scientifique, croyait-il, que les astres de son modèle : Galilée.
Comme on le lira dans ce qui va suivre, nous avons quelque peu détourné la définition que Freud lui-même donnait de son télescope. Il écrit au chapitre premier de son abrégé de psychanalyse, je cite : « Nous admettons que la vie psychique est la fonction d'un appareil auquel nous attribuons une étendue spatiale et que nous supposons formé de plusieurs parties. Nous nous le figurons comme une sorte de télescope, de microscope ou quelque chose de ce genre ». Pour Freud, le « télescope » n'est rien d'autre que la façon dont sont organisés le « ça », le « moi » et le « surmoi ». Pour nous, il subit une transformation (tout à fait libre) et devient ce qui est constitué par ses préjugés, ses attentes théoriques, sa théorie du symbolisme, sa méthode d'investigation des associations libres, et surtout sa méthode d'auto-analyse isolée par le recours à l'introspection. En bref, nous considérons que le télescope de Freud est constitué de tout ce qui va lui permettre d'avoir cet accès soi-disant privilégié à l'inconscient, et plus encore, au refoulé, mais en tenant compte du fait important que ces deux aspects de l'appareil psychique freudien seraient régis par un déterminisme absolu excluant tout hasard et tout non-sens. Là, réside toute l'originalité du télescope freudien, qui a son époque, lui permet de se démarquer de tous les autres en concurrence possible avec le sien.
Comment donc faisait Freud pour « voir » dans son télescope tant d'étoiles, de planètes, ces objets merveilleux de l'univers encore inexploré dans lequel il croyait s'aventurer en authentique « découvreur », et que son talent rhétorique (confinant parfois au génie, ça, il faut le reconnaître) enrobera de cette célèbre brillantine pseudo-scientifique afin de mystifier son public ?
C'est fort simple, mais il nous faut quand même considérer que Sigmund Freud lui-même se plaçait très en avance sur son temps. Faisons de même.
Il utilisa donc des « négatifs », c'est-à-dire ses propres préjugés, ses fantasmes, ses rêves, qu'il plaça sur l'œilleton de son fabuleux télescope, exactement comme si un charlatan de l'astronomie avait planqué une photo dedans pour mieux exposer au regard des autres le résultat extraordinaire de sa nouvelle découverte. A travers ces négatifs, Freud voyait donc tout ce qu'il voulait voir, et l'image projetée sur la lentille ne pouvait jamais le mettre en défaut. Ces « négatifs » étaient de véritables filtres du réel que Freud croyait découvrir de manière indépendante, comme Galilée. Ils étaient la réalité que Freud confondait allègrement avec le réel quand il ne la lui substituait pas totalement. Mais Ils possédaient eux aussi, une propriété extraordinaire que les plus grands artistes de la photographie ne leur renieraient pas encore aujourd'hui ou demain. C'était des négatifs qui ne pouvaient se tromper. Ils étaient auto-déformables à volonté, parce que les yeux de celui qui regardait à travers étaient également capables d'en modifier l'aspect. Comment était-ce possible ? Freud n'avait qu'à rêver, penser, fantasmer, délirer, ou prendre de la cocaïne, et ses idées lui venaient à l'esprit, elles lui disaient comment faire pour changer la nature du négatif à coller sur l'œilleton de son télescope dans un infernal et éternel retour circulaire sur lui-même, de ses projections vers l'expression de ses fantasmes délirants.
On pourrait penser que les négatifs freudiens dont nous parlons, étaient en fait ses propres conjectures qu'il mettait à l'épreuve de l'observation, en bon poppérien qu'il fut, comme disent maintenant certains, en tentant d'enfourcher un mode de provocation nouveau...Mais Freud était tout sauf poppérien, et dans son état d'esprit, et dans ses façons de faire. Comme il le dit d'ailleurs lui-même, au lieu d'être un scientifique, il n'était qu'un Conquistador...Il ne se servit de ses préjugés et autres fantasmes (ses négatifs...) que pour observer d'abord en lui-même les choses de son propre esprit dans le cadre de ce qui allait constituer la matrice de toute la psychanalyse : sa propre auto-analyse introspective ! Comment pouvait-il alors prouver quoique ce soit de manière indépendante et intersubjective, en adéquation avec les célèbres injonctions épistémologiques de Karl Popper, sans même avoir le recul que lui aurait permit un observateur extérieur, que Freud, au contraire de Charcot dont il assista aux séances d'hypnose, acquis justement de répudier sans délai, dès l'Introduction à la psychanalyse ? Sur ce point, il me semble primordial de citer Freud :
« La conversation qui constitue le traitement psychanalytique ne supporte pas d'auditeurs ; elle ne se prête pas à la démonstration. (...) Quant aux renseignements dont l'analyste a besoin, le malade ne les donnera que s'il éprouve pour le médecin une affinité de sentiment particulière ; il se taira, dès qu'il s'apercevra de la présence ne serait-ce que d'un seul témoin indifférent. (...) Vous ne pouvez donc pas assister en auditeurs à un traitement psychanalytique. Vous pouvez seulement en entendre parler et, au sens le plus rigoureux du mot, vous ne pourrez connaître la psychanalyse que par ouï-dire. Le fait de ne pouvoir obtenir que des renseignements, pour ainsi dire, en seconde main, vous crée des conditions inaccoutumées pour la formation d'un jugement. Tout dépend en grande partie de degré de confiance que vous inspire celui qui vous renseigne ». (S. Freud. Introduction à la psychanalyse. Petite Bibliothèque Payot, 1981, p. 8).
Ces propos de Freud suscitent certains commentaires simples.
- Freud reconnaît que le traitement psychanalytique n'est pas démontrable. Ce traitement repose donc entièrement sur une approche dogmatique et subjective du réel qu'il étudie, et les historiens ont démontré que Freud co-fabriquait une réalité, à partir de ce réel, toujours « à deux », afin que sa réalité cadre au mieux avec le réel, ou qu'il ne soit connaissable qu'à partir de la réalité qu'il avait complètement fabulée, soit entre lui et ses motivations théoriques au cours de son auto-analyse, ou encore entre lui et ses patients dans le cadre ultra secret de son cabinet ou du bureau où il rédigeait ses interprétations sans jamais les soumettre à aucun contrôle extérieur, quelqu'en ait été la nature et à n'importe quel moment du processus.
- Si le malade ne peut fournir à l'analyste des renseignements utiles à sa guérison qu'à la condition que s'instaure le fameux transfert, alors il devient rigoureusement impossible de garantir que les propos ou les associations prétendument libres du patient soient indépendants des sentiments personnels qu'il éprouve vis-à-vis de son analyste et par suite qu'ils ne puissent dépendre de son influence, de quelque nature qu'elle soit (suggestion, manipulation, etc.). Au sujet de l'éternel problème de la suggestion en psychanalyse, outre les travaux de Mikkel Borch-Jacobsen, on peut citer Thierry Melchior qui nous parle d'un procédé freudien fallacieux consistant (comme c'est souvent le cas avec Freud) à retourner la situation à l'avantage de la psychanalyse en faisant de ce qui aurait dû l'anéantir un élément capable, au contraire, d'en démontrer le bien fondé. Je cite Melchior :
« (...) Au moment où la psychanalyse risque d'être suspectée, du fait de l'apparition des émois dits « transférentiels », de n'être qu'une thérapie par suggestion, cette dernière se voit recadrée comme n'étant rien d'autre qu'un de ces phénomènes révélateurs de la sexualité infantile et de l'activité libidinale infantile. En d'autres termes, la suggestion qui, en sapant son fondement même, pouvait ruiner toute l'entreprise psychanalytique, se trouve réinterprétée par Freud comme le seraient, à la limite, un simple, rêve, un vulgaire lapsus, un quelconque oubli, un banal jeu de mots...
Que penser de cette argumentation ? Elle use, de toute évidence, d'un raisonnement fallacieux. Car Freud ne voit pas ou ne veut pas qu'on voie que, pour que la psychanalyse puisse interpréter le phénomène de suggestion comme un phénomène transférentiel, de nature libidinale, il faut évidemment que la théorie psychanalytique (relative au transfert, à la sexualité infantile et à son refoulement) soit vraie. Or, pour qu'elle soit vraie, il faut que rien de ce qui est « trouvé » par les patients n'ait été suggéré (même involontairement) par l'analyste, sauf à commettre une pétition de principe. Et on retrouvera encore la même pétition de principe quand, plus loin dans le texte, il écrit : « les connaissances que nous avons acquises grâce à la psychanalyse nous permettent de décrire à peu près ainsi les différences entre la suggestion hypnotique et la suggestion psychanalytique. (...) La thérapeutique analytique, lorsqu'elle se trouve en présence des conflits qui ont engendré les symptômes, cherche à remonter jusqu'à la racine et se sert de la suggestion pour modifier dans le sens qu'elle désire l'issue de ces conflits. » Or, ces affirmations ne valent que pour autant qu'il ait été démontré que les « connaissances acquises grâce à la psychanalyse » reposent sur autre chose qu'un processus à base de suggestion. Le fait que les symptômes soient dus à des « refoulements », par exemple, est vrai si et seulement si, au cours de son travail thérapeutique, l'analyste ne suggère pas au patient, même involontairement, 1) que ces refoulements existent et 2) qu'ils constituent précisément ce qu'il faut déterrer pour que les symptômes disparaissent. Or, c'est très exactement ce qui est en question, d'où la pétition de principe : on considère comme admis cela même qu'il s'agit de démontrer.
Alors même qu'il se voit dans l'obligation de concéder que, quand même, la suggestion joue un rôle en psychanalyse, Freud fait tout, on le voit, pour en minimiser l'incidence sur les « découvertes » qu'elle permet. Á peine reconnue du bout des lèvres, la suggestion se voit - au prix d'un grossier paralogisme - cantonnée dans un rôle du supplétif. » (Thierry Melchior. In : « La guerre des psys. Manifeste pour un psychothérapie démocratique. » Sous la direction de Tobie Nathan. Edition les empêcheurs de penser en rond. Paris, mars 2006. « Guérir par la vérité ». Pages 80 à 82.).
- Si comme l'affirme récemment Daniel Widlöcher, la méthode des associations libres reste encore la méthode de recherche scientifique de la psychanalyse, en tant que « science de la subjectivité », il est clair que l'objet même de la recherche se confond entièrement avec la méthode en étant toujours intimement lié à l'expérimentateur dont il ne peut en être indépendant. La recherche en psychanalyse a donc ceci de particulier qu'elle représente le cas où le chercheur ne peut jamais se départir d'un contact direct, permanent, et subjectif avec son objet de recherche, ce qui le place, d'entrée de jeu, hors du champ de toute véritable recherche scientifique...Freud aggrave encore le cas de la méthode analytique en précisant que les objets de recherche n'apparaissent plus si, justement, il n'y a même que le soupçon d'un contrôle indépendant. En poussant un peu plus loin la critique de cette situation épistémologique si spécifique, il n'est pas exclut que dans le cadre de la cure analytique, l'inconscient de l'analyste se confonde ou interfère avec l'objet de recherche qui est celui de son patient. Mais même dans cette situation, les freudiens peuvent rétorquer que l'inconscient est donc toujours l'objet de recherche et qu'il est intéressant d'étudier les interférences qu'il peut y avoir entre l'analyste et son patient...Ce qui entraîne une régression à l'infini quant à la validation épistémologique d'une telle situation. Car il faudrait une tierce personne qui interviendrait pendant la cure et dont on pourrait s'assurer que son inconscient ne peut en aucune façon interférer de manière « subversive » (...) avec les relations inconscientes entre l'analyste et son patient afin de les étudier, et ainsi de suite.
- Ainsi l' « inconscient désirant », comme dirait peut-être Gaston Bachelard dans La formation de l'esprit scientifique, serait bien toujours là et subversif dans le « laboratoire » freudien. En suivant Bachelard, si l'on doit se servir de la psychanalyse pour purifier l'esprit du chercheur parce que son inconscient aurait tendance à déformer le réel, c'est que l'on admet que la psychanalyse est vraie, dotée de lois causales corroborées par des tests scientifiques. Mais comme nous ne cessons de le dire, seul Freud sait si elle est « vraie » et il rejeta tout type d'expérimentation autre que les siennes, subjectives et sans contrôle. Gaston Bachelard propose que former l'esprit scientifique c'est lui montrer comment il doit renoncer aux affects afin de se concentrer sur les seuls buts, arides, de la démarche scientifique. En somme, la voie empruntée par Bachelard ressemble un peu à celle de Popper laquelle consiste à évacuer tout psychologisme dans la justification d'une logique de la découverte scientifique, mais justement sans s'occuper délibérement de l'origine psychologique de l'imagination créatrice qui concourt aussi à la formulation de ce que Popper nomme des « conjectures hardies ». Mais si l'analyste qui veut étudier l'inconscient dans son prétendu laboratoire clinique doit pour ce faire, renoncer aux affects, doit-il aussi renoncer à la relation de transfert qui le lie avec son patient, et par voie de conséquence à l'authenticité d'un véritable cadre d'étude analytique ? Le projet de Bachelard serait peut-être viable pour d'autres disciplines si nous avions les preuves indépendantes que la psychanalyse est vraie, et repose sur tout autre chose que des pétitions de principes ou des vérités révélées par Freud, mais pour la psychanalyse il ne peut l'être. C'est impossible. Car personne ne peut se vanter d'avoir acquis une maîtrise suffisante de son refoulé donc d'avoir le contrôle a priori du déterminisme absolu dont il dépend, lequel dépasse toute capacité d'appréhension humaine. Pour cela, il faudrait être le Démon de Simon Laplace, et encore...La psychanalyse ne peut donc être, circulairement, la justification d'elle-même sauf à s'autoriser, encore une fois, entièrement d'elle-même. Elle ne peut donc aspirer à « superviser » les autres sciences ou s'affirmer comme « la science des sciences ». Voilà qui étouffe dans l'oeuf le projet des freudiens et celui de Gaston Bachelard.
- Cette théorie de l'inconscient se fait donc une nouvelle fois piéger par le déterminisme dont elle dépend. Car si le déterminisme psychique inconscient est si absolu et demeure en toutes circonstances la cause de toutes les représentations psychiques (conscientes ou inconscientes) de l'analyste et de son patient, alors il est impossible de se mettre à distance de lui pour l'étudier en tant qu'objet, s'il n'y aucun moi sur Terre (aucun autre individu conscient) qui puisse être suffisamment maître en sa propre maison (S.Freud) pour prendre le recul nécessaire à l'étude de l'inconscient d'un autre individu tout en contrôlant le sien. Personne ne pourra donc jamais s'assurer que son propre inconscient n'a pas de responsabilité dans le choix de voies erronées de recherche (fallacieuses, névrotiques, etc.) pour étudier celui d'autrui. Et dans l'acception déterministe aprioriste et absolue que donne la psychanalyse à cette théorie, la présence de personnes supplémentaires coopérant à la recherche ne pourrait qu'aggraver à chaque fois le problème. Mais maintenant que vaut l'argument selon lequel seul un analyste professionnel, c'est-à-dire une personne qui a été analysée puis est supervisée pendant sa carrière soit apte à réaliser ce type de recherche dans le cadre de la cure, sans recourir à d'autres témoins ou procédures garantissant l'indépendance du chercheur par rapport à son objet ? Là encore, tout repose sur une subjectivité en chaîne, qui n'a rien à voir avec l'intersubjectivité dont parle Karl Popper dans sa logique de la découverte scientifique. Car si un analyste a été analysé, il n'a pu l'être que dans les conditions subjectives, intimes, du cadre de la cure, qui ne ressemblent en rien à celles d'un contexte expérimental avec manipulation de variables indépendantes. La psychanalyse n'est donc qu'une sorte de transmission d'un cadre intime, subjectif, à un autre, depuis l'auto-analyse légendaire de Sigmund Freud, quelles que soient les critiques internes qui peuvent opérer au décours de ce processus.
- La dernière partie des propos de Freud cités plus haut nous semble encore la plus significative et riche en enseignements sur la façon dont Freud lui-même entrevoyait sa propre position de géniteur de la psychanalyse. De tels propos confirment très clairement les critiques les plus dévastatrices formulées par Bénesteau, Borch-Jacbosen et Shamdasani, parce que Freud, non seulement exclut tout possibilité de preuve scientifique véritable, et enfonce encore le clou du subjectivisme et de sa position de gourou auto-proclamé, en écrivant que ce n'est que par ouï-dire et uniquement grâce à la confiance que l'on a en sa seule personne, que l'on peut avoir connaissance de la psychanalyse. C'est exactement comme si Galilée n'avait jamais été confronté au Cardinal de Bellarmin, lequel aurait admis que la Terre est ronde, seulement par ouï-dire ! Voilà justement ce qui a manqué à Freud pour qu'il puisse se comparer à Galilée. Certes des contradicteurs se sont exprimés par la suite, mais contrairement à ce qu'affirment les légendes freudiennes (qui les ont fait passer pour des inquisiteurs obscurantistes en face du génie scientifique soi-disant incompris) ils ont accueilli plutôt favorablement ses théories, et surtout ses disciples des premières heures n'ont jamais contesté la règle freudienne de l'isolement et du subjectivisme en acceptant de se transformer en prosélytes de cette nouvelle science du psychisme née de la mythique auto-analyse freudienne.
- Mais j'aurais dû comparer Freud à Einstein. Il suffit d'imaginer Einstein, écrivant sa théorie de la relativité grâce à un puissant travail introspectif isolé de toute recherche précédente ; faisant ses propres tests, sans aucun contrôle indépendant, donc définissant lui-même les conditions initiales d'expérimentation au seul gré de son imagination subjective ou de son Monde 2 (K. Popper) ; écrivant un beau livre où il affirme la valeur scientifique de ses recherches en alignant les pétitions de principes et autres vérités révélées les unes à la suite des autres ; puis demandant à tout le monde de le croire tout bonnement sur parole, de lui faire entièrement confiance, et en plus, de transmettre sa bonne parole, par le simple jeu du bouche-à-oreille, et aussi en interdisant toute réunion à plusieurs, dans des laboratoires, pour mettre à l'épreuve ses théories. On comprend mieux désormais pourquoi malgré l'insistance de ses disciples ou de lui-même, on refusera avec raison, plus de dix fois le Prix Nobel à Sigmund Freud, Prix qu'il n'obtiendra jamais.
- Avec la toute dernière phrase de Freud, on se demande comment certains freudiens aient pu s'indigner des critiques démontrant que pour s'attaquer à la psychanalyse, il faut s'attaquer au personnage freudien. En effet, puisque la psychanalyse est née à partir du seul Sigmund Freud, dans le cadre intime de son auto-analyse, et si, partant de cette matrice, le reste du monde, ne pourra la connaître désormais que par ouï-dire sur la base d'une confiance totale dans le Père fondateur ; alors si la police du passé (Borch-Jacobsen & Shamdasani ; mais aussi Bénesteau, Sulloway, Ellenberger, Cioffi, Crews, Van Rialler,...) met en évidence que Freud a menti, fabulé, suggéré, contrefait, etc., le lien de confiance qui lie Freud à tous ses lecteurs et auditeurs est rompu, et si ce lien est rompu c'est tout l'édifice qui s'effondre.
- Enfin, si c'est donc bien sur la confiance que nous avons pu avoir en Freud, donc sur un facteur lié aux sentiments (« nous », c'est-à-dire tous les individus qui ont pu entrer en contact avec lui, que ce soit directement ou indirectement par l'intermédiaire de ses livres ou d'autres témoignages de personnes initiées, ou « semi initiés ») que repose la crédibilité de tout l'édifice psychanalytique, comment être sûr que Freud, ses disciples, ses sympathisants, ses lecteurs ou toute autre personne ayant pu entrer en contact avec le profane par quelque moyen que ce soit, n'aient usé de la suggestion, de la manipulation, ou de tout autre moyen de pression ou d'influence plus ou moins subtil pour endoctriner leurs auditeurs ou leurs lecteurs ? A ce propos, le psychanalyste canadien Patrick Mahony est pour le moins explicite sur les effets que peuvent avoir la lecture des livres de Freud et sur sa façon particulière pour pratiquement prendre le contrôle du lecteur voire pour forcer son adhésion. Je cite Mahony :
« (...) Une manière efficace d'analyser la textualité de Freud consiste à suivre un fil à la fois et à voir comment il se déroule ; sinon, on a tendance à se perdre, mené par Freud qui poursuit un fil, puis le mêle à d'autres, au point que se mélange les nuances et les directions des fils et de leur entrelacs. Un des aspects dominants du discours de Freud est le mode réflexif du centrage sur soi et du centrage sur l'autre. D'abord, comme je l'ai développé ailleurs, il nous fait partager ses réflexions sur sa pensée et ses processus d'écriture. Ensuite, mieux que personne, Freud nous dit comment le lire ; (...) Tout au long de son texte, Freud inscrit le thème de l'interprétation, bonne et mauvaise, de n'importe quel sujet, y compris la psychanalyse. Viennent compléter ces commentaires les stratégies adoptées par Freud dans n'importe quel ouvrage pour indiquer à son lecteur comment le lire. De manière directe ou indirecte, il se livre à un commentaire constant sur la résistance du lecteur, de sorte que même si l'on est pas d'accord avec les idées d'un de ses passages, on est amené à tomber d'accord avec ses commentaires sur le caractère subversif de l'inconscient. Sa seule manière de créer une alliance avec le lecteur renforce la nature dialogique de sa prose et la rend éminement intériorisable : le piège transférentiel posé par l'écriture de Freud défie donc le lecteur profane comme le lecteur versé en psychanalyse. » (Patrick Mahony, « Dora s'en va. Violence dans la psychanalyse ». Les empêcheurs de penser en rond. Paris, 1996, pages 238 - 239).
- Le caractère subversif de l'inconscient permet donc à la psychanalyse et à l'analyste de toujours sortir vainqueurs d'un débat, d'une polémique, où l'on essaierait de critiquer et d'invalider ses théories et ses résultats thérapeutiques. Ce n'est que grâce à la version si extrémiste et aprioriste du déterminisme que Freud a choisit pour sa psychanalyse, qu'elle peut toujours retomber sur ses pattes. Je me permettrais donc, encore une fois, et avec l'appui de l'épistémologie de Karl Popper d'en tirer la conclusion fondamentale suivante, contre les positions d'Adolf Grünbaum : la théorie de l'inconscient de Freud, fondement de l'édifice freudien, est une théorie indiscutablement irréfutable. Et si Freud se réserve la possibilité de recours à l'argument de la subversivité de l'inconscient lorsqu'il a pu avancer quelque énoncé réfutable, alors dans ce contexte plus large, aucun énoncé produit à partir des fondements propres à la psychanalyse n'est réfutable, contrairement à ce qu'avait écrit Adolf Grünbaum.
Le caractère subversif de l'inconscient n'est pas étanche...Il a aussi des effets sur tous les autres fondements de la psychanalyse devenant tous irréfutables. L'irréfutabilité de la théorie des rêves que Freud considérait comme « la voie royale vers l'inconscient » (S. Freud. Cinq leçons sur la psychanalyse. Troisième leçon), et l'outil de formation et de justification de l'ensemble de la psychanalyse (de la théorie à la pratique thérapeutique), est bien identifiée par Allan Hobson :
« (...) Je crois que la théorie psychanalytique du rêve n'est pas scientifique, parce qu'elle n'a pas de base empirique. (...) Ce n'est pas un Freud impartial qui la conçoit, après avoir collationné systématiquement les relations de rêves de nombreux sujets. » (J. Allan Hobson. Le cerveau rêvant. Gallimard, Paris, 1988, page 77).
« (...) La théorie psychanalytique du rêve est donc largement spéculative, c'est une théorie a priori. Et, même si on tient compte de cet aspect, on trouve qu'elle ne repose sur aucune preuve, ou presque. Toutes les données de l'Interprétation des rêves sont subjectives : la plupart des rêves envisagés sont ceux de Freud lui-même ; ou alors ce sont des comptes rendus de seconde main ; et aucun n'est soumis à un traitement quantitatif. Deuxièmement, la théorie psychanalytique n'est pas construite selon une logique qui la rende susceptible de vérification expérimentale. En fait, les psychanalystes n'ont jamais défini quelle sorte de preuve pourrait infirmer leur théorie. Il n'est donc pas surprenant que, en presque quatre-vingt-dix ans, la théorie des rêves n'ait donné lieu à aucun test critique expérimental. » (J. Allan Hobson. Ibid, page 78).
« (...) Quelle qu'elle soit, la littérature que Freud passe en revue confirme sa théorie : il trouve une explication pour chaque cas embarrassant ou contraire. En 1936, sa pensée se caractérisait par l'arbitraire, l'autoritarisme et l'incapacité à définir des règles ou à imaginer des résultats qui pourraient contredire sa théorie. » (J. Allan Hobson. Ibid, page 84).
Ecoutons maintenant René Pommier, dans son dernier livre, « Sigmund est fou et Freud a tout faux » :
Il cite d'abord Freud, puis commente :
« L'étude du travail du rêve nous a appris bien d'autres particularités, aussi remarquables qu'importantes, des processus qui se déroulent dans l'inconscient, mais nous n'en pouvons donner ici qu'un aperçu. Les règles de la pensée logique ne jouent pas à l'intérieur de l'inconscient et l'on peut appeler ce dernier le royaume de l'illogisme. (S. Freud). Mais c'est son propre mépris de la logique que Freud attribue sans vergogne au travail du rêve, un mépris qui lui a permis d'élever son échafaudage bancal de fariboles en ne tenant aucun compte des objections les mieux fondées. Quand on veut faire passer pour des vérités scientifiquement établies des hypothèses aussi arbitraires qu'absurdes, on a évidemment tout intérêt à récuser les règles de la logique. » (René Pommier. Sigmund est fou et Freud a tout faux. De Fallois, Paris, 2008, page 81).
« (...) On a souvent l'impression, en effet, que, dès qu'il a trouvé un élément dont il peut faire quelque chose, il arrête l'interrogatoire sur ce point, dans la crainte que la patient n'ajoute quelque chose qui pourrait contredire l'interprétation qu'il a en vue. » (René Pommier. Ibid, page 107).
Poursuivons maintenant notre périple vers cet Olympe où règnerait sans partage le Deus ex machina des sciences de la psyché (l'inconscient selon Freud). Ce lieu mythique et légendaire où un simple mortel nommé Sigmund Freud infligea une blessure narcissique à l'humanité, pour les siècles des siècles, en accouchant des dix commandements par lesquels la vie psychique de toute créature humaine se verrait scellée. Dans une immaculée rencontre avec lui-même, le très saint gourou qui plus tard laissera crever quatre de ses sœurs dans les camps de la mort nazis tout en dédicaçant un livre à Benito Mussolini de la plus empathique des manières, régurgitera pour la postérité une doctrine totalitaire dont le vœu le plus pieux fut de libérer l'homme d'un inconscient qui n'était rien d'autre qu'une identification à sa seule personne investie du destin messianique d'être un modèle pour la Terre entière, le Sujet freudien, ou l'inconscient, c'est-à-dire Sigmund Freud (Borch-Jacobsen). S'il y a donc bien une chose dont il est urgent de se libérer, c'est uniquement de Sigmund Freud et de ses délires velcro, mais passons.. Voici encore d'autres propos du génie, tirés du même livre, page 9 et 10 :
« Et, maintenant, vous êtes en droit de me demander : puisqu'il n'existe pas de critère objectif pour juger de la véridicité de la psychanalyse et que nous n'avons aucune possibilité de faire de celle-ci un objet de démonstration, comment peut-on apprendre la psychanalyse et s'assurer de la vérité de ses affirmations ? (...) On apprend d'abord la psychanalyse sur son propre corps, par l'étude de sa propre personnalité. (...) Il va s'en dire que cet excellent moyen ne peut toujours être utilisé que par une seule personne et ne s'applique jamais à une réunion de plusieurs ».
Commentaires :
- Encore une fois, Freud écrit qu'il n'existe aucun moyen de vérifier de manière objective les affirmations de la psychanalyse. Pourtant il affirmera que c'est bien une science faisant de lui l'égal de Galilée, Copernic ou Newton. Il faut donc apprendre la psychanalyse, en ayant d'abord entendu la bonne parole freudienne directement issue de son unique géniteur (!..), puis à l'aide de ses négatifs, les poser sur son propre télescope de l'âme pour y redécouvrir les délires de Freud à la lumière fournie par les visions du Maître. Et surtout ne pas se réunir à plusieurs, ce qui évitera le risque que les nouveaux disciples ne pensent à quelque moyen de contrôle indépendant, intersubjectif, ou une discussion critique sur le vif. Freud était vraiment astucieux. Sachant pertinemment que sa méthode n'était ni scientifique, ni objective et qu'elle ne pouvait être démontrée, il se trouva devant un cruel dilemme : dois-je dire que je suis un scientifique ou un Conquistador ? Tout le poussa à choisir la deuxième voie, la soif de pouvoir, de gloire et d'argent étant nettement plus forte chez lui que tous ces petits scrupules rationnels et scientifiques. Mais pour que la mayonnaise puisse monter, il avait besoin d'un autre énorme coup de poker : faire accepter que chacun travaille séparément sur ses théories, et puis revienne devant lui pour parfaire son dressage. Surtout pas de laboratoire de recherche, (jamais de réunion à plusieurs, comme il l'écrit si bien), que chaque individu face seul son propre dressage, en acceptant de devenir un clone de la pensée du Maître, totalement dépendant de lui. Totalitarisme...
- Personne n'a jamais eu vent des variables indépendantes que Freud a pu manipuler, seul, et dans sa propre tête, afin de prouver les fondements de la psychanalyse, tout simplement parce qu'il n'est pas possible qu'un individu s'introspectant lui-même tout en décidant seul de la manière de s'introspecter, et, de surcroît, en pensant que ses méthodes d'introspection sont inédites, puisse recourir à d'autres variables ne dépendant que de lui-même et de ses propres préjugés les plus intimes. Il n'était donc évidemment pas question de pouvoir manipuler la moindre variable indépendante ou hypothèse alternative dans des conditions aussi isolées, subjectives et partiales que furent celles de l'auto-analyse de Sigmund Freud. On peut même dire qu'en pareil cas, il ne s'agit même plus d'une méthode...
- Et quand bien même Freud aurait tenté de manipuler un concept ou une variable issus de la recherche scientifique qui le précédait, bref, de quelque chose d'extérieur, apriori à sa propre personne, puis dans sa propre personne, cela ne pouvait pas davantage tenir lieu de méthode valide pour prouver quoique ce soit. Car, l'élément fondamental est l'isolement délibéré et le rejet explicite et répété de tout contrôle indépendant, de toute discussion critique, que ce soit avant, pendant, ou après ses prétendues recherches ou autres expérimentations. On ne pourrait, par exemple, comparer Freud à certains de ces pionniers de la recherche médicale qui s'injectent un virus pour en mesurer les effets. Car dans cette situation, une bonne partie des éléments de l'expérimentation est extérieure au sujet, est empirique, mesurable, donc objectivable, prédictible, et contrôlable de manière indépendante. Dans le cas de Freud, tout, absolument tout s'est déroulé dans l'intimité la plus hermétique et légendaire d'autant qu'à son époque, Freud ne pouvait disposer d'instruments qui, sur la base de ses goûts originaux pour la neurologie, par exemple, lui aurait permis de tenter d'objectiver ses investigations (I.R.M. ; scanner ; électro-encéphalogramme ; etc...). Enfin, il n'y a jamais eu, dans aucun des livres que Freud a pu écrire, le moindre compte rendu de recherches quantitatives et statistiques sur ses délires théoriques, et, encore moins, le moindre protocole de recherche expérimentale, méthode qu'il rejeta d'ailleurs de la manière la plus claire en réponse à Saul Rosenzweig : « J'ai examiné avec intérêt vos études expérimentales en vue de la vérification des propositions psychanalytiques. Je ne peux pas accorder une très grande valeur à ces confirmations, car la profusion d'observations fiables sur lesquelles reposent ces assertions [psychanalytiques] les rend indépendantes de toute vérification expérimentale » (In Borch-Jacobsen & Shamdasani, Le dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse. Pages 204 - 205).
...Mais le télescope aussi était très spécial. Il était né et demeurait dans la tête de Freud. Personne d'autre que lui ne pouvait le manipuler, le vérifier, ni bien sûr, en avait pu contrôler la fabrication. Il se présentait comme le tout premier du genre, et n'était pas l'objet indépendant dont tout scientifique a un impérieux besoin. Il lui permettait de découvrir dans son esprit ce que son esprit lui indiquait de voir, tout en étant né de son seul esprit... Merveilleux.
Une fois que l'aventure intérieure fut terminée, il tenta alors d'orienter son télescope vers d'autres sujets que lui-même. Et là, chose merveilleuse, les négatifs fonctionnaient aussi. Freud retrouvait sans arrêt des confirmations de ce qu'il voulait voir. Et surtout, il interdisait à quiconque de modifier les réglages du télescope qu'il avait légué. On ne pouvait en modifier la position, ni même en changer les négatifs sans respecter les préceptes du Maître. Il fallait toujours se référer au Maître qui orientait toujours le regard et même l'inconscient de ceux qui étaient initiés puis autorisés à manipuler le télescope. Ceux qui voulait regarder ailleurs, qui ne voyait pas les objets du Maître, ou qui prétendaient voir le contraire de ce que le Maître indiquait de voir, ceux-là, tels d'infâmes hérétiques étaient excommuniés du Cercle des initiés ou bien étaient considérés comme des malades, car leurs esprits pervertissaient l'esprit du Maître, lequel tout en enfantant le télescope avait dû se purifier au même instant de toutes les perversions et autres névroses qui circulairement auraient empêché cette naissance. La lunette magique permettant de voir les premières névroses connues et observées par le génie freudien ne pouvait elle-même être pervertie par ces mêmes névroses que Freud soigna seul en lui-même pour autoriser sa propre naissance ! Naissance qui ne s'autorisa donc que d'elle-même (Borch-Jacobsen).
Ce que nous avons tenté d'expliquer ici est cette chose qui nous paraît évidente : si c'est avec son télescope introspectif que Freud a prétendu découvrir les névroses refoulées (sans aucun contrôle indépendant), alors il n'a pu éviter d'observer que ce qu'il avait déjà a priori en pensée consciente, et le refoulé n'est donc qu'une construction totalement gratuite et métaphysique. Il ne s'agit donc pas d'une découverte. Si la psychanalyse pour être valide puis apte à fonder la thérapie de toute autre personne que Freud, ne peut être un objet névrotique parce qu'issu des névroses de Sigmund Freud qui fut donc le seul et unique géniteur de cette science, ou comportant des résidus non liquidés de ses névroses (comme le démontrera Lacan, ce qui lui vaudra d'être exclu de l'IPA pour avoir osé s'en prendre à ce qu'il ne fallait pas : l'immaculée matrice de tout le corpus freudien, l'auto-analyse de Freud), alors comment faire confiance à une méthode déjà non-valide pour découvrir quoique ce soit, méthode qui plus est conçue et utilisée sans autre observateur que Freud lui-même ?
Comme le faisait déjà remarquer Ludwig Wittgenstein en critiquant William James, « la tentative d'analyse introspective revient à se saisir d'une toupie en mouvement pour en surprendre le mouvement, ou, à essayer d'allumer la lumière assez rapidement pour voir à quoi ressemble l'obscurité. Les conséquences de cette difficulté propre à l'introspection sont funestes. S'il est ardu de fixer les états transitifs du courant de pensée sans les observer, alors la grande erreur que toutes les écoles risqueront de commettre est de ne pas réussir à les saisir, et de trop insister sur les états plus substantifs du courant. Le paradoxe de l'introspection est donc de sélectionner les états substantifs de la pensée alors que nous voudrions capter les autres.» (L. Wittgenstein). Wittgenstein soutient ensuite que l'examen de la grammaire de penser dans l'usage ordinaire montre que le concept de penser n'est pas un concept d'expérience, mais de capacité, avec bien sûr un sens occurrent à certaines personnes et certains temps. L'introspection ne saurait donc rien nous apprendre que nous sachions déjà grammaire à l'appui. (Tous les propos que vous venez de lire sur la critique de Wittgenstein sont issus d'un texte de Christiane Chauviré intitulé « Les mirages de l'introspection Wittgenstein critique de James »).
Freud imagina donc seul et sans témoin qu'il y avait des névroses dans son âme, afin de pouvoir les soigner, et se montrer en premier vainqueur de l'inconscient pathogène qu'il avait lui même fabulé pour pouvoir observer ses névroses... Il est permis de penser que même un serpent se mordant la queue n'aurait pu aller aussi loin que lui pour fermer le cercle pour le moins vicieux et pervers, et que c'est à force de se torturer ainsi l'esprit pour y chercher, en vain, une substantifique moelle, que Freud devint enclin à nous faire avaler des couleuvres...
Freud avait donc perçu l'immense danger qui menaçait la crédibilité de son télescope une fois qu'il fut ainsi sortit de sa propre tête d'où il était manipulé par ses propres pensées. Il n'était pas à mettre entre toutes les mains. Ce télescope ne devait donc pas sortir du Monde 2, subjectif et freudien pour risquer de subir les affres et autres assauts du Monde 3 de la connaissance objective. Il fallait donc que chaque prochaine tête dans laquelle il devait être inséré, fut le plus possible semblable à la sienne. Des initiés, un Comité Secret, une bague d'alliance, et d'autres rites sectaires (H. Ellenberger ; Bénesteau) gage de fidélité absolue, tant par l'esprit que par le corps, étaient devenus logiquement nécessaires. Ainsi, le télescope restait toujours la propriété du Maître, de son Monde 2, à jamais dépendant de sa propre personne, lui qui avait été le premier et unique témoin de l'auto-fabrication de l'œil universel...Et qu'arriva-t-il après la mort du Maître lorsque Lacan entreprit de débarrasser l'auto-analyse de Freud de ce morceau de névrose qui portait un préjudice si décisif à la légende ? « L'œil était dans la tombe et regardait Sigmund »...
Ce télescope n'en tolérait aucun autre, sinon c'eût été avouer clairement que l'Esprit du Maître s'était peut-être trompé, donc avait été pervertit, à sa source, par le Maître lui-même, puisqu'il avait été le seul témoin de sa naissance (Borch-Jacobsen ; Lacan ; Haddad). Le Maître était devenu un "Dichter" (Borch-Jacobsen ; "Le sujet freudien"), voire un Duce, ou une sorte de Führer, ne tolérant personne d'autre que lui et obligeant tous ses initiés, non seulement à porter toujours le même uniforme de l'Esprit, à se promener partout avec cet uniforme au même pas cadencé et avec l'arrogance intellectuelle de ceux qui pensent avoir triomphé sans partage, mais aussi à se muer en "Big brothers" du tout un chacun dans le monde. Tous les "Big brothers", clones de Freud, avaient maintenant pour mission de ramener l'immense troupeau humain sur les chemins humiliants et infantilisants de la reconnaissance de leurs prétendues névroses. La victoire totale de cette véritable blitz krieg de la psychologie qu'avait entamé Sigmund Freud, lançant ses "hordes sauvages" à l'assaut de la civilisation était consommée lorsque d'autres non initiés devenaient à leur tour des "Big brothers" capables de superviser ou de soigner (y compris et surtout contre leur gré) toute brebis égarée qui ne se serait pas encore prosternée devant le nouvel Esprit du temps (Hegel).
Freud et son télescope réussit à concevoir et à mettre en branle un système totalitaire parfait. « Les formes de l'organisation totalitaire (...) sont destinées à traduire les mensonges de la propagande, ourdis à partir d'une fiction centrale (...) en réalité agissante ; à édifier, même dans des circonstances non totalitaires, une société dont les membres agissent et réagissent conformément aux règles d'un monde fictif. » (Hannah Arendt. « Le système totalitaire », Seuil, 1972, p. 91).
La fiction centrale de Freud c'est son postulat déterministe faramineux et la théorie de l'inconscient qui lui est associée. Fiction parce que ce déterminisme-là, aussi extrémiste, ne peut avoir aucune valeur explicative, descriptive ou prédictive. Un tel déterminisme ne peut donner lieu à aucune loi causale qui puisse être corroborée ou réfutée par l'expérience. Elle n'a donc aucune prise sur le réel, et ne peut être fondée à partir de lui. Elle est centrale, enfin, parce que comme l'ont remarqué d'autres grands penseurs comme Sulloway, Levy-Strauss, ou Bouveresse, elle organise toute la psychanalyse de la théorie à la pratique thérapeutique fondée sur l'interprétation des associations dites libres, en passant par l'infernale mauvaise foi des freudiens (F. Cioffi) et leur goût immodéré pour les acrobaties rhétoriques (J. Van Rillaer). En effet, comment voulez-vous que quelqu'un qui pense que tout ce qu'il propose se justifie sur la base d'un déterminisme capable d'exclure tout hasard et tout non-sens, ne puisse être éternellement porté à aussi penser qu'il doit aussi toujours avoir raison, et à avoir le dernier mot sur tout...?
Mensonges et propagande légendaire sur le rêve princeps de l'injection faite à Irma (Wilcocks), et sur Anna O. ; mensonges et propagande légendaire sur tous les autres grands cas traités par Freud (Ellenberger ; Crews, Bénesteau ; Borch-Jacobsen ; Van Rillaer ; Wilcocks ; etc.) ; mensonges et propagande encore sur sa correspondance, sur son auto-analyse, sur ses données cliniques, sur tout. Le mensonge dans le cas de la psychanalyse est à l'image de son créateur : lui aussi, il est pour ainsi dire « total ».
Le prolongement logique de la fiction centrale de la psychanalyse c'est son fameux « télescope », l'auto-analyse et l'interprétation délirante et dogmatique. Enfin, à partir des affirmations d'Elisabeth Roudinesco, laquelle n'hésite pas à déclarer que la France est la chasse gardée de la psychanalyse, et que c'est en France que la psychanalyse a le mieux investit tous les secteurs de la société, nous pouvons considérer que la psychanalyse a bien réussi, en des circonstances non-totalitaires, à édifier une société (qu'elle a donc massivement infiltrée voire infectée) où ses membres agissent et réagissent conformément aux règles de ce monde fictif qu'est le déterminisme psychique absolu et prima faciae de l'utopie totalitaire freudienne et de tous les concepts et autres théories qui en découlent. Cette vision d'un pays si profondément infiltré par la culture freudienne nous est bien confirmée par les propos d'un psychanalyste, Pierre-Henri Castel, dans son livre intitulé « A quoi résiste la psychanalyse ? ». Il écrit : « Enfin, il serait trompeur de croire que la langue et la vie de tous les jours, en incorporant tant d'expressions freudiennes dans la justification de nos attitudes psychologiques (Untel refoule, dénie, et pensez aux nuances hystériques qu'on sait si bien détecter dans la sexualité ou l'agressivité d'autrui), prouvent par là le caractère acquis, voire indéracinable du savoir freudien (...) » (p. 3).
Quelle machine bizarroïde que ce télescope freudien... Tout cet attirail engendra, telle une boîte de Pandore, d'autres fictions et tous les autres mensonges. Elle engendra aussi la désinformation et le terrorisme intellectuel pour protéger les légendes dont ils étaient le ciment (Bénesteau). Dans ces conditions, l'indépendance d'esprit et le jugement critique des futurs initiés devaient être exclus, excommuniés, et placés dans les goulags prévus à cet effet (névrosés résistants ; antisémites masqués ; etc.).
« Au centre de ce mouvement [totalitaire], tel un moteur qui lui donne l'impulsion, se trouve le Chef. Il est coupé de la formation d'élite par le cercle intérieur des initiés qui répandent autour de lui une aura de mystère impénétrable correspondant à sa « prépondérance intangible ». (...) Toute sa hiérarchie a été entraînée à une seule fin - communiquer rapidement la volonté du Chef à tous les échelons. Cela accompli, le Chef est irremplaçable parce que toute la structure compliquée du mouvement perdrait sa raison d'être sans ses commandements. (...) La tâche suprême du Chef est d'incarner la double fonction qui caractérise toutes les couches du mouvement - d'agir comme défenseur magique du mouvement contre le monde extérieur ; et en même temps, d'être le pont qui relie le mouvement à celui-ci. » (Hannah Arendt, ibid, p. 101-102).
Revoilà donc notre Freud, au centre de sa propre création et lui donnant toujours l'impulsion par ouï-dire (Introduction à la psychanalyse). On retrouve aussi notre cercle d'initiés que Freud constitua, avec des disciples fidèles et soumis. Il fallait aussi répandre la psychanalyse à tous les échelons de la société, puis à la Terre entière comme Freud le dit explicitement lui-même : « ce n'est pas une mince affaire que d'avoir toute l'humanité comme patient » (S. Freud). Et quel mystère impénétrable que cette fameuse et immaculée auto-analyse entourée de tant de glorieuses légendes qui nous ont fait de Freud un génie scientifique, véritable héros de son temps et de ceux à venir ! Quel mystère impénétrable autour de ses archives freudiennes bloquées jusqu'en 2052 et qui furent bloquées jusqu'à il y a peu, pour 2113 (Borch-Jacobsen ; Bénesteau).. Pour le reste on retrouvera sans peine la fonction de nos Big brothers freudiens.
« On appelé les mouvements totalitaires « des sociétés secrètes établies au grand jour ». (...) Les sociétés secrètes, elles aussi, forment des hiérarchies suivant les degrés « d'initiation », elles règlent la vie de leurs membres selon une croyance secrète et fictive qui fait que toutes choses semblent être autres, elles adoptent une stratégie de mensonge cohérent pour tromper les masses non initiées (...) [le] Chef est entouré, ou est censé être entouré, d'un petit groupe d'initiés, eux-mêmes entourés par les semi-initiés qui forment tampon contre l'hostilité du monde profane. » (Hannah Arendt, ibid., p. 103-104).
Comité secret de Freud, cercle d'initiés encore, et on sait aussi que la passe, comme l'écrivait Lacangourou, était en fait l'initiation à la psychanalyse. Une croyance secrète et fictive qui fait que toutes choses semblent être autres, écrit Arendt. En effet, pour les freudiens, tout ce qui n'est pas la psychanalyse de Freud et qui prétend parler des mêmes objets, est autre, c'est-à-dire indigne de respect et de reconnaissance. Et Freud s'employa à constamment discréditer les autres disciplines concurrentes de la sienne pour affirmer sa psychanalyse qui devait être la seule à parler de son objet (Borch-Jacobsen et Shamdasani). Une stratégie de mensonge cohérent...A ce sujet, on doit une étude incontournable à Jacques Bénesteau. Et puis cette hostilité du monde profane ; hostilité légendaire elle aussi dans l'histoire du freudisme, n'est-elle pas constituée de nos névroses de résistances à cette fiction qu'est la théorie de l'inconscient de Freud ? On a enfin l'immense troupeau des semi-initiés dont parle Hannah Arendt, c'est-à-dire tout ceux qui se sont allongés sur le divan et qui annonent que la psychanalyse leur a prétendument sauvé la vie, ou ceux qui ont lu Freud comme on lit un bréviaire que l'on ne doit pas critiquer et qui inondent leur vie et celle des autres par leurs interprétations, leurs mots, leurs gestes, leurs regards devenus freudiens jusqu'à l'os. Tous ceux enfin, et ce sont les pires, qui se permettent de s'occuper de vous, même contre votre gré, qui vous analysent, qui vous psychothérapient, qui vous dégoulinent dessus de leur empathie indisposante et de circonstance, pour mieux assouvir leur soif narcissique et obsessionnelle (...) de pouvoir et de domination. L'on pourrait trouver encore bien d'autres indices de la ressemblance frappante du système freudien avec la description que fit Hannah Arendt du système totalitaire.
La légende freudienne était donc en marche, plus rien ne pouvait l'arrêter. Et les clones de Freud disséminés de par le monde, allaient répéter de manière roborative les milles et unes équations nécessaires au maniement du télescope. Mieux que cela, certains affirmèrent qu'il suffisait désormais de lire les maniements de l'appareil dans quelque livre du Maître pour être, comme lui, possédé par cet appareil, voir comme le Maître, puis devenir, à son tour, un clone du Maître prêt à aller prodiguer les saintes paroles avec la même ferveur, et se faire le Big brother de son prochain, employé à le superviser, si nécessaire contre son assentiment. Suivant l'exemple du Maître ne s'autorisant que de lui-même, les doublures de Freud s'arrogeaient ainsi le droit de s'autoriser aussi d'elles-mêmes, en vase clos, où qu'elles soient, avec n'importe qui, en toutes circonstances, du névrosé à l'individu normal, et maintenant envers et contre tous ceux qui les identifient comme de dangereux charlatans. Comble de l'horreur.
De temps à autre, pourtant, il y avait des défauts dans les négatifs que le Maître plaçait sur l'œilleton de son télescope, comme si soudain ils étaient devenus réfutables. Alors il suffisait à notre génie de se mettre à rêver avec une bonne paluchée de coke pour changer son regard, ce qui modifiait la structure des négatifs pour qu'ils puissent à nouveau lui permettre de lire les faits à partir de leur propre lumière...
Ainsi, la boucle était toujours bouclée. Et les récalcitrants rétifs aux absurdités et autres délires du Maître, eux aussi, pouvaient la boucler...
Publié par vdrpatrice à 10:32:53 dans Résistances... | Commentaires (1) | Permaliens
Quelques exemples, seulement, parmi tant d'autres...Désolé, je finirai mon enquête plus tard, car, il y a vraiment du « taf » sur ce problème.
*Vandalisme grossier de « Perky » : tentative très claire de censure :
*Censure : suppression d'informations critiques exprimées de manière tout à fait neutre. Mais cela n'a pas plu à la « Perky » :
*Censure : comme précédemment. Son argument : ce paragraphe sur l'impact scientifique de la psychanalyse est, selon elle, et seulement elle, « HS » (hors-sujet), puisque dit-elle, « ce n'est pas une science ». Donc, l'avis de personnes qui se sont concertées et qui plus est, représentantes connues de l'IPA, peut être jeté à la poubelle par une seule et unique sombre ignare : « Perky ».
*Censure : les critiques de Bouveresse, Popper, Levy-Strauss, Debray-Ritzen, Timpanaro, etc. qui aboutissent à définir la psychanalyse non comme une science mais comme de la « magie concrète », c'est « n'importe quoi » pour la « Perky ». Donc, sans aucune autre forme d'argument, elle supprime plusieurs paragraphes.
*Censure : suppression de la critique de la revendication de scientificité par la « Perky ». Selon elle, c'est « HS » (hors sujet), parce que, écrit-elle « inapproprié, la psychanalyse n'a jamais prétendu être une science » ( !!!). Donc, toutes les critiques de la pseudo-scientificité de la psychanalyse sont rayées d'un trait par la « Perky », y compris celles de philosophes comme Wittgenstein, Popper, Bouveresse, sans parler de la pléthore d'intellectuels de tous horizons et bien sûr des plus célèbres critiques de Freud et de la psychanalyse ! Là, franchement, il faut le voir pour le croire...
*Voici un passage que la « Perky » considère comme « non-neutre », et bien entendu, sans donner aucune explication :
« Malgré la recrudescence de l'antisémitisme en Autriche au début du XXe siècle, avec la montée du nazisme, et si les nazis, ont brûlé les livres de Freud, et l'ont menacé de mort (l'obligeant à un exil vers Londres), il est possible de dire, compte tenu de l'expansion mondiale qu'ont connu les théories freudiennes par la suite, que ni l'antisémitisme, ni le nazisme, n'ont pu, finalement, constituer des obstacles décisifs contre Freud et la psychanalyse. »
(le
12 juin 2007 à 15 : 49)
*Le fait que Jacques Bénesteau ait écrit un excellent livre sur
Freud, que ce même livre ait été primé, et qu'il démontre le côté noir du
personnage freudien avec une évidence dévastatrice, voilà qui ne plaît guère à
« la Perky » qui préfère aboyer avec l'infâme meute qui a taxé le
livre de Bénesteau d'antisémite masqué. Donc, elle censure des références
bibliographiques contenant Ellenberger, Sulloway, Borch-Jacobsen et Bénesteau,
simplement parce que le nom de Bénesteau se trouve dedans ! Et puis elle
rajoute la mention « références nécessaires » ! (heureusement,
elle se fait moucher par « Venom » un peu plus tard...) :
*Un exemple de publication hors-sujet de « Perky ». On se demande encore ce que ceci vient faire dans un article intitulé « Critique de la psychanalyse » ? Mais à part ça, elle ne cesse de dire qu'il est « hors-sujet » d'accuser la psychanalyse de n'être qu'une pseudo-science :
*Le fait qu'un grand historien indépendant de la psychanalyse, comme Henri Ellenberger ait écrit que la psychanalyse n'avait pas les traits d'une science mais ceux d'une secte, ne plaît pas dut tout à « La Perky ». Donc, elle censure, et prétend s'en expliquer en page discussion. Voici d'ailleurs ce qu'elle livre pour toute justification : « Je me suis permise de blanchir la note manuscrite d'Henri Frédéric Ellenberger voir la ref. figurant dans le chapitre Un mouvement parfois qualifié de « sectaire ». En effet, présenter ce psychiatre et psychanalyste en résumant sa carrière à une note est réducteur et biaisé. -- Perky♡ 1 février 2007 à 10:37 (CET) ». Pourtant, la référence à Ellenberger est reconnue par les psychanalystes, et il y avait des références précises, à la page, dans le morceau qui a été censuré par la Perky. J'avais donc écrit : « D'autres historiens célèbres de la psychanalyse, tel Henri Ellenberger, portent le même jugement sur la psychanalyse. « La psychanalyse est-elle une science ? Elle ne répond pas aux critères (science unifiée, domaine et méthodologie définie). Elle répond aux traits d'une secte philosophique (organisation fermée, initiation hautement personnelle, doctrine changeante mais définie par son adoption officielle, culte et légende du fondateur » (In : « Les incertitudes de la psychanalyse », notes dactylographiées, Centre Henri Ellenberger, hôpital Saint-Anne, Paris).
Comme on peut le lire, il n'y a strictement aucune prétendue présentation résumée de la carrière d'Ellenberger dans cette note. Je relate, en le citant, ce que disait Ellenberger sur la question de savoir s'il fallait considérer la psychanalyse comme une science ou comme une secte. La réponse d'Ellenberger est sans appel, ce qui n'empêchait pas à Ellenberger de trouver quand même du bon dans ce que proposait la psychanalyse même si c'est par lui que sont venues quelques unes des critiques les plus dévastatrices de l'œuvre de Freud, et notamment le fait qu'elle s'est développée, dès les débuts dans une atmosphère de légendes.
Autres exemples de contenus qu'elle a censuré, et qui furent entièrement créés par mes soins sous le faux-nez de "Mercury Blues"
Controverse sur le
caractère scientifique de la psychanalyse (ce paragraphe était inséré dans l'article "Psychanalyse" de Wikipédia.fr)
Bien que souvent contestée depuis les débuts de sa création, la scientificité de la psychanalyse est aujourd'hui réaffirmée par certains de leurs représentants comme Daniel Widlöcher, Président de l'Association psychanalytique de France (APF), et ancien Président de l'Association internationale de psychanalyse (IPA). Selon lui, la psychanalyse s'inscrit dans un mouvement que l'on pourrait appeler une « psychologie scientifique de la subjectivité », et croit en la possibilité de fonder scientifiquement la psychanalyse, dont le champ d'investigation se situerait à un niveau intermédiaire « où l'on étudie des mécanismes de pensée complexes, qui sont liés au niveau intentionnel de la pensée et non au niveau syntagmatique ou au niveau causaliste minimal ». En conséquence, Daniel Widlöcher estime que la polémique entre sciences cognitives et psychanalyse où les premières contestent à la seconde sa validité n'a pas lieu d'être et est même « une absurdité ». Il affirme qu'avec la psychanalyse « on a là une science de la complexité de l'action humaine », dont la méthode est essentiellement fondée sur l'association libre [1].
Le psychanalyste Antoine Fratini, considère qu'« il apparaît aujourd'hui encore possible et même nécessaire d'attribuer à notre discipline un statut véritablement scientifique », ajoutant que « celle-ci a bel et bien un objet spécifique, l'inconscient, et est bien finalisée à la connaissance de cet objet », même si, présice Fratini, « la psychanalyse ne peut pas être définie comme une pratique proprement expérimentale, car ses résultats ne sont pas parfaitement reproductibles ». Fratini considère enfin que même si la psychanalyse n'est pas « vraie », il s'agit néanmoins « d'une science nouvelle ou d'un nouvel essai scientifique dans un domaine traditionnellement considéré comme étranger et impropre à la science ».[2]
Ce point de vue est également défendu par le psychanalyste Alfred Erbs, pour qui « la psychanalyse est une science au même titre que les autres. Ce n'est pas parce qu'elle est une science qui concerne l'intérieur de l'individu qu'elle n'est pas une science comme veulent le prétendre certains scientifiques qui ne croient qu'à la science objective. La subjectivité aussi a ses lois et on ne peut pas nier l'Inconscient ! »[3]
Jean Laplanche, philosophe et psychanalyste, pense que Freud était même « poppérien avant la lettre » (sachant que les plus célèbres critiques épistémologiques sur la scientificité de la psychanalyse, proviennent du philosophe des sciences autrichien Karl Popper et de son adversaire en ce domaine, Ludwig Wittgenstein), considérant que Freud a écrit un article qui s'intitule « Une conception de la paranoïa contredisant la théorie psychanalytique de cette maladie ». (Il est à noter que le philosophe des sciences Adolf Grünbaum, lequel contestait justement à Popper le fait que la psychanalyse ne serait pas scientifique en raison de son irréfutabilité, mais qui invalidait sa scientificité pour des raisons qualifiées d'inductivistes, a choisi, lui aussi cet exemple, dans son livre Les fondements de la psychanalyse, pour démontrer la réfutabilité de la psychanalyse). Laplanche juge que cet écrit freudien qui constitue une « description d'un cas négatif est typiquement poppérienne. Même si cette description d'un cas négatif aboutit au fait que ce cas n'est pas aussi négatif que cela, parce que Freud évidemment n'aimait pas beaucoup trouver des cas vraiment négatifs... » Laplanche écrit ensuite que Freud ne réfutait pas les autres conceptions que la sienne, lui reprochant son manque de tolérance. Il pense que « Freud était un scientiste relativement dur » (ce reproche de scientisme fut également formulé par Paul Ricoeur, théoricien de l'herméneutique)[4]. Le point de vue de Jean Laplanche est poussé plus loin encore par Christine le Boulengé, dans un article ou elle affirme que Freud était même « plus poppérien encore que Popper »[5], et que Freud « n'a cessé de soumettre ses hypothèses à la réfutation ».
Cependant, de nombreux philosophes et scientifiques contestent toujours le caractère « poppérien » de la psychanalyse, la reconnaissant même comme un modèle de pseudo-science, et Adolf Grünbaum pensait que même s'agissant d'inférences inductives, Freud se livrait surtout à des affirmations péremptoires sans avoir jamais fournit la moindre preuve indépendante de ses théories[6]. Des scientifiques comme J. Allan Hobson, (professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School et directeur du Laboratoire de neurophysiologie au Massachusetts Health Center), auteur de nombreux travaux neuroscientifiques sur les mécanismes du rêve, travaux qui démontreraient l'effondrement de la théorie freudienne[7], précise que le problème de la méthode freudienne, c'est son caractère subjectif, opérant depuis les origines en dehors de tout contrôle indépendant, n'ayant jamais fournit aucune étude quantitative ni même aucun test qui puisse être reproductible de façon systématique[8]. Hobson précise en outre, qu'il est illusoire de vouloir comparer la psychanalyse à l'astronomie (puisque Freud voulait se comparer à Galilée et Copernic), même si leurs objets de recherche respectifs ont ceci de commun qu'il est très difficile de faire des expériences. Par contre, poursuit Hobson, ce qui différencie radicalement la psychanalyse de l'astronomie, c'est que la première n'est en position de ne faire ni mesure ni prévision, alors que la seconde se base sur l'une et l'autre pour tester ses hypothèses [9].
De son côté, Karl Popper insiste sur la nécessité, dans le processus de « la logique de la découverte scientifique », que les tests réalisés aient un caractère intersubjectif et reproductible de manière indépendante. Car sans ces deux conditions indispensables, estime Popper, un fait particulier qui comporte en lui-même la possibilité d'une réfutation peut très bien n'avoir qu'une valeur accidentelle ou subjective. De plus, Popper insiste pour que les faits contradictoires aient d'abord acquis auprès de la communauté scientifique, le statut d'« énoncés de base acceptés », avant d'être soumis à des tests. C'est-à-dire des faits dont les conséquences empiriques et logiques ainsi que leur caractère inédit soient unanimement reconnus, après discussion, par les scientifiques[10]. Selon Popper, les scientifiques doivent donc s'attacher à rechercher, de façon concertée et non isolée, les tests les plus sévères possibles, ce qui, selon Jean Laplanche ou J. Allan Hobson ne fut jamais le cas de Sigmund Freud.
1. Daniel Widlöcher."La psychanalyse. Points de vue pluriels. Coordonné par Magali Molinié. Editions Sciences humaines, 2007, p.179 - 182
2. Antoine Fratini. "La psychanalyse est-elle une science ?". Site internet : http://www.psychanalyse-paris.com/881-La-psychanalyse-est-elle-une.html
3. Alfred Erbs. "La psychanalyse". Site internet : http://mapage.noos.fr/erbs/page1.html
4. Jean Laplanche. "La scientificité de la psychanalyse - Entretien avec Jean Laplanche". Site internet : http://squiggle.be/rencontre-avec-un-psychanalyste/la-scientificite-de-la-psychanalyse-entretien-avec-jean-lapl.html
5. Christine le Boulengé."Freud plus poppérien que Popper". Site internet : http://www.causefreudienne.net/publications/la-cause-freudienne/n-67/freud-plus-popeprien-que-popper/
6. Adolf Grünbaum. "Les fondements de la psychanalyse". Puf, 1996 ; "La psychanalyse à l'épreuve", L'Eclat, 1993
7. J. Allan Hobson. "Le cerveau rêvant", Gallimard, 1988.
8. J. Allan Hobson. Ibdi, p. 78
9. J. Allan Hobson, ibid, p. 80
10.Karl Popper. "La logique de la découverte scientifique", Payot, 1979
Exemple 2 :
Eléments critiques (partie ajoutée dans L'interprétation des rêves selon Freud et la psychanalyse)
Tout, ou presque, de ce contenu, a été censuré par Perky...
Sigmund Freud accordait une importance tout à fait cruciale à l'interprétation des rêves, si l'on en juge par ce qu'il écrit, dans « Cinq leçons sur la psychanalyse » : « L'interprétation des rêves est, en réalité, la voie royale vers l'inconscient, la base la plus sûre de nos recherches, et c'est l'étude des rêves, plus qu'aucune autre, qui vous convaincra de la valeur de la psychanalyse et vous formera à sa pratique. Quand on me demande comment on peut devenir psychanalyste, je réponds : par l'étude des ses propres rêves »[1].
C'est donc durant son auto-analyse, et par l'analyse de ses propres rêves que Freud va inventer la psychanalyse et découvrir « la voie royale vers l'inconscient ».
D'un point de vue de l'histoire du Freudisme, c'est le célèbre rêve de Freud de l'injection faite à Irma, dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juillet 1895, qui constituerait le point de départ de toute l'invention de la psychanalyse. En réalité, et selon des historiens critiques de Freud, comme Robert Wilcocks, l'analyse de la correspondance entre Freud et son ami Fliess, à cette époque, démontrerait de façon claire, « que ce célèbre "rêve de l'injection faite à Irma" n'a jamais pu se dérouler comme Freud le laissait entendre dans Die Traumdeutung. Ce "rêve" n'est qu'une invention rhétorique (géniale) de Freud pour "persuader" son public viennois de la validité de ses curieuses méthodes nouvelles »[2].
Selon ces historiens, toute l'invention de la psychanalyse débute donc par un mensonge. Ce mensonge serait ce « rêve princeps » de Sigmund Freud.
Dans son livre « La psychanalyse à l'épreuve », le Professeur Adolf Grünbaum étudie l'efficacité revendiquée par Freud de sa méthode d'interprétation des rêves, à partir des associations libres des patients, pour valider ses théories sur le refoulement inconscient[3]. Grünbaum propose que Freud échafauderait des inférences fallacieuses, lesquelles ne lui permettraient pas de mettre en évidence le refoulé dans le rêve de manière satisfaisante. Le principal reproche fait à Freud par Grünbaum, est de n'avoir jamais donné de confirmation clinique indépendante pour ses thèses sur le refoulement dans le rêve, confirmations qui ne soient contaminées par les attentes théoriques de Freud.[4]. Grünbaum en conclut à l'effondrement total de l'étiologie psychanalytique, lequel ruinerait radicalement la pertinence de la méthode d'investigation de l'association libre dans la conduite de l'enquête étiologique. Car Freud, explique Grünbaum, « avait énoncé cette règle fondamentale de l'association libre comme une maxime de recherche clinique, parce qu'il pensait que les associations régies par elle permettaient d'identifier de manière fiable les agents pathogènes inconscients de la névrose ».[5]
René Pommier, qui reçut en 1979 Le Prix de la Critique de l'Académie française pour « Assez décodé ! », puis le Prix Alfred Verdaguer pour l'ensemble de son œuvre sur proposition de l'Académie française, publie une critique de la méthode d'interprétation des rêves. L'essentiel de ses reproches recouvre l'usage du symbolisme pratiqué par Sigmund Freud, pour ne retrouver dans les faits cliniques étudiés que les idées préconçues qu'il y a mises ou les fruits de son imagination. Il accuse Freud d'établir avec les éléments du rêve qu'il observe, des liaisons qui paraissent d'autant plus « étonnantes » au père de la psychanalyse qu'elles seraient en réalité « arbitraires et saugrenues ».[6]
J. Allan Hobson, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School, et directeur de neurophysiologie au Massachusetts Mental Health Center, avance un modèle neurobiologique du rêve, le modèle dit d'activation-synthèse, qui démontrerait l'effondrement total de toutes les théories freudiennes sur le rêve, qu'elles soient d'ordre physiologique ou psychique. L'hypothèse d'activation-synthèse propose un « mécanisme cérébral nécessaire et suffisant pour qu'il y ait rêve ». « Rêver est considéré, dans cette hypothèse, comme un processus endogène avec une dynamique propre, génétiquement déterminée. Il ne saurait y avoir de sens informatif caché dans ce processus ». Néanmoins, cette hypothèse serait moins déterministe que les théories antérieures, car elle suppose un système de traitement de l'information ouvert, capable de créer des informations nouvelles[7]. Le processus d'activation-synthèse, s'oppose radicalement à la théorie freudienne, en faisant passer la signification du rêve « de l'opacité à la transparence, et en considérant que le processus onirique est plus progressif que récessif, (...) plus créatif que destructif. En un mot, comme un processus plutôt sain que névrotique »[8].
Hobson accuse Freud d'avoir non seulement fait table rase des travaux des chercheurs de sa génération, mais aussi de les avoir systématiquement discrédités pour mieux imposer son point de vue comme étant le seul valide[9]. Il lui reproche aussi de n'avoir jamais fourni la moindre étude comparative quantitative sur ses hypothèses, utilisant les cas contradictoires possibles comme des exceptions qui confirmaient toujours sa théorie[10]. Il s'oppose aussi à la théorie de Freud selon laquelle « rien de ce que nous avons possédé mentalement ne peut être totalement perdu » (Freud, 1900), et argumente sur le fait que l'on possède aujourd'hui des preuves expérimentales montrant clairement que les souvenirs de la prime enfance (que les psychanalystes ont estimé être la source des conflits ultérieurs) sont en fait irrémédiablement perdus[11]. Hobson en vient à écrire qu'« une fois démolis ces deux postulats jumeaux : l'information ne peut être construite ; l'information ne peut être perdue, beaucoup d'arguments freudiens s'effondrent de manière catastrophique »[12].
En conclusion, Hobson pense que la psychanalyse n'est qu'une pseudo-science se basant sur des élaborations « obscurantistes » et qui ne possède « aucune base empirique » solide. Freud a basé son postulat de la censure sur des patients dont la répression des désirs sexuels lui a paru pathologique, mais sa théorie de la répression repose, selon Hobson, sur une image erronée du système nerveux qu'avait conçue Freud. Pour Hobson, la théorie de Freud sur le rêve n'est donc que « spéculative et a priori », ne reposant sur « aucune preuve expérimentale » fondée sur des tests, d'autant que la théorie freudienne, ajoute Hobson, « n'est pas construite selon une logique qui la rend susceptible de vérification expérimentale », précisant « que les psychanalystes n'ont jamais défini quelle sorte de preuve pourrait infirmer leur théorie », ce qui serait le cas, pour la théorie des rêves, depuis presque quatre-vingt-dix ans[13].
1. Sigmund Freud. "Cinq leçons sur la psychanalyse". Petite bibliothèque Payot, 2001, p. 45
2. Robert Wilcocks. "MENSONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ : la fabrication du rêve d'Irma". Site internet : http://www.psychiatrie-und-ethik.de/infc/1_gesamt_fr.html
3. Adolf Grünbaum. « La psychanalyse à l'épreuve ». Edition l'Eclat.1993, page 74.
4. Adolf Grünbaum. « La psychanalyse à l'épreuve ». Edition l'Eclat. 1993. page 73
5. Adolf Grünbaum. « La psychanalyse à l'épreuve ». Edition l'Eclat. 1993. pages 71 ; 72.
6. René Pommier. "Sigmund est fou et Freud a tout faux". Edition Le Fallois, 2008, pages 78 - 79.
7. J. Allan Hobson. "Le cerveau rêvant". Gallimard, 1988, p. 30
8. J. Allan Hobson. Ibid, p. 33
9. J. Allan Hobson. Ibid, p. 62
10. J. Allan Hobson. Ibid, p. 63
11. J. Allan Hobson. Ibid, p. 64
12. J. Allan Hobson, p. 65
13. J. Allan Hobson, Ibid, p. 78 - 79
Et voilà comment tout ce travail de qualité encyclopédique, regorgeant de liens, de citations et de références bibliographiques précises, a été fichu à la poubelle par une personne qui plus est notoirement incompétente sur les questions traitées, et qui n'est motivée que par le but d'empêcher par tous les moyens possibles que certaines informations soient publiées, surtout si elles sont neutres, et référencées avec précision. Tout l'art de "La Perky" consiste donc à enchaîner les masques et les postures de la neutralité et de l'ouverture, pour tenter de bluffer son petit monde. Mais, en l'occurrence, force est de constater que de la posture à l'imposture, il n'y a qu'un pas.
Bien à vous tous.
2. "Perky", ses copains administrateurs et la diffamation
La censure, l'esprit de cabale, la lâcheté collective, la
malhonnêteté intellectuelle, tout y est ou presque.
Mais qui sont-ils donc, tous ces administrateurs qui se planquent derrière des pseudos et des admonestations tout aussi iniques que ridicules ? Comment font-ils pour se sentir bien dans leurs pompes en face de telles preuves de diffamation et de dissimulation concertée de ces mêmes preuves, sans parler de l'odieuse tentative de bâillonner celui, qui en toute dignité à voulu me défendre, faits à l'appui ?
Et ce « Hégésippe Cormier », dont on pourra
avoir un aperçu des méfaits ici, lequel n'a
pas hésité à tenter de retourner
l'accusation de diffamation contre moi, alors
que je ne faisais que démontrer que les accusations de Perky se retournait
contre ses éternels complices, auteurs des propos qu'elle juge antisémites et
« aryens », « Ouicoude » et « Léon99 ».
C'est une honte, mais cela ne sert à rien de le répéter indéfiniment. Les faits prouvés sont pourtant bien là, en face d'eux. Mais ils ne font rien, personne ou presque ne fait rien. Tout le monde attend que ça passe. Perky n'a même pas écopé du moindre petit blocage, et pour cause ! Car la bloquer c'eût été reconnaître la faute grave et la diffamation avec. Donc désavouer ouvertement un allié précieux dans cette vaste entreprise de censure et d'éradication de certaines informations contraires à leur idéologie, sur Wikipédia.fr ou ailleurs...
La clique se défend bien. Ses membres, tels des cafards,
rapidement se mettent en rang comme un seul, se collent les uns aux autres pour
grouiller, et cheminer à la va vite dans les recoins et autres couloirs obscurs
de cette encyclopédie, afin de mieux faire circuler leur bave en guise
d'information dans un infâme bruit de pattes qui n'est pas sans rappeler
certains bruits de bottes.
Publié par vdrpatrice à 10:36:19 dans Le Freudisme, la psychanalyse et Wikipédia.fr | Commentaires (0) | Permaliens
Accéder tout de suite aux faits, en lisant le texte contenu dans ce blog.
Tout a commencé d'assez longue date, sur les pages
discussion des articles « Sigmund Freud », « Le livre noir de la
psychanalyse » et « Critique de la psychanalyse » de cette
encyclopédie, par des allusions répétées de mes « contradicteurs » à
de « l'antisémitisme masqué » contre ma personne, parce que je
soutenais, dans cette page, le droit de publier dans l'article des informations
issues du livre de Jacques
Bénesteau, « Mensonges freudiens, histoire d'une
désinformation séculaire ». Les quelques observateurs qui ont pu suivre
tous ces échanges souvent houleux et détestables, il faut le dire, auront pu
constater la non-neutralité évidente, le fanatisme, ainsi que les allusions,
voire les propos ouvertement diffamatoires et insultants de
« Léon99 », « Ouicoude », ou « Perky ». On pourra
vérifier tout cela à partir d'ici ;
et puis là : 1 ;
2 ;
3.
Mais le fond du problème ne tient pas seulement au fait
d'avoir voulu aussi faire part des propos de Bénesteau contenu dans son fameux
livre. Il se fonde sur des tentatives répétées et toutes censurées, de ma part,
de publier un paragraphe, dans « Critique de la psychanalyse », qui
modifiait pour l'essentiel, celui-ci,
et qui s'intitule « Critiques par le régime nazi ». J'ai proposé à de
multiples reprises, soit sous mon pseudo originel (« Vdrpatrice »,
soit en utilisant divers « faux-nez » ou sous IP), une version
largement remaniée laquelle exposait les arguments de Henri Ellenberger
conjointement à ceux de Jacques
Bénesteau, arguments qui en concluaient à devoir admettre que
les retards dans la nomination de Sigmund Freud au poste de Professeur
extraordinarius, ne pouvaient être imputés à ses origines juives, et ce,
contrairement à ce qu'ont toujours affirmé les légendes freudiennes. J'appuyai
d'ailleurs ma publication par des références aux ouvrages d'Ellenberger et de
Bénesteau, références où je précisai même le numéro de la page, en ayant aussi
tenté de citer mot pour mot les propres propos de ces deux historiens
indépendants de la
psychanalyse. Ainsi, je démontrai plusieurs choses :
Premièrement, que contrairement à ce qu'avait affirmé Elisabeth Roudinesco dans
son article diffamatoire publié dans « Les temps modernes » où elle
accusait Bénesteau d'antisémitisme et de négationnisme, ce dernier, bien que
s'accordant avec les recherches d'Ellenberger, loin de nier l'existence de
l'antisémitisme à Vienne de la fin du XIX° siècle jusqu'au début de l'Anschluss,
reconnaissait au contraire l'existence d'un antisémitisme de fait à cette
époque en citant notamment l'exemple du maire élu de Vienne, Karl Lueger,
ouvertement antisémite.
Jacques Bénesteau ne nie donc absolument pas que la
psychanalyse se développa, à Vienne, dans un contexte indiscutablement
antisémite. Deuxièmement, je démontrais que l'on pouvait, dans cette affaire,
comparer le travail de Bénesteau à celui d'Ellenberger, tout en expliquant en
page discussion, que ce même Ellenberger, dont Madame Roudinesco se vante
d'avoir facilité la diffusion de l'œuvre en France, bien qu'ayant émis de
« tels propos » au sujet de légendes tenaces sur le freudisme,
(qu'Ellenberger juge très importantes au point d'évoquer la nécessité de mieux
étudier les légendes en général), n'a jamais fait l'objet d'attaques
diffamatoires à « l'antisémitisme masqué » de la part de Madame
Roudinesco, bien qu'aboutissant strictement au même point de vue que Bénesteau
sur ce sujet. Voici ce qu'écrit Ellenberger, dans son livre « Histoire de
la découverte de l'inconscient », Fayard, 1997, page 587, à propos des
légendes :
« La seconde difficulté, plus grave encore, vient de ce
que la psychanalyse, dès ses origines, s'est développée dans une atmosphère de
légende, si bien qu'une appréciation objective ne sera guère possible avant que
l'on ait pu dégager les données authentiquement historiques de cette brume de
légendes. Il serait d'un intérêt inestimable de découvrir le point de départ de
la légende freudienne et d'analyser les facteurs qui ont permis son
développement. Malheureusement l'étude scientifique des légendes, de leur
structure thématique, de leur développement et de leurs causes reste l'une des
provinces les moins exploitées de la science. » (On notera qu'Ellenberger
consacre dans son livre une bonne quinzaine de pages autour de terme de
légende...).
Voici maintenant les propos d'Ellenberger au sujet de la
nomination de Freud au poste de Professor extraordinarius et leur comparaison
avec ceux de Bénesteau :
Ellenberger (ibid, page 476) :
« Un des points qui restent obscurs dans la vie de
Freud est la raison de sa nomination si tardive au poste de professeur
extraordinaire. Traditionnellement, on évoque l'antisémitisme, le scandale
provoqué par ses théories sexuelles, la mesquinerie de ses collègues, jaloux de
sa supériorité. Il obtint enfin cette nomination, ajoute la légende, quand une
de ses riches malades soudoya le ministre de l'Education (...) ».
Puis, page 478, Ellenberger conclut son analyse en
écrivant :
« (...) Que Freud n'ait pas été nommé plus tôt ne
saurait, dès lors, être attribué à l'antisémitisme. Quant à la légende qui
voudrait que la nomination de Freud ait été obtenue par Frau von Ferstel en
échange d'un tableau de Böcklin (Die Burgruine), Renée Gicklhorn a montré que
ce tableau resta en possession de ses propriétaires (...) ».
Comme on s'en aperçoit en lisant attentivement Ellenberger,
le terme de « légende » revient de manière assez récurrente...
Venons-en maintenant aux propos de Jacques Bénesteau,
tirés de son livre « Mensonges freudiens. Histoire d'une désinformation
séculaire, Mardaga, Sprimont, 2002, page 189) :
« (...) D'autre part, une persécution antisémite
retardant sa nomination comme Professeur Extraordinarius est également
improbable dans son cas particulier à ce moment-là. L'Empereur avait la
réputation méritée d'être le protecteur des Juifs, qui venaient s'établir à
Vienne depuis 1860, et surtout depuis la loi d'émancipation de 1867 accordant
liberté de logement, de circulation, et l'égalité des droits. François-Joseph
refusera quatre fois la nomination du maire élu de Vienne, le social-chrétien
Karl Lueger, du fait de la réputation antisémite de celui-ci. L'Empereur ne
pouvait supporter les querelles antisémites et exprimait son mécontentement, au
point de quitter avec un ostentatoire fracas sa loge impériale du théâtre
lorsque des spectateurs osèrent scander des slogans hostiles aux Juifs. »
Si on relit avec attention les propos de Bénesteau de la
page 189 à 191, on constatera, dans le détail, que jamais il ne profère le
moindre propos antisémite, révisionniste, voire négationniste, mais s'attache à
relater honnêtement des faits historiques (en en précisant les références)
démontrant que la psychanalyse s'est bien développée dans ce contexte troublé
et hostile aux Juifs de l'époque de Freud, sans que toutefois cela ait pu faire
obstacle à la nomination de Freud au poste de professeur extraordinarius, ni même, plus tard à l'expansion extraordinaire de cette doctrine de part le monde.
Le nazisme, n'a donc pu constituer un obstacle décisif ou définitif contre la psychanalyse, si l'on tient compte de sa survivance après la deuxième guerre mondiale. Ecrire cela, ne revient pas à nier l'existence du nazisme, des menaces de mort faites à Sigmund Freud, des livres de psychanalyse qui ont été brûlés, ou des diverses persécutions dont Freud lui-même a été victime ainsi que sa famille, pas plus que cela revient à nier l'antisémitisme ou l'horreur de la Shoa. Jamais Bénesteau ne nie le fait que Freud ait été menacé de mort au point de
quitter Vienne pour Londres, pas plus qu'il ne fait la moindre allusion à de
prétendues « critiques nazies » en ce qu'elles auraient pu être
rationnellement fondées et utilisables dans son livre.
....Chers lecteurs de ce blog,
Venons-en maintenant aux faits
de diffamation dont j'ai été tout récemment victime sur Wikipédia.fr. Oui, les
FAITS. Ceux qui ne peuvent mentir, ceux qui demeurent vérifiables en toute
clarté et de manière indépendante par quiconque voudrait s'en donner la peine,
ceux enfin que l'on qualifie parfois, à bon droit, de « têtus ». Pour
ce faire, je vous convie à vous rendre sur ce blog écrit par un internaute
lequel est sans doute celui qui n'a pu retenir sa très digne et légitime
indignation dans cette encyclopédie. Il écrivit dans Wikipédia.fr sous le
pseudo de « Neurath ».
Poursuivez ce lien.
Vous pouvez aller directement à la partie intitulée « Propos vdrparien,
droit de réponse d'un banni », qui se trouve après celle intitulée
« AGIR... ».
Ensuite, rendez-vous dans la page intitulée « bulletin
des administrateurs » de Wikipédia.fr où vous pourrez prendre connaissance
du traitement « Neurath » a été l'objet par les administrateurs. Vous
verrez, c'est tout simplement SCANDALEUX. Voir d'abord ici ;
puis ici.
Sachant « qu'un jugement est vrai lorsqu'il correspond aux faits »,
il vous faudra malheureusement lire l'intégralité de tous ces échanges qui sont
parfois relativement longs, mais tellement significatifs. C'est au tour de « Clem23 », de censurer
les propos de « Neurath » au motif qu'ils ne sont pas
« encyclopédiques ». Voir ici.
Voici maintenant
comment un autre administrateur « Hégésippe », tente de retourner
l'accusation diffamatoire contre moi, grâce à une lecture partielle et
décontextualisée de mes accusations. C'est ici.
Dans mon accusation, je n'ai fait qu'affirmer que les accusations diffamatoires
proférées contre moi par mes adversaires, se retournaient contre eux, si l'on
tenait compte de leurs propres propos et en particulier ceux de
« Perky », sachant que les propos jugés antisémites par elle, et
qu'elle a supprimés de l'article « Critique de la psychanalyse »,
furent écrits par deux de mes plus acharnés adversaires, « Ouicoude »
et « Léon99 » (voir ici,
pour « Ouicoude », il s'agit du diff. Du 26 février 2007 à 03 h
24 ; et ici
pour « Léon99, diff. Du décembre 2007 à 14 h 53, lire, à la fin du
paragraphe « Critique par le régime nazi »), lesquels n'ont pas cessé, surtout
« Léon99 » de m'accuser d'antisémitisme masqué parce que je soutenais
Jacques Bénesteau.
« Perky », emportée dans son fanatisme aveugle, a
donc mis le feu aux poudres en m'imputant des propos écrits par
« Ouicoude » et « Léon99 », et en les qualifiant de, je cite,
« Vdrparien », entendez, bien sur, par jeu de mot : De propos
dignes d'un « aryen », donc d'un nazi. La preuve irréfutable de ce
fait se trouve ici,
il s'agit du diff. Du 1 avril 2008 à 15 h 16. Regardez en dessous de l'intitulé
de la
modification. Drôle de poisson d'avril !! Ensuite, elle
affirme très clairement que c'est bien moi l'auteur de ces propos débiles, ici.
Maintenant, dans la page discussion de « Critique de la
psychanalyse », voici comment le feu s'est propagé, et l'intervention
récente de « Neurath ». C'est ici.
Le paragraphe concerné de la page s'intitule « Les nazis de ne sont pas
antisémites ! ».
Arrivé au secours de « Perky », voici
l'intervention zélée de « Gribeco », qui supprime mes accusations
indignées en les qualifiant « d'attaques personnelles » (j'attribue à
la bassesse, la façon de faire de « Perky »), voir ici
(diff. Du 4 avril 2008 à 18 h 52).
Enfin, « Perky » décroche, à la vitesse de la
lumière, la palme de la malhonnêteté intellectuelle. Restez assis, c'est ici.
Selon elle, il ne s'agit que d'une « controverse librement
interprétée ».
Nous avons donc bien à faire une clique un peu spéciale, il faut
le dire. Il s'agit, d'une clique de « CONCHITAS ».
Des « Conchitas wikipédiennes »,
(j'avais créé un article de qualité hautement encyclopédique d'ailleurs, qui leur était entièrement dédié, mais il a été
supprimé...), seulement capables de faire le ménage en dissimulant leurs méfaits sous le
tapis.
Aah.., finalement, la vie est un long fleuve tranquille,
faut laisser couler, quoi.
Publié par vdrpatrice à 11:04:03 dans Le Freudisme, la psychanalyse et Wikipédia.fr | Commentaires (0) | Permaliens
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