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Anti-Freud Anti-PsyK

Aux récalcitrants éclairés et opposés au système de la pensée unique à la française. (Utilisez Firefox ou Opera, pour ce blog). Patrice Van den Reysen.

Présentation

Karl R. POPPER.

« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».

« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).





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Roger Perron, l'épistémologie et la recherche en psychanalyse. (4° partie). | 02 novembre 2008

d) La causalité, le hasard et le chaos

Dans bien des disciplines, on ne peut plus s'en tenir au seul modèle d'une causalité linéaire où, lorsque sont réalisées certaines conditions, B succède nécessairement à A. En bien des domaines prévalent des modèles de causalité plus complexes, c'est-à-dire de causalité récurrente, en réseau, en feed back ou causalité rétroactive, etc. Une sorte de révolution a été marquée par le développement des théories du chaos, pour tenter de rendre compte de phénomènes par définition imprévisibles... et cependant déterminés. Il s'agit de bien autre chose que d'une prise en compte du hasard, au sens des théories et des calculs probabilistes. Dans le développement des phénomènes dits « chaotiques », on peut, théoriquement au moins, reconstituer a posteriori la chaîne des événements qui a conduit à une tornade destructrice à la Nouvelle Orléans, mais il n'était pas possible de la prévoir en voyant un papillon battre des ailes à Yokohama ([5]). On ne peut pas la prévoir, non pas par manque de moyens, mais par la nature même de la chaîne : il y a détermination pas à pas, mais les bifurcations entre possibles sont imprévisibles. [Il n'y a donc pas de prétendue « détermination » si elle est construite post hoc, s'agissant du chaos. Les phénomènes chaotiques imprévisibles ne sont donc pas des phénomènes déterminés. Ce sont plutôt les « micro-phénomènes » qui se succèdent les uns aux autres qui peuvent avoir une causalité scientifiquement corroborée, mais jamais toute une chaîne reconnue comme étant « chaotique ».]. Toute l'évolution du vivant est d'ordre chaotique : on peut assez bien comprendre après coup l'apparition du rhinocéros (en le situant dans une chaîne phylogénétique dont il est l'aboutissement), on ne pouvait certainement pas le prévoir. Ni l'apparition de l'homme bien sûr...

Peut-être le psychanalyste a-t-il ici une longueur d'avance. Il est accoutumé à envisager de telles causalités non linéaires. Il est habitué à concevoir la flèche du temps comme pointant dans les deux directions, dans la mesure où il accorde de l'importance aux effets d'après coup. En clinique comme en théorie, il pense toujours que, si crédible que soit l'événement rapporté par un patient, on se trouve en présence, non pas bien sûr de l'événement lui-même, mais du souvenir d'un tel événement. Ce souvenir, tout au long de l'histoire du sujet, a été remanié, reconstruit, il a contribué à intégrer, et parfois à provoquer, d'autres évènements, d'autres expériences, etc. [Oui, bien sûr. Et qu'est-ce qui donne cette « fameuse longueur d'avance » au psychanalyste sur toutes les autres sciences, et même les plus dures ? Et bien c'est son postulat déterministe. Un déterminisme prima faciae (d'où la « longueur d'avance »), absolu, qui exclut le hasard et le non-sens. C'est une version encore plus laplacienne que celle de Simon Laplace lui-même, c'est le plus grand délire métaphysique connu dans le monde occidental et peut-être ailleurs...].

Tout est au présent, même si ce présent se donne du passé et du futur. Il est important de s'en souvenir si l'on ne veut pas être piégé par un faux paradoxe, où l'on se scandaliserait de devoir accepter que quelque chose peut changer quelque chose qui s'est passé avant. Cela ne scandalise que si on oublie que, s'il s'agit d'une rétroactivité, elle ne modifie pas un évènement inscrit dans l'histoire du monde extérieur ; ce qui est modifié, c'est un fait psychique, donné dans le présent (comme tout ce qui fait la vie psychique) mais imputé au passé. Il doit être évident qu'il ne s'agit pas d'un effet de causalité antérograde exercé par un événement sur un autre évènement qui lui serait antérieur, idée inacceptable ; il s'agit d'une implication (ce qui est bien différent d'une causalité, Piaget y avait insisté) où un fait psychique modifie un autre fait psychique considéré comme antérieur.

Face au très difficile problème du déterminisme dans la vie psychique , c'est là, de toute évidence, une voie de recherche beaucoup plus intéressante que celle du « hasard » au sens des théories et des techniques probabilistes (les méthodologies axées sur le calcul statistique) ([6]).

Publié par vdrpatrice à 12:50:32 dans Résistances... | Commentaires (0) |

Roger Perron, l'épistémologie et la recherche en psychanalyse. (5° partie). (Modifié le 20 novembre 2008). | 02 novembre 2008

e) La relation du connaissant et du connu

Il s'agit ici de la question fondamentale de toute réflexion épistémologique : la relation entre l'appareil de la connaissance et le statut des réalités dont il traite. Jusqu'aux années 1920, le dogme scientifique prescrivait au chercheur de ne considérer comme du domaine de la réalité objective que des phénomènes posés par principe comme existant, tels qu'il les observe, antérieurement à l'acte même d'observation et indépendamment de cet acte. [Ce prétendu « dogme » est toujours en vigueur, nécessairement, dans les vraies sciences. Il faut une séparation entre le Réel, ou la Nature, et l'homme qui cherche à la comprendre en tentant de lui appliquer ses « réalités », c'est-à-dire ses théories. Sans cette distance, aucune variable indépendante, aucune preuve véritable ne peut être échafaudée. De plus, par leurs engagements ontologiques, les scientifiques se doivent de préciser ce qu'ils considèrent comme « Réel » dans leur objet de recherche et donc ce sur quoi devra porter l'effort de recherche ultérieur.]. L'objectif et le subjectif s'opposaient radicalement, et la rigueur scientifique obligeait à chasser de la démarche de connaissance toute inflexion procédant des particularités individuelles de l'esprit connaissant ([7]). [C'est toujours la seule et unique méthode qui soit viable, même si elle comporte d'indéniables difficultés.] La physique quantique a bouleversé tout cela, en acceptant - en intégrant comme un de ses principes fondamentaux - que l'acte de connaissance peut produire le connu tel qu'il est connu, de telle façon que l'idée même d'un connu existant antérieurement à cet acte, indépendamment de cet acte, n'a plus de sens. [...Du comique involontaire. Jamais la physique quantique n'a même supposé des sottises pareilles. C'est la honte. Mais reprenons la partie importante de la phrase de Perron : « (...) l'acte de connaissance peut produire le connu tel qu'il est connu ». Avec cette phrase on est en plein et dans l'erreur de Kant et dans l'apriorisme absolu ou déterminisme prima faciae et absolu. Pourquoi est-ce significatif de l'erreur de Kant ? Parce que Kant, comme nous l'avons déjà précisé plusieurs fois sur ce blog, pensait que la connaissance pouvait être valide a priori influencé qu'il était par l'observation des sciences de son temps comme les mathématiques ou la mécanique newtonienne, qu'il croyait abouties et donc valides a priori. Nous allons donc reprendre un passage d'un de nos textes, intitulé « Déterminismes, indéterminisme et justification de la théorie de l'inconscient de Freud » « il n'y a pas d'autre solution pour Freud que d'imposer dogmatiquement son inconscient comme une loi de la Nature qui serait valide a priori (dans un sens kantien), et par suite d'affirmer qu'il détermine tout  dans la vie psychique des individus ou qu'il la  « prescrit » . En effet, selon l'apriorisme de Kant en matière de théorie de la connaissance dont Freud semble s'être inspiré, « l'entendement ne puise pas ses lois...dans la Nature mais les lui prescrit » (Kant). C'est-à-dire qu'à l'instar de Kant qui croyait que les lois de la Nature étaient valides à priori en observant les sciences de son temps comme la physique Newtonienne, Freud a imaginé que les « Lois » de l'inconscient pouvaient elles aussi être valides à priori (en faisant de lui le « scientifique héroïque », le « Galilée » de son temps en matière de psychologie)  puisque, selon Kant « il y a beaucoup de lois de la Nature que nous ne pouvons connaître que grâce à l'expérience, mais la conformité à des lois dans la liaison des phénomènes,...en général, nous ne pouvons la connaître par aucune expérience, parce que l'expérience même a besoin de ces lois qui sont le fondement a priori de sa possibilité . La possibilité de l'expérience en général est donc, en même temps, la loi universelle de la nature et les principes de la première sont les lois mêmes de la seconde ». Ceci pourrait amplement justifier, selon les psychanalystes, les « confirmations » par observation ou expérience directe des phénomènes (grâce à quelques énoncés singuliers portant sur la réalité), de la loi de l'inconscient, selon toute circularité, car comme le souligne Kant ci-dessus  « ...l'expérience même a besoin de ces lois qui sont le fondement a priori de sa possibilité.» Mais, selon Popper, « la déduction transcendantale, la tentative pour prouver qu'il y a des régularités au sens des lois de la nature valides de manière strictement universelle, n'est pas concluante. La thèse selon laquelle l'expérience est possible en toutes circonstances - autrement dit : selon laquelle le monde doit pouvoir être connu en toutes circonstances - est impossible à prouver. Elle n'est pas seulement impossible à prouver, mais encore absolument irréfutable. Car la thèse selon laquelle l'expérience est possible ne peut jamais être falsifiée empiriquement, l'impossibilité de connaître le monde ne pouvant jamais être connue. Aussi longtemps qu'il y a de l'expérience et qu'il y a de la connaissance de la réalité, le monde doit être connaissable. Mais cette thèse - aussi impossible à prouver qu'à réfuter - de la connaissabilité du monde donne lieu, elle aussi, à une antinomie indécidable. » (Karl Popper, « Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance ». Hermann). Donc, si comme le prétend Perron l'acte de connaissance peut produire le connu tel qu'il est connu, on cherchera en vain, la nécessité d'un recours à l'expérience puisque dans l'acte même de la connaissance (mais en quoi consiste cet acte dont parle Perron ?...) se trouverait déjà le résultat parfait de ce qu'elle doit produire ! Mais comment le produirait-elle sans que cet acte ait recours, à un moment ou un autre à l'épreuve des faits ? Il n'y a que trois solutions. La première, Perron est obligé d'envisager le recours à l'expérience, mais il le voile, et dès lors, il se contredit. La deuxième, Perron considère que les théories de Freud sont vraies a priori et que Freud nous a pondu des vérités révélées parce que l'acte de connaissance de son introspection au cours de son auto-analyse mythique aurait bien permis à Freud de produire le connu tel qu'il...le connaissait déjà avant de débuter son introspection, ce qui veut dire que cette méthode ne peut rien trouver d'autre que les confirmations et les attentes qu'elle se forge elle-même pour pouvoir commencer. La troisième est que l'acte de connaissance serait à ce point performant qu'il réaliserait le déterminisme absolu post faciae. C'est-à-dire que le recours à l'expérience permettrait de produire des résultats qui correspondraient exactement à nos attentes ou à nos hypothèses de départ. Voilà une supposition complètement opposée à la physique quantique et à ses résultats propres ! Mais dans la seconde partie de son assertion, il nous semble que Perron assimile le terme connu au Réel. Il écrit : de telle façon que l'idée même d'un connu existant antérieurement à cet acte, indépendamment de cet acte, n'a plus de sens. Qu'est-ce que cela veut dire si on prend ce qu'il écrit au pied de la lettre ? Cela veut dire, pour Perron que le Réel n'existe pas indépendamment des théories, ou de la réalité par laquelle nous essayons de le comprendre. On est proche maintenant de l'erreur de Hegel lequel pensait que tout ce qui est Réel est rationnel et que tout ce qui est rationnel est Réel. Pourtant il fut  bien nécessaire à la physique quantique d'avoir eu des engagements ontologiques pour décrire ce qu'elle considérait comme Réel, et donc ce sur quoi allait porter son effort de recherche. Lorsqu'elle explique ses objets d'expérience, la physique quantique ne peut se passer de se distancier d'eux grâce à la réalité qu'elle construit, via l'expérience, indépendamment d'eux. Mais, en définitive, c'est tout ce fatras écrit par Perron qui n'a ni queue ni tête (...). Il suffit de réfléchir un peu : comment est-ce que le connu, qui est donc en toute rigueur, le produit fini d'un acte de connaissance issu de l'expérience, pourrait-il exister avant même d'avoir pu être produit par ce dont il dépend directement, à savoir cet acte de connaissance issu du recours à l'expérience ?? C'est sûr, comme le dit Perron que cela n'a pas de sens... Ce que nous voulons dire ici, c'est que Perron a construit une phrase dont l'ambiguïté est source de conséquences absurdes. C'est absurde si l'on admet que Perron assimile le terme connu au Réel, c'est-à-dire avant tout acte de connaissance qui soit issu de recours à l'expérience, et c'est tout aussi absurde si l'on admet qu'il assimile ce terme au produit fini de cet acte de connaissance. Pour faire plus court, Perron ne débite que des absurdités, en se piégeant lui-même dans sa propre verbosité.]. Ce qu'on voit dans la caverne de Platon n'est pas le reflet d'une réalité extérieure à la caverne : c'est la réalité. [Oui, c'est la réalité, c'est-à-dire quelque chose que nous avons construit sur la base de notre système d'attentes, et de nos connaissances. Mais cela ne correspond pas exactement au Réel, mais tente de lui correspondre au mieux. C'est pour cela que les « réalités » construites mais dépendantes de la faillibilité universelle de l'homme, sont toujours susceptibles d'être révisées et d'être améliorées grâce à des tests. Si le Réel n'existe plus en dehors de nos « réalités » ou en dehors de nos théories, alors, pourquoi les chercheurs essaient-ils constamment et toujours, malgré la physique quantique, de soumettre ces théories aux faits du « Réel » ? Les freudiens ont de toute évidence procédé à une généralisation abusive et croquignolesque des conclusions de la physique quantique.].

Face à ce problème épistémologique fondamental, la psychanalyse est dans une situation unique, sans analogue en aucune autre discipline : l'appareil connaissant, le psychisme, y coïncide avec ce qu'il doit connaître, le psychisme. [L'objet d'étude ne peut donc jamais être indépendant de celui qui veut l'étudier. Donc pas d'avenir scientifique voire même simplement explicatif pour la psychanalyse qui restera une théorie zéro.] On pourrait objecter qu'il n'y a pas en fait coïncidence, puisque il s'agit d'une part de l'appareil psychique de l'analyste, d'autre part de celui du patient. Mais l'objection est-elle recevable ? Car, côté patient, la règle fondamentale de la psychanalyse est bien celle du vieux précepte : « connais toi toi-même... », et toute technique qui ferait du patient l'objet passif des interprétations imposées par l'analyste serait pure trahison. Du côté de l'analyste, nous savons bien qu'un tel travail n'est possible que s'il prend d'abord son propre psychisme comme objet de connaissance, par une auto-analyse indéfiniment reconduite. Nous savons aussi que dans le cadre de la cure tout cela se joue dans le jeu du transfert et du contre-transfert, de sorte que les deux appareils psychiques ne sont pas, de loin, aussi distincts qu'il pouvait paraître. [La messe est dite].

On semble ici se heurter à une impasse bien mise en lumière par le théorème de Gödel, selon lequel on ne peut connaître un système que par les moyens d'un système de niveau supérieur. D'où il devrait découler que le psychisme ne peut se connaître lui-même. Or il peut se connaître, c'est un fait. [Non, justement, ce n'est pas un FAIT. L'introspection comporte des impossibilités indépassables déjà bien mises en lumière par Wittgenstein. Et Popper a clairement montré l'impossibilité logique de l'auto-prédiction]. Alors, y a-t-il là une impasse logique ? Non sans doute. [Oui, sans doute.]. Car la solution est de considérer que le « système de niveau supérieur », c'est la relation patient - analyste, telle qu'elle s'établit dans cet « espace analytique » qu'avait si bien défini Serge Viderman. [Mais comment cette « relation » pourrait-elle être ainsi détachée du patient et de l'analyste, puisqu'elle leur serait « supérieure », sans être incarnée par l'un deux ou les deux en même temps ? Si c'est une sorte de métaphysique de l'inconscient qui planerait au-dessus des deux personnes (patient et analyste) et qui leur serait « supérieure », qu'est-ce qu'elle représenterait ? Le « sujet freudien » (c'est-à-dire, pour Borch-Jacobsen, Freud lui-même) ? Ou une autre forme désincarnée d'inconscient ? C'est bizarre, mais cela est certainement issu de cette farce hégélienne consistant à croire que « tout ce qui est réel est rationnel, donc tout ce qui est rationnel est réel » et par conséquent que ce système « de niveau supérieur » qu'est la relation patient-analyste, serait aussi « Réel » parce qu'il serait incarné sans le patient et l'analyste !? Ou bien alors cela voudrait dire que la relation patient-analyste leur permet de mettre leur inconscient ou leur conscience respective dans une sorte de lévitation au-dessus de leur psychisme (conscient et inconscient) et de se constituer ainsi en « garde fou ». Quoi de plus utile, en effet...].

f) Reformulations théoriques et nécessité du consensus

Quelles que soient ces difficultés, le chercheur poursuit vaillamment son chemin. Vient le moment où son travail débouche sur ce qui était son but ultime : reformuler des hypothèses, remodeler leur substance conceptuelle, de sorte que seront intégrés en un ensemble plus cohérent un plus grand nombre de faits mieux établis ([8]). [Pffiou...Ils sont forts pour les postures, mais hélas, de la posture à l'imposture il n'y a qu'un pas que les freudiens franchissent à grandes enjambées].

Encore faut-il que cela se sache. Une avancée scientifique qui satisferait à tous les critères d'une bonne démarche serait-elle une avancée scientifique si personne n'en savait rien, hors son auteur qui l'emporterait avec lui dans la tombe ? En 1865, Gregor Mendel établit deux lois fondamentales de l'hérédité ; mais il met fin à sa carrière de chercheur deux ans plus tard, car il doit se consacrer à ses nouvelles fonctions de supérieur de son monastère. Son travail restera à peu près totalement ignoré de la communauté scientifique. En 1900, trente quatre ans après, Hugo de Vries formule ces mêmes lois, et on exhume alors le travail du moine morave. Supposons que personne, jamais, ne s'en soit rétrospectivement avisé : pourrait-on dire alors qu'une avancée scientifique majeure a eu lieu en 1865 ? (cf Jean Rostand, 1945).

La question n'est pas que théorique. La science actuelle n'est plus faite par des individus isolés. [La vraie science n'a jamais procédé de manière isolée avec son chercheur reclus, par exemple dans une auto-analyse introspective, rejetant tous les témoins, dénigrant les travaux concurrents et la méthode expérimentale avec. Ni De Copernic à Mendel, aucun vrai scientifique n'a jamais travaillé de manière isolée, mais s'est toujours efforcé de reprendre de manière explicite et critique les travaux de ses prédécesseurs, car, contrairement à la psychanalyse, le rationalisme critique a toujours été la cheville ouvrière de la Science.] Elle procède sur un modèle industriel, surtout dans les sciences « lourdes » qui exigent beaucoup de personnel, beaucoup de temps, beaucoup d'équipements, et donc beaucoup d'argent, un argent que veulent rentable ceux qui en disposent. Chercheurs et équipes font tout leur possible pour que leur travail soit connu, et reconnu : les carrières et les financements en dépendent. Le consensus est la condition indispensable du progrès scientifique. Le consensus de qui ? des pairs bien sûr, des collègues compétents pour en juger. Ce n'est pas facile, car viennent y objecter la compétition, la jalousie, le poids des idées reçues, la crainte de voir démolie la cathédrale scientifique qu'on a mis si longtemps à bâtir et à orner... ([9]),

La situation est bien difficile en psychanalyse : comment s'assurer du consensus des pairs, et d'abord, qui sont les pairs ? Depuis ses origines ou presque, le mouvement psychanalytique est agité d'innovations et de variations qui développent des divergences théoriques et des oppositions de groupes qui vont de la discussion théorico-clinico-pratique courtoise à l'anathème et au schisme : qui fait partie de la communauté des pairs ? [Il n'y a jamais eu d'autre véritable consensus qu'autour des éternels dogmes de Freud. Le « pair-princeps » par excellence.]. Et à supposer qu'on s'accorde localement sur une telle communauté, quels critères mettra-t-elle en œuvre pour déclarer qu'une avancée scientifique vient d'être opérée en psychanalyse ? On voit bien que c'est là à peu près impossible. D'où ce constat : le développement de la psychanalyse n'est pas passé par des « découvertes », mais bien par le fait que l'accent est mis sur « quelque chose », à un certain moment et dans une certaine sociologie locale. [Bravo et merci. Tout cela est rigoureusement exact.]. Dans les meilleurs cas fleurit alors un mouvement d'authentique recherche théorico-clinique qui s'intégrera de façon (probablement) définitive au corpus général de la psychanalyse (exemple entre bien d'autres, la notion d'espace transitionnel de Winnicott). Il n'y a peut-être pas alors d'autre critère que celui de la durabilité de cette intégration ([10]).

 

Publié par vdrpatrice à 12:49:33 dans Résistances... | Commentaires (0) |

Roger Perron, l'épistémologie et la recherche en psychanalyse (Fin). Modifié le 3 novembre 2008. | 02 novembre 2008

3. Quelle recherche ? Montrer, démontrer

Si le psychanalyste invité à « faire de la recherche » souhaite s'engager dans cette voie, de quelle voie s'agit-il ? Que peut signifier pour lui « recherche » ? Va-t-il se proposer de montrer que ce qu'il fait est « scientifique », et de plus utile ? ou va-t-il, de façon plus ambitieuse, prétendre le démontrer ? Les deux termes ne sont évidemment pas identiques : on peut démontrer une proposition mathématique, on peut seulement, sauf à abuser des mots, montrer la beauté d'un tableau de Vermeer. Je pose ici qu'on peut montrer ce qu'est et fait la psychanalyse - pour comprendre l'homme, pour améliorer son destin- mais qu'on ne peut guère le démontrer. [Ah...Pourtant, ce beau projet ne me semble pas pouvoir éviter les problèmes suivants : si les psychanalystes entendent donc se limiter à montrer ; veulent-ils que l'on considère et que l'on apprécie la valeur objective de leur descriptions, ou non ? Que veulent-ils au juste ? Il faudrait être clair. Comment comptent-ils s'y prendre pour démontrer que leurs descriptions sont valides, utiles (comme ils disent), ou mieux, dans un cadre scientifique, qu'elles correspondent aux faits ? On s'en rend compte, si la psychanalyse doit éprouver, à un moment ou à un autre, le besoin de se justifier, donc de justifier la valeur des descriptions qu'elle offre à son public, elle ne peut éviter de démontrer que ses descriptions ont une certaine valeur laquelle nécessite des critères objectifs pour être reconnues en tant que telles...Il ne peut donc y avoir d'authentique science descriptive qui n'évite de se justifier, (et le but de la science est de décrire au mieux la Nature), qui puisse donc se passer de la démonstration de la validité ou du degré de correspondance avec les faits de ses descriptions. C'est logiquement incontournable, et c'est encore Karl Popper qui en a le mieux réalisé la...démonstration ! Mais maintenant, quelles sont les implications d'un projet qui voudrait seulement et uniquement décrire, ou montrer, en se passant totalement de la démonstration, donc d'éviter d'avoir à se justifier devant des critiques potentielles ? Et bien ce projet impliquerait qu'il soit considéré comme un apriorime théorique dogmatique pouvant guider l'observation et ne nécessitant, en lui-même aucune démonstration de sa validité ! Déterminisme aprioriste et absolu. Perron montre aussi que la méthode de recherche en psychanalyse n'a strictement pas évolué d'un iota et n'a en plus pas l'intention de le faire, depuis ce qu'à écrit Freud dans les premières pages de Introduction à la psychanalyse, je cite : « La conversation qui constitue le traitement psychanalytique ne supporte pas d'auditeurs ; elle ne se prête pas à la démonstration. (...) Quant aux renseignements dont l'analyste a besoin, le malade ne les donnera que s'il éprouve pour le médecin une affinité de sentiment particulière ; il se taira, dès qu'il s'apercevra de la présence ne serait-ce que d'un seul témoin indifférent. Vous ne pouvez donc pas assister en auditeurs à un traitement psychanalytique. Vous pouvez seulement en entendre parler et, au sens le plus rigoureux du mot, vous ne pourrez connaître la psychanalyse que par ouï-dire. Le fait de ne pouvoir obtenir que des renseignements pour ainsi dire, de seconde main, vous crée des conditions inaccoutumées pour la formation d'un jugement. Tout dépend en grande partie de degré de confiance que vous inspire celui qui vous renseigne. » (S. Freud. Introduction à la psychanalyse. Edition Payot, page 8).].

Certes, on peut définir des systèmes de repérage et de notation systématisée de certains aspects du fonctionnement psychique, pour en évaluer l'éventuelle modification au fil d'un traitement. [Donc ici, on chercherait à montrer une modification à l'aide d'un outil dont il faut démontrer le bien fondé des théories]. Cependant, plus un tel système tend vers une grille automatisée constituée d'une série d'items à noter en présence ou absence, plus ou moins, zéro ou un, plus on perd de l'information. Ceci à deux niveaux : au niveau d'aspects du réel ainsi réduits à très peu de choses, de sorte qu'on va noter de la même façon des réalités extrêmement diverses, et différemment des réalités proches ; et au niveau des liaisons entre ces réalités squelettiques. On peut espérer naïvement trouver la structure de ces notations fragmentaires en les déversant dans un ordinateur muni d'un programme sophistiqué.... On n'aura guère plus de chances de retrouver une réalité fonctionnelle vivante que si, après avoir réduit la Joconde en confetti, on demande à une machine de refaire le tableau originel. [Mais pourquoi perdrait-on de plus en plus d'informations si la grille automatisée dont il parle pouvait (...) elle-même faire l'objet de recherches expérimentales (en étant pas dépendante, par exemple, d'une forme de déterminisme absolu et aprioriste) ? Car pour concevoir une telle grille, il faudrait des lois qui lui permettent de discriminer les faits psychiques. C'est évident, sinon comment et par qui cette grille serait-elle prétendument automatisée ou systématisée ! En poursuivant les recherches, progressivement, au lieu de soi-disant perdre de l'information, on augmenterait les chances pour la grille automatisée (ou le filet théorique, pour faire référence à Novalis : « les théories sont des filets, celui qui lance, pêchera ») dont parle Perron d'être justement plus performante, d'un patient à un autre, à recueillir d'autres informations inédites lesquelles restaient invisibles pour la version précédente de la grille, dont les lois d'automatisation étaient moins riches en contenu corroboré. Mais, il paraît évident qu'une grille ainsi conçue serait toujours insuffisante à saisir les faits psychiques que prétend saisir la psychanalyse puisqu'ils dépendent, selon elle, d'un déterminisme aprioriste excluant le hasard et le non-sens, donc toute forme possible d'imprécision. Dès lors quels pourraient être le type de lois suffisamment précises qui pourraient permettre de concevoir une telle grille ? Réponse : aucune. Donc Perron a raison, mais sûrement pas selon la perspective à laquelle il pensait au départ, c'est-à-dire la possibilité de justifier autrement la recherche en psychanalyse. Avec Karl Popper, on sait donc qu'aucune grille de ce type ne pourrait réaliser aucun projet dans le cadre de l'analyse. Mais tout cela veut seulement dire que la psychanalyse du fait de son objet d'investigation que sont les associations libres régies par le déterminisme psychique prima faciae et absolu, ne peut être mesure de démontrer quoique ce soit, ni même de découvrir quoique ce soit, en dehors, bien sûr de ce qu'elle a déjà en tête de trouver avec précision.]

D'ailleurs, faut-il démontrer, ne suffit-il pas de montrer ? Faut-il tout démontrer ? Pour continuer à enseigner l'histoire dans les écoles primaires, pour y donner une idée de la littérature classique, pour attirer l'attention de l'enfant sur des valeurs citoyennes, est-il nécessaire de démontrer que ces enseignements sont « efficaces » ? Je ne crois pas qu'il se trouverait beaucoup d'enseignants pour exiger des mesures et des preuves statistiques avant de continuer à travailler...[Encore des amalgames et autres généralisations tellement ridicules qu'elles ne méritent plus aucune attention de notre part...].

Bien des disciplines honorablement connues, comme l'histoire, la préhistoire, l'anthropologie, la sociologie, etc. ne se soucient pas de « démontrer », elles se contentent très généralement de montrer... Certes, il s'agit toujours de mettre des faits en évidence, mais des faits construits par une théorie elle-même mise à leur épreuve. Claude Levy-Strauss n'a pas eu besoin d'une « evidence based sociology » pour montrer ce que sont les structures élémentaires de la parenté. [Mais tout ceci confirme Popper qui ne dit rien d'autre que la tâche essentielle de la science, de toute science empirique consiste justement à échafauder des descriptions de plus en plus fidèles de la Nature. Mais bien sûr aucune science ne peut échapper à la démonstration que ses descriptions sont fondées. D'ailleurs, avec la dernière partie de ce qu'il dit, Perron rejoint encore fois Popper, sur la question de la mise à l'épreuve nécessaire des théories pour soutenir toute description qui soit scientifiquement classifiée. Perron mélange tout, parce qu'il cherche à éviter à la justification de la recherche en psychanalyse, la nécessité, comme l'histoire, la préhistoire, l'anthropologie, la sociologie, etc. d'avoir à démontrer que les descriptions qu'elle échafaude sont fondées. Ceci est tout à fait clair dans l'exemple qu'il donne plus haut sur sa grille automatisée.].

Le problème reste : comment « chercher en psychanalyse » selon des règles admissibles par la communauté scientifique, selon des démarches compréhensibles au-delà de la communauté psychanalytique, tout en préservant la spécificité de l'objet psychanalytique ? A mon sens, il n'existe pas actuellement de réponse vraiment satisfaisante. [Nous sommes d'accord. Et nous irons plus loin : il n'y aura jamais de réponse, tant que la psychanalyse n'aura pas définitivement renoncé au déterminisme psychique prima faciae et absolu, donc peut-être à son objet. Ce qui implique que le projet de  « chercher en psychanalyse », telle qu'elle est maintenant, ne peut réussir, et il ne peut réussir que si la psychanalyse, finalement...disparaît avec son objet !] Cette réponse reste à élaborer ; elle suppose une « nouvelle alliance » ([11]) entre des approches jusque là supposées incompatibles. Le chemin pour y parvenir est long, mais passionnant. Ce texte se veut modeste pierre sur ce chemin.

Références bibliographiques

Allègre C. (2005), Dictionnaire amoureux de la science, Paris, Plon/Fayard.

Assoun P.L. (1981), Introduction à l'épistémologie freudienne, Paris, Payot.

Atlan H. (1979), Entre le cristal et la fumée. Essai sur l'organisation du vivant, Paris, Seuil.

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[1] La forme classique de l'objection est de dire au psychanalyste qu'il joue avec la règle « pile je gagne, face tu perds » : si le patient approuve c'est que j'ai raison, s'il nie j'ai raison aussi puisque sa résistance le prouve. Freud avait fait justice de cette argumentation douteuse ; s'il arrive qu'un psychanalyste raisonne ainsi, il a bien évidemment tort.

[2] L'ambition majeure de la physique semble être aujourd'hui de parvenir à « la grande unification », c'est-à-dire à une théorie qui rende compte de toutes les forces du monde physique, y compris la gravitation ; dans ce cadre,  les discussions autour de telle ou telle formulation de la théorie des cordes ne visent pas à montrer que l'une est vraie et l'autre fausse, elles visent à établir laquelle est la plus utile pour intégrer toutes les forces en jeu.

[3] L'expression « réalité événementielle » me semble préférable à l'expression « réalité matérielle ». On ne peut pas dire « matériels », en quelque sens possible du terme, la plupart des évènements dont l'origine est à situer dans le monde extérieur ; par exemple une colère du père, la mort d'un parent proche,  un évènement sexuel traumatique, etc. L'expression « réalité événementielle » a le mérite de poser clairement le problème fondamental de la réalité psychique : comment s'alimente-t-elle d'évènements du monde extérieur qu'elle contribue à susciter et qu'elle informe ?

[4] Devereux (1967) avait offert à cet égard des réflexions utiles

[5] Exemple météorologique devenu classique, donné par Lorentz, qui a été à l'origine de ces développements.

[6] Sur l'écart entre hasard et chaos, cf Ruelle, 1991.

[7] Il s'agit bien ici des particularités individuelles. Il était admis que le connu était construit selon les lois générales de fonctionnement de l'esprit connaissant (les catégories a priori de l'espace et du temps, le principe de non contradiction, etc.), mais ceci au-delà de toute variante individuelle.

[8] Ce travail sur les concepts et les hypothèses et sur le remaniement de la théorie est discuté dans le texte plus détaillé dont celui-ci est un abrégé.

[9] Henri Becquerel amorce une énorme révolution scientifique lorsqu'il découvre en 1896 la radioactivité des sels d'uranium, un peu « par hasard » mais surtout parce qu'il sait flairer l'important. Lorsque l'évènement est rapporté dans une assemblée scientifique anglaise, un savant éminent s'écrie que c'est impossible, car si Becquerel avait raison, « la loi de conservation de l'énergie s'effondrerait ! ». Ce savant avait raison, du point de vue des connaissances disponibles à l'époque, c'est-à-dire d'une cathédrale de la physique qu'on croyait pour l'essentiel achevée. Mais avait encore plus raison celui qui répondit : « Tant pis pour la loi de conservation de l'énergie ! » (cité par Kohn, 1990).

[10] Un bon test est de parcourir l'index d'un instrument tel que le Dictionnaire International de la Psychanalyse, que je sais utile à cet égard pour y avoir beaucoup travaillé sous la direction de Alain de Mijolla. Cet ouvrage s'efforce en effet de présenter tous les concepts utiles en psychanalyse et sur ses marges, et toujours compte tenu de leur évolution historique, de leur naissance à leur mort éventuelle, en passant par les avatars de leur croissance.

[11] J'emprunte l'expression au titre d'un ouvrage de Ilya Prigogine et Isabelle Stengers (1979), qui ont vigoureusement plaidé pour une « nouvelle alliance » entre les deux cultures, scientifique et humaniste, développées - au prix d'évidents clivages- par notre civilisation occidentale au cours des trois derniers siècles ; une nouvelle alliance permise par le profond remaniement des démarches des sciences exactes depuis près d'un siècle.

 

Publié par vdrpatrice à 12:48:04 dans Résistances... | Commentaires (0) |

Charlatanisme contre Démocratie. | 03 septembre 2008

Voilà encore que les freudo-lacaniens osent s'indigner que l'on tente de réglementer les psychothérapies. Voir ici.

 

(...).

 

Il n'y a pas de démocratie sans état de droit. Le but de l'état de droit est l'éradication de la violence, des escroqueries et des charlatanismes, donc la protection des citoyens par l'intermédiaire de lois votées et promulguées démocratiquement, c'est-à-dire de façon collégiale par des assemblées dont la légitimité est assurée grâce à certaines institutions.

Mais en pratique, la démocratie comporte inévitablement certains paradoxes. Si l'un de ses buts est de protéger la tolérance et ses valeurs contre les intolérants, elle doit être, dans une certaine mesure, intolérante avec eux, et il en va de même avec le problème de la violence. Il est légitime qu'une démocratie puisse faire usage de la violence en certaines circonstances, soit pour protéger les non-violents de la violence, soit pour faire respecter les décisions et les lois qui ont été votées en conformité avec le fonctionnement normal de l'état de droit et de ses institutions.

En quoi consistent les lois juridiques ? Comme les lois scientifiques elles consistent logiquement en des interdictions parce qu'elles donnent des indications plus ou moins précises sur ce qui limite l'action de tout individu dans la société. Les lois sont bien des interdictions parce qu'en précisant les limites de nos actions, elles permettent de définir le contenu empirique de ce qu'il est possible de faire, et tout contenu empirique n'est identifiable que par l'intermédiaire des possibilités qu'il exclut.

Ceci implique que si une loi (juridique ou scientifique) possède une réelle portée empirique, donc est vraiment susceptible de s'appliquer à la réalité, elle doit obligatoirement exclure certains faits. En cela, les lois ont une valeur explicative, et comme le disait Spinoza, c'est précisément parce qu'une loi exclut certains faits qu'elle peut avoir une valeur explicative, donc un contenu empirique et dans le cas de lois juridiques rendre possible la mise en évidence immédiate des « comportements interdits ».

Donc, là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas d'état de droit et par conséquent pas de démocratie non plus. Sans parler de la protection des citoyens qui ne peut plus être garantie.

Egalement, sans loi, pas de liberté d'action qui soit possible en société. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne peut nuire à celle d'autrui, et ce, dans les conditions fixées par la loi. La liberté (qui ne peut jamais être absolue si elle ne veut pas être métaphysique donc sans valeur « réelle »), suppose la possibilité d'effectuer des choix à partir desquels on puisse orienter ses actions. Il faut donc des limites pour que la liberté existe en société, ou comme le disait Hayek, ce n'est que lorsque l'homme a pris pleinement conscience de ses limites qu'il a pu faire pleinement usage de ses capacités.

La démocratie et l'état de droit sont les conditions nécessaires à la protection des citoyens contre les charlatans, les impostures scientifiques et leurs effets délétères. Par conséquent la possibilité puis la liberté de choisir en toute sûreté entre diverses formes de psychothérapies ne peut se passer de règlementation. Tout le problème est de définir la ou les lois afin de satisfaire au mieux à l'amélioration du bonheur de la collectivité. On voit donc l'intérêt « utilitariste » (dans son sens libéral) d'une loi. Selon les libéraux utilitaristes, une loi est bonne, donc utile, si elle permet l'amélioration du bonheur commun. Ainsi, trop de lois ou de mauvaises lois peut nuire au bonheur commun tout autant que leur absence.

Il y a de quoi être scandalisé par ce cri assourdissant de charlatanisme et d'irresponsabilité de la gent psychanalytique qui hurle contre les principes de tout fonctionnement démocratique, car, comme toujours, les charlatans n'ont de cesse d'être en butte avec la loi et les contrôles, seuls garants de la protection des citoyens et de la liberté.

Publié par vdrpatrice à 17:30:16 dans Résistances... | Commentaires (0) |

Les freudo-lacaniens dans leur jus... | 28 août 2008

Chers internautes récalcitrants, rebonjour ! Vous allez encore une fois vous amuser un peu. Aujourd'hui même j'ai tenté une incursion sur un forum huppé de psychanalyse, ici. Pour y faire quoi au juste ? Pour tenter d'y jouer les « infiltrés », certes « offensifs » comme toujours, comme l'a remarqué un citoyen des lieux, mais pas pour y agresser quiconque.

J'ai donc utilisé un nouveau pseudo, « Critical Mass », pour y publier une suggestion sur une page de ce forum. Il s'agissait de proposer l'ouverture d'un espace pour la critique externe de la psychanalyse, en ces termes...

En vous rendant sur le site, vous pourrez lire la première réaction d'un « modérateur » qui se dénomme « cb » (comme « c'est bête », je présume...). Il reprend cette phrase de ma part :

« Je ne serais pas l'avocat du Diable. Mais j'essaierai d'être le Diable. »

...et répond :

« Vous n'êtes pas le diable, vous êtes la morale incarnée ! Faut pas confondre ! »

...et puis me souhaite au revoir.

J'ai bien essayé de répondre, mais mon compte est bloqué, impossible de me connecter à nouveau au forum. Censure ? Bien sûr...

Un autre membre intervient en ces termes, il se dénomme « col chic ». Il écrit :

« Il a été banni? supprimé?

Peut-on savoir pour quelles raisons?

Certes le ton était offensif... mais le débat pouvait valoir d'être mené? Enfin je trouve... »

Mais notre « cb », modérateur de son état, va se lâcher. Il écrit ensuite ceci en réponse à « col chic » :

« Mais elles sont clairement exprimées dans le tournage en rond obsessionnel de notre ami : Le désir d'être une merde comme dit Lacan, voilà qui mérite que l'on se mette de biais ! Qu'en pensez-vous col-chic ?
bien à vous,
cb. »

Pas mal non ?

Mais ça continue, on a ceci :

« Pour ceux ou celles qui n'ont pas compris que notre ami était un chieur (c'est le cas de le dire :lol:... ) ce petit lien vous amusera :
http://samcag.over-blog.com/article-18605857.html »

Ce lien renvoie à mon témoignage sur l'affaire de diffamation dont j'ai été victime sur Wikipédia.fr, où j'ai apporté les preuves formelles d'avoir été diffamé par des gens qui m'attribuaient des propos antisémites que je n'avais pas tenus. J'ai bien apporté la preuve, par les faits, que ce sont des freudiens qui avaient proféré ces propos ! Voilà pourquoi je suis une « merde » et un « chieur ».

Chacun pourra apprécier ensuite la hauteur de vue de ce forum, son caractère ultra-orthodoxe, clos, sectaire. La critique ? DEHORS !

Maintenant on peut faire quelques constats très simples. Voici des gens, les freudo-lacaniens qui veulent être les représentants de la santé mentale, des Lumières, de la Culture, de l'ouverture d'esprit, du respect de la personne, de l'empathie, du contrôle de soi, et bla-bla-bla, et voilà comment ils vous traitent avec cette lâcheté si caractéristique qui est la leur.

Je tiens donc à les remercier de confirmer de tout le bien que je pense d'eux et de leur théorie complètement bidon, de toute évidence, puisqu'elle ne leur a même pas appris à faire preuve de recul, de contrôle et de modération.

Je leur rappelle, à toute fins utiles, que la diffamation est punie par la loi.

P.S. : tout en bas de la page du dit forum, on trouve des liens vers des sites pornographiques et des jeux d'argent, mais il est vrai, comme l'a bien laissé sous-entendre « cb », qu'on se foutait de la morale dans ce forum...

Publié par vdrpatrice à 23:17:41 dans Résistances... | Commentaires (0) |

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