« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».
« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).
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Chers récalcitrants éclairés,
L'aventure pseudo-scientifique de l'immaculée psychanalyse serait-elle en train de ressembler à un chemin de croix ? Dans son numéro du jeudi 2 juillet 2009, Martine Perez, journaliste au Figaro, nous livre les tous derniers résultats de recherches de haut niveau sur les causes de la schizophrénie. Elle entame son propos en ces termes :
« Certains psychanalystes, des "antipsychiatres" ont accrédité durablement dans les années 1970-1980 l'idée que la schizophrénie était une maladie due à des perturbations et des interactions entre parents et enfants. Ces théories, sans aucun fondement autre qu’idéologique, ont durablement culpabilisé des générations de parents, prêts à se coucher sur le divan pour régler des problèmes réels ou imaginaires. Aujourd’hui, trois études publiées dans la revue scientifique Nature confirment le rôle majeur des anomalies génétiques dans cette maladie psychiatrique grave (…) ».
On sait depuis longtemps qu’un autre bastion de la psychanalyse, les causes de l’autisme, est tombé pour les mêmes raisons. Voici maintenant le tour de la schizophrénie. Par ailleurs, le rapport de l’INSERM sur l’évaluation des psychothérapies mettait aussi en évidence de manière claire le caractère foncièrement inopérant des cures d’orientation psychodynamique pour la plupart des troubles mentaux légers ou graves.
Cependant, les scientifiques qui ont corroboré le versant génétique de la schizophrénie ne sombrent pas pour autant dans un dogmatisme qui défendrait un déterminisme fondé sur la seule génétique. Ils envisagent en effet, d’autres facteurs déclanchants de cette pathologie comme certaines infections. Quid de la psychanalyse ? Rien.
Il faut maintenant faire le rapprochement entre l’emprise idéologique, médiatique donc, et pseudo-scientifique de l’Empire freudien en France, son caractère reconnu comme étant bien vide de tout pouvoir explicatif ou descriptif, et la façon scandaleuse dont ont pu être traités certains de ses critiques externes les plus avisés.
L’Empire freudien ne survit donc que pour défendre ses intérêts. Et il est vrai qu’avec un chiffre d’affaire annuel de plus 14 milliards d’euros pour l’ensemble des psychothérapies (dont une très large part est dominée par la théorie freudienne) (Cf. Marie-Jeanne Marti, « Les marchands d’illusions »), tous les gourous défenseurs du totem ne sont sans doute pas prêts de lâcher un tel morceau.
Le combat continue…
Publié par vdrpatrice à 20:30:58 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
Des nouvelles fraîches du front chers récalcitrants éclairés ! Nos amis suédois réagissent et s'organisent. Le "National Board of Health and Welfare" a tout récemment décidé que les thérapies psychodynamiques devaient disparaître des cliniques et hôpitaux du secteur public...
Une cible privilégiée à ce cataclysme : le traitement de l'autisme où, d'un jour à l'autre, le traitement par la psychanalyse disparaîtra totalement.
Tout cela permet l'émergence d'une nouvelle génération de thérapies efficaces et le rejet de la psychanalyse aux oubliettes de l'histoire de la santé publique de ce grand pays qu'est la Suède.
Espérons une réaction en chaîne qui ferait exploser tout le reste de l'édifice freudien, ou ce qu'il en reste, de part le monde, et surtout chez nous, bien sûr.
Mais hélas, comme en atteste l'énergie inépuisable de nos freudolâtres franco-franchouillards dans l'art de la désinformation, de la mauvaise foi, de la propagande et aussi du terrorisme intellectuel, cette idéologie dominante en France qu'est le freudisme, (grand totem de tous ces intellos médiatisés que sont les BHL, Roudinesco, Gori, JAM, Finkelkraut et consort), a encore de beaux jours devant elle si nous ne faisons rien. Mais que faire, justement, me direz-vous ? Et bien c'est simple. Il suffit d'user de son indépendance d'esprit, de son jugement critique, et de faire un effort. Un effort de lecture et d'auto formation sur les critiques externes de Freud et de la psychanalyse, au lieu de se contenter de faire la politique de l'autruche ou de s'endormir sur les dogmes freudiens, tels la théorie de l'inconscient refoulé. Assurément il y a des livres qu'ont peut lire...A commencer par "Mensonges freudiens. Histoire d'une désinformation séculaire" de Jacques Bénesteau, dont l'auteur et le contenu du livre ont été si odieusement diffamés et diabolisés parce qu'ils disaient la vérité avec cette précision, cette richesse et cette ironie qui ne peuvent atteindre que les charlatans et ceux qui se croient pour toujours protégés par leurs capacités à exécuter des triples saltos rhétoriques à chaque assaut de la critique.
L'écran de fumée déployé par les freudiens autour du cristal de la vérité finit de jour en jour par se dissiper. Il pique de moins en moins les yeux...Car la poudre qu'il contient n'est que de la poudre de perlinpinpin, et bientôt c'est eux qui pourront prendre la poudre d'escampette et notre société fera enfin place nette de tous ces imposteurs grands pourvoyeurs d'obscurantisme.
Freud est partout en France, partout. A l'Ecole, dans les programmes de philosophie de terminale ; dans les discours de certains collègues lors des conseils de classe, lesquels ne se rendent plus compte de leurs réflexes intellectuels typiquement freudiens ; dans les propos inquiets des parents ; dans la formation des professeurs ; dans la santé mentale ; le monde de l'entreprise ; le monde du spectacle où les réalisateurs et autres metteurs en scène s'ingénient à créer des histoires et des personnages qui cadrent à ce que Freud à dit. Faire comme-Freud-a-dit voilà le leitmotiv. Et pour eux cela confirme la psychanalyse...Il est aussi présent dans le sport. Bachelard voulait superviser les chercheurs afin de mieux assurer la formation de l'esprit scientifique, mais heureusement ce projet n'a jamais donné lieu, à notre connaissance, à de tangibles avancées dans le domaine scientifique lequel ne doit rien à Freud. Et puis Freud est dans la rue, sur le comptoir du bistrot, dans une dispute de couple, dans les propos de la mouche du coche qui vous reproche sur un ton miéleux d'être trop sévère avec vos enfants. Le freudisme est une véritable gangue qui colle et se colle à tout, mais qui ne retient que ce qui s'y colle. Et quand cela ne colle pas, soit il développe divers stratagèmes pour engluer davantage les faits tout en protégeant la théorie, soit c'est le sempiternel recours à l'attaque personnelle (antisémite, névrosé, fasciste, mage noir des TCC, etc.).
Toute la psychanalyse repose sur une rhétorique du mensonge et de la déformation auto justifiée des faits. Mais le freudien ne "ment pas", il "redonne du sens" (!). Le freudien ne déforme pas les faits, il tient compte de sa théorie selon laquelle l'inconscient n'a pas de logique (!) ou que c'est son ambivalence qui justement autorise à jouer comme il l'entend et selon les circonstances avec la nature des faits. Le freudien ne désinforme pas, il prétend empêcher que des "idées dangereuses" n'atteignent le public et le désinforme. Car pour le freudien être désinformé c'est ne pas être formé, ou formaté à son idéologie, c'est sortir du cadre, s'autoriser un bol d'air frais intellectuel à dose massive d'indépendance d'esprit.
Le freudien veut donc s'imposer partout où il va sans résistance. Si vous dites résister consciemment, pour lui, vous ne vous doutez pas que c'est inconsciemment que vous résistez. Donc que ce que vous dites n'est que le contenu manifeste d'un autre contenu qui lui est inconscient (latent), et qui veut certainement dire autre chose pour lui, de telle sorte que cela cadre toujours avec la théorie qu'il a en tête. Bref, lorsque vous parlez de vos souffrances conscientes, pour le freudien, c'est comme si vous rêviez ! Si vous ne dites rien, vous résistez encore. Votre silence est l'aveu d'une résistance inconsciente. Si vous dites enfin être d'accord, et bien nous sommes d'accord ! Freud a raison pardi ! Voilà comment le freudien peut faire ce qu'il veut avec les faits du réel. Parce que pour lui le réel n'est pas du domaine de la conscience, mais de l'inconscient psychique qui pour l'instant n'est rien d'autre que le produit du premier témoin princeps à l'avoir vu : Sigmund Freud. Le "Dichter" (Borch-Jacobsen) de base, ce poète qui a tout découvert dans le seul cadre de son auto-analyse et qui voulait cloner la Terre entière à l'image de son esprit. En France, on peut dire qu'il a presque réussit. Mais pour combien de temps encore ?...
Espoir...
Publié par vdrpatrice à 23:44:20 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
Avertissement : la revue « Neuro Psy news » vient, pour des raisons budgétaires, de disparaître. Elle avait été créée en 1986 par le Dr Georges Kouchner, père de l'actuel ministre et du Dr Gérard Kouchner, son dernier directeur lequel, malgré son entregent, n'a rien pu faire. Cette disparition est regrettable car il s'agissait de la dernière revue française qui osait encore accoler neuro et psy dans son titre et qui, malgré la séparation des deux disciplines en 1968, maintenait l'idée qu'« il n'y a pas de domaine réservé en psychopathologie dans lequel l'activité mentale serait indépendante des mécanismes cérébraux ». Cette citation heureuse se trouvait dans le premier numéro de la revue sous la plume d'un psychanalyste éminent, membre depuis le début du comité éditorial.
L'auteur de ces lignes (J-P Luauté) qui pendant une vingtaine d'années a intensément collaboré à la revue, relate ici un épisode survenu en 2005 qui lui était apparu significatif du caractère sacré et intouchable de la psychanalyse, et ce malgré l'esprit d'ouverture des personnes qui composaient le comité éditorial (le psychanalyste mentionné était absent). J-P Luauté, auteur pour la revue de plusieurs analyses d'ouvrages - sur commande ou le plus souvent à son initiative - avait proposé la recension que l'on va lire des deux livres de Robert Wilcocks. Sa proposition avait posé un cas de conscience au comité éditorial et, après une vive discussion, avait été acceptée mais à la condition d'être accompagnée d'un encart, que l'on trouvera en fin de cet article. Or c'était la première fois (et seule fois) qu'une recension faisait l'objet d'un tel appel au peuple, c'est-à-dire à un peuple dont on devait respecter les croyances. C'est ainsi qu'il avait interprété cet appel. Le Dr Jean-Pierre Luauté a fait une carrière de psychiatre public. Il est l'auteur de nombreux travaux sur des sujets de neuro-psychiatrie.
***
Maintenant que les vagues provoquées par la publication du « Livre noir de la psychanalyse »(1) - et plus encore par le commentaire plutôt favorable de tel grand hebdomadaire (11) - se sont apaisées, il nous paraît utile de revenir sur le sujet. Non pas tant pour un énième commentaire (les colonnes et le site de l'hebdomadaire en ont accueilli des dizaines), que pour la présentation de deux ouvrages de la même veine par un même auteur Robert Wilcocks, à peine mentionné dans le livre noir.
Il s'agit de « Maezel's Chess Player : Sigmund Freud and the Rhetoric of Deceit »(2) et de « Mousetraps and the Moon : The Strange Ride of Sigmund Freud and the Early Years of Psychoanalysis »(3). Les deux ouvrages se recoupent sur de nombreux points, nous indiquerons par WI et WII celui dans lequel se trouvent les passages qui ont retenu notre attention, en ajoutant en chiffre arabe le chapitre.
Pour qui a suivi depuis plusieurs années les nombreuses parutions d'ouvrages critiques sur la psychanalyse, le « Livre noir » ne contenait pas de nouveauté (si l'on excepte la trouvaille de l'article publié en 1925 par Huxley, joyau d'humour féroce comme seuls les britanniques sont capables d'en écrire). Disons que ce livre a eu le mérite, malgré ses défauts, de porter sur la voie publique un sujet resté trop longtemps tabou dans notre pays. Ses défauts sont ceux qui sont inhérents à ce genre d'ouvrages de compilation à auteurs multiples (quarante !), avec des textes où avoisinent le meilleur et le médiocre, avec de nombreuses redites et, compte tenu de son titre, des oublis curieux sur les dégâts causés par certaines idées psychanalytiques. Comparativement, pour qui voudrait aborder le sujet, on recommandera plutôt la lecture de « Mensonges freudiens » de Jacques Bénesteau (4) qui sous une forme ramassée est tout aussi complet mais avec une verve polémique qui stimule en permanence l'attention (rappelons que le prix de la Société Française d'Histoire de la Médecine avait été attribué à « Mensonges freudiens »).
L'ouvrage de Bénesteau n'est même pas cité dans le « Livre noir » en raison d'une censure avouée, et à notre avis (ayant suivi le procès qui a opposé l'auteur à Mme Roudinesco devant la 17ème chambre) parfaitement injustifiée. Mais l'affaire a été jugée et ceci est une autre histoire.(12) Cette parenthèse pour expliquer aussi pourquoi Robert Wilcocks a refusé, par solidarité avec Bénesteau, de participer au « Livre noir » et aussi probablement pourquoi ses propres ouvrages y sont à peine mentionnés. Nous les tenons pourtant pour essentiels et, dans la bibliothèque idéale d'un psychiatre cultivé, il faudrait, à notre avis, les ranger (au moins l'un des deux et nous avouons notre préférence pour WI) à côté de la Standard Edition, au même niveau que « Les fondements de la psychanalyse » de Grünbaum (5) et que les « Souvenirs d'Anna O » de Borch-Jacobsen (6).
Robert Wilcocks est britannique et son origine, c'est-à-dire sa formation, ont de l'importance. Il est professeur (depuis peu émérite) de littérature française à Edmonton (Université d'Alberta, Canada) et il a consacré vingt ans de sa vie à la critique du freudisme. Il fait partie de ces érudits anglo-saxons (scholars) qui ont soumis les textes fondateurs à une critique impitoyable et parmi ces auteurs il se range avec Cioffi et Crews, du côté des plus virulents. Toutefois son intransigeance concernant l'étendue des tromperies freudiennes va de pair avec la reconnaissance de l'immense talent littéraire de Freud, et Wilcocks explique ainsi son succès persistant auprès du public ainsi que les ravages causés dans les départements d'études littéraires en Amérique du Nord, là où il était bien placé pour en faire le constat désolé. L'application des théories freudiennes aux textes littéraires (WI, 1) repose le plus souvent sur l'argument d'autorité avec le pont aux ânes d'affirmations du genre « la psychanalyse nous enseigne que..., a prouvé que..., etc. ». Mais Wilcocks ne vise pas que des travaux d'étudiants, il épingle des critiques célèbres qui n'ont pas hésité ces dernières années à proposer des lectures psychanalytiques de textes aussi sacrés pour le lettré de langue anglaise que sont « Les grandes espérances » de Dickens, « Moby Dick » de Melville, « Le tour d'écrou » d'Henry James (WI, 8) et même Kipling, chez lequel tel critique célèbre (WII, 6) s'est fait fort de démasquer une homosexualité latente. Wilcocks s'insurge et il oppose à cet imposteur, et à propos justement de l'homosexualité latente, cette citation de René Girard « la latence fournit au prurit démystificateur partout exacerbé une occasion perpétuelle de se soulager sans dépense excessive de matière grise ». Mais c'est la réfutation d'un ouvrage laudateur de la psychanalyse par Peter Brook (WI, 1), auteur que Wilcocks admire par ailleurs, qui lui permet d'introduire ce qui constitue le socle de son argumentation critique, à savoir que tous ces auteurs acceptent les thèses psychanalytiques a priori, en ne se posant jamais la question de leur validité empirique. Wilcocks reprend ici ce qui devrait être selon Grünbaum (WI, 2) le préalable de toute application de la psychanalyse à d'autres domaines que le sien, étant entendu que dans son domaine propre elle aurait dû se soumettre la première à cette obligation... Wilcocks tient à se situer dans la continuité de Grünbaum et comme lui il dénonce la méthode clinique de la psychanalyse avec ses inférences causales étiologiques qui la rendent fondamentalement défectueuse du point de vue épistémique. Reconnaissons ici, à la décharge de nombreux littéraires, que les pièges élémentaires de l'inférence causale ne leur sont probablement pas familiers, sans rien dire de tous ceux qui ignorent la tradition empirique britannique et la pensée de Bacon et de Stuart Mill. Les ravages causés par la diffusion des thèses freudiennes en Amérique du Nord ont été dénoncés il y a déjà quelque temps par Fuller Torrey (7). On dira un mot de la situation dans notre pays.
Reste à s'expliquer les raisons du prestige persistant dont jouissent la psychanalyse et ceux qui s'en réclament. Pour Wilcocks son succès tient, depuis sa création, à l'immense talent de rhétoricien de son auteur et il en fait, en tant qu'écrivain de fiction, non seulement l'égal d'un Kipling, que Freud admirait tant (WII, 6,7), mais un émule d'Edgar Poe. Avec ce rapprochement Wilcocks pénètre au coeur de ce que permet la rhétorique (au-delà de sa définition même) : la tromperie. Mais autant son utilisation par Poe était-elle le moyen de servir la cause littéraire, autant Freud l'utilisait-il, selon Wilcocks, pour le pire : la duperie de ses malades et de ses lecteurs. L'exemple du récit intitulé « le joueur d'échecs de Maelzel » (WI, 5) lui permet d'opposer le pseudo récit scientifique créé par Poe, aux prétendus cas cliniques sur lesquels repose la psychanalyse. Wilcocks démonte brillamment l'art rhétorique de Poe, dont on rappellera qu'il s'était attaqué, dans cette parodie d'étude scientifique, au mystère de l'automate joueur d'échecs que Maelzel exhibait. Dans son argumentation Wilcocks fait référence à Boyle et à son « middle mode of discourse » (WI, 2), c'est-à-dire à la confusion délibérée entretenue par un discours à la fois référencé et métaphysique (par exemple le sens personnel que Freud donnait au terme de castration ou son invention du complexe d'OEdipe et de son universalité). On apprend que Poe, qui savait ce qu'il faisait, et qui était parfaitement conscient de l'effet trompeur obtenu auprès de lecteurs naïfs, avait dû assurer à l'un d'eux, à propos de « La vérité sur le cas de M. Valdemar », qu'il s'agissait bien d'un canular. On admirera le tact de sa réponse « quelques rares personnes y croient (à la vérité) - mais pas moi - et pas vous non plus ». Freud savait-il ce qu'il faisait quand il utilisait le « middle mode of discourse » pour rendre crédibles ses histoires cliniques ? Si pour Wilcocks la tromperie à l'égard d'autrui est manifeste, la question qui reste posée est de savoir si Freud était ou non dupe de ce qu'il avançait ? Cette question divise ses contempteurs et Wilcocks y consacre un chapitre entier (WII, 1). Le titre en est la phrase assassine du prix Nobel de médecine Sir Peter Medawar « la psychanalyse doctrinaire est le plus formidable abus de confiance intellectuel du XXème siècle ». Wilcocks rappelle les conditions historiques dans lesquelles la phrase a été écrite (dans sa recension en 1975 du neurochirurgien, Irving S. Cooper, The Victim Is Always The Same, où Cooper constate que de nombreux jeunes patients atteints de dystonia musculorum deformans qu'il devait opérer n'avaient pas été diagnostiqués et avaient été traités par la psychanalyse), puis il cite longuement les commentaires qu'elle a suscités. Les arguments à charge ne manquent pas : Freud accusé de ne pas examiner ses malades, de choisir systématiquement des diagnostics d'hystérie etc. Ils permettent à Wilcocks de réfuter la position de tous ceux qui trouvent des excuses à Freud. Il s'oppose ainsi, malgré le respect qu'il lui porte à Grünbaum (qui défendait l'honnêteté scientifique de Freud) et il refuse de suivre Webster (8) qui considère Freud comme un prophète messianique propagateur d'une authentique et indéniable mission morale. En revanche il rend hommage à Cioffi qui dès 1974 avait accusé Freud d'être un menteur, alors même qu'il ne disposait pas du formidable outil de travail apporté par la publication en 1985 de la correspondance intégrale de Freud à Fliess. Il rend grâce, à ce sujet, au courage de J Masson qui a exhumé ces documents, même s'il ne partage pas, loin de là, ses opinions. On signalera ici que la publication de l'intégralité de cette partie de la correspondance a été jusqu'à présent différée dans notre pays et que le lecteur francophone ne dispose toujours que de la version expurgée de 1956. L'édition intégrale devrait être publiée en 2006, on verra bien.(13)
Comparant pas à pas les textes publiés par Freud pendant cette période, à ses pensées et à ses préoccupations telles qu'il les confiait à son ami Fliess, Wilcocks s'étend longuement d'une part sur l'effrayante histoire d'Emma Eckstein (WI, 3), d'autre part sur la fabrication du premier rêve, celui de l'injection faite à Irma (WI, 7). Pour Wilcocks la catastrophique opération d'Emma, telle qu'elle n'a jamais été, et pour cause, publiée, devrait même constituer, à l'instar du premier rêve, ce que Freud appelait un cas spécimen (Borch-Jacobsen revendique cette appellation pour le cas Anna O.). Reconstituant la correspondance des deux compères, Freud et Fliess, Wilcocks rapproche de façon humoristique, mais parfaitement pertinente, leurs échanges de ceux de Bouvard et Pécuchet : mêmes certitudes absolues sur un sujet particulier (et ce malgré des connaissances minima) même enthousiasme, mêmes changements rapides de théorie, sans compter l'obsession sexuelle et le désir d'épater le bourgeois et de se faire valoir. Il n'empêche. C'est l'acceptation par Freud de la réalité d'une prétendue névrose nasale réflexe (une des élucubrations de Fliess) qui l'a amené à proposer à Emma Eckstein, qu'il traitait pour hystérie, l'ablation d'un cornet nasal, moyen radical pour supprimer ses douleurs d'estomac, lui ayant été affirmé que celles-ci étaient la conséquence de la masturbation qu'elle lui avait avouée, et qu'il existait un lien entre les tissus érectiles des fosses nasales et les muqueuses génitales !! (On rappelle que Freud pour qui la masturbation était une obsession, était lui-même un client de Fliess à qui il confiait ses fosses nasales détériorées par ses applications répétées de cocaïne). Les conséquences de l'opération d'Emma réalisée par Fliess furent désastreuses avec des écoulements purulents et des saignements, qui obligèrent à faire appel, cette fois, à un professionnel sérieux qui en examinant la malade découvrit une longue bande de gaze oubliée par Fliess...dont l'élimination provoqua un saignement cataclysmique. On ne peut s'empêcher en lisant ce récit d'évoquer encore une fois Flaubert décrivant la calamiteuse opération du pied bot tentée par Charles Bovary avec ses malheureuses conséquences. Une année plus tard donnant à Fliess des nouvelles d'Emma, Freud le rassurait et le disculpait définitivement en lui assurant qu'Emma continuait à saigner... mais qu'elle avait toujours saigné depuis son enfance car c'était pour elle un moyen d'attirer l'attention, ergo que c'était bien une hystérique. C'est en cela que le cas d'Emma Eckstein est exemplaire pour Wilcocks. On y voit en effet Freud à l'oeuvre : remplaçant une causalité exogène aux saignements (les conséquences d'une opération malheureuse) par une étiologie endogène (l'hystérie). Il introduisait là la répudiation prochaine (quelques mois plus tard) de la théorie de la séduction, au profit de l'OEdipe, soit également l'abandon d'une causalité extérieure au profit d'une « réalité psychique » (WI, 6). Or c'est dans cette même lettre, où il rassurait Fliess, qu'il lui racontait l'accueil glacial qu'il venait d'essuyer en présentant devant la Société Impériale de Médecine la possibilité d'une guérison totale de l'hystérie par la mise au jour, grâce à la psychanalyse, d'événements réellement vécus dans l'enfance, sa « neurotica ». On conçoit l'intérêt de ce changement de théorie puisqu'il lui permettait d'éviter dorénavant toute tentative de vérification empirique. La célèbre remarque de Krafft-Ebing qui présidait la séance « cela ressemble à un conte de fées scientifique » (WI, 4) consacrait à la fois le fiasco scientifique de la présentation et le talent de Freud en tant que conteur, mais cet hommage-là, Freud n'était pas prêt à l'accepter. L'injection faite à Irma était, selon Freud, le rêve spécimen de la « Traumdeutung » de 1900. C'est pour Wilcocks un spécimen de tromperie. Au terme d'un examen chronologique minutieux du texte et des lettres il peut en effet affirmer que l'incorporation des préoccupations de Freud concernant la diphtérie de sa fille Martha ne pouvaient pas être datées de son rêve du 24/7/1895, car la maladie n'est mentionnée dans la correspondance que deux ans plus tard. Il estime de plus que ce rêve n'est qu'une concaténation élaborée à partir d'une série de rêves datant de cette période. Et, « psychanalysant » quelque peu l'auteur, il interprète le rêve en fonction des soucis que Freud devait continuer à se faire pour sa carrière, quelques mois à peine après la désastreuse affaire Emma, personnage non mentionné dans le rêve mais clé de sa signification. Cela dit il apprécie la virtuosité du style, le brio du récit monologué et son apparente sincérité, d'où l'impact qu'il a toujours sur les lecteurs naïfs.
Les deux ouvrages de Wilcocks sont agrémentés, si l'on peut dire, de plusieurs « perles » freudiennes, appréciées par les connaisseurs, et que l'on laissera découvrir (WII, 4,8). Il est riche, compétence oblige, en références littéraires dont l'une (WI, 4) qui constitue la conclusion du « double assassinat dans la rue Morgue » pourrait avoir été, selon Wilcocks, la pensée adressée par Krafft-Ebing à Freud à l'issue de sa présentation (à notre avis elle s'applique aussi bien aux sentiments que Wilcocks porte à Freud). On rappellera qu'ayant résolu le mystère, Dupin avait dû affronter la mauvaise humeur du préfet de police, ce qu'il commenta ainsi : « notre ami le préfet est un peu trop fin pour être profond. Sa science n'a pas de base... Je l'adore particulièrement pour un merveilleux genre de cant auquel il doit sa réputation de génie. Je veux parler de sa manie de nier ce qui est et d'expliquer ce qui n'est pas » (dans la traduction de Baudelaire ; la fin en italique et en français dans le texte de Poe, est tirée de la Nouvelle Héloïse de Rousseau). Wilcocks ne se prétend pas un Dupin et il laisse aux hommes de sciences, et particulièrement aux neuroscientifiques le soin d'apporter les réponses aux sujets si superficiellement traités, mais avec tant d'aplomb par Freud. L'ambition de Wilcocks n'est que de préparer le terrain, de le débarrasser de ses détritus et il se définit ainsi comme l'un de ces obscurs « under-labourers » dont parlait John Locke (WII, 8). Commentant (WII, 5) l'hypothèse freudienne liant l'amnésie infantile physiologique à la masturbation, il critique vertement cette fantasmagorie et il estime que la prétention à un « dévoilement de l'amnésie infantile », qui a été à la base de l'épidémie du syndrome des faux souvenirs, en est une des raisons (WII, 5). Une autre étant que Freud n'avait jamais vraiment abandonné la thèse de la séduction infantile, thèse reprise par J Masson et les féministes. Le « livre noir » est discret (prudent ?) sur l'impact social des idées freudiennes, que ce soient celles du Père ou celles de ses épigones. Nombre d'affirmations, devenues des vérités officielles en sont des développements, mais tout autant dépourvus de preuves. Ainsi la nécessité de parler à un professionnel pour éviter le stress post traumatique, l'affirmation selon laquelle l'enfant dit toujours la vérité. Il aura fallu, à ce sujet, plusieurs drames récents pour que l'on revienne au simple bon sens et à la prudence. L'inventaire des méfaits de la psychanalyse tant sur le plan médical que « sociétal » reste à faire, et particulièrement dans notre pays compte tenu de son immense diffusion et de son emprise sur certaines professions.(14) Les mises en garde n'avaient pourtant pas manqué et il fallait être courageux à l'époque de la psychanalyse triomphante pour s'y opposer. C'était le cas de Pierre Debray-Ritzen dont les deux livres (9, 10) ne sont jamais cités par les critiques actuels. Une autre injustice à réparer.
Jean-Pierre Luauté.
Références & Notes
1 Le livre noir de la psychanalyse. Sous la direction de C Meyer. Les arènes 2005
2 R Wilcocks. Maezel's Chess Player : Sigmund Freud and the Rhetoric of Deceit. (Le joueur d'échecs de Maelzel : Sigmund Freud et la rhétorique de la tromperie) Roman & Littlefield ed 1994
3 R Wilcocks. Mousetraps and the Moon : The Strange Ride of Sigmund Freud and the Early Years of Psychoanalysis (Des souricières et la lune : l'étrange chevauchée de Sigmund Freud et les premières années de la psychanalyse) Lexington books ed 2000
4 J Bénesteau. Mensonges freudiens. Mardaga 2002
5 A Grünbaum. Les fondements de la psychanalyse. PUF 1996
6 M Borch-Jacobsen. Souvenirs d'Anna O. Une mystification centenaire. Aubier 1995
7 E F Torrey. Freudian Fraud. The Malignant Effect of Freud's Theory on American Thought and Culture. N Y Harper Collins 1992
8 R Webster. Le Freud inconnu. Exergue 1998
9 P Debray-Ritzen. La scholastique freudienne. Fayard 1972
10 P Debray-Ritzen. La psychanalyse, cette imposture. Albin Michel 1991.
11 le grand hebdomadaire est le Nouvel Observateur.
12 en réalité le procès n'a pas eu lieu sur le fond puisque la « citation » a été rejetée par le tribunal.
13 l'édition française des lettres de Freud à Fliess a bien paru à l'automne 2006, cinquante ans après l'édition caviardée, aux Presses Universitaire de France.
14 l'inventaire des méfaits de la psychiatrie reste toujours à faire sur le plan psychiatrique, notamment en ce qui concerne les soins aux malades les plus graves, les psychotiques. Quelques affaires récentes sont hélas là pour montrer les dangers que les psychiatres publics font courir à leurs patients, et à la société, en voulant calquer leur activité sur celle du psychanalyste en cabinet. Nous y reviendrons.
***
Texte paru dans Neuropsy News vol 5 n° 1 janvier 2006, pages 41-44,
accompagné de l'encart suivant intitulé : « Droit de réponse (sic). » « La teneur des propos de Robert Wilcocks et la coloration volontairement polémique du texte de Jean-Pierre Luauté ont, bien sûr, vocation à susciter des réactions. Voilà pourquoi un droit de réponse est ouvert à tous nos lecteurs et sera publié dans un prochain numéro. N'hésitez pas à nous adresser vos commentaires sur cet article. Ils sont les bienvenus... » Il y eut trois réponses que l'on peut lire, si on le désire, dans le numéro suivant de la revue.
Publié par vdrpatrice à 21:45:02 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
"Il est
rare que la liberté se perde d'un seul coup."
(David HERME,
cité par Friedrich A. HAYEK in : "La route de la servitude.").
"La mort
d'un homme est une tragédie, la mort d'un million d'hommes,
une statistique."
(STALINE).
"La connaissance
de plus en plus poussée des mécanismes physico-chimiques
conduit inévitablement à la conception d'un déterminisme
qui ne laisse que peu de place au libre arbitre, sinon aucune." (Henri
Atlan, in: "La science est-elle inhumaine ?" Essai sur la libre nécessité.
Edition: Bayard. Page 20).
J'oserais dire que de "La solution finale" à "la Lutte finale"...il n'y a qu'un pas qui se franchit au pas de l'oie (les armées des deux camps marchaient au pas de l'oie pour parader)...et qui se mesure en millions de victimes (10 millions et 85 millions). Les questions qui me viennent à l'esprit sont les suivantes : est-ce que cette "marche" ne doit pas être inversée ? Je veux dire : n'est-on pas allé de "la lutte finale" à la "solution finale" ? Les tenants de la première utopie n'ont-ils pas inspiré dans leurs méthodes (voir les pogroms, la famine organisée en Ukraine qui tua 6 millions de personnes) les tenants de la deuxième ? A-t-on le droit de chercher qui est le plus coupable de crimes contre l'humanité entre les deux ? Pour quoi faire ? Certains oseraient vous dire que "l'histoire à jugé" qu'une différence de quelques dizaines de millions de morts n'est qu'un "détail", voire une "statistique" (Staline). Mais attention à ces propos : ils pourraient laisser croire que nous voulons minimiser les horreurs des aventuriers du nazisme pour mieux mettre en exergue celles du marxisme vulgaire (le communisme) à des fins douteuses, ou que sous cette prose infâme se dissimule une provocation révisionniste, ou encore, que nous pensons, comme l'écrivit Hegel, que "l'histoire est le tribunal du monde" ! Ce que vous allez lire maintenant risque de prêter le flanc un sentiment de dérision pour ceux qui considèrent les problèmes évoqués comme dépassés ou plus d'actualité. A ceux-là nous répondons qu'il faut se méfier de vouloir rire de tout compte tenu du nouvel "essor" du nazisme et de l'antisémitisme sur Internet par exemple, et de la vitesse de propagation des idées que ce moyen d'information et de communication permet. "L'ère de l'information" dont parle Bill Gates a eu des effets sur le renouveau de doctrines que n'avaient sans doute pas prévu ceux qui s'indignaient et criaient "plus jamais ça".
Faut-il renoncer également à se poser le problème suivant : pourquoi devrions nous pratiquer une "hypermnésie" du génocide juif et une "hyperamnésie" des crimes du communisme ? (L'on pourra se référer au numéro spécial de la revue "Histoire" consacrée au crimes du communisme). D'autres questions méritent d'être posées, (en tous cas, si elles ont déjà été posées et si on y a déjà superbement répondu, je pense que ne pas oublier ces questions et leurs meilleures réponses fait partie du "fardeau de la raison" (Popper) que doit endosser tout homme libre à qui il incombe de se cultiver en la matière) et Hannah Arendt, Popper, Hayek, Russell, Monod, pour ne citer qu'eux, les ont posées : il s'agit de se demander quelles doctrines, idées philosophiques, théories scientifiques ou pseudo-scientifiques peuvent bien inspirer les doctrines du totalitarisme et de l'élimination en masse, ou de comprendre quels peuvent être les "engagements ontologiques" d'un "programme totalitaire" de transformation de la société.
Nous avons parlé précédemment d'Internet, mais n'oublions
pas que les médias plus vulgarisés comme la télévision
ou la presse écrite, lorsqu'ils se contentent du suivisme idéologique
de quelque pensée unique ou deviennent des instruments de propagande,
peuvent constituer de très puissants moyens de contrôle des
masses et représenter les plus grands dangers contre la démocratie.
Un parfait exemple de ceci est l'emprise réalisée depuis
des décennies sur la société française par
le freudisme et la psychanalyse, emprise orchestrée par Elisabeth
Roudinesco dont l'influence auprès des médias de tout type
est proprement stupéfiante et inquiétante également.
En fait, il serait sans doute plus juste de craindre l'émergence
puis l'impossibilité d'éliminer ce genre d'oppression qu'une
forme de totalitarisme plus "brutale". L'émergence d'un programme
totalitaire de transformation de la Société est toujours
possible, sous une forme plus ou moins sophistiquée. Et que ceux
qui ont une confiance aveugle dans les potentialités de nos démocraties
modernes à annihiler le totalitarisme, sachent bien qu'il n'y aura
jamais assez d'éléments d'information dans l'histoire ou
dans le temps présent pour rendre possible la prédiction
d'un tel programme avec toute la précision requise calculée
à l'avance. Celle-ci nous permettrait d'être absolument sûrs
de pouvoir anticiper ce programme afin d'en écarter définitivement
l'occurrence. Mais rappelons également que rien ne garantit que
de prétendues régularités historiques se répèteraient
exactement selon un même prototype (Popper).
Tout ceci donne à mes yeux encore plus d'importance au problème de l'éducation intellectuelle et philosophique de mes concitoyens, de l'éveil et du maintien de notre esprit critique et de la sauvegarde d'institutions permettant la discussion critique nécessaire au progrès des connaissances scientifiques. Parce que je considère qu'une prise de conscience efficace du danger que représente la tentation du totalitarisme (par une prise de conscience de ce qu'il y a de séduisant dans les fondements philosophiques des doctrines totalitaires), passe en tout premier lieu par une connaissance de l'histoire des idées et des doctrines philosophiques qui ont toujours favorisé son émergence, bien que l'on ne puisse attribuer l'émergence des diverses formes de totalitarisme connues aux seuls effets de quelques théories. Nous conjecturons que cette tentation du totalitarisme peut très bien naître du fait que certains peuvent être déçus de la démocratie, ou du refus d'abandonner le rêve qu'il est possible de construire une société sans défaut, ou même des institutions si parfaites qu'il ne serait plus jamais nécessaire d'en assumer le bon fonctionnement.
Mais il n'y aura jamais aucun système créé par l'homme qui puisse être parfait et le délivrer de ses responsabilités. "Vivre libre en société" suppose donc un activisme permanent et sans cesse amélioré : la lutte "finale" consiste davantage à éviter que le Mal ne l'emporte sur le Bien, parce que croire (ou faire croire) qu'elle consiste à faire en sorte que dans un avenir proche le Bien l'emportera définitivement, c'est commettre une grave erreur car de toutes nos actions nous ne pouvons prédire toutes les conséquences dont certaines sont souvent néfastes, et ce sont ces conséquences qui une fois identifiées nous décident ou non à les corriger ou à les éliminer. Il n'y a donc pas de "Lutte finale" qui ait un sens dans la mesure où nous pourrions un jour nous arrêter de "lutter". Et ceux qui ont cru en "La lutte finale" au cours du XXème siècle, en essayant d'en purger les éléments opposants ou "anti-progressistes", on eut recours à des actes dont les résultats ressemblaient bien à la fin du genre humain. Les meilleures fins que nous sommes en droit d'espérer sans risquer de commettre les horreurs des régimes totalitaires, sont à l'échelle humaine, elles ne relèvent d'aucun "Esprit universel" (Hegel) qui ferait des individus de simples moyens d'action. Par conséquent ces fins là ne supposent jamais que ceux qui doivent les "réaliser" n'en sont que les "simples formes vivantes", ou qu'ils s'identifient directement à la réalisation de la substance d'un quelconque "Esprit universel" (comme l'a malheureusement écrit Hegel). Les individus sont plus que de "simples formes vivantes" et il semble que Popper ait eu raison, de ce fait, de qualifier la philosophie hégélienne ainsi que les doctrines philosophiques ayant inspiré le totalitarisme, de "jargon irresponsable".
La doctrine philosophique qui représente pour moi "l'idée" la plus favorable à une nouvelle émergence du totalitarisme est d'abord la doctrine du déterminisme prima faciae et absolu puis celle de l'historicisme qui lui est logiquement corrélée comme le démontre Karl R. POPPER (Voir les livres suivants: "L'univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme." et : "Misère de l'historicisme"). Le déterminisme prima faciae et absolu suppose que nous aurions le pouvoir de prédire l'avenir ou le comportement de quelqu'un, ou les événements de sa vie psychique, avec n'importe quel degré de précision donné à l'avance parce qu'il serait possible de détenir des théories qui permettraient ce genre de prédiction, en maîtrisant avant la prédiction les mesures possibles à partir desquelles calculer n'importe quel degré de précision dans toutes les conditions initiales avec une exactitude mathématiquement parfaite. Ces théories déterministes auraient donc, en elles-mêmes, suffisamment de contenu informatif pour prédire le cours de l'histoire en étant capables de fournir à l'avance une description parfaite de l'état futur de la Société, ou pour expliquer, en excluant toute part de hasard, les causes des événements de la vie psychique (les émotions, les représentations) de tout individu ou même du plus insignifiant de ses comportements ou "actes manqués". Mais ces théories, parce qu'elles supposent l'élimination du hasard, sont liées à l'obligation de rendre compte de niveaux de précision absolus dans les conditions initiales, donc inaccessibles pour leurs prédictions, et ne peuvent donc jamais réaliser de telles prédictions qui demeurent hors de portée de l'intelligence humaine et à fortiori d'une quelconque machine conçue par l'homme, à moins de supposer, comme Laplace, la possibilité d'un "Démon", c'est-à-dire d'une intelligence surhumaine capable de connaître toutes les lois de la Nature et toutes les conditions initiales liées à l'application de ces mêmes lois (Popper) avec un degré infini de précision, ce qui est impossible. Il ne peut être donné à aucun être humain ou aucune machine de sonder suffisamment loin l'infini pour savoir en quoi consiterait a priori et précisément le contenu d'une "infinie précision", que ce soit dans le cadre d'un projet de prédiction, pour l'être humain, ou d'une tâche d'observation, pour la machine. De ce fait, une "infinie précision" est une proposition qui ne peut avoir de contenu réel parce qu'elle reste insondable a priori pour l'homme. Il n'y a donc pas "d'infinie précision" et par suite pas de prédiction possible selon la doctrine déterministe critiquée par Popper. En effet, si l'on pouvait connaître avec exactitude les "motifs d'agir" de chaque être humain, ne serait-il pas possible d'établir une synoptique complète des besoins de chacun selon une hiérachie exhaustive des valeurs, donc de justifier un projet global et infaillible de transformation de la Société, chose que réfutent Friedrich Von Hakek et Karl R. Popper, et par suite de régir entièrement l'ordre social présent et futur ?
La psychanalyse qui, avec sa théorie de l'inconscient refoulé, exclut toute part de hasard dans la vie psychique et toute possibilité de non-sens psychique (Jacques Bouveresse) ne risque-t-elle pas d'inspirer, ou n'a-t-elle pas déjà contribué à inspirer des idées de cet ordre ? . Popper : "si la doctrine déterministe est vraie, il devrait en principe être possible à un physicien ou à un physiologue ignorant tout de la musique, de prédire, par l'étude du cerveau de Mozart, les endroits sur le papier que celui-ci touchera." (in: "L'Univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme"). Bien sûr, un partisan du déterminisme absolu dira que les individus opprimés sont aussi déterminés à agir pour se libérer puisqu'ils ne peuvent plus supporter leurs oppresseurs. Ce déterministe dira sans doute que le courage de ceux qui se libèrent de l'oppression est déterminé par des lois biologiques, génétiques, ou sociologiques, et que finalement ce sont leurs gènes ou la "Société" qui décident à leur place, ou leur inconscient, bref qu'ils ne sont pas "libres". Il dira aussi que lorsque la biologie aura parachevé sa tâche, nous pourrons prédire les massacres, les attentats suicides, les guerres et les révolutions ! Henri Atlan écrit : "En ce sens, la biologie semble achever cette conquête du déterminisme absolu et, par conséquent, éliminer complètement la réalité de notre expérience de liberté, conçue comme une capacité de libre choix efficiente." Henri Atlan, in : "La science est-elle inhumaine ?" Essai sur la libre nécessité. Edition Bayard. Page 21. Nous ne croyons pas que ce genre de déterminisme, s'il doit être fondateur de lois scientifiques, puisse être absolu, il ne peut être que relatif ou bien demeurer une idée métaphysique nécessaire pour constituer une "idée directrice" pour la recherche : nous avons le droit de penser que nous sommes "déterminés" par des processus génétiques, parce que nous croyons en certaines causes sur certains phénomènes, mais cette croyance ne peut elle-même être fondée que par le fait que les causes identifiées ont été testées scientifiquement et corroborées, donc qu'elles ne sont pas des causes absolues et définitives et que notre connaissance sur elles peut toujours être enrichie grâce à de nouveaux tests inédits. Certes, le sens commun et sa logique, permet aux gens de penser que certaines de leurs croyances peuvent être légitimement "fondées", notamment par la logique inductive, mais ils ignorent le plus souvent que c'est la logique de la découverte scientifique, hypthético-déductive, qui, grâce à sa méthode, permet de trancher entre légitimité d'une croyance au niveau du sens commun et légitimité de cette même croyance au niveau scientifique. Nous ne nions pas que certaines croyances peuvent êtres "vraies" au niveau du sens commun, mais notre conviction (ne reconnaissant pas pour autant un pouvoir absolu à la science), qui prend racine dans celle en la supériorité de la méthode scientifique décrite par Popper, nous amène à penser que ce sont les théories scientifiquement corroborées qui sont les plus proches de la Vérité objective et non les théories issues de la logique du sens commun.
Comme l'a démontré Popper, dans bien des cas, la science se nourrit du sens commun, mais permet de le dépasser. C'est le fait que les causes corroborées selon la méthode scientifique, c'est-à-dire, certains énoncés universels au sens strict assortis de conditions initiales, soient toujours potentiellement réfutables par l'expérience et engendrent de nouveaux problèmes, qui incite donc l'homme de science à diriger ses recherches vers des niveaux d'explication par les causes, toujours plus affinés et "déterminés" mais jamais achevés. Car si la biologie est vraiment une science, alors elle restera à jamais inachevée, tant que les biologistes voudront s'approcher de la Vérité certaine qui est leur idéal inaccessible. "Je suggère que donner une explication causale d'un certain événement spécifique signifie déduire un énoncé décrivant cet événement à partir de deux sortes de prémisses, c'est-à-dire à partir de certaines lois universelles, et à partir de certains énoncés singuliers ou particuliers que nous pouvons appeler conditions initiales particulières." Karl R. Popper, in : "Misère de l'historicisme". Edition Agora, presses pocket. Page 154.
Une des conséquences des théories déterministes ou historicistes, c'est de fonder des idéologies qui peuvent donner l'illusion de rendre inutile la responsabilité individuelle de chaque membre de la Société dans la mesure où l'avenir serait scientifiquement prédictible (l'idéologie marxiste ne prévoyait-elle pas la fin de la lutte des classes après l'avènement du prolétariat comme classe dominante, ce qui fut son erreur fondamentale puisque comme l'a fait remarquer Popper, la fin de tout conflit social et politique est incompatible avec la démocratie, avec le principe de liberté d'opposition et ses implications ?). Mais ce qui est prédictible à un niveau authentiquement scientifique ne peut être absolument certain. Les véritables prédictions scientifiques, parce qu'elles sont réfutables, demeurent toujours ouvertes à la discussion critique, et l'application d'idéologies historicistes ne peut tolérer la discussion critique mais seulement un activisme qui aille dans le sens de leurs prophéties socio-historiques. Dans son livre : "La science est-elle inhumaine", Henri Atlan écrit : "dès que l'on peut prédire un événement futur par une loi, cet événement existe en quelque sorte déjà dans la connaissance qu'on en a et le futur n'apportera rien de plus." Cet argument de l'auteur, fondé par une croyance ferme dans le déterminisme absolu, semble assez proche de l'argument (erroné) de Kant selon lequel la connaissance peut être valide à priori, sauf que la connaissance à priori est toujours hypothétique quand il s'agit de prédictions. Mais la seule connaissance que nous ayons de l'événement prédit avant qu'il ne se produise réellement, n'est qu'une anticipation de cet événement, une conjecture, elle n'est pas l'observation de l'événement produit et de ce fait ne nous renseigne pas encore sur son degré de correspondance avec le résultat de la prédiction. Car, comme l'a soutenu Alfred Tarski, et, à sa suite, Karl Popper : "un jugement est vrai lorsqu'il correspond aux faits"; cela signifie que nous ne pouvons évaluer le résultat d'une prédiction, qu'à posteriori, selon le degré de correspondance des faits produits avec les faits prédits ou conjecturés. Il est alors plus aisé de comprendre que, premièrement, un jugement ou un énoncé, est vrai, selon son degré de correspondance avec des faits empiriques, et que, deuxièmement, il est nécessaire de disposer d'un méta-énoncé pour parler de la correspondance entre cet énoncé (qui parle de certains faits) et les faits évoqués. (Pour ces questions sur le problème de la vérité comme corresondance avec les faits, on peut se reporter au livre de Karl Popper : "Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de connaissance". Edition : Hermann. Pages : 12 et 13).
Par conséquent écrire que "le futur ne nous apportera rien de plus" est une erreur parce que nous ne pouvons savoir, avant que la prédiction se soit réalisée, ce que le futur nous réserve parce qu'il nous est impossible de le prédire avec une exactitude parfaite ou que nous ne pouvons inventer une machine permettant de nous envoyer dans le futur , ce qui ramène toutes les prédictions que nous pouvons formuler au niveau de simples conjectures. Ce que le futur nous réserve, très souvent, ce sont des réfutations même partielles de nos prédictions, puisque celles-ci ne peuvent se réaliser tout à fait parfaitement. Ce n'est que parce que nous avions anticipé, avec une précision relative, une certaine marge d'erreur ou bien parce que nous décidons d'accepter la nécessaire imperfection dans la réalisation d'une prédiction que nous la validons. Ceci nous contraint toujours, dans le domaine scientifique, à renoncer au déterminisme absolu, et à décider, que les théories scientifiques les mieux corroborées ne peuvent avoir atteint aucun degré de certitude, donc relever d'aucun déterminisme absolu. C'est une des raisons pour laquelle le marxisme vulgaire, chaque fois qu'il a été appliqué, a été réfuté par l'expérience humaine, fondamentalement labile et grande génératrice d'erreurs, dans la mesure où la prophétie marxiste au lieu de se réaliser, a scellé le sort de ses infortunées victimes envoyées par dizaines de milliers à la mort ou dans les goulags, parce que chacune d'entre elles constituait une mise en échec possible et évidente de l'utopie planificatrice totalitaire du stalinisme. C'est la seule issue réservée par les idéologies historicistes ou déterministes à ceux qui n'en sont que les moyens et non les fins. L'échec cuisant du stalinisme et du nazisme réfute le déterminisme absolu, il montre que la liberté des individus n'est pas une illusion, contrairement à ce qu'écrit Henri Atlan dans son livre ("le déterminisme absolu où tout est prévu s'exerce à travers nos choix eux-mêmes qui nous sont donnés comme une possibilité, sans qu'ils puissent pour autant changer quoi que ce soit dans la chaîne des causes. Nous avons la possibilité de jouer à être libres tout en devant prendre conscience qu'il s'agit là d'une illusion." Page 54), mais une force réelle puisque c'est aussi l'imprévisible et l'incalculable jeu des relations entres les individus de l'Union soviétique qui a fini par mettre en échec une idéologie et un système d'oppression pourtant conçu pour contrôler la population au maximum. Mais aucun système, même le plus autoritaire, ne peut contrôler indéfiniment toutes les contingences, toutes les occurrences possibles qui naissent spontanément des relations entre les gens et qui créent elles-mêmes de nouveaux problèmes imprévisibles. L'Union Soviétique toute entière, même au temps de Staline, était soumise, malgré l'autarcie, à des contingences intérieures et extérieures inévitables et contraignantes comme le contrôle des autres états vassaux (la Hongrie, la Tchékoslovaquie, l'Allemagne de l'Est...), la course aux armements ou la conquête spatiale, l'entraînant dans une impasse économique et finalement à l'implosion. Tout cela provoquant un ensemble de conséquences imprévisibles qui démontrent que la liberté, même étouffée, existe bel et bien (au-delà d'un déterminisme qui pourrait l'anticiper donc la contrôler totalement), et que, tout comme la Vie ou la Vérité, "elle finit toujours par trouver un chemin". Le Mur de Berlin, né du clivage entre l'Est et l'Ouest, était le dernier rempart de protection des certitudes utopistes et idéologiques, pour le régime d'Union Soviétique, fondé sur le déterminisme absolu et l'historicisme. Mais la liberté, comme manifestation inattendue d'un désir trop longtemps réprimé, s'insinuant d'abord hors de l'Allemagne de L'Est via la Hongrie, s'est enfin révélée, puis cette force colossale et pourtant humaine, a fini par renverser des barrières que l'on croyait définitives. Non, les allemands de l'Est n'ont pas "joué à être libres", ils ont agit en hommes et femmes maîtres de leur destin, et en refusant toute destinée préétablie, ils ont brisé leurs chaînes.
Une autre des conséquences désastreuses de telles théories (fondatrices d'idéologies comme le marxisme ou de mythologies comme la psychanalyse) c'est donc, d'une part, qu'elles permettent de nier le libre arbitre humain, et d'autre part, que cette négation peut entraîner la justification de pratiques visant à supprimer la liberté individuelle. Dans cette mesure, pourquoi tolérer le "libre jeu indéterminé des relations interindividuelles" risquant de faire obstacle à la réalisation d'un grand Idéal, puisque nous détenons des théories, fondatrices des projets de poursuite de cet idéal, qui dans leur contenu démontrent que ce libre arbitre, au fond, ne peut exister, ou qu'il n'est qu'illusion, voire utopie !! Pourquoi ne pas penser que la suppression des libertés individuelles peut s'avérer tout à fait justifiée dans la mesure où l'existence de ces libertés peut gêner la réalisation de ce qui est présenté comme une forme de bonheur suprême ? Pourquoi ne pas s'autoriser à penser concevoir de tels programmes de transformation de la Société, quitte à devoir (re-)commettre les pires abominations, en ayant au préalable complètement bouleversé notre système de valeurs morales, si nous croyons que ces programmes sont légitimement fondés par des théories dont la scientificité et la valeur objective ne feraient prétendument aucun doute ? (Nous pensons qu'il ne faut pas confondre cette quête d'un prétendu bonheur suprême, tout à fait utopique, par la voie du marxisme et de la dictature du prolétariat à ce qui s'apparente à la doctrine utilitariste du libéralisme classique d'Adam Smith ou de John Stuart Mill, selon laquelle il est parfaitement justifié, dans des cas d'urgence (comme une catastrophe naturelle ou une pandémie) de limiter voire de supprimer temporairement certaines libertés dans l'intérêt général, c'est-à-dire, comme le précisent ces théoriciens du libéralisme, "le plus grand bonheur possible pour la collectivité". En effet, le marxisme vulgaire propose d'atteindre le "bonheur suprême" de manière entièrement planifiée à l'avance, donc utopique, ce qui s'oppose à la socio-technique fragmentaire préconisée par Karl Popper dans son livre : "la société ouverte et ses ennemis").
Le déterminisme et l'historicisme contribuent donc à éliminer l'individu et la liberté individuelle en éliminant sa responsabilité parce qu'elle devient entièrement subordonnée à des buts qui l'écrase complètement. Ces doctrines contribuent aussi à nuire au progrès de la Science parce qu'en certaines circonstances (un régime totalitaire par exemple) elles rendent plus difficile voire impossible la libre discussion critique qui est logiquement requise pour la mise en oeuvre des tests intersubjectifs que nécessite le progrès des connaissances scientifiques.
Chacun peut tenir compte de ces questions comme ça lui chante. Mais puisque tellement de personnes sont encore séduites par des théories reposant sur l'espèce de déterminisme que nous évoquons, ceci est peut être la preuve que de telles croyances existent bel et bien. Et ceci tend à prouver également que l'émergence du totalitarisme ("La bête immonde" selon un certain humoriste que nous n'aimons pas) est toujours possible, tout comme le bacille de la peste, si nous renonçons à une certaine forme d'activisme intellectuel, qui se veut d'abord critique sur nos traditions et nos institutions, tout en ne cédant rien à la morale, et à une éthique orientée par une fin suprême : l'individu humain.
Pour répondre à Henri Atlan, citons John C. Eccles, Prix Nobel de médecine, dans son livre "Comment la conscience contrôle le cerveau", édition Fayard, 1994, pages 25 :
"Les découvertes scientifiques sur le cerveau rendent plus nette la distinction entre événements cérébraux et phénomènes mentaux, et pourtant ces derniers ne cessent de nous émerveiller. Le matérialisme d'extrapolation n'est qu'une superstition cautionnée par quelques matérialistes dogmatiques. Il s'apparente à une prophétie messianique, portant en germe un avenir débarrassé de soucis - quelque nirvana pour nos infortunés descendants. L'attitude scientifique véritable, elle, consiste à considérer à l'inverse que les problèmes de la science sont infinis et qu'ils posent un défi permanent à notre compréhension de la nature et de l'être humain."
Publié par vdrpatrice à 11:57:22 dans Karl R. POPPER | Commentaires (0) | Permaliens
La Fontaine...La Fontaine...Si je devais choisir parmi tous les génies de la Terre, et bien ce serait lui. Alors, le génie cela ne se commente pas. Cela se laisse entendre ou bien lire.
Je propose cette fable, qui s'intitule : Les médecins.
Par cette fable de la Fontaine, nous voulons illustrer le fait que considérés comme "médecins" de l'âme, les psychanalystes qui aiment tellement jouer des ambivalences, sont tout à la fois "Tant Pis" et "Tant Mieux", c'est-à-dire une seule et même personne.
Le médecin Tant Pis allait voir un malade
Que visitait aussi son confrère Tant Mieux.
Ce dernier espérait, quoique son camarade
Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,
Leur malade paya le tribut à nature,
Après qu'en ses conseils Tant Pis eut été cru.
Ils triomphaient encore sur cette maladie.
L'un disait : "Il est mort; je l'avais bien prévu.
- S'il m'eût cru, disait l'autre, il serait plein de vie."
Publié par vdrpatrice à 19:35:20 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
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