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Anti-Freud Anti-PsyK

Aux récalcitrants éclairés et opposés au système de la pensée unique à la française. (Utilisez Firefox ou Opera, pour ce blog). Patrice Van den Reysen.

Présentation

Karl R. POPPER.

« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».

« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).





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Censure et soustraction de l'information dans Wikipédia.fr | 16 septembre 2009

Chers récalcitrants éclairés. Voici la partie censurée que j'avais écrite, de l'article de Wikipédia.fr "Cure psychanalytique". On peut féliciter la "Perky", pour son zèle fanatique dans cette nième œuvre de soustraction de l'information typique des freudolâtres. Je ne suis pas l'auteur de la courte portion de texte, figurant en italiques.

 

De nombreux critiques estimerons que le ''sens'' de la souffrance psychique invoquée par les psychanalystes, n'est que co-fabriqué entre l'analysant et l'analyste grâce à la suggestion ou la manipulation ; qu'il n'est que circonstanciel à la cure, et qu'il ne peut que s'amplifier sous l'effet de la dépendance que créé l'analyste entre lui et son patient [1] ; [2].

La notion d'association libre :

La libre association signifie dire à l'analyste tout ce qui vient à l'esprit pendant la séance, avec les mots tels qu'ils viennent, s'appuyant fondamentalement sur le principe d'un ''déterminisme psychique aprioriste et absolu'', lequel, selon Freud, exclut tout hasard et tout non-sens [3] ; [4] ; [5] ; [6] ; [7] ; [8].

Controverse sur le problème de la suggestion :

Concernant la filiation de la technique thérapeutique basée sur l'interprétation des associations libres et l'hypnose, Mikkel Borch-Jacobsen, notamment, estime que Freud n'a pas réussi à se débarrasser de l'épineux problème de la suggestion (pouvant réduire à néant la théorie d'un inconscient qui en soit indépendante), tout comme les défenseurs et praticiens de l'hypnose de son époque. Aux démonstrations selon lesquelles les patients ne feraient que simuler ce que leur demandent leurs thérapeutes, s'ils pratiquent l'hypnose, Borch-Jacobsen démontre comment Delbeuf et ses collègues se sont servi du terme d'inconscient pour annuler celui de simulation afin de protéger efficacement l'objectivité des phénomènes hypnotiques [9]. S'appuyant ensuite sur les travaux d'Ernest Hilgard et de ses expériences sur l'analgésie hypnotique où il suffisait d'interroger le sujet sous hypnose pour que celui-ci rapporte qu'il y a eu tout au long un "observateur caché" qui assistait au théâtre de la transe et sentait la douleur qu'il n'était pas censé sentir [10]. Borch-Jacobsen explique qu'il suffit de faire une autre demande au patient pour obtenir une autre réponse, et que : "l'hypnotisé fait tout ce qu'on attend de lui (tout ce qu'on "suggère"), de sorte qu'on ne peut attribuer aucune caractéristique propre à l'hypnose - pas même l'inconscience [11]. En somme, pour Borch-Jacobsen, la situation de la cure psychanalytique, relativement à l'épineux problème de la suggestion reste identique à celle de l'hypnose : il s'agit toujours d'un "inconscient simulé", suggéré, et non d'une réalité objective, indépendante du thérapeute, et qui s'exprimerait "librement" au détour des associations du patient [12].

Certains critiques, anciens psychanalystes, comme Jacques Van Rillaer, estiment que le seul fait de choisir une cure analytique plutôt qu'une autre relèverait d'un choix qui est bien conscient. Ce choix reposerait indiscutablement sur des connaissances plus ou moins précises préalables de la doctrine, ou des préjugés, ou en tout cas, le souhait qu'elle serait la plus apte à répondre aux questions ou aux problèmes que l'individu se pose en lui-même. Une fois inscrit dans le cadre spécifique de la cure analytique, en présence de son analyste, le patient, sur le divan, serait donc suggéré à se comporter de manière conforme au cadre qu'il a choisi [13].

Demander à quelqu'un de dire tout ce qui lui passe par la tête, est déjà, en soi, une situation anormale, puisque dans la vie sociale, aucun individu ne débite tout ce qui lui passe par la tête. Une telle requête tend à suggérer à l'individu à tenir des propos plus ou moins incohérents, délirants, donc à fabriquer, à la demande, de l'inconscient. Ce principe fondamental, en s'ajoutant à l'effet suggestif du cadre analytique, détruit dès le départ toute possibilité d'associations qui soient vraiment libres. Freud lui-même reconnaît, à plusieurs reprises dans son œuvre ce problème de la suggestion. Il écrit dans sa troisième leçon de psychanalyse : ''« Il n'est pas toujours facile d'être exact, surtout quand il faut être bref. Aussi suis-je obligé de corriger aujourd'hui une erreur commise dans mon précédant chapitre. Je vous avais dit que lorsque, renonçant à l'hypnose, on cherchait à réveiller les souvenirs que le sujet pouvait avoir de l'origine de sa maladie, en lui demandant de dire ce qui lui venait à l'esprit, la première idée qui surgissait se rapportait à ces premiers souvenirs. Ce n'est pas toujours exact. Je n'ai présenté la chose aussi simplement que pour être bref. En réalité, les premières fois seulement, une simple insistance, une pression de ma part suffisait pour faire apparaître l'événement oublié. Si l'on persistait dans ce procédé, des idées surgissaient bien, mais il était fort douteux qu'elles correspondent réellement à l'événement recherché : elles semblaient n'avoir aucun rapport avec lui, et d'ailleurs les malades eux-mêmes les rejetaient comme inadéquates. La pression n'était plus d'aucun secours et l'on pouvait regretter d'avoir renoncer à l'hypnose. »'' [14].

Cette association libre vise d'abord à reconstruire les schémas inconscients et se fonde premièrement sur l'analyse de rêves. Dans ce cas, la libre association permet de retrouver les éléments agrégés par le puissant travail de condensation du rêve : beaucoup d'éléments s'enchevêtrent, se dissimulent les uns derrière les autres et il faudra les dégager, les reconnaître, un par un. La question de savoir si l'analysant retrouve la véritable origine du rêve ou bien s'il en reconstruit une, est une question de peu d'intérêt pour la cure : de toutes façons ce sont des associations qui appartiennent à l'analysant et c'est lui qui leur attribue un sens.

Mais dans ces conditions, on élude volontairement le rôle nocif de toute suggestion ou manipulation de la part du thérapeute, risquant de compromettre l'authenticité des associations libres du patient sur ses rêves, et la règle de l'inconscient, via celle du « sens », se trouve toujours confirmée : que le patient retrouve ses propres rêves, ou ne les retrouve pas, qu'il les « co-fabrique » ou non de manière totalement circonstancielle pendant la cure ; la règle de l'inconscient, et son caractère ''subversif'' et intrinsèquement ''illogique'', selon Freud, ne peut jamais être prise en défaut. Elle donne ainsi tout crédit aux critiques d'irréfutabilité formulées par Karl Popper contre le caractère scientifique de la psychanalyse, et par suite, ses réels pouvoirs de description et d'explication qu'elle prétend fournir.

Dans son livre, « Sigmund est fou et Freud a tout faux », René Pommier, grand écrivain français, décortique l'usage que fait Freud de ses méthodes interprétatives, de son symbolisme, et prétend démontrer que le Père de la psychanalyse triche constamment pour que les faits qu'il relève dans les associations de ses patients collent toujours avec ses projets ou ses préjugés. Selon René Pommier, Freud cherche surtout, en permanence, à ce que les faits cliniques qui l'intéressent, ne puissent jamais contredire les fondements de la psychanalyse et renforcer sans cesse le caractère ''subversif et illogique'' de l'inconscient, tel que lui le conçoit. Pommier écrit par exemple : « On a souvent l'impression, en effet, que, dès qu'il a trouvé un élément dont il peut faire quelque chose, il arrête l'interrogatoire sur ce point, dans la crainte que le patient n'ajoute quelque chose qui pourrait contredire l'interprétation » [15]. Encore : « Les règles de la pensée logique ne jouent pas à l'intérieur de l'inconscient et l'on peut appeler ce dernier le royaume de l'illogisme [Pommier citant Freud]. Mais c'est son propre mépris de la logique que Freud attribue sans vergogne au travail du rêve, un mépris qui lui a permis d'élever son échafaudage bancal de fariboles en ne tenant aucun compte des objections les mieux fondées. Quand on veut faire passer pour des vérités scientifiquement établies des hypothèses aussi arbitraires qu'absurdes, on a évidemment tout intérêt à récuser les règles de la logique. » [16]. Et enfin : « Au total, Freud ne nous raconte guère sur le sujet du rêve que des histoires à dormir debout et l'on se demande sans cesse si Sigmund Freud se fout du monde ou s'il marche sur la tête » [17].

Patrick Mahony, pourtant psychanalyste reconnu, se montre plus agressif encore à l'égard du travail de clinicien de Freud. Dans son livre "Dora s'en va, violence dans la psychanalyse", il écrit : ''« De fait, le cas Dora est couvert de distinctions peu honorifiques. C'est un des plus grands désastres psychothérapeutiques ; une des plus remarquables démonstrations, dans la littérature analytique, du rejet d'un patient pour son clinicien ; une preuve spectaculaire, mais tragique, de perpétuation de sévices sexuels sur une jeune fille, et une justification, écrite et publiée, de ces sévices par son propre analyste ; un cas éminent d'associations forcées et, peut-être, de plusieurs rêves forcés, de remémorations forcée de rêves, voire de remémoration forcée de rêves forcés. Sans exagération aucune, le cas, sa publication et l'accueil qu'il a reçu par la suite peuvent être qualifiés d'exemple de perpétuation de sévices sexuels. Dora avait été traumatisée, et Freud l'a traumatisée une nouvelle fois. Et pendant à peu près un demi-siècle, la communauté psychanalytique a, soit gardé un silence complice sur ces brutalités, soit ignoré celles-ci par adoration aveugle. Il se trouve qu'au début de ce siècle la psychanalyse a pris une position athéiste militante qui se combinait de manière ironique avec un culte de l'adoration du héros et des pratiques d'excommunication »'' [18]. Continuant dans son réquisitoire, Mahony écrit ensuite : ''« En ce qu'elles ont entravé le progrès de la psychanalyse, les réactions erronées, idéalisatrices et hagiographiques à Freud constituent une histoire lamentable et ennuyeuse. »'' [19]. Pour conclure son point de vue, il met en exergue, comme les plus virulents critiques externes du freudisme, l'attitude des analystes à l'égard de Freud : ''« De même, le rédacteur en chef de la Revue internationale de psychanalyse trouvait que les analystes évitaient habituellement de contredire les théories du redoutable père Freud : "Contester les théories de Freud a généralement suscité des réactions d'inquiétude, comme si on perpétuait un outrage sacrilège". »'' [20].

Il est notable de constater, que contrairement aux vœux de Freud de se montrer le plus vigilant possible dans l'usage de ses "pressions" et autres suggestions diverses au cours de son travail clinique, l'histoire de la psychanalyse révèle, au contraire, qu'il n'hésita pas à harceler, sinon même à brutaliser ses patients, pour que leurs associations libres cadrent avec ses théories. Ce point de vue est hélas très largement étayé par la littérature critique que les freudiens ont voulu qualifier de "révisionniste", et à l'heure actuelle, d'après des critiques comme Frank Cioffi ou Jacques Bénesteau, (auteur de "Mensonges freudiens. Histoire d'une désinformation séculaire"), l'attitude du mouvement freudien, à de rares exceptions près, continue de se perpétuer dans la voie de la désinformation de son public.

Le philosophe des sciences Adolf Grünbaum, dans ses livres « Les fondements de la psychanalyse » et « La psychanalyse à l'épreuve », a démontré l'effondrement total de l'enquête étiologique psychanalytique fondée sur l'analyse des rêves par l'interprétation des associations libres. Les critiques de Grünbaum entraînent aussi l'effondrement de la clé de voute de l'édifice freudien : le refoulé inconscient, et ses travaux furent à l'origine du déclin de la psychanalyse aux U.S.A. et du retrait du terme de névrose dans tous les manuels de médecine.

Controverse sur les notions de refoulement et de censure :

La première règle fondamentale se heurte avant tout à la résistance : la ''censure'', qui maintient le matériel pathogène, le refoulé inconscient à sa place la plus enfouie du psychisme du sujet (silence de l'analysant qui n'a "rien à dire" ou dont "le cerveau est vide") et le psychanalyste va essayer d'aider l'analysant à lever cette censure pour lui donner un accès conscient à son refoulé. Les psychanalystes pensent qu'une fois le refoulé devenu ainsi conscient et de manière cathartique, c'est-à-dire en revivant les émotions vécues au moment du traumatisme originel, le sujet pourrait enfin se libérer de ses symptômes et guérir de ses névroses. Le philosophe et psychologue Thierry Melchior estime, de manière critique que le refoulé n'est qu'une donnée totalement arbitraire et que rien ne garantit qu'il ne soit suggéré, dans son contenu, par l'analyste [21], page 66 : "Rien ne permet d'affirmer que les difficultés de vie pour lesquelles les gens viennent voir des psys résultent de souvenirs refoulés (...)" ; page 67 : "A supposer que les difficultés de la vie soient imputables à des souvenirs refoulés, on voit mal comment la psychanalyse serait à même d'en permettre la remémoration. Ce n'est manifestement pas l'association libre à elle seule qui pourrait rendre possible un tel phénomène (si c'était le cas, il suffirait à tout un chacun d'associer librement en solitaire pour résoudre ses problèmes (...)" ; page 68 : "(...) Or, nous savons maintenant que les opérations interprétatives décrites par Freud sont, à la terminologie près, celles de tout symbolisme. Aucune contrainte opérationnelle particulière ne pèse sur l'interprétation psychanalytique ; ce n'est donc pas la nature de ces opérations qui explique les résultats obtenus. Si la psychanalyse est réellement une stratégie particulière (...), elle ne peut l'être au contraire que par la codification préalable des résultats à obtenir. La seule définition possible de l'interprétation psychanalytique sera : une interprétation qui découvre dans les objets analysés un contenu en accord avec la doctrine psychanalytique" (Melchior citant Torodov).

Mais le problème crucial reste posé par la censure. Il s'agit du problème de sa justification en tant qu'agent psychique au sein même du psychisme du sujet. Des polémistes démontrent que toute justification de la censure dans son statut inconscient, entraînerait une régression à l'infini, laquelle rendrait impossible toute justification d'un refoulé lui aussi inconscient et, par suite la justification de la cure analytique dans son ensemble. En effet, si le processus de censure était conscient, c'est-à-dire entre les mains du sujet, ce dernier pourrait, quand il le souhaiterait, avoir un accès direct à ce qu'il refoule, détruisant ainsi le caractère particulièrement enfoui du refoulé nécessitant l'intervention d'un analyste. Il faut donc que la censure soit elle aussi inconsciente et maintenue, en tant que telle, dans son statut. Le problème est alors de savoir ''qui'' maintient la censure dans son statut inconscient. Il faut un autre agent psychique, d'un niveau supérieur, qui soit lui aussi inconscient, et ainsi de suite. Ce problème majeur est une des raisons pour lesquelles de nombreux critiques estimèrent que tout repose sur l'affirmation dogmatique et sans preuve indépendante fournie par Freud de l'existence d'une telle censure. L'autre problème est que la censure, régie par un déterminisme absolu excluant tout hasard [22], se veut être plus intelligente encore que le refoulé puisqu'elle déciderait, à l'insu du sujet de ce qui peut ou non remonter au niveau de moi (qui lui aussi est en partie inconscient pour Freud). En résumé, selon Freud, tout sujet possèderait en lui, un super-ordonnateur de lui-même, régit par un déterminisme qui outrepasse les réalités de l'intellect de l'être humain.

 

Références bibliographies :


[1] Mikkel Borch-Jacobsen. In : "La guerre des psys. Manifeste pour une psychothérapie démocratique". Edition Les Empêcheurs de penser en rond. Paris,  mars 2006. "L'inconscient simulé". Page 32 : " Il n'y a pas un seul univers psychique et une seule méthode pour l'explorer ou le traiter, car chaque méthode psychothérapeutique ou expérimentale produit son univers, en accord avec ceux auxquels elle est appliquée. La psychologie et la psychothérapie ne sont pas affaire de vérité à découvrir ou de science à prouver, mais d'univers à produire, à fabriquer, à négocier à deux ou à plusieurs."

[2] Mikkel Borch-Jacobsen. Ibid, page 42 : "(...) Ce pacte d'ignorance régit pareillement la psychanalyse qui, si elle a abandonné l'hypnose et ses rituels d'induction, continue à demander aux patients d'ignorer pourquoi ils disent ceci ou pensent cela. La règle du jeu analytique exige que les patients ne sachent pas pourquoi ils aiment leur analyste, pourquoi ils ont des rêves œdipiens ou des fantasmes de castration, faute de quoi ces manifestations réputées spontanées de l'inconscient risqueraient fort d'apparaître comme un produit des demandes inhérentes au dispositif analytique lui-même et la théorie psychanalytique ne se distinguerait plus, dès lors, d'une banale entreprise de suggestion. Voilà pourquoi il faut l'inconscient : pour protéger le thérapeute ou le psychologue contre l'accusation de contaminer ses données, pour empêcher que celles-ci n'apparaissent comme le fruit d'une interaction entre le sujet et l'expérimentateur, le patient et le thérapeute. En ce sens, l'inconscient n'est pas quelque chose qui aurait été "découvert" un beau jour par Freud ou par les hypnotiseurs qui l'on précédé. C'est un impératif, une impérieuse demande d'objectivation de la part du psychologue scientifique, sans laquelle son objet n'existerait tout simplement pas : "Sois inconscient".

[3] Sigmund Freud. "Psychopathologie de la vie quotidienne". Chapitre 12 : "Déterminisme, croyance au hasard et superstition".

[4] Sigmund Freud. "Cinq leçons sur la psychanalyse". "Troisième leçon".

[5] Jacques Bouveresse. "Mythologie, philosophie et pseudoscience. Wittgenstein lecteur de Freud". Ed. L'Eclat, Chapitre 5 : "La mécanique de l'esprit". Page 107 : "La croyance au déterminisme mental est évidemment le préalable qui justifie la confiance de Freud dans la méthode dite de l'association libre. Comme l'observe Sulloway, il n'y a, en fait, rien d'aussi peu "libre" que l'association libre. [...]Puisque Freud considérait manifestement qu'il n'y a rien de véritablement libre dans la vie mentale, la technique de l'association libre avait en fait essentiellement pour but de laisser opérer "librement" le mécanisme spontané des causes et des effets psychiques, en s'abstenant, dans toute la mesure du possible, de l'influencer et de l'orienter dans un sens quelconque. Mais, puisque l'association libre doit, en réalité, également être dirigée, pour une part importante, par les questions et les suggestions du psychanalyste, il est évident qu'elle ne peut pas non plus être considérée comme réellement libre en ce sens-là."

[6] Jacques Bouveresse. Op. cit. page 116 : "Timpanaro caractérise la psychanalyse comme étant "simultanément une doctrine qui n'a jamais abandonné certains principes matérialistes et une construction métaphysique et même mythologique. [...]Mais il ne considère pas, comme on le fait souvent, que c'est seulement dans la dernière phase de son évolution que Freud a abandonné l'exigence de scientificité pour l'apriorisme [...] à savoir essentiellement sur la conviction a priori que tous les faits d'une certaine catégorie doivent pouvoir être expliqués d'une façon bien déterminée et qu'ils le seront tôt au tard".  

[7] Jacques Bouveresse. Op.cit. page 121 : "Comme l'on souvent fait remarquer les anthropologues (en particulier Lévi-Strauss), la pensée magique ne se caractérise pas par la négation du déterminisme, mais plutôt par l'adhésion à une forme universelle et particulièrement rigoureuse de déterminisme. Elle exclut le hasard et l'accident de façon beaucoup plus définitive et radicale que ne pourrait le faire la croyance scientifique à l'existence de lois naturelles qui déterminent le cours des événements. Timpanaro soutient avec raison que, dans le cas de Freud, les convictions déterministes invoquées, comme il se doit, au niveau de la "science abstraite" n'empêchent pas par elles-mêmes les explications causales détaillées qui sont proposées pour des cas particulier de relever, somme toute, beaucoup moins de la science proprement dite que de la "magie concrète".

[8] Frank J. Sulloway. "Freud biologiste de l'esprit". Edition Fayard, pages 87 - 88 : "Il ne faut pas penser que les hypothèses philosophiques et métaphysiques de Freud étaient coupées de son travail clinique ordinaire. La croyance de Freud en un déterminisme psychique nous fournit un exemple particulièrement convaincant de cette interdépendance. Non seulement cette conviction commande le développement de la méthode psychanalytique, mais elle a également favorisé le remarquable doigté avec lequel il appliqua cette méthode dans la pratique. Dans le travail scientifique auquel il consacra toute sa vie, Freud se caractérise par une foi inébranlable dans l'idée que tous les phénomènes de la vie, y compris ceux de la vie psychique, sont déterminés selon des règles inéluctables par le principe de la cause et d'effet. "Je dois dire qu'il est parfois de la plus grand utilité d'avoir de préjugés", remarquait-il lorsqu'il décrivait comment cette philosophie déterministe l'avait conduit à mettre le doigt sur la technique de la libre association. [...]Comme clinicien, Freud n'était pas, dans les années 1890, un simple observateur passif des associations libres de ses patients - selon la conception courante, et point toujours injustifiée, qu'on se fait du comportement silencieux du psychanalyste. Bien plutôt, ce qui se révéla décisif pour son programme de recherche en psychanalyse, ce fut son aptitude à conduire pendant la séance d'analyse chacune de ses hypothèses psychanalytiques du moment jusqu'aux limites de ses capacités d'investigation. Freud parvenait à ce résultat en questionnant ses patients avec adresse et opiniâtreté, et guidait leurs "libres associations" selon ses préoccupations théoriques du moment".

[9] Mikkel Borch Jacobsen. In : "La guerre des psys. Manifeste pour une psychothérapie démocratique". Edition les Empêcheurs de penser en rond. Paris, 2006. "L'inconscient simulé". Page 46.

[10] Mikkel Borch-Jacobsen, ibid, page 46.

[11] Mikkel Borch-Jacobsen, ibid, page 47.

[12] Mikkel Borch-Jacobsen. Ibid. Page 49.

[13] Jacques Van Rillaer. « Les illusions de la psychanalyse ». Edition Mardaga.

[14] Sigmund Freud. Cinq leçons sur la psychanalyse. Edition Petite Bibliothèque Payot. Paris, 2001. Troisième leçon, page 39 et 40.

[15] René Pommier. « Sigmund est fou et Freud a tout faux ». Edition de Fallois, Paris, 2008, page 107.

[16] René Pommier. Ibid. Page 81.

[17] René Pommier. Ibid, page 168.

[18] Patrick Mahony. "Dora s'en va. Violence dans la psychanalyse". Edition Les Empêcheurs de penser en rond. Le Seuil, Paris, 2001, pages 234 et 235.

[19] Patrick Mahony. Op. cit. page 235.

[20] Patrick Mahony. Op. cit. page 236.

[21] Thierry Melchior. In : "La guerre des psys. Manifeste pour une psychothérapie démocratique. Edition les Empêcheurs de penser en rond. Paris, mars 2006.

[22] Sigmund Freud. In : "Psychopathologie de la vie quotidienne". Chapitre 12 : "Déterminisme, croyance au hasard et superstition. Points de vue". Edition petite bibliothèque Payot, page 272 : "On sait que beaucoup de personnes invoquent à l'encontre d'un déterminisme psychique absolu, leur conviction intime de l'existence d'un libre arbitre. Cette conviction refuse de s'incliner devant la croyance au déterminisme".

Publié par vdrpatrice à 17:15:03 dans Le Freudisme, la psychanalyse et Wikipédia.fr | Commentaires (0) |

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