« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».
« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).
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<< FIN. | Suite... | Elisabeth Roudinesco et ses méthodes à l'égard de certains faits accablants. >>
En septembre 2003, dans une lettre au Président de la Société Française d’Histoire de la Médecine (SFHM), Elisabeth Roudinesco s’étonna… —« du choix qui a été fait par le jury de la SFHM. Négligeant tout principe d’objectivité, Jacques Bénesteau part en croisade contre ce qu’il appelle les ’’impostures’’ du freudisme. La discipline ne serait à ses yeux qu’une ’’invention mensongère’’, une ’’escroquerie’’, une ’’prodigieuse rhétorique de désinformation’’. »2
N’importe quel lecteur raisonnable non dyslexique, et le jury de la Société Française d’Histoire de la Médecine, furent pourtant assez intelligents pour reconnaître que Mensonges freudiens informe honnêtement le public des études historiques et des faits établis durant le dernier tiers de siècle, tous référencés et vérifiables, qui consolident ces jugements et ces qualificatifs que l’auteur n’a pas créés.
Mais Roudinesco poursuit (lettre à la SFHM) : ’’Quant à ses représentants, de Freud à Lacan, en passant par Jones, Jung, Melanie Klein, Anna Freud, Bettelheim, etc. ils ressembleraient à une cohorte de gangsters psychopathes, désireux de se remplir les poches, incapables de guérir qui que ce soit et protégés par des « réseaux » ou des « sousmarins » leur permettant de s’infiltrer dans les sociétés occidentales pour y diffuser leurs « mythes fondateurs ». […] Obsédé par sa quête des « impostures », l’auteur qualifie Lacan d’« Ayatollah- Khan ».’’
L’expression « mythes fondateurs » n’est pas de Bénesteau, car elle est reprise du lourd Dictionnaire de la psychanalyse de Roudinesco et Plon.3 ’’Gangsters psychopathes’’ n’apparaît pas dans Mensonges freudiens. Par contre ’’gang de tueurs’’ et ’’psychopathe’’ y figurent. Car ’’Gang de tueurs’’ est effectivement utilisé par le psychanalyste François Roustang à propos des ’’pères fondateurs’’ qui furent, écrivait-il, ’’au sens propre, une bande de délinquants, ou un gang de tueurs’’.4 Ernest Gellner, regardant l’épopée homérique de ’’la horde sauvage’’ des fondateurs du freudisme, se demandait de son côté ’’si l’on étudie l’histoire d’une association scientifique ou si l’on s’est égaré dans Le Parrain.’’5 Et Dominique Frischer, bien qu’analysée, avait élevé la nomenklatura freudienne de France au rang de …Mafia.6 Curieusement E. Roudinesco omet la qualification de charlatan (’’quack’’). Cette expression fut pourtant plusieurs fois prononcée au 20ème siècle, au sujet de Sigmund Freud. En mars 1996, nous pouvions encore lire Raymond Tallis, dans la prestigieuse revue de médecine The Lancet : ’’le verdict est constamment négatif : comme scientifique, métapsychologue et diagnosticien de la société, Freud demeure un charlatan.’’7 Le Professeur Tallis rajoutait que Sigmund Freud, par ses méthodes brutales et inquisitoriales, se rapprochait de Ron Hubbard, le gourou fondateur de la ’’scientologie’’. Frederick Crews possède de solides raisons, toutes publiées mais non traduites en France, pour affirmer que Freud ’’était un charlatan’’, et que ’’si un scientifique se comportait de cette façon aujourd’hui, il serait bien entendu renvoyé de son travail, perdrait ses fonds de recherche, et serait déshonoré pour le restant de ses jours.’’8 ’’Ayatollah-Khan’’ n’est pas une invention de Bénesteau, ce vilain rapporteur de mauvaises nouvelles déjà parues. D’ailleurs Ayatollah est un terme couramment employé par des freudiens, volontiers agressifs faute d’argument aussitôt qu’une question leur déplait.9 Connaissant Lacan et ses faits —en petite partie seulement grâce à Mme Roudinesco10— le sobriquet ’’Ayatollah-Khan’’ est trop aimable aux yeux des savants, des consommateurs déçus et d’anciens lacaniens, même en négligeant les cortèges de suicidés. ’’Psychopathe’’ est le diagnostic psychiatrique de l’état mental de Jacques Lacan par un spécialiste, Raymond Tallis, dans The Lancet : ’’Peu de psychanalystes sont aussi ouvertement psychopathes que Lacan, le plus éminent disciple français de Freud.’’11
Comme l’écrivait encore Bernard Raquin, Jacques Lacan fut ’’le fossoyeur de la psychanalyse’’ : « Que Lacan et ses sectaires se déclarent freudiens relève de l’escroquerie intellectuelle. […] François Roustang dans son livre Lacan, de l’équivoque à l’impasse (Minuit) avait comparé les écrits de Lacan et des schizophrènes, exactement similaires. Lacan n’était pas seulement fou, il en faisait profession. […] Nous connaissons tous des gens psychanalysés durant vingt ans, avec augmentation constante des troubles, par la mise sous influence, puis le renforcement des mauvaises décisions inhérentes à cette forme de pensée sclérosée. […] Si vous n’avez que des troubles mineurs, en fréquentant ces gens-là vous développerez vite les mêmes névroses qu’eux. Ils vous humilieront, vous dédaigneront, se prétendront détenteurs d’un savoir sur vous, pour vous soumettre, comme le fait n’importe quel tyran. […] Ce charlatan, piètre écrivain, est responsable de catastrophes thérapeutiques, puisque bon nombre de malades mentaux sont confiés aux psychiatres lacaniens, qui les conduisent ou les maintiennent dans le délire. Il est si facile d’être psychanalyste ! Une pose, un rôle, une armure de langage creux. Il est donc naturel que certains psychiatres incompétents s’efforcent de parler la langue sacrée, pour mieux masquer leur incapacité à être utiles. »
« Lacan n’était pas seulement fou, il en faisait profession » ! Certes ! Nous contemplons sa progéniture autour de nous. Toutefois Raquin nous rassure : « la psychanalyse est aujourd’hui devenue une occupation de vieilles dames ». 12
Toujours dans sa lettre à la SFHM, Roudinesco déclare qu’il ’’existerait un véritable « livre noir du freudisme » dont il faudrait comptabiliser les méfaits, les crimes et les abus. […] on peut se demander quelle est la nature du « livre noir » du freudisme dont parle l’auteur. Que je sache, la psychanalyse n’a enfanté ni goulag, ni génocide, même si certains de ses représentants ont collaboré avec des régimes infâmes.’’ L’expression générique ’’Livre noir’’, maintes fois reprises mais qu’on ne trouve qu’au dos de la couverture de Mensonges Freudiens, est indifférente au contenu des révélations. Par exemple en 1855, un an avant la naissance de S. Freud, on pouvait découvrir le Livre Noir de l’Abbé Denis, puis en 1975 le Livre Noir des Soucoupes Volantes, ce qui nous ramène à notre sujet.13 Elisabeth Roudinesco est à ce jour la seule personne à oser ce rapprochement loufoque de Mensonges freudiens avec le goulag et les génocides. D’où lui vient cette idée incongrue, qu’on ne trouve nulle part dans cet ouvrage ? Cette association personnelle intéressante, une invention sans doute révélatrice mais étrange et illogique, échappe à l’entendement.
Dans sa lettre au président de la SFHM, E. Roudinesco affirmait aussi que –’’comme on peut le constater, le vocabulaire utilisé par Jacques Bénesteau renvoie à une « méthodologie » que nous connaissons bien et qui tend à réduire toutes les formes d’engagement à des stratégies policières fomentées par des lobbies. Son héritier le plus récent, Thierry Meyssan (L’effroyable imposture, Carnot, 2002), s’est illustré récemment par la publication d’un best-seller qui nie l’existence des attaques terroristes sur le Pentagone en les assimilant à une rumeur née d’un complot américain.’’ Encore une fois, quel est le rapport entre Mensonges Freudiens et cette mascarade, ’’L’effroyable imposture’’ ?! Et quelle est cette ’’méthodologie’’ ?!14 L’amalgame absurde est-il destiné à produire la répulsion viscérale, telle son association au goulag et autres génocides qu’elle est seule à fournir ?
Les suggestions de Madame Roudinesco seront plus lourdement assénées au printemps 2004 dans un article des Temps Modernes.15 On y lit en effet (p.244) une construction qui associe Mensonges freudiens et un autre livre condamnable : ’’comme on peut le constater, le vocabulaire utilisé ici renvoie à une méthodologie conspirationniste qui tend à réduire toutes les formes d’engagement à des stratégies policières fomentées par des lobbies, et qui s’apparente à celle bien connue de Roger Garaudy dont le livre, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, fut retiré de la vente en France en 1995, en application de la loi Gayssot du 13 janvier 1990.’’1
En quelques mois on est donc passé de Meyssan à Garaudy. Le reste tenant du psittacisme captieux. Si nous saisissons bien le fond du raisonnement, mais Roudinesco nous prive d’explication, Mensonges freudiens serait l'équivalent de publications maudites, et délivrerait une pensée moralement répréhensible (on dit maintenant ’’nauséabonde’’ pour engendrer le dégoût).
Est-ce bien ce qu’il faudrait lire ? Serait-ce la ’’méthodologie’’ digne d’une « historienne » respectueuse des textes et des lecteurs ? On peut se demander quels buts sont poursuivis dans ces assemblages. Mais nous savons qu’il faut dissuader le curieux de s'informer du contenu de documents embarrassants qu’elle élude en diabolisant leur auteur.
« Pour bien comprendre la signification », il faut se livrer, écrit encore Roudinesco (Temps Modernes, p.248), à « un petit travail d’interprétation ». Mais un petit travail d’interprétation de quoi ? Où sont les faits ? La Dame déclare (p.247) que ’’l’auteur des Mensonges affirme qu’il n’existait aucun antisémitisme à Vienne « entre la fin du XIXe siècle et l’Anschluss »’’. Inutile de chercher ces propos de Roudinesco dans Mensonges Freudiens, ni les termes placés entre guillemets comme s’il s’agissait de citations : ils n’y figurent pas.17 La « signification » est totalement fabriquée. N'importe quelle personne normale ayant lu Mensonges freudiens, histoire d’une désinformation séculaire, avec un minimum d'attention et d’honnêteté, peut constater que l'auteur n’a nulle part soutenu une telle ineptie historique. L’antisémitisme y est évoqué noir sur blanc à plusieurs reprises, et d’ailleurs qualifié d’« endémique à l’époque ». Prétendre le contraire en truquant les textes est une diffamation caractérisée.
Dans ce livre, qu’il suffit d’ouvrir, il s’agit clairement d’une tout autre chose, avec des références d’études dont les nombreux auteurs, de vrais historiens, ne peuvent être suspectés de judéophobie.
Voici tout ce que répète ce chapitre.
L’antisémitisme, indiscutable et prolifique à Vienne du vivant de Sigmund Freud et avant lui, ne fut pas à l’origine du retard de progression de sa carrière universitaire, car c’était « non pas ce qu’il était, mais ce qu’il avait fait qui fut responsable du délai dans l’attribution du titre de Professeur ».18 Henri Ellenberger, au début du chap.7 de son étude (”The Discovery of the Unconscious”, 1970), analysant les raisons du retard à la promotion de Freud, avait déjà conclu : ”Que Freud n'ait pas été nommé plus tôt ne saurait, dès lors, être attribué à l'antisémitisme.”19
Madame Roudinesco rajoute enfin (Temps Modernes, pp.247-248) : ’’l’ouvrage de Bénesteau mêle donc la démarche scientiste à la pire rhétorique d’inspiration antisémite et négationniste’’. On admirera le « donc » autant que le ton. Les quelques 4500 lecteurs de ce livre, l’éditeur, le responsable de collection, des savants, des universitaires, puis le jury de la Société Française d’Histoire de la Médecine, médecins et historiens qui lui attribuèrent en mars 2003 le premier prix à l’unanimité, sans compter les quelques quarante bibliothèques universitaires qui l’ont accueilli en Europe, ne s’en seraient pas aperçu ?! Tous demeurés mentaux, ou complices ? Ce n’est pas sérieux ! Auraient-ils la berlue ?
Publié par vdrpatrice à 20:02:20 dans Jacques BENESTEAU. | Commentaires (0) | Permaliens
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