« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».
« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).
Depuis le 15-09-2006 :
54589 visiteurs
Depuis le début du mois :
2840 visiteurs
Billets :
81 billets
<< Charlatanisme contre Démocratie. | Roger Perron, l'épistémologie et la recherche en psychanalyse (Fin). Modifié le 3 novembre 2008. | Roger Perron, l'épistémologie et la recherche en psychanalyse. (5° partie). (Modifié le 20 novembre 2008). >>
Si le psychanalyste invité
à « faire de la recherche » souhaite s'engager dans cette voie, de
quelle voie s'agit-il ? Que peut signifier pour lui
« recherche » ? Va-t-il se proposer de montrer que ce qu'il
fait est « scientifique », et de plus utile ? ou va-t-il, de
façon plus ambitieuse, prétendre le démontrer ? Les deux termes ne
sont évidemment pas identiques : on peut démontrer une proposition
mathématique, on peut seulement, sauf à abuser des mots, montrer la
beauté d'un tableau de Vermeer. Je pose ici qu'on peut montrer ce qu'est
et fait la psychanalyse - pour comprendre l'homme, pour améliorer son destin-
mais qu'on ne peut guère le démontrer. [Ah...Pourtant, ce beau projet ne me semble pas pouvoir éviter les problèmes suivants : si les psychanalystes entendent donc se limiter à montrer ; veulent-ils que l'on considère et que l'on apprécie la valeur objective de leur descriptions, ou non ? Que veulent-ils au juste ? Il faudrait être clair. Comment comptent-ils s'y prendre pour démontrer que leurs descriptions sont valides, utiles (comme ils disent), ou mieux, dans un cadre scientifique, qu'elles correspondent aux faits ? On s'en rend compte, si la psychanalyse doit éprouver, à un moment ou à un autre, le besoin de se justifier, donc de justifier la valeur des descriptions qu'elle offre à son public, elle ne peut éviter de démontrer que ses descriptions ont une certaine valeur laquelle nécessite des critères objectifs pour être reconnues en tant que telles...Il ne peut donc y avoir d'authentique science descriptive qui n'évite de se justifier, (et le but de la science est de décrire au mieux la Nature), qui puisse donc se passer de la démonstration de la validité ou du degré de correspondance avec les faits de ses descriptions. C'est logiquement incontournable, et c'est encore Karl Popper qui en a le mieux réalisé la...démonstration ! Mais maintenant, quelles sont les implications d'un projet qui voudrait seulement et uniquement décrire, ou montrer, en se passant totalement de la démonstration, donc d'éviter d'avoir à se justifier devant des critiques potentielles ? Et bien ce projet impliquerait qu'il soit considéré comme un apriorime théorique dogmatique pouvant guider l'observation et ne nécessitant, en lui-même aucune démonstration de sa validité ! Déterminisme aprioriste et absolu. Perron montre aussi que la méthode de recherche en psychanalyse n'a strictement pas évolué d'un iota et n'a en plus pas l'intention de le faire, depuis ce qu'à écrit Freud dans les premières pages de Introduction à la psychanalyse, je cite : « La conversation qui constitue le
traitement psychanalytique ne supporte pas d'auditeurs ; elle ne se prête pas à
la démonstration. (...) Quant aux renseignements dont l'analyste a besoin, le
malade ne les donnera que s'il éprouve pour le médecin une affinité de
sentiment particulière ; il se taira, dès qu'il s'apercevra de la présence ne
serait-ce que d'un seul témoin indifférent. Vous ne pouvez donc pas assister en
auditeurs à un traitement psychanalytique. Vous pouvez seulement en entendre
parler et, au sens le plus rigoureux du mot, vous ne pourrez connaître la
psychanalyse que par ouï-dire. Le fait de ne pouvoir obtenir que des
renseignements pour ainsi dire, de seconde main, vous crée des conditions
inaccoutumées pour la formation d'un jugement. Tout dépend en grande partie de
degré de confiance que vous inspire celui qui vous renseigne. » (S. Freud. Introduction à la psychanalyse. Edition Payot, page 8).].
Certes, on peut définir des
systèmes de repérage et de notation systématisée de certains aspects du
fonctionnement psychique, pour en évaluer l'éventuelle modification au fil d'un
traitement. [Donc ici, on chercherait à montrer une modification à l'aide d'un outil dont il faut démontrer le bien fondé des théories]. Cependant, plus un tel système tend vers une grille automatisée
constituée d'une série d'items à noter en présence ou absence, plus ou moins,
zéro ou un, plus on perd de l'information. Ceci à deux niveaux : au niveau
d'aspects du réel ainsi réduits à très peu de choses, de sorte qu'on va noter
de la même façon des réalités extrêmement diverses, et différemment des réalités
proches ; et au niveau des liaisons entre ces réalités squelettiques. On
peut espérer naïvement trouver la structure de ces notations fragmentaires en
les déversant dans un ordinateur muni d'un programme sophistiqué.... On n'aura
guère plus de chances de retrouver une réalité fonctionnelle vivante que si,
après avoir réduit la Joconde en confetti, on demande à une machine de refaire
le tableau originel. [Mais pourquoi perdrait-on de plus en plus d'informations si la grille automatisée dont il parle pouvait (...) elle-même faire l'objet de recherches expérimentales (en étant pas dépendante, par exemple, d'une forme de déterminisme absolu et aprioriste) ? Car pour concevoir une telle grille, il faudrait des lois qui lui permettent de discriminer les faits psychiques. C'est évident, sinon comment et par qui cette grille serait-elle prétendument automatisée ou systématisée ! En poursuivant les recherches, progressivement, au lieu de soi-disant perdre de l'information, on augmenterait les chances pour la grille automatisée (ou le filet théorique, pour faire référence à Novalis : « les théories sont des filets, celui qui lance, pêchera ») dont parle Perron d'être justement plus performante, d'un patient à un autre, à recueillir d'autres informations inédites lesquelles restaient invisibles pour la version précédente de la grille, dont les lois d'automatisation étaient moins riches en contenu corroboré. Mais, il paraît évident qu'une grille ainsi conçue serait toujours insuffisante à saisir les faits psychiques que prétend saisir la psychanalyse puisqu'ils dépendent, selon elle, d'un déterminisme aprioriste excluant le hasard et le non-sens, donc toute forme possible d'imprécision. Dès lors quels pourraient être le type de lois suffisamment précises qui pourraient permettre de concevoir une telle grille ? Réponse : aucune. Donc Perron a raison, mais sûrement pas selon la perspective à laquelle il pensait au départ, c'est-à-dire la possibilité de justifier autrement la recherche en psychanalyse. Avec Karl Popper, on sait donc qu'aucune grille de ce type ne pourrait réaliser aucun projet dans le cadre de l'analyse. Mais tout cela veut seulement dire que la psychanalyse du fait de son objet d'investigation que sont les associations libres régies par le déterminisme psychique prima faciae et absolu, ne peut être mesure de démontrer quoique ce soit, ni même de découvrir quoique ce soit, en dehors, bien sûr de ce qu'elle a déjà en tête de trouver avec précision.]
D'ailleurs, faut-il
démontrer, ne suffit-il pas de montrer ? Faut-il tout démontrer ?
Pour continuer à enseigner l'histoire dans les écoles primaires, pour y donner
une idée de la littérature classique, pour attirer l'attention de l'enfant sur
des valeurs citoyennes, est-il nécessaire de démontrer que ces enseignements
sont « efficaces » ? Je ne crois pas qu'il se trouverait
beaucoup d'enseignants pour exiger des mesures et des preuves statistiques
avant de continuer à travailler...[Encore des amalgames et autres généralisations tellement ridicules qu'elles ne méritent plus aucune attention de notre part...].
Bien des disciplines
honorablement connues, comme l'histoire, la préhistoire, l'anthropologie, la
sociologie, etc. ne se soucient pas de « démontrer », elles se
contentent très généralement de montrer... Certes, il s'agit toujours de mettre
des faits en évidence, mais des faits construits par une théorie elle-même mise
à leur épreuve. Claude Levy-Strauss n'a pas eu besoin d'une « evidence
based sociology » pour montrer ce que sont les structures élémentaires de
la parenté. [Mais tout ceci confirme Popper qui ne dit rien d'autre que la tâche essentielle de la science, de toute science empirique consiste justement à échafauder des descriptions de plus en plus fidèles de la Nature. Mais bien sûr aucune science ne peut échapper à la démonstration que ses descriptions sont fondées. D'ailleurs, avec la dernière partie de ce qu'il dit, Perron rejoint encore fois Popper, sur la question de la mise à l'épreuve nécessaire des théories pour soutenir toute description qui soit scientifiquement classifiée. Perron mélange tout, parce qu'il cherche à éviter à la justification de la recherche en psychanalyse, la nécessité, comme l'histoire, la préhistoire, l'anthropologie, la sociologie, etc. d'avoir à démontrer que les descriptions qu'elle échafaude sont fondées. Ceci est tout à fait clair dans l'exemple qu'il donne plus haut sur sa grille automatisée.].
Le problème reste : comment « chercher en psychanalyse » selon des règles admissibles par la communauté scientifique, selon des démarches compréhensibles au-delà de la communauté psychanalytique, tout en préservant la spécificité de l'objet psychanalytique ? A mon sens, il n'existe pas actuellement de réponse vraiment satisfaisante. [Nous sommes d'accord. Et nous irons plus loin : il n'y aura jamais de réponse, tant que la psychanalyse n'aura pas définitivement renoncé au déterminisme psychique prima faciae et absolu, donc peut-être à son objet. Ce qui implique que le projet de « chercher en psychanalyse », telle qu'elle est maintenant, ne peut réussir, et il ne peut réussir que si la psychanalyse, finalement...disparaît avec son objet !] Cette réponse reste à élaborer ; elle suppose une « nouvelle alliance » ([11]) entre des approches jusque là supposées incompatibles. Le chemin pour y parvenir est long, mais passionnant. Ce texte se veut modeste pierre sur ce chemin.
Allègre C. (2005), Dictionnaire amoureux de la science, Paris, Plon/Fayard.
Assoun P.L. (1981), Introduction à l'épistémologie freudienne, Paris, Payot.
Atlan H. (1979), Entre le cristal et la fumée. Essai sur l'organisation du vivant, Paris, Seuil.
Atlan H. (1986), A tort et à raison. Intercritique de la science et du mythe, Paris, Seuil.
Bachelard G. (1938), La formation de l'esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective, Paris, Vrin, 1969.
Classification et psychiatrie (1984), Confrontations psychiatriques, n° 24.
Dagognet F. (1970), Le catalogue de la vie, Paris, Puf.
De Mijolla A. (en collaboration avec B. Golse, S. de Mijolla-Mellor, R. Perron) (2002), Dictionnaire International de la Psychanalyse, Paris, Calmann-Levy.
Devereux G. (1967), De l'angoisse à la méthode dans les sciences du comportement, Paris, Aubier.
Expertise collective. Psychothérapie. Trois approches évaluées (2004), Paris, Editions de l'INSERM.
Feyerabend P. (1979), Contre la méthode. Esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance, Paris, Seuil.
Feyerabend P. (1989), Adieu la raison, Paris, Seuil.
Feynman R. (1980), La nature de la physique, Paris,Seuil.
Feynman R. (1985), Vous voulez rire, Monsieur Feynman !, Paris, Interéditions.
Fine A., Perron R., Sacco F. (1994), Psychanalyse et préhistoire, Monographies de la Revue Française de Psychanalyse, Paris, Puf.
Freud S. (1926), La question de l'analyse profane, Paris, Gallimard, 1985.
Friedlander S. (1975), Histoire et psychanalyse, Paris, Seuil.
Gardner M. (1970), The annotated Alice, Lewis Carroll. Alice's adventures in Wonderland, and through the looking glass, edited by Martin Gardner, London, Penguin books.
Hamburger J. (1984), La raison et la passion. Réflexion sur les limites de la connaissance, Paris, Seuil.
Hawking S.W. (1989), Une brève histoire du temps, Paris,Flammarion.
Heisenberg W. ((1962), La nature dans la physique contemporaine, Paris, Gallimard.
Hofstadter D. (1985), Gödel Escher Bach. Les Brins d'une Guirlande Eternelle, Paris, Intereditions.
Jacob P. (1980), L'empirisme logique, Paris, Les éditions de Minuit.
Karl Popper et la science d'aujourd'hui (1989), Colloque de Cerisy, Paris, Aubier.
Koestler A. (1959), Les somnambules, Paris, Aubier.
Koestler A. (1972), L'étreinte du crapaud, Paris, Camann-Levy.
Kohn A. (1990), Par hasard ou par erreur ? Chance et malchance dans les grandes découvertes scientifiques, Paris, Eschel.
Koyré A. (1966), Etudes d'histoire de la pensée scientifique, Paris, Puf, réédition Gallimard, 1973.
Kuhn T.S. (1970), La structure des révolutions scientifiques, trad. Française, Paris, Flammarion, 1983.
L'espace et le temps aujourd'hui (1983), Paris, Seuil.
L'explication dans les sciences de la vie (1983), Paris, Editions du CNRS.
La vérité (1983), Le genre humain, 7-8, Paris, Editions Complexe.
Le Beuf D., Perron R., Pragier G., dir. (1998), Construire l'histoire, Monographies de la Revue Française de Psychanalyse, Paris, Puf.
Le cas unique (1998), dossier, Pour la Recherche, n° 16.
Le Guen C., Flournoy O., Guillaumin J., Stengers I. (1989), La psychanalyse, une science ?, Paris, Les Belles Lettres.
Le hasard aujourd'hui (1991), Paris, Seuil.
Le monde quantique (1984), Paris, Seuil.
Les modèles scientifiques (1988), Les cahiers de l'IPPC, n° 7-8
Lestienne R. (1990), Les fils du temps. Causalité, entropie, devenir, Paris, les Presses du CNRS.
Oppenheimer J.R. (1955), La science et le bon sens, Paris, Gallimard.
Ortoli S., Pharabod J.P. (1984), Le cantique des quantiques. Le monde existe-t-il ?, Paris, La Découverte.
Perron R. (1991), Des divers sens du terme « modèle » et de leurs usages possibles en psychanalyse, Revue Française de Psychanalyse, vol. 55, n° 1, 221-231.
Perron R. (2000), Epître aux enfants qui se cachent dans les grandes personnes, Paris, Puf.
Perron R. (2003), La passion des origines. Etre et ne pas être, Paris, Delachaux et Niestlé.
Piaget J. (1967), Biologie et connaissance. Essai sur les relations entre les régulations organiques et les processus, cognitifs, Paris, Gallimard.
Popper K.R. (1959), La logique de la découverte scientifique, trad. Française, Paris, Payot, 1973.
Popper K.R. (1978), La connaissance objective, Paris, Editions Complexe.
Popper K.R. (1984), L'univers irrésolu. Plaidoyer pour l'indéterminisme, Paris, Hermann.
Pragier G., Faure-Pragier S. (1990), Un siècle après l' « Esquisse » : nouvelles métaphores ? (métaphores du nouveau), Revue Française de Psychanalyse, vol. 54, n° 6, 1395-1529.
Prigogine I., Stengers I. (1979), La nouvelle alliance. Métamorphose de la science, Paris, Gallimard.
Prigogine I., Stengers I. (1988), Entre le temps et l'éternité, Paris, Fayard.
Régnier A. (1966), Les infortunes de la Raison, Paris, Seuil.
Régnier A. (1974), La crise du langage scientifique, Paris, Anthropos.
Rostand J. (1945), Esquisse d'une histoire de la biologie, Paris, Gallimar d, coll. Idées, 1968.
Ruelle D. (1991), Hasard et chaos, Paris, Odile Jacob.
Schreber (1903), Mémoires d'un névropathe, Paris, Seuil, 1975.
Sulloway F.J. (1981), Freud, biologiste de l'esprit, Paris, Arthème Fayard.
Varela F.J. (1989) Autonomie et connaissance. Essai sur le vivant, Paris, Seuil.
Viderman S. ( ), L'espace analytique,
Watson J.D. (1984), La double hélice, Paris, Laffont.
Widlocher D. (1990), Le cas, au singulier, Nouvelle Revue de Psychanalyse, n° 32, 285-302.
Widlocher D. (1995), Un cas n'est pas un fait, L'Inactuel, n° 3, 87-104.
[1] La forme classique de l'objection est de dire au psychanalyste qu'il joue avec la règle « pile je gagne, face tu perds » : si le patient approuve c'est que j'ai raison, s'il nie j'ai raison aussi puisque sa résistance le prouve. Freud avait fait justice de cette argumentation douteuse ; s'il arrive qu'un psychanalyste raisonne ainsi, il a bien évidemment tort.
[2] L'ambition majeure de la physique semble être aujourd'hui de parvenir à « la grande unification », c'est-à-dire à une théorie qui rende compte de toutes les forces du monde physique, y compris la gravitation ; dans ce cadre, les discussions autour de telle ou telle formulation de la théorie des cordes ne visent pas à montrer que l'une est vraie et l'autre fausse, elles visent à établir laquelle est la plus utile pour intégrer toutes les forces en jeu.
[3] L'expression « réalité événementielle » me semble préférable à l'expression « réalité matérielle ». On ne peut pas dire « matériels », en quelque sens possible du terme, la plupart des évènements dont l'origine est à situer dans le monde extérieur ; par exemple une colère du père, la mort d'un parent proche, un évènement sexuel traumatique, etc. L'expression « réalité événementielle » a le mérite de poser clairement le problème fondamental de la réalité psychique : comment s'alimente-t-elle d'évènements du monde extérieur qu'elle contribue à susciter et qu'elle informe ?
[4] Devereux (1967) avait offert à cet égard des réflexions utiles
[5] Exemple météorologique devenu classique, donné par Lorentz, qui a été à l'origine de ces développements.
[6] Sur l'écart entre hasard et chaos, cf Ruelle, 1991.
[7] Il s'agit bien ici des particularités individuelles. Il était admis que le connu était construit selon les lois générales de fonctionnement de l'esprit connaissant (les catégories a priori de l'espace et du temps, le principe de non contradiction, etc.), mais ceci au-delà de toute variante individuelle.
[8] Ce travail sur les concepts et les hypothèses et sur le remaniement de la théorie est discuté dans le texte plus détaillé dont celui-ci est un abrégé.
[9] Henri Becquerel amorce une énorme révolution scientifique lorsqu'il découvre en 1896 la radioactivité des sels d'uranium, un peu « par hasard » mais surtout parce qu'il sait flairer l'important. Lorsque l'évènement est rapporté dans une assemblée scientifique anglaise, un savant éminent s'écrie que c'est impossible, car si Becquerel avait raison, « la loi de conservation de l'énergie s'effondrerait ! ». Ce savant avait raison, du point de vue des connaissances disponibles à l'époque, c'est-à-dire d'une cathédrale de la physique qu'on croyait pour l'essentiel achevée. Mais avait encore plus raison celui qui répondit : « Tant pis pour la loi de conservation de l'énergie ! » (cité par Kohn, 1990).
[10] Un bon test est de parcourir l'index d'un instrument tel que le Dictionnaire International de la Psychanalyse, que je sais utile à cet égard pour y avoir beaucoup travaillé sous la direction de Alain de Mijolla. Cet ouvrage s'efforce en effet de présenter tous les concepts utiles en psychanalyse et sur ses marges, et toujours compte tenu de leur évolution historique, de leur naissance à leur mort éventuelle, en passant par les avatars de leur croissance.
[11] J'emprunte l'expression au titre d'un ouvrage de Ilya Prigogine et Isabelle Stengers (1979), qui ont vigoureusement plaidé pour une « nouvelle alliance » entre les deux cultures, scientifique et humaniste, développées - au prix d'évidents clivages- par notre civilisation occidentale au cours des trois derniers siècles ; une nouvelle alliance permise par le profond remaniement des démarches des sciences exactes depuis près d'un siècle.
Publié par vdrpatrice à 12:48:04 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
Commentaires