« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».
« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 |
| 28 | 29 | 30 |
Depuis le 15-09-2006 :
54869 visiteurs
Depuis le début du mois :
3120 visiteurs
Billets :
81 billets
<< Les freudo-lacaniens dans leur jus... | Charlatanisme contre Démocratie. | Roger Perron, l'épistémologie et la recherche en psychanalyse (Fin). Modifié le 3 novembre 2008. >>
Voilà encore que les freudo-lacaniens osent s'indigner que l'on tente de réglementer les psychothérapies. Voir ici.
(...).
Il n'y a pas de démocratie sans état de droit. Le but de l'état de droit est l'éradication de la violence, des escroqueries et des charlatanismes, donc la protection des citoyens par l'intermédiaire de lois votées et promulguées démocratiquement, c'est-à-dire de façon collégiale par des assemblées dont la légitimité est assurée grâce à certaines institutions.
Mais en pratique, la démocratie comporte inévitablement certains paradoxes. Si l'un de ses buts est de protéger la tolérance et ses valeurs contre les intolérants, elle doit être, dans une certaine mesure, intolérante avec eux, et il en va de même avec le problème de la violence. Il est légitime qu'une démocratie puisse faire usage de la violence en certaines circonstances, soit pour protéger les non-violents de la violence, soit pour faire respecter les décisions et les lois qui ont été votées en conformité avec le fonctionnement normal de l'état de droit et de ses institutions.
En quoi consistent les lois juridiques ? Comme les lois scientifiques elles consistent logiquement en des interdictions parce qu'elles donnent des indications plus ou moins précises sur ce qui limite l'action de tout individu dans la société. Les lois sont bien des interdictions parce qu'en précisant les limites de nos actions, elles permettent de définir le contenu empirique de ce qu'il est possible de faire, et tout contenu empirique n'est identifiable que par l'intermédiaire des possibilités qu'il exclut.
Ceci implique que si une loi (juridique ou scientifique) possède une réelle portée empirique, donc est vraiment susceptible de s'appliquer à la réalité, elle doit obligatoirement exclure certains faits. En cela, les lois ont une valeur explicative, et comme le disait Spinoza, c'est précisément parce qu'une loi exclut certains faits qu'elle peut avoir une valeur explicative, donc un contenu empirique et dans le cas de lois juridiques rendre possible la mise en évidence immédiate des « comportements interdits ».
Donc, là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas d'état de droit et par conséquent pas de démocratie non plus. Sans parler de la protection des citoyens qui ne peut plus être garantie.
Egalement, sans loi, pas de liberté d'action qui soit possible en société. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne peut nuire à celle d'autrui, et ce, dans les conditions fixées par la loi. La liberté (qui ne peut jamais être absolue si elle ne veut pas être métaphysique donc sans valeur « réelle »), suppose la possibilité d'effectuer des choix à partir desquels on puisse orienter ses actions. Il faut donc des limites pour que la liberté existe en société, ou comme le disait Hayek, ce n'est que lorsque l'homme a pris pleinement conscience de ses limites qu'il a pu faire pleinement usage de ses capacités.
La démocratie et l'état de droit sont les conditions nécessaires à la protection des citoyens contre les charlatans, les impostures scientifiques et leurs effets délétères. Par conséquent la possibilité puis la liberté de choisir en toute sûreté entre diverses formes de psychothérapies ne peut se passer de règlementation. Tout le problème est de définir la ou les lois afin de satisfaire au mieux à l'amélioration du bonheur de la collectivité. On voit donc l'intérêt « utilitariste » (dans son sens libéral) d'une loi. Selon les libéraux utilitaristes, une loi est bonne, donc utile, si elle permet l'amélioration du bonheur commun. Ainsi, trop de lois ou de mauvaises lois peut nuire au bonheur commun tout autant que leur absence.
Il y a de quoi être scandalisé par ce cri assourdissant de charlatanisme et d'irresponsabilité de la gent psychanalytique qui hurle contre les principes de tout fonctionnement démocratique, car, comme toujours, les charlatans n'ont de cesse d'être en butte avec la loi et les contrôles, seuls garants de la protection des citoyens et de la liberté.
Publié par vdrpatrice à 17:30:16 dans Résistances... | Commentaires (0) | Permaliens
Commentaires