« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».
« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).
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<< Unité de la méthode scientifique. (Modifié le 12 septembre 2008). | Théorie et observation. | Recherches autour de la psychanalyse. (modifié le 14 août 2008). >>
Comme il l'argumente inlassablement dans beaucoup de ses ouvrages, il ne peut jamais y avoir d'observation « pure des faits », car pour saisir le monde, pour observer, et pour le décrire [2], nous avons toujours besoin d'utiliser, selon lui, même inconsciemment, des termes et des énoncés universels au sens strict. Sinon, nous resterions aveugles ou indécis devant les faits. Popper pensait donc que des « attentes théoriques », y compris inconscientes [3], sont indispensables et qu'aucune connaissance ne peut débuter sans elles.
Il soutient que toute observation est nécessairement sélective, donc filtrée par un terme ou une théorie universelle mis à l'essai, parce que, propose-t-il, notre esprit ne fonctionne jamais de manière passive, et ne se remplit pas comme un seau vide. Il a besoin de faire des conjectures qu'il met sans arrêt à l'épreuve [4].
Popper explique que sur l'ordre simple : « observez ! », donné à un groupe de personnes, chacun relève les faits qui correspondent à ses attentes perceptives, à son vécu, et d'autres paramètres personnels mais sans jamais savoir, exactement quoi observer de précis. Sur la base de cet argument de Popper, il s'en suit que dans un laboratoire de recherche sur le cancer (par exemple), un savant saurait ce qu'il faut observer dans un microscope pour reconnaître une cellule cancéreuse, et, a fortiori, comment choisir les faits d'observation les plus pertinents par rapport à ceux connus compte tenu de résultats de recherche antérieurs, (lesquels pourraient permettre la corroboration d'une théorie afin de faire progresser la connaissance scientifique sur le cancer). Alors que le néophyte que l'on n'aurait pas, au préalable informé, selon Popper, lui, ne verrait rien. Car sans la connaissance apriori des concepts et des théories scientifiques corroborées et connues de la communauté scientifique, sur les cellules cancéreuses, il ne saurait même pas comment commencer à diriger son regard pour réaliser une observation, puis une discrimination scientifiquement correcte des faits qu'il a sous les yeux.
Popper aime donc à citer Novalis [5] : « les théories sont des filets, celui qui lance pêchera ».
Références bibliographiques :
[1] Karl Popper. « La logique de la découverte scientifique ». Edition Payot. Paris, 1973. Chapitre 1 : « Examen de certains problèmes fondamentaux ». Section 1 : « Le problème de l'induction ». Page 23.
[2] Karl Popper. « La Logique de la découverte scientifique ». Edition Payot. Paris, 1973. Chapitre 5 : « Le problème de la base empirique ». Section 25 : « L'expérience perceptive comme base empirique : le psychologisme ». Page 94. Popper écrit notamment : « (...) Chaque fois que nous décrivons, nous utilisons des noms (ou symboles ou notions) universels ; tout énoncé à le caractère d'une théorie, d'une hypothèse ».
[3] Karl Popper. La connaissance objective. Edition Aubier. Paris, 1991. Pages 71, 398, 503, 504.
[4] Karl Popper. « La connaissance objective ». Edition Aubier. Paris, 1991. Chapitre 2 : « Les deux visages du sens commun : une argumentation en faveur du réalisme du sens commun et contre la théorie de la connaissance du sens commun ». Section 12 : « La théorie erronée de la connaissance selon le sens commun ». Pages 119 à 126.
[5] Karl Popper. La logique de la découverte scientifique. Edition Payot. Paris, 1973. Page 9.
Publié par vdrpatrice à 13:27:12 dans Karl R. POPPER | Commentaires (0) | Permaliens
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