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Anti-Freud Anti-PsyK

Aux récalcitrants éclairés et opposés au système de la pensée unique à la française. (Utilisez Firefox ou Opera, pour ce blog). Patrice Van den Reysen.

Présentation

Karl R. POPPER.

« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».

« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).





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« L'interprétation des rêves selon Freud et la psychanalyse ». Présentation succincte de la critique du Professeur Adolf Grünbaum. | 04 février 2008

Voici la partie « Eléments critiques » que j'avais publiée, sous un « faux-nez », dans l'article de Wikipédia.fr, intitulé : « L'interprétation des rêves selon Freud et la psychanalyse ».

Dans son livre « La psychanalyse à l'épreuve », le Professeur Adolf Grünbaum étudie l'efficacité revendiquée par Freud de sa méthode d'interprétation des rêves, à partir des associations libres des patients, pour valider ses théories sur le refoulement inconscient (1). Grünbaum propose que Freud échafauderait des inférences fallacieuses, lesquelles ne lui permettraient pas de mettre en évidence le refoulé dans le rêve de manière satisfaisante. Le principal reproche fait à Freud par Grünbaum, est de n'avoir jamais donné de confirmation clinique indépendante pour ses thèses sur le refoulement dans le rêve, confirmations qui ne soient contaminées par les attentes théoriques de Freud.(2). Grünbaum en conclut à l'effondrement total de l'étiologie psychanalytique, lequel ruinerait radicalement la pertinence de la méthode d'investigation de l'association libre dans la conduite de l'enquête étiologique. Car Freud, explique Grünbaum, « avait énoncé cette règle fondamentale de l'association libre comme une maxime de recherche clinique, parce qu'il pensait que les associations régies par elle permettaient d'identifier de manière fiable les agents pathogènes inconscients de la névrose ».(3)

  1. Adolf Grünbaum. « La psychanalyse à l'épreuve ». Edition l'Eclat.1993, page 74.
  2. Adolf Grünbaum. « La psychanalyse à l'épreuve ». Edition l'Eclat. 1993. page 73
  3. Adolf Grünbaum. « La psychanalyse à l'épreuve ». Edition l'Eclat. 1993. pages 71 ; 72.

Publié par vdrpatrice à 09:50:15 dans Adolf GRÜNBAUM. | Commentaires (0) |

Le grand Maître, Jacques Lacangourou, nous parle de Freud et de sa psychanalyse. Incontournable. | 04 février 2008

Avant de commencer, remercions encore une fois, le Professeur Jacques Van Rillaer qui a réuni ces citations du Maître.

Comme on pourra le constater, le Maître parle souvent en des termes très crus, de Freud et de sa psychanalyse. Dit-il la vérité sur ce qu'il pense, on ne s'agit-il que de boutades et de provocations ? Je pense qu'il dit la vérité, qui n'est décidément jamais bonne à dire au sujet de la doctrine freudienne, et qu'il vaut mieux dire sur le ton de la boutade et de la provocation pour se donner bonne conscience, s'en détacher, ou s'en laver les mains, tel un Ponce Pilate en charge de crucifier Freud.

Comme quoi, même celui qui fut identifié comme un authentique psychopathe par Noam Chomsky, était capable, à de rares moments, de parler clair, de parler vrai, et d'avoir une conscience aigue de certains problèmes. Et quels problèmes !

C'est lui, Jacques Lacan, qui écrit que Freud n'avait rien de transcendant, et que la psychanalyse est une escroquerie. Nous pouvons le croire sur parole.


Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l'Ecole

«Rappelons d'abord un principe : le psychanalyste ne s'autorise que de lui-même. Ce principe est inscrit aux textes originels de l'Ecole et décide de sa position.

Ceci n'exclut pas que l'Ecole garantisse qu'un analyste relève de sa formation.

Elle le peut de son chef.

Et l'analyste peut vouloir cette garantie.»

Autres écrits. Paris: Seuil, p.243.


Âme

«L'âme, telle qu'encore nous la manipulons et telle qu'encore nous en sommes encombrés, l'âme à laquelle nous avons affaire dans la tradition chrétienne, cette âme a comme appareil, comme armature, comme tige métallique dans son intérieur, le sous-produit de ce délire d'immortalité de Socrate. Nous en vivons encore»

Le Séminaire. VIII. Le transfert. Paris, Seuil, 1991, p. 125.


La confusion psychanalytique

«Quand on observe la façon dont les divers praticiens de l'analyse pensent, expriment, conçoivent, leur technique, on se dit que les choses en sont à un point qu'il n'est pas exagéré d'appeler la confusion la plus radicale... Actuellement, parmi les analystes, et qui pensent - ce qui déjà rétrécit le cercle - il n'y en a peut-être pas un seul qui se fasse, dans le fond, la même idée qu'un quelconque de ses contemporains ou de ses voisins sur le sujet de ce qu'on fait, de ce qu'on vise, de ce qu'on obtient, de ce dont il s'agit dans l'analyse. C'en est même au point que nous pourrions nous amuser à ce petit jeu, qui serait de comparer les conceptions les plus extrêmes - nous verrions qu'elles aboutissent à des formulations rigoureusement contradictoires. Et cela, sans chercher des amateurs de paradoxes...»

Ornicar ?, Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 16, p. 48.


Clinique psychanalytique

«Qu'est-ce que la clinique psychanalytique ? Ce n'est pas compliqué. Elle a une base - C'est ce qu'on dit dans une psychanalyse. En principe, on se propose de dire n'importe quoi, mais pas de n'importe où - de ce que j'appellerai pour ce soir le dire-vent analytique... On peut aussi se vanter, se vanter de la liberté d'association, ainsi nommée... Évidemment, je ne suis pas chaud-chaud pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait où on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activités humaines, participe incontestablement de l'abus. On fait comme si on savait quelque chose.»

Ouverture de la section clinique. Ornicar ?, 1977, 9, p. 7-14.

 

Complexe d'Œdipe

«Le rapport sexuel, il n'y en a pas, mais cela ne va pas de soi. Il n'y en a pas, sauf incestueux. C'est très exactement ça qu'a avancé Freud - il n'y en a pas, sauf incestueux, ou meurtrier. Le mythe d'Œdipe désigne ceci, que la seule personne avec laquelle on ait envie de coucher, c'est sa mère, et que pour le père, on le tue.»

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien,

«L'escroquerie psychanalytique», 1979, 17, p. 9s.


Enseignement de la psychanalyse

« Tel que maintenant j'en arrive à le penser, la psychanalyse est intransmissible. C'est bien ennuyeux. C'est bien ennuyeux que chaque analyste soit forcé - puisqu'il faut bien qu'il soit forcé - de réinventer la psychanalyse. »

Lettres de l'Ecole freudienne, 1979, n° 25, vol. 2, p. 219s.


Intentions

«Des personnes bien intentionnées, c'est bien pire que celles qui le sont mal»,

Séminaire XX, Paris: Seuil, 1973, p. 64.


Freud

«Freud savait, et il nous a donné ce savoir en des termes que l'on peut dire indestructibles (...) Aucun progrès n'a pu se faire, si petit, qui n'ait dévié chaque fois que fut négligé un des termes autour desquels Freud a ordonné les voies qu'il a tracées.»

Le Séminaire XI. Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Paris: Seuil, 1973, p. 211.

«Freud n'avait rien de transcendant, c'était un petit médecin qui faisait ce qu'il pouvait pour ce qu'on appelle guérir, qui ne va pas loin - l'homme, donc, ne s'en tire guère, de cette affaire de savoir.»

«Ouverture de la section clinique», Ornicar?

Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9, p. 5.


Freud : un scientiste

«Nous disons, contrairement à ce qui se brode d'une prétendue rupture de Freud avec le scientisme de son temps, que c'est ce scientisme même qui a conduit Freud, comme ses écrits nous le démontrent, à ouvrir la voie qui porte à jamais son nom. Nous disons que cette voie ne s'est jamais détachée des idéaux de ce scientisme».

Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 857.


L'interprétation

«L'interprétation doit être preste pour satisfaire à l'entreprêt. De ce qui perdure de perte pure à ce qui ne parie que du père au pire.»

Télévision. Paris: Seuil, 1973, p. 72 (in fine).

Jacques Van Rillaer
: NB : « Entreprêt » ne se trouve pas dans Le Robert. En ancien français, on trouve « entreprêture », qui signifiait « interprétation, explication » (F. Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous les dialectes du IXe au XVe siècle. Paris : Librairie des Sciences et des Arts, 1938).


Philosophie

«Je ne crois pas faire de la philosophie, mais on en fait toujours plus qu'on ne croit. Rien de plus glissant que ce domaine. Vous en faites aussi, à vos heures, et ce n'est certainement pas ce dont vous avez le plus à vous réjouir.

Séminaire du 11 janvier 1977.

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, n° 14, p. 5.


Relecture

« Je ne me relis jamais sans un eu d'étonnement. Je n'imagine jamais que ce soit moi qui ai pu dire ça, et je suis certainement faiblard dans la façon de recevoir la charge de ce que j'ai moi-même écrit... »

L'insu que sait de l'une-bévue s'aile a mourre [sic],

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 4.


Transfert

«Dès qu'il y a quelque part le sujet supposé savoir, il y a transfert.»

Le Séminaire XI. Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse.

Paris: Seuil, 1973, p. 210.


La psychanalyse n'est pas une science

«La psychanalyse est une pratique délirante ... C'est ce que Freud a trouvé de mieux. Et il a maintenu que le psychanalyste ne doit jamais hésiter à délirer.»

«Ouverture de la section clinique», Ornicar?

Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9, p. 13

«La psychanalyse n'est pas une science. Elle n'a pas son statut de science, elle ne peut que l'attendre, l'espérer. C'est un délire - un délire dont on attend qu'il porte une science. On peut attendre longtemps! Il n'y a pas de progrès, et ce qu'on attend ce n'est pas forcément ce qu'on recueille. C'est un délire scientifique.»

«L'insu que sait de l'une-bévue s'aile a mourre» [sic],

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 9.


Psychothérapie

Lors de l'ouverture du «Diplôme de clinique psychanalytique» à l'Université de Paris VIII, le 5 janvier 1977, Lacan déclarait qu'on ne peut à la fois se dire «lacanien» et «psychothérapeute»: «La psychothérapie ramène au pire. [...] C'est certain, ce n'est pas la peine de thérapier [sic] le psychique. Freud aussi pensait ça. Il pensait qu'il ne fallait pas se presser de guérir. Il ne s'agit pas de suggérer, ni de convaincre»

«Ouverture de la section clinique»,

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9, p. 13.


«Une pratique de bavardage»

Le séminaire de Jacques Lacan

(Texte établi par Jacques-Alain Miller)

«Qu'est-ce que vous êtes gentils, de vous déranger comme ça pour ce que j'ai à vous dire.

Mon séminaire, je n'ai pas la moindre envie de le faire.

Je l'ai intitulé cette année le Moment de conclure. Ce que j'ai à vous dire, je vais vous le dire - c'est que la psychanalyse est à prendre au sérieux, bien que ce ne soit pas une science.

Comme l'a montré abondamment un nommé Karl Popper, ce n'est pas une science du tout, parce que c'est irréfutable. C'est une pratique, une pratique qui durera ce qu'elle durera.

C'est une pratique de bavardage.

Aucun bavardage n'est sans risque.

Déjà, le mot bavardage implique quelque chose. Ce que ça implique est suffisamment dit par le mot bavardage. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas que les phrases, c'est-à-dire ce qu'on appelle les propositions, qui impliquent des conséquences - les mots aussi. Bavardage met la parole au rang de baver ou de postillonner. Il la réduit à la sorte d'éclaboussement qui en résulte.

[...]

Le psychanalyste est un rhéteur. Pour continuer d'équivoquer, je dirai qu'il rhétifie, ce qui implique qu'il rectifie. Rectus, le mot latin, équivoque avec la rhétification.

[...]

Ce que j'ai appelé le rhéteur qu'il y a dans l'analyste n'opère que par suggestion. Il suggère, c'est le propre du rhéteur, il n'impose d'aucune façon quelque chose qui aurait consistance. C'est même pour cela que j'ai désigné de l'ex- ce qui se supporte, ce qui ne se supporte que d'ex-sister.

Comment faut-il que l'analyste opère pour être un convenable rhéteur ? C'est là que nous arrivons à une ambiguïté.

L'inconscient, dit-on, ne connaît pas la contradiction. C'est bien en quoi il faut que l'analyste opère par quelque chose qui ne se fonde pas sur la contradiction. Il n'est pas dit que ce dont il s'agit soit vrai ou faux. Ce qui fait le vrai et ce qui fait le faux, c'est ce qu'on appelle le pouvoir de l'analyste, et c'est en cela que je dis qu'il est rhéteur.

[...]

Ce qui dans le sexuel importe, c'est le comique. C'est quand un homme est femme qu'il aime, c'est-à-dire au moment où il aspire pour quelque chose qui est son objet. Par contre, c'est au titre d'homme qu'il désire, c'est-à-dire qu'il se supporte de quelque chose qui s'appelle proprement bander.

La vie n'est pas tragique. Elle est comique. Et il est assez curieux que, pour désigner ce dont il s'agissait, Freud n'ait rien trouvé de mieux que le complexe d'Œdipe, c'est-à-dire une tragédie. On ne voit pas pourquoi il a désigné d'autre chose que d'une comédie ce à quoi il avait affaire dans le rapport qui lie le symbolique, l'imaginaire et le réel. Il pouvait prendre un chemin plus court.»

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1979, 19, p. 5-9.


L'escroquerie psychanalytique

«Où sont-elles passées, les hystériques de jadis, ces femmes merveilleuses : les Anna O., les Emmy von N. ? Elles jouaient non seulement un certain rôle, un rôle social certain, mais quand Freud se mit à les écouter, ce furent elles qui permirent la naissance de la psychanalyse. C'est de leur écoute que Freud a inauguré un mode entièrement nouveau de la relation humaine. Qu'est-ce qui remplace aujourd'hui ces symptômes hystériques d'autrefois ? L'hystérie ne s'est-elle pas déplacée dans le champ social, la loufoquerie psychanalytique ne l'aurait-elle pas remplacée ?

[...] Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c'est quand même ce qu'on appelle d'habitude du chiqué.

[...] C'est pour ça que tout à l'heure j'ai quand même suggéré qu'il y avait peut-être quelque chose qui remplaçait cette soufflure qu'est le symptôme hystérique ; c'est curieux un symptôme hystérique, ça se tire d'affaire à partir du moment où la personne, qui ne sait pas ce qu'elle dit, commence à blablater.

[...] Du point de vue éthique, c'est intenable, notre profession ; c'est bien d'ailleurs pour ça que j'en suis malade, parce que j'ai un surmoi comme tout le monde.

[...] Il s'agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique. Je crois qu'il a raté son coup. C'est comme moi, dans très peu de temps, tout le monde s'en foutra de la psychanalyse. Il est clair que l'homme passe son temps à rêver qu'il ne se réveille jamais. Il suffit de savoir ce qu'à nous, les psychanalystes, nous fournissent les patients. Ils ne nous fournissent que leurs rêves.»

Le Nouvel Observateur, sept. 1981, n° 880, p. 88.

Extraits d'une conférence non publiée, prononcée à Bruxelles le 26 février 1977.

Jacques Van Rillaer : Dans son séminaire du 15 mars 1977 à Paris, Lacan mettait un bémol à ce qu'il avait lâché à Bruxelles:

«Je pense que, vous étant informés auprès des Belges, il est parvenu à vos oreilles que j'ai parlé de la psychanalyse comme pouvant être une escroquerie. [...] La psychanalyse est peut-être une escroquerie, mais ça n'est pas n'importe laquelle - c'est un escroquerie qui tombe juste par rapport à ce qu'est le signifiant, soit quelque chose de bien spécial, qui a des effets de sens.»

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien,

«L'escroquerie psychanalytique», 1979, 17, p. 8.

 

 

Publié par vdrpatrice à 08:43:27 dans Jacques VAN RILLAER. | Commentaires (0) |