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Anti-Freud Anti-PsyK

Aux récalcitrants éclairés et opposés au système de la pensée unique à la française. (Utilisez Firefox ou Opera, pour ce blog). Patrice Van den Reysen.

Présentation

Karl R. POPPER.

« L'homme peut apprendre, donc il peut être libre ».

« ...Mais le secret de la supériorité intellectuelle étant l'esprit critique, l'indépendance d'esprit, il en résulte des difficultés insurmontables pour toute forme d'autoritarisme, car l'autoritariste choisit en général des êtres dociles et malléables et, par conséquent, des médiocres. Il ne peut admettre que ceux qui ont le courage intellectuel de contester son pouvoir puissent être les meilleurs. » (in: Karl R. POPPER, "La Société ouverte et ses ennemis". Tome 1:"L'ascendant de Platon". Edition: Seuil, Paris, 1979. Page: 114).





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FIN. | 02 septembre 2009

 

          L'antisémitisme « inconscient » ou « masqué » avait déjà été utilisé par Elisabeth Roudinesco contre l'écrivain Renaud Camus, qui écrit ceci à propos de sa mésaventure :

               « …Il faut que soit intervenu un élément extérieur. Je ne serai pas étonné que cet élément ne soit autre qu'Elisabeth Roudinesco. Elisabeth Roudinesco dépense à me nuire une énergie phénoménale. De même que Marianne Alphant, Flatters ou Sophie Barrouyer ont à peu près interrompu leur carrière pour se consacrer à ma défense, Elisabeth Roudinesco passe ses journées au téléphone pour dresser contre moi la terre entière, en faisant alterner séductions et menaces avec prédilection, toutefois, pour la seconde méthode. Elle dit à qui veut l'entendre (ce qui fait hélas beaucoup de monde) que je suis un antisémite acharné, que je serai condamné par les tribunaux et que tous ceux qui prendront ma défense le seront aussi. Ceux qui signent la pétition dite "en ma faveur" seront exclus de Fayard ou n'y pourront jamais entrer. D'ailleurs ils ne trouveront plus d'éditeur. Et quand bien même ils en trouveraient il ne sera plus jamais question de leurs livres à la radio, à la télévision n'en parlons même pas, ni dans la presse et surtout pas au Monde.

              Quiconque prendrait si peu que ce soit parti pour moi serait aussitôt un paria dans le milieu intellectuel. Or je ne serais pas étonné que ces menaces, pour folles qu'elles paraissent, puissent avoir néanmoins quelque effet. Bien sûr il est toujours tentant, et trop facile, de soupçonner chez ses ennemis la folie. Mais en l'occurrence il semblerait bien qu'à ce soupçon il y ait quelque fondement… Si les personnes qu'appelle Roudinesco résistent à son endoctrinement, elle s'emporte, et alors tous les arguments lui sont bons. Elle n'a lu de moi que Roman Roi, semble-t-il. Si les gens lui disent que des dizaines de pages de mes livres rendent difficile de croire que je puisse être antisémite, elle rétorque que ces pages-là ne prouvent rien. Les lui cite-t on précisément, et la réduit-on à quia (ce qui n'est pas une mince affaire), elle lance son dernier atout : ’’Bon, il n'est peut-être pas antisémite dans ce qu'il dit, dans ce qu'il écrit. Mais inconsciemment il l'est !...’’

              Cependant c'est toute la psychanalyse qui se soucie généreusement de mon sort, et s'apitoie sur lui. Une autre grande vedette du divan a déjeuné avec Sophie Barrouyer et lui a parlé pendant trois heures, hier. Et comme elle ne parvenait pas à la faire changer de camp, elle lui a dit, en passant à un autre ton, et en la regardant au fond des yeux : ’’Vous aimez bien Renaud Camus, je vois ? Vous avez de l'amitié pour lui ? Eh bien si vous êtes son amie, il n'y a qu'une chose que vous puissiez lui conseiller, une seule : dites-lui qu'il doit se suicider’’. » Renaud Camus. Fin des extraits.20

              Ces attaques ad hominem ignobles sont une coutume freudienne, et le catalogue est long. Par exemple, quand l’excellente étude de David Bakan21, ’’Freud et la tradition mystique juive’’, fut enfin traduite à la fin des années 1970, elle fut illico dite antisémite contre toute évidence. ’’The Freudian Fallacy : Freud and Cocaine’’, le travail de Elizabeth Thornton22, provoqua une polémique dans les années 1980. Évitant la réplique raisonnée, les freudiens s’efforcèrent de détruire la personne de l’auteur par l’insulte. Ils virent dans son livre ’’un exemple type de littérature diffamatoire’’, un ’’suprême sacrilège’’, une thèse monomaniaque, etc.23 —mais surtout antisémite. On refusa à Elizabeth Thornton tout droit de réponse contre l’ignominie, et des libraires écartèrent par servitude son livre de la vente.24

              La rengaine comme quoi les contestations de la psychanalyse relèvent par définition du révisionnisme avait déjà été publiée en 1996 dans le quotidien Libération, toujours à l’encontre d’historiens du freudisme, par Elisabeth Roudinesco invoquant ’’la sottise de ces intellectuels égarés’’, ’’fanatiques religieux’’, ’’scientistes réactionnaires haineux’’— qui avaient le tort et le culot de ne pas être de son avis.25 Ceux-ci s’étaient indignés, d’autant qu’à l’époque le révisionnisme historique se confondait avec les négationnistes des chambres à gaz, mais leur réponse avait été refusée par ce journal.26 Comme l’écrivent Frederick Crews, et Todd Dufresne, cette association hostile avec l’anti-judaïsme prétendu des critiques de la psychanalyse, présentés comme des négationnistes ou des nazis attardés faisant campagne contre des Juifs freudiens, surprit douloureusement ces savants, puisque nombres d’entre eux sont juifs, dont des victimes rescapées du nazisme.27  Todd Dufresne rajoute que Mikkel Borch-Jacobsen a lui-même été qualifié de « négationniste », terme lourd de signification, puisqu’il désigne la négation de l’holocauste nazi, sévèrement pénalisée en France.28 C’est encore ce « négationnisme », que Mme Roudinesco prétend avoir reconnu dans « Mensonges Freudiens ».

              Voilà donc le procédé vindicatif et obsessionnel qui puise ses arguments dans le dictionnaire étriqué du mépris, appliqué à tout désaccord, même sans la psychanalyse comme cheval de bataille29, et contre tout adversaire —serait-il juif comme on le voit— pour le discréditer. C’est la méthode récurrente de l’invective qui substitue depuis des décennies à l’argumentation honnête et prudente le bréviaire de la honte et l’incitation à la haine, avec intention de nuire en recourant aux thèmes qui conviennent aux préoccupations de notre temps.

             Du vin nouveau coule dans de vieilles outres. Et ce fantasme de « l’antisémitisme masqué » est à la contestation du freudisme ce que « la schizophrénie sans symptôme » fut jadis à la dissidence antistalinienne.

             Ces pratiques malveillantes, prévisibles au regard de l’histoire d’un mouvement qui rejeta tout contestataire vers les catégories infamantes, sont la confirmation des dossiers ’’sacrilèges’’ ouverts dans Mensonges Freudiens et dont Madame Roudinesco ne dit évidemment pas un seul mot. Ce faisant, le débat ne s’élève pas, et ces gesticulations comminatoires sont chargées d’empêcher qu’il ait lieu, et de faire diversion, précisément sur le contenu des falsifications, impostures, fabrications, mensonges, escroqueries, forgeries, fraudes, montages —puisque tels sont les termes argumentés dans les études historiques savantes— que dissimulent la rhétorique de la désinformation et la censure des derniers freudiens. Afin que les fidèles continuent d’ignorer qu’on les manipule, et pour ralentir ’’dans la France de Freud et de Lacan’’ (expression de Roudinesco) l’irrésistible implosion du freudisme à laquelle on assiste depuis plus d’un tiers de siècle dans les pays informés, il faut à tout prix taire sous l’illusion d’un trait de plume que le dogme a été dès ses origines une déroute thérapeutique et théorique, et puis soustraire toute information qui le prouve.

 

Pour conclure

             La psychanalyse est sans avenir et se conjugue aujourd’hui à l’imparfait. Au fond, elle appartient au passé et avec de pareils défenseurs aucun contempteur n’est plus nécessaire. En désarroi, les apôtres du freudisme sont ses pires ennemis car, entre les malédictions et les imprécations, ils se déconsidèrent eux-mêmes et contribuent à leur propre perte. Comme le disait Pierre Fédida ’’le pire ennemi de la psychanalyse, le seul capable de la mettre à mal, il faut le chercher dans la maison de la psychanalyse.’’30 Le freudisme fut consemptible, car on ne peut s’en servir sans le détruire, comme l’allumette dont l’usage est unique. Le jeudi 22 janvier 1981 Marguerite Yourcenar vint prendre séance à l'Académie Française. Elle évoqua comme il convient son prédécesseur, Roger Caillois : —« Le marxisme et le freudisme ont été l'objet de ses justes attaques, parce que leur triomphe même a contribué à les pétrifier. Il s'élève contre leur casuistique analogue à celle de tous les théologiens de religions intransigeantes, tournant à leur profit les faits mêmes qui les ébranlent et les arguments qui les réfutent. C'est surtout dans l'explication du mythe que Roger Caillois ne pouvait que se heurter à certain freudisme intégral : ’’Le besoin de transposer dans l’analyse des mythes un principe d’explication qu’il est déjà abusif d’étendre à toute psychologie, l’emploi mécanique et aveugle d’un symbolisme imbécile, l’ignorance totale des difficultés propres à la mythologie, l’insuffisance de la documentation facilitant tous les laisser aller... ont abouti à des résultats auxquels on ne peut guère souhaiter qu’un éternel silence.’’ »31

 

 Jacques Bénesteau, septembre 2009

 

Publié par vdrpatrice à 19:58:38 dans Jacques BENESTEAU. | Commentaires (0) |

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