ACTUALITÉS:
Le 3.12.2009
de 18:15 à 19:15
lecture du Jour du dragon
par le comédien Cyril Kaiser
A la Médiathèque Valais,
Avenue de Pratifori 18, 1950 Sion
Ecrivain. Né en Valais.
Vit à Genève. (Contact)
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Beaucoup de niveaux dans Les chevaliers Jedi ont-ils un bouton sur le nez? Pourtant, l'intrigue de la pièce est simple. Une petite fille se met au lit. Sa mère sort pour voir un monsieur rencontré sur un site de rencontre. Son père est ailleurs, suroccupé, toujours absent. Une baby-sitter vient la garder. Confrontée aux cauchemars, la fillette décide de partir vers l'aventure.
Présentation officielle: « Alors, telle une moderne Alice, elle s’échappe dans un monde imaginaire et croise au cours de son voyage sous l’eau ou dans les airs un bestiaire fantastique: un ver super luisant, une pieuvre qui cherche un sens à sa vie, un requin qui pleure, la petite sirène, un ange tout nu, un éléphant rose… et, surtout, un enfant-ballon, qui la soutient et l’accompagne. »
Ce voyage se tient dans une fantaisie débridée et mêle la comédie musicale, les personnages de conte, les moments poétiques et les cavalcades. Le décor simple, une chambre pourvue d'un seul lit, pièce qui grandit au fil du spectacle, se révèle piégé par des trappes, des fosses, des fenêtres qui laissent surgir de partout des personnages. La belle animation de Claude Barras et Jérôme Nyffeler, projetée sur la scène, enrichit tout le spectacle.
Le texte de Camille Rebetez, lui, s'entend de plusieurs manières. A l'histoire de la petite fille isolée, à qui ses parents manquent se surajoute un questionnement sur les mythologies d'aujourd'hui, la communication, les emblèmes de la modernité et les problèmes que les médias rendent branchés.
Mais surabondance de biens ne nuit pas. Tout le monde peut trouver son compte dans cette complexité: les parents visés par les références et la problématique actuelles; les enfants (le spectacle les attend depuis 7 ans) qui s'émeuvent à la triste solitude de l'héroïne et goûtent fortement le coloré loufoque de la pièce.
Les chevaliers Jedi ont-ils un bouton sur le nez? de Camille Rebetez. Avec Pierre-Isaïe Duc, Lionel Frésard, Valérie Liengme, Véronique Montel et Anne-Catherine Savoy. Jusqu'au 25 octobre, Théâtre Am Stram Gram
Publié par Alain Bagnoud à 09:07:29 dans Théâtre | Commentaires (2) | Permaliens
Il vous reste une semaine pour y courir, amis genevois et d'ailleurs. Jusqu'au 30 août, pas un jour de plus. Et après le succès médiatique et public que l'affaire a connu, il est prudent de réserver.
Mis en scène par Cyril Kaiser, Calvin un itinéraire fait partie des événements organisés à l'occasion du 500ème annniversaire de Jean Calvin. Son originalité est de mêler le théâtre de rue et des scènes jouées dans quelques-uns des endroits les plus intéressants de la vieille ville de Genève. Dans la cour de la société de Lecture, Calvin débat avec un humaniste et passe des textes antiques à la Bible. Puis dans l'ancienne maison de Calvin, il y a une scène d'amour (oui oui) entre le réformateur et sa femme, Idelette de Bure: Calvin est à Strasbourg, chassé de Genève, et peu désireux d'y revenir malgré les sollicitations.
La cour de l'Hôtel de ville le montre aux prises avec un jeune pasteur choqué par la mort de Michel Servet, qui a été brûlé vif pour cause de divergence sur la Trinité.
On y voit aussi ses opposants, qui veulent boire, danser, et s'insurgent contre tous ces étrangers qui envahissent la ville.
Enfin, à l'auditoire Calvin, le magnifique Vincent Babel, qui incarne le grand homme, dit trois de ses textes. Superbe moment final. Complètement habité, Babel fait entendre cette langue magnifique comme s'il l'inventait.
Tous les acteurs sont excellents d'ailleurs. L'équilibre entre les scènes synthétiques écrites par Catherine Fuchs et les moments de théâtre de rue est parfait. On rit beaucoup, on est aussi ému. La dramaturgie, subtile, entoure les acteurs de cadres. D'abord dorés et scintillants comme la Renaissance, ils se dépouillent petit à petit pour laisser place en fin de parcours à ce qui importe: le texte, la parole.
Fait pour un public peu spécialisé, l'Itinéraire donne une image équilibrée de Calvin et donne la parole aussi à ses opposants. Bien entendu, le Réformateur en ressort grandi malgré ses contradictions soulignées. Mais enfin, on célèbre son 500ème. Ce n'est tout de même ni le lieu ni le moment de tirer à boulets rouges sur un écrivain dont la richesse de l'expression a favorisé le développement du français comme langue littéraire.
Calvin, un itinéraire, jusqu'au 30 aût
Publié par Alain Bagnoud à 09:57:17 dans Théâtre | Commentaires (0) | Permaliens

Dom Juan ou le festin de pierre. C'est sans doute le titre entier de la pièce qui a fourni le décor du Dom Juan monté à Carouge par Raoul Pastor au Théâtre des Amis, lequel est transporté pour l'occasion dans le parc Louis-Cottier et joué sous chapiteau.
Sur la scène en demi-lune une gigantesque table de marbre. Le sol est en marbre aussi. Sinon rien, ou un ou deux effets de lumière. Décor qui est en harmonie et en contraste avec le Dom Juan qu'incarne Pastor. Il y a contraste parce que dans cette ambiance funèbre s'affaire un Dom Juan plus jouisseur que transgresseur, un Dom Juan à cigare et à grand crus, qui s'occupe moins à défier le Ciel qu'à l'utiliser pour ses affaires, un Dom Juan malin qui trouve la bonne solution dans chacun des problèmes qu'il rencontre. Et il y a harmonie parce que, on l'aura compris, on s'affaire beaucoup sur cette table à boire, à manger, à fumer.
La pièce de Molière a tellement été montée qu'un des intérêts du spectateurs, c'est de voir ce qui, dans la version qu'il découvre, est différent. Ici, une marionnette dans la première scène qui représente Guzman, et Sganarelle dialogue avec lui-même par l'entremise de cette poupée, ce qui, il faut bien le dire m'a laissé sceptique. Autre chose, plus réussie à mon goût: les personnages qui affrontent Dom Juan, notamment Elvire et Dom Louis, n'ont pas ce fond pathétique qu'on leur donne d'ordinaire, ils comprennent les habiletés rhétoriques du séducteur, les apprécient en direct, en jouissent autant que lui, et reconnaissent ses supériorités par un éclat de rire soudain: « Bien joué! »
Bref: le spectacle tire moins vers le tragique et le métaphysique que vers le plaisir des sens, vers la comédie des apparences et leur maîtrise par Dom Juan, ce que semble signifier cette fumée qui rythme le spectacle, fumée jouissive du tabac au début et tout au long de la pièce, fumée de l'au-delà quand apparaît le fantôme. Et quand elle se dissipe, ne reste que le jeu des tromperies partagées, des discours délectables et des plaisirs du monde à atteindre sans vergogne, délicieux sur le moment et en fin de compte vides.
Dom Juan, de Molière. Parc Louis-Cottier, place de Sardaigne à Carouge. Jusqu’au 29 mai. Loc. 022 342 28 74.
Publié par Alain Bagnoud à 11:53:41 dans Théâtre | Commentaires (0) | Permaliens
La jubilation qui me tenait lorsque je suis sorti de ce spectacle, cette jubilation qui m'avait tenu pendant tout le spectacle, elle a probablement des causes diverses, mais on peut les réunir dans un mot.
Tout est heureux dans Les Fourberies de Scapin vu par Omar Porras. Ce qui fait que finalement, par contagion en quelque sorte, et de façon quasiment nécessaire, tout le monde est heureux.
1) Les personnages de Molière: les amoureux se marient, les père et mère (Porras féminise Géronte) retrouvent leurs filles, les fourbes pardonnés se sont bien amusés et ont joui de leurs tours.
2) Les acteurs: à cause du triomphe que rencontre la pièce, sans doute, mais plus fondamentalement aussi, sans doute. Il n'est pas souvent donné à de jeunes comédiens de pouvoir vivre le théâtre avec une telle intensité, et le bonheur qu'ils en éprouvent est contagieux.
3) Les spectateurs: ravis, exultant, gonflés finalement d'énergie, d'amour de la vie et d'envie de théâtre. Encore, encore! Stupéfiés par l'inventivité de la mise en scène, les ressorts comiques exploités à plein, la langue de Molière servie, comme exposée et faisant mouche dans tous ses effets, par le décor, les masques et les costumes, l'ambiance parodique des années cinquante genre Deschiens de mauvais goût, cet intérieur d'un bistrot où se joue la comédie de la vie...
On sait comment l'affaire s'est faite. Avide de renouveau et de jeunesse, Porras a fait courir le bruit qu'il cherchait des acteurs neufs, et 300 CV d'un peu partout en Europe ont afflué. Il en a gardé 100, puis a organisé des ateliers, et a finalement réuni 9 jeunes talents Enfin selon, paraît-il, la méthode habituelle du metteur en scène, tous ont appris tous les personnages, aucun rôle n'a été attribué pendant deux mois, et c'est tout à la fin que la distribution s'est faite.
Ça c'est l'anecdote. On s'en fiche.
L'important, c'est ce qu'on sait à la fin, quand on sort du spectacle: le théâtre, c'est magnifique, la vie vaut la peine d'être vécue, la joie peut être partout, le bonheur n'est pas réservé aux riches, aux beaux, aux forts, le bonheur n'est pas mièvre, dégoulinant, soporifique, mou, il est énergique, volontaire, actif, excitant. Et surtout, il est pour tous: les mal foutus, les pauvres, les ridicules, les avares, les maladroits, les coincés aussi. Bref: il est grand, le bonheur (et Porras est son prophète).
Publié par Alain Bagnoud à 13:06:43 dans Théâtre | Commentaires (3) | Permaliens
J'ai l'impression qu'André est mort dans les toilettes parle de mort, rien que de mort. Ouh là, là, pensez-vous, on ne va pas s'amuser! Hé bien si!
Bon, je ne vous cache pas qu'il y a quelques moments sombres, tristes, recueillis, angoissés, profonds, mais on rit beaucoup à cette suite de sketches liés par le thème de la mort. Hélène Cattin, Sandra Gaudin et Christian Scheidt, fondateurs et membres de la compagnie Un Air de Rien, travaillent en effet selon le principe du collectif: pour l’écriture théâtrale, la sonorisation, la réalisation des films, le jeu et la mise en scène.
Ici, je cite les sources: « Les auteurs de ce spectacle ont écrit, mais également puisé dans un matériel fait de témoignages, de recherches scientifiques, de textes philosophiques et poétiques, de scènes écrites, de canevas muets et de thèmes d’improvisation afin de mettre en lumière avec humour notre légitime et absurde besoin de sens. »
C'est irrégulier mais ça fonctionne, dans une esthétique légèrement ironique et une sobriété de moyens scéniques juste. Le soir où j'y suis allé, il y avait une classe de jeunes ados dans la salle et je craignais le pire. On sait ce que c'est que la discipline de ces chères têtes blondes lâchées dans une salle obscure avec tous les copains à épater. Mais après un début mouvementé, les ados ont été happés par le spectacle, et ont participé au mouvement avec une belle spontanéité et cet enthousiasme si énergique qui est leur marque. Preuve s'il en fallait une que le spectacle a une grande force de capture, pour tous publics.
C'est avec Pierre-Isaïe Duc, Jean-Luc Farquet, Sandra Gaudin, Céline Goormaghtigh, Isabelle Sarment-Migraine, Christian Scheidt.Théâtre Saint-Gervais, Genève, jusqu'au 29 avril, http://www.saintgervais.ch/
Et en marge du spectacle, le théâtre Saint-Gervais Genève propose un CAFE MORTEL en compagnie du sociologue Bernard Crettaz et des acteurs de la troupe ce samedi 25 avril dès 17h au Café Gavroche !
réservations au 022 908 20 20
Publié par Alain Bagnoud à 10:21:26 dans Théâtre | Commentaires (2) | Permaliens
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