Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
(Contact)

DERNIERES PARUTIONS

Alain Bagnoud, Le Jour du dragon


 Alain Bagnoud, La leçon de choses en un jour

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
2411718 visiteurs
Depuis le début du mois :
115516 visiteurs
Billets :
851 billets

Rechercher

Novembre

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Roger Borniche, René la canne | 14 octobre 2009

Borniche et René la canne après son arrestationRoger Borniche, né en 1919, est d'abord un flic, avec un excellent palmarès. Cinq cent soixante-sept arrestations, dont deux ennemis publics numéro un des années cinquante et soixante. Émile Buisson, un braqueur psychotique, dont il a raconté l'histoire dans Flic Story. Et René Girier, dit René la Canne, dont il raconte l'histoire dans le livre éponyme.
Ce n'est pas les seules choses qu'il ait publiées. Il est l'auteur de 28 livres au total, dont plusieurs ont été repris comme base pour des films.
J'ai donc lu son René la Canne, l'histoire d'une traque. Sa proie est un grand fauve. René Girier né le 9 novembre 1919 dans la banlieue lyonnaise, qu'on surnommait René la Canne ou René le boiteux parce qu'il avait reçu une balle dans la jambe.
Borniche éprouve beaucoup de sympathie pour ce gangster. Le voyou est bel homme, séducteur, plein d'énergie et de ressources. Il s'évada 17 fois en 8 ans de prison, et il finira par devenir son ami, après sa libération finale en 1956 grâce à sa visiteuse de prison, la princesse Charlotte de Monaco, la maman de Rainier III de Monaco, la grand-mère de notre Albert du Rocher.
La princesse, nous explique Wikipédia, l'installa ensuite près de son château de Marchais (Aisne). Il devint son chauffeur (sans permis), son intendant et son ami. Ce fut René la Canne qui conduisit la princesse au mariage de son fils avec Grace Kelly en 1956.
Avant tout ça, on suit donc Borniche en 1949. Il tente de reprendre cet évadé, avec les moyens de l'époque qui nous font sourire, à nous qui sommes gorgés grâce aux séries télévisées de méthodes scientifiques, d'analyses d'ADN, de surveillances par Internet et par satellites. Là, en 49, on utilise la planque, les écoutes téléphoniques, les téléphones depuis les cafés et surtout l'intuition.
C'est assez intéressant. Il faut dire que Borniche n'est pas un naïf en littérature. Il a manifestement lu beaucoup de romans policiers et d'autres romans. Il sait se mettre en scène, découper une histoire, la saucissonner, varier les points de vue, nous placer de temps à autre dans la tête de ses personnages. On le suit donc avec un plaisir mi-documentaire, mi-littéraire.

Publié par Alain Bagnoud à 10:12:00 dans Polars, etc | Commentaires (3) |

Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil | 20 mai 2009

Sébastien Japrisot,La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil,Efficacité de la technique de Japrisot : donner la parole à divers personnages, afin qu'ils expliquent leur point de vue sur le fragment de l'histoire qu'ils connaissent. Construire ainsi un puzzle incompréhensible et angoissant jusqu'à ce que la dernière pièce enfin révèle soudain le motif entier.
Ici, le personnage principal s'appelle Dany. Elle est belle, blonde et myope comme une taupe. C'est une petite secrétaire qui semble terne et fiable mais qui va se révéler imprévue, fantasque et pleine de ressources lorsqu'arrivent les événements singuliers qui vont presque la faire basculer dans la folie.
Comme son patron part pour un week-end prolongé avec sa famille, elle emprunte sa voiture après l'avoir emmené à l'aéroport et descend vers la Méditerranée pour voir la mer. Mais des événements bizarres se provoquent et s'enchaînent. On la reconnaît sur le trajet, on lui affirme qu'elle est passée sur la même route mais dans le sens contraire le matin même. Dans une station-service, un assaillant invisible lui écrase la main gauche. Elle découvre enfin un mort dans le coffre, enroulé dans un tapis et près de la carabine qui l'a tué.
Dany finit quand même par déjouer la machination, à cause de ressources qu'elle ignorait en elle et du soutien de braves gens qu'elle croise en route. C'est la morale de ce livre à suspense: on peut pardonner à ceux qui tuent par amour, mais les cruels, les malades, les jaloux, les égoïstes et les manipulateurs doivent être punis.

Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, (Gallimard/Folio policier, 1998, 311 pages)

Publié par Alain Bagnoud à 08:54:15 dans Polars, etc | Commentaires (4) |

Le tableau du maître flamand, par Arturo Pérez-Reverte | 05 avril 2009

Arturo Perez-Reverte, Le Tableau du Maître flamandLe tableau dont Arturo Pérez-Reverte parle dans le titre de son livre a été peint par le peintre flamand Pieter Van Huys en 1471. Vous ne le connaissez pas? Moi non plus. Il a été complètement inventé par l'auteur. Deux chevaliers s'y affrontent aux échecs avec, derrière eux, une dame, vêtue de noir, un livre entre les mains. La toile se trouve à Madrid, chez Julia qui est restauratrice d'art et qui doit nettoyer le tableau pour une prochaine vente. Mais une radiographie qu'elle fait lui montre une curieuse inscription, dissimulée sous une couche de peinture par le peintre lui-même: "Quis necavit equitem?" C'est-à-dire: "Qui a tué le chevalier?".
Il y a deux mouvements ensuite. Grâce à un expert en échec et en remontant de quelques coups la partie, Julia découvre que l'un des joueurs qui avait été assassiné ne l'avait pas été par celui qu'on accusait depuis cinq siècles mais par quelqu'un autre. Deuxième mouvement: quelqu'un reprend la partie en cours, assimile les pièces du jeu d'échec à Julia et à son entourage, et continue à jouer, tuant réellement les vivants que les pièces symbolisent.
Ça vous semble compliqué? Rassurez-vous, si le scénario est assez machiaviélique, et les personnages manipulateurs, vous n'aurez aucune peine à comprendre tellement Arturo Pérez-Reverte a le sens de la pédagogie et prend ses précautions pour que tout soit clair, détaillé, précisé, au point que le texte semble bientôt longuet, appliqué, délayé et téléphoné. Il vous apparaitra assez vite que vous êtes bien plus intelligent que les personnages décrits, et les énigmes proposées ne vous sembleront pas si insolubles que ça.
Un exemple: ce n'est pas pour me vanter, mais je suis un joueur d'échec très médiocre. A peine si je connais le maniement des pièces et n'importe qui peut me flanquer une rouste sur l'échiquier. Mais alors que l'expert du livre, qui pourrait vaincre les plus grands maîtres du monde paraît-il, met un jour entier et plusieurs pages pour retourner en arrière d'un coup dans le jeu, il m'a fallu cinq minutes. C'est la même chose avec l'assassin: je l'ai découvert cinquante pages avant ces êtres d'une finesse et d'une déduction extraordinaires.

Il y a donc deux solutions: soit je suis un génie, soit Arturo Pérez-Reverte nous prend un peu pour des cons.

Arturo Pérez-Reverte, Le tableau du maître flamand, Le livre de poche

Publié par Alain Bagnoud à 11:26:00 dans Polars, etc | Commentaires (3) |

Ed McBain, Du balai ! | 09 février 2009

Photo de Weegee
Un bon vieux polar de la série noire.
Du balai! De Ed McBain date de 1956 et est le premier volume de sa série sur le 87ème district d'une ville qui ressemble un peu à New York.
Ed McBain a eu une idée de précurseur qui allait faire le succès de cette suite: le héros ne serait pas un seul homme, mais un commissariat entier. L'un des flics serait le personnage principal d'un roman, puis il cèderait la vedette à quelqu'un d'autre. Certains des policiers mourraient, de nouveaux arriveraient, on verrait les anciens héros passer dans d'autres bouquins en silhouettes, puis revenir au premier plan.
Ça n'étonnera pas les amateurs de séries télévisées policières, dont certaines sont construites selon les mêmes principes.
Il y a d'autres choses d'ailleurs qu'on voit dans Du balai ! et qu'on retrouvera sur le petit écran: les investigations scientifiques. Bien entendu, on est en 1956 et il ne s'agit pas d'ADN ni de recherches informatiques. Plutôt de formulaires, de médecin légiste, de rapports de balistique et d'autopsie...
L'intrigue: trois flics se font tuer successivement. Le commissariat s'engage dans toutes sortes de pistes. Finalement, il s'agit dans deux cas sur trois pour le meurtrier d'égarer les soupçons, et le responsable est un proche d'un des assassinés. D'accord, je ne dirai pas qui, pour le suspense. Sa femme.
Et on trouve aussi une description intéressante de gangs de jeunes. Oui, ils existent déjà en 56. Ils ont des vestes rouges avec le nom de leur tribu en doré. Les Grovers. Ils sont claniques et brutaux, ils se battent contre le gang de l'autre quartier, ils ont des couteaux et des pistolets bricolés qu'ils utilisent.
Est-ce que ça existe, une histoire de ces groupes? Les zazous, les mods, les blousons noirs, les hell's angels, les gangsta? J'aimerais bien pouvoir comparer.

Ed McBain, Du balai ! Série noire.

Publié par Alain Bagnoud à 09:23:05 dans Polars, etc | Commentaires (4) |

Billy Rags, par Ted Lewis | 05 janvier 2009

Billy Rags par Ted LewisBilly Rags fait partie du genre des polars documentés. Ceux qui racontent comme une sorte de reportage en caméra-vérité ce qui se passe dans les couloirs des quartiers de haute sécurité pendant les évasions, les préparations de braquage et les attaques de fourgons blindés, ceux qui vont fouiner dans l'enfance des criminels dangereux pour rechercher ces événements déclencheurs qui puissent expliquer leur trajectoire. Enormément d'effets de vérité. Dans les dialogues, les situations, les relations, les descriptions de personnages.
Le personnage principal de Billy Rags est inspiré par MacVicar, un célèbre ennemi public de l'Angleterre dans les années soixante.
Billy Rags (Billy la loque) condamné à des dizaines d'années de prison, ne plie pas devant l'administration, défie l'autorité carcérale et veut s'évader. Il y arrive en s'arrangeant pour se mettre à dos le caïd de la prison, qui va expédier ses hommes restés à l'extérieur pour le punir. Traqué, sans le sou, Billy accepte de faire un dernier coup avec de jeunes voyous arrogants et peu professionnels...
Qu'est-ce qu'on apprend dans ce livre? Que le grand banditisme est beaucoup moins organisé qu'on ne le pense ou qu'on peut le croire en voyant certains films. Que les relations entre les voyous sont au rasoir. La méfiance prédomine. Ils ne peuvent compter sur personne mais sont obligés de confier leur vie à quelqu'un sur une impulsion, en une fraction de seconde, comme un quitte ou double.
Intéressant, donc, dans son registre, Billy Rags. Mais dans le genre, n'oubliez pas surtout de lire Jean Chauma, qui, lui, a vécu ces situations, et ne s'est pas contenté comme Ted Lewis d'interroger un prisonnier et d'utiliser ses souvenirs...

Ted Lewis, Billy Rags, Rivages noir

Publié par Alain Bagnoud à 14:31:24 dans Polars, etc | Commentaires (1) |

1| 2| 3| 4| >>

Tous les derniers titres