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Alain Bagnoud

Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)

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L'Aube de la nuit | 05 mai 2008

Je suis celui qui marche en avant
Et dont le Nom est un Mystère.
Je suis l'Hier.
« Celui qui contemple des millions d'années »
Est mon Nom.
Je parcours les sentiers du ciel...
Voici que le titre de Seigneur de l'Eternité m'a été conféré.
Entouré de rayonnement j'avance sur ma route
Et je pénètre partout au gré de mon cœur.
J'existe et je vis...
 
Je suis Horus qui parcourt les millions d'années.
La parole et le silence sont équilibrés dans ma bouche.
En vérité mes formes sont à présent renversées.
Je suis Unnefer, l'être parfait,
Dieu qui se conforme au rythme des temps.
Mon essence est cachée dans mon être.
Seul je suis !... Seul... Seul...
Seul je parcours les solitudes cosmiques...
 
                Le livre des morts des anciens Egyptiens, chapitre 42
 Le livre des morts des anciens Egyptiens
J'ai lu et relu ce texte hier soir, pendant un concert d'orgue qui terminait le Festival de Musique et d'Art Sacré Agapé (Genève, Eglise Saint-François de Sales). J'y étais déjà allé mercredi pour entendre les Grands Motets de Rameau par l'ensemble Baroque du Léman et le Chœur Novantiqua sous la direction de Florence Magloire. Hier, c'était plus moderne et plus ancien en même temps. Marcel Pérès y interprétait Contemplation, une œuvre pour orgue qu'il a composée d'après le Livre des morts des anciens Egyptiens, justement. Marcel Pérès qui fait un grand écart équilibré entre musique médiévale et création contemporaine. Un beau concert.

Publié par Alain Bagnoud à 08:53:52 dans Poèmes | Commentaires (1) |

Novembre | 07 décembre 2007

Tout se désagrège

Objets souvenirs vieilles photos

Soufflés par un vent de désespoir

Enfants démembrés

Amis perdus

 

L'armature d'acier

Se liquéfie

Trente ans d'alcool

Sourdes rages

 

Trous béants de manque d'amour

Elle s'agrippe

Aux mains de l'absent

Déjà saisie

Par les forces de l'ordre

 

Cris et violence

 Ne sont plus de mise

Retrouvera-t-elle un jour

Un moment de tendresse

 

Après novembre

Un long hiver

Mais la promesse du printemps

Sera tenue

 

                                                                    Grégoire Müller
                                                                    Nada Mas, Editions de L'Aire
                                                                    © L'Aire, 2007

Publié par Alain Bagnoud à 09:21:29 dans Poèmes | Commentaires (3) |

Banquet de noces, par Jacques Herman | 23 septembre 2007

Le banquet des affamés, par James Ensor

Je suis coiffé d'un ridicule
Peit chapeau de papier rose
Un inconnu vient m'affubler
D'un nez de clown et je souris
Pour qu'il ne soit pas dit
Que je suis
D'humeur morose

Un grand gaillard entre deux âges
Et qiui me paraît éméché
Porte entre ses bras musclés
Une grosse fille rousse
Qui rit aux éclats

Des gamins lancent des confettis
Un accordéoniste
Sur le devant de la scène
S'est mis à chanter
Une chanson obscène

On se lève soudain
De partout
On pose les mains
Sur les épaules voisines
On joue au petit train
Qui roule dans les collines

On me regarde de travers
Je ne suis pas dans le ton
Pour ne pas leur déplaire
Je souffle dans un mirliton
 
                                            Jacques Herman
                                 Les Tartanes (Editions du Madrier)

Publié par Alain Bagnoud à 11:09:16 dans Poèmes | Commentaires (3) |

Jacques Tornay | 15 janvier 2007

                                 Néanmoins

Il faut se rendre aux mots dans un contentement chantonné
   les lèvres mi-closes, sans brusquerie,
être à soi-même comme le chat assis sous le pommier.
Suivre le glissement de la lune et ne se préoccuper de rien d'autre.

Mais la sérénité est un continent inabordable,
un train qui n'arrive pas, un messie en panne, et nous restons
debout à des carrefours encombrés de questions imprécises et
de réponses improbables, en peine de choisir.
Nous avons néanmoins une candeur immense à investir
du même élan, du même allant qu'à l'époque où nous étions
   petits.

Nous sommes des conglomérats de molécules sacralisés par
   l'espoir d'une éclaircie,
des rêveurs de promesses démurées.
Nous saluons d'une main le soleil bifurquant derrière l'épaule
de la montagne et de l'autre accueillons la nuit comme une soeur.
Chaque parole nous sert de sésame. Aucun geste n'est dérisoire.
Le moindre fragment d'une existence vaut d'être repris
et consigné sous la forme d'une perle rare

Nous distinguons désormais les moments trempés d'absolu
   qui nous sont offerts.
Pour commencer, ne fermons plus les cercles que nous traçons
sur le papier, la plage, l'espace aérien et n'importe où.

                                           Jacques Tornay

(Tiré du recueil Feuilles de présence, L'Arrière-Pays 2005. Chez Josette Ségura, 1 rue Bennwihr, 32360 Jégun, France, ou dans les librairies de la Fnac.)

Publié par Alain Bagnoud à 09:40:15 dans Poèmes | Commentaires (1) |

Je n'ai jamais vecu l'amour | 06 novembre 2006

Je n'ai jamais vécu l'amour
en regard de la loi, ni du texte
ni du poème à venir
ce que j'aime
à part toi
c'est écrire par amour

c'est écrire courtois

                                 Pascal Rebetez

Publié par Alain Bagnoud à 21:24:21 dans Poèmes | Commentaires (0) |

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