
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Publié par Alain Bagnoud à 08:53:52 dans Poèmes | Commentaires (1) | Permaliens
Tout se désagrège
Objets souvenirs vieilles photos
Soufflés par un vent de désespoir
Enfants démembrés
Amis perdus
L'armature d'acier
Se liquéfie
Trente ans d'alcool
Sourdes rages
Trous béants de manque d'amour
Elle s'agrippe
Aux mains de l'absent
Déjà saisie
Par les forces de l'ordre
Cris et violence
Ne sont plus de mise
Retrouvera-t-elle un jour
Un moment de tendresse
Après novembre
Un long hiver
Mais la promesse du printemps
Sera tenue
Grégoire Müller
Nada Mas, Editions de L'Aire
© L'Aire, 2007
Publié par Alain Bagnoud à 09:21:29 dans Poèmes | Commentaires (3) | Permaliens

Je suis coiffé d'un ridicule
Peit chapeau de papier rose
Un inconnu vient m'affubler
D'un nez de clown et je souris
Pour qu'il ne soit pas dit
Que je suis
D'humeur morose
Un grand gaillard entre deux âges
Et qiui me paraît éméché
Porte entre ses bras musclés
Une grosse fille rousse
Qui rit aux éclats
Des gamins lancent des confettis
Un accordéoniste
Sur le devant de la scène
S'est mis à chanter
Une chanson obscène
On se lève soudain
De partout
On pose les mains
Sur les épaules voisines
On joue au petit train
Qui roule dans les collines
On me regarde de travers
Je ne suis pas dans le ton
Pour ne pas leur déplaire
Je souffle dans un mirliton
Jacques Herman
Les Tartanes (Editions du Madrier)
Publié par Alain Bagnoud à 11:09:16 dans Poèmes | Commentaires (3) | Permaliens
Néanmoins
Il faut se rendre aux mots dans un contentement chantonné
les lèvres mi-closes, sans brusquerie,
être à soi-même comme le chat assis sous le pommier.
Suivre le glissement de la lune et ne se préoccuper de rien d'autre.
Mais la sérénité est un continent inabordable,
un train qui n'arrive pas, un messie en panne, et nous restons
debout à des carrefours encombrés de questions imprécises et
de réponses improbables, en peine de choisir.
Nous avons néanmoins une candeur immense à investir
du même élan, du même allant qu'à l'époque où nous étions
petits.
Nous sommes des conglomérats de molécules sacralisés par
l'espoir d'une éclaircie,
des rêveurs de promesses démurées.
Nous saluons d'une main le soleil bifurquant derrière l'épaule
de la montagne et de l'autre accueillons la nuit comme une soeur.
Chaque parole nous sert de sésame. Aucun geste n'est dérisoire.
Le moindre fragment d'une existence vaut d'être repris
et consigné sous la forme d'une perle rare
Nous distinguons désormais les moments trempés d'absolu
qui nous sont offerts.
Pour commencer, ne fermons plus les cercles que nous traçons
sur le papier, la plage, l'espace aérien et n'importe où.
Jacques Tornay
(Tiré du recueil Feuilles de présence, L'Arrière-Pays 2005. Chez Josette Ségura, 1 rue Bennwihr, 32360 Jégun, France, ou dans les librairies de la Fnac.)
Publié par Alain Bagnoud à 09:40:15 dans Poèmes | Commentaires (1) | Permaliens
Je n'ai jamais vécu l'amour
en regard de la loi, ni du texte
ni du poème à venir
ce que j'aime
à part toi
c'est écrire par amour
c'est écrire courtois
Pascal Rebetez
Publié par Alain Bagnoud à 21:24:21 dans Poèmes | Commentaires (0) | Permaliens
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