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Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
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Roman collectif | 20 novembre 2009

Gare de Zürich
« Les trains s’arrêtent longtemps à Zurich, dont la gare est en cul-de-sac. Cette particularité fait que si l’on y arrive d’un côté l’on en repart de l’autre, en admettant bien sûr que Zurich constitue une simple escale dans l’itinéraire adopté. Mais n’est-il pas arrogant de considérer Zurich comme une simple escale ? L’importance de cette ville en Suisse au plan démographique, économique et culturel ne la vouerait-elle pas plutôt, en tout cas aux yeux d’un Zurichois, à constituer la destination par excellence, éventuellement le lieu de départ de tout voyage digne de ce nom ?... »

La suite de ce roman collectif écrit par des suisses allemands et des suisses romands est ici. Une douzaine d'auteurs. On en a trois déjà:
Ivan Farron, Peter Stamm et Jérome Meizoz (voir notamment ici et ici).
L'initiative vient de la Literaturhaus de Zurich et de la
Fondation Oertli.
Les personnages? La charmante Sidonia Soguel. L'étrange Hubert Hubert
. Pour les premiers épisodes:
I. Ivan Farron
II. Peter Stamm
III. Jérôme Meizoz

Publié par Alain Bagnoud à 17:29:12 dans Lectures | Commentaires (3) |

Proverbe | 19 novembre 2009

A coeur valant rien d'imposable.

Publié par Alain Bagnoud à 12:53:38 dans Proverbes | Commentaires (2) |

Matin | 18 novembre 2009

Munch, Le criLa pluie encore. Dix-sept minutes à attendre le bus. Deux minettes, l'une en bottes dorées et pantalons blancs, l'autre en shorts avec des collants noirs et des bottes hautes. Elle rectifie constamment sa coiffure, tire sur ses cheveux pour que la frange ressorte bien.
Plus tard, je trouve une place assise et c'est un luxe délicieux, au chaud près de la vitre. Derrière les traînées de pluie défilent les bureaux de change, les teinturiers, les sandwicheries et les pharmacies.
Une dame avec un manteau chic fait le tour du véhicule. Elle pose à tous la même question, systématiquement. Est-ce que vous avez entendu quelqu'un crier?
Crier? Non. Rien que le gros monsieur qui parle très fort en espagnol dans son téléphone mobile et qui rit comme un ogre. Devant la boutique Nid d'Ange, une montagne de sacs poubelles. Un enfant se met à pleurer quelque part. Il faudrait que quelqu'un me sourie pour que la journée commence enfin.

Publié par Alain Bagnoud à 10:27:10 dans Transports | Commentaires (4) |

L'Equipe | 17 novembre 2009

BièreCe qu'il y a d'ennuyeux quand on parle des bistrots, c'est l'actualité. A peine le temps de faire le tour de ceux qu'on connaît et il y en a un qui vous fait le coup. Nouveau décor, nouveaux patrons, nouvelle carte. Le chroniqueur est alors mal pris.
Mieux vaut s'occuper de littérature. Prenez un bon vieux Balzac. On est tranquille pour dix ans ou même cent, au cas où quelqu'un aura encore l'envie ou les moyens de le lire à ce moment-là. Et même si on change d'avis sur ses textes, on peut comparer, mettre en vis-à-vis, donner les références. Ça fait débat. Voyez ce que je pensais, voyez ce que je pense. Mais un café...
On me signale régulièrement des renouvellements à faire. Je parlais d'un vieux bistrot de quartier et c'est devenu un restaurant vietnamien. Un bar branché s'est transformé en pince-fesse.
Et L'Equipe n'est plus ce qu'il était. C'est devenu une brasserie jeune et bien achalandée.
Nouveau décor, plus cow-boy et indiens, ambiance cave à bière, du bois au plafond et sur les murs... Géré par un couple accueillant et efficace, patron chaleureux, patronne séduisante.
C'est l'endroit à la mode, dans le quartier, où les étudiants se rencontrent pour boire et pour s'amuser. Pas une de ces salles où ils sortent leurs notes et leurs ordinateurs, discutent de paradigme et de syntagme, ou un de ces lieux fréquentés par des pseudo-artistes. Non, ici c'est franc: on boit de la bière au moins par demi-litres. La musique est rock. C'est la fête.

18 avenue du Mail

Publié par Alain Bagnoud à 13:36:05 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (2) |

Nicolas Couchepin, La théorie du papillon | 15 novembre 2009

Nicolas Couchepin, La Théorie du PapillonOh non! dites-vous probablement. Encore cette histoire de papillon avec son battement d'aile qui provoque des ouragans partout dans le monde!
Rassurez-vous, il s'agit d'autres choses dans le roman très bien écrit de Nicolas Couchepin.
Le narrateur a été élevé par une mère alcoolique. Après la mort de son père qu'il n'a jamais connu, il apprend son existence, recueille des documents laissés par ce géniteur, va à la recherche de ses grands-parents qu'il n'a visités qu'une fois dans son enfance. Éloignement qui s'explique bientôt: son grand-père violait sa mère et l'a mise enceinte avant qu'elle n'avorte d'un premier enfant.
La mère a d'ailleurs également abusé de son fils. Celui-ci, devenu gardien de nuit d'un hôtel, jongle inlassablement avec toutes sortes d'objets pour donner un peu de légèreté à sa vie. Il rencontre sur son lieu de travail une femme de ménage somalienne, une réfugiée qui a échappé aux pires horreurs et il devient finalement le père du fils qu'elle porte et qui est d'un inconnu...
Oui oui, c'est un peu chargé quoique thématiquement lié. Le récit est travaillé, la construction impeccable et la langue somptueuse.
J'ai tout de même eu quelques perplexités. Au texte du narrateur s'ajoutent des lettres, des récits de rêve, des extraits de journal intime, morceaux très bien rédigés, mais qui tournent parfois en exercice de style. Et j'ai regretté que l'auteur ne soit pas plus près de son sujet, qu'il garde une distance que je cherche à comprendre. Protection face au contenu fort du roman qui aurait pu tout submerger? Crainte de livrer un univers personnel, d'aller chercher loin en soi des éléments qui puissent mettre en danger?
En tout cas tel qu'il est, ce livre est magnifiquement écrit. Il vient d'ailleurs d'obtenir le Prix de la loterie romande, décerné à Sion samedi passé. La théorie du papillon était couronné ex aequo avec Terrains vagues, de Jérôme Meizoz, dont j'ai déjà parlé ici.
Si je n'ignore rien de tout ça, c'est que j'étais membre du jury. Vous voulez des détails? Qui était dans la sélection, comment ça s'est passé? Impossible de vous répondre. Devoir de réserve.
Ce que je peux vous assurer, en tout cas, c'est que le jury a été impartial. En effet, personne n'a essayé de nous corrompre.

Nicolas Couchepin, La théorie du papillon, Infolio

Publié par Alain Bagnoud à 17:13:56 dans Lectures | Commentaires (0) |

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