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Alain Bagnoud
Ecrivain. Né
en Valais.
Vit à Genève.
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Millénium, de Stieg Larson (suite et fin) | 31 août 2008

Stieg LarsonJ'ai un peu parlé ici du début de Millénium. Prière de s'y référer si on ne sait pas de quoi il s'agit. Le sujet du jour est en effet seulement sur les tomes 2 et 3 de la trilogie.
Ceux-ci forment un ensemble, alors que le premier était autonome. Ils mettent en valeur Lisbeth Salander, cette hacker désormais milliardaire, révèlent son passé, ses ennuis avec une cellule clandestine des services secrets suédois, et son évolution vers un peu plus de sociabilité, aidée en cela par Super Blomqvist et toutes sortes de gens qui lui veulent du bien.
Comme dans le premier volume, toutes les ficelles du thriller sont utilisées.
Une héroïne qui semble à la merci de tous, et sur qui des forces énormes s'acharnent à commettre des injustices, menacée par des méchants qui veulent la déclarer folle et l'enfermer.
Ces méchants sont eux aussi des anti-héros très typés. Un transfuge sadique de l'ex-URSS. Un colosse blond qui ne ressent pas la douleur. Des agents secrets sans scrupules. De l'autre côté, les gentils nous tireraient des larmes tellement ils nous font croire à la bonté du monde.
Car l'intrigue est très moralisatrice, très bien-pensante : les héros baisent beaucoup mais ils éliminent les pédophiles, les anti-féministes, les anti-démocrates.
Millénium a donc beaucoup de qualités. Toutes les ressources des thrillers. Un calibrage pour plaire aux lectrices qui, on le sait, composent l'immense majorité des lecteurs. Une écriture qui court, qui suit plusieurs pistes en parallèle, ménage des suspenses, explique clairement les informations, les rappelle. Les gentils qui gagnent à la fin. Oui, j'ai bien aimé.

Stieg Larson, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, La reine dans le palais des courants d'air (Millénium 2 et 3), Actes sud

Publié par Alain Bagnoud à 15:05:54 dans Lectures | Commentaires (8) |

Paris Hilton, prêtresse et reine | 29 août 2008

  Paris Hilton

J'en connais que la popularité de Paris Hilton laisse pantois. Mais qu'a-t-elle fait ? (disent-ils.) Hériter d'une fortune ? Mettre ses vidéos de sexe sur le net ? Participer à des émissions de téléréalité ? Qu'a-t-elle réalisé pour devenir la personne la plus connue de la planète avec le Christ, Bouddha et quelques autres?
J'ai une réponse. Paris Hilton, elle aussi, est un personnage liturgique. Peut-être pas une déesse, mais une prêtresse. Nous sommes dans les bancs, elle sur l'autel médiatique, c'est une sorte de messe et nous la regardons dans sa fonction sacrée : consommer. Consommer des objets, des produits de luxe, des services, des hôtels, de la mode, des transports en hélicoptère et en jet privé, des hommes...
C'est sa fonction rituelle. Elle est l'interface entre le fidèle et le sacré. Entre le consommateur et la Consommation.
Comme, jadis, le Roi dont parle Sartre dans Saint Genet comédien et martyr : « Il mange avec une générosité inlassable. » Et la foule est admise à le regarder bâfrer.
Le Roi, Paris Hilton, tout du même. Ceux qui détruisent devant nous les produits que nous créons, et que nous admirons pour ça.
Appartenir à cette catégorie privilégiée n'est pas à la portée de n'importe qui. Il faut deux critères pour y être admis. (En tout cas si on en croit Sartre.)
D'abord être . Issu d'une lignée qui a formé le goût de l'aliment ou du luxe (les Bourbons, les Hilton).
Ensuite, avoir le droit divin de consommer. C'est-à-dire être désigné. S'il est évident que c'était par Dieu jadis, quand on se trouvait dans une société théocratique, de nos jours, en démocratie, ce sont les médias qui donnent l'onction.
Cependant c'est en même temps aussi un peu plus compliqué que ça. Paris Hilton n'est pas seulement une prêtresse. Elle est aussi un produit sacré, incarnant la Consommation, je l'ai dit, donc pourvue de Sa présence réelle. Une hostie, consommée par ses admirateurs.
Et, donc, bientôt absorbée, détruite.
Mais il y en aura d'autres après... Elles attendent déjà.

(Publié aussi dans Blogres .)

Publié par Alain Bagnoud à 09:04:00 dans Polémique | Commentaires (12) |

Chapeaux | 28 août 2008

Quand il veut montrer sa surprise, il dit, en levant un sourcil : « Ah ouais ! Quand même ! » Une expression qu'il a prise chez un animateur télé.
ChapeauxAvec ses cheveux longs ramenés en queue de cheval, une barbe rare, il a l'air d'un contestataire ou d'un altermondialiste mais il veut devenir célèbre. Pas à cause de quelque chose qu'il ferait, reconnaît-il, mais pour ce qu'il est. Parce qu'il lui semble qu'il mérite la célébrité.
Pendant qu'il m'explique ça, deux vieilles dames montent dans le tram, emmitouflées dans des châles et avec des chapeaux fantaisie très étranges. L'un avec des sortes d'étages comme un gâteau. L'autre en forme d'obus blanc. Deux excentriques. Celle du gâteau moins âgée que l'autre. Une fille et sa mère, peut-être. Il y a un air de famille.
Je me demande si elles suivent la mode. A voir le col, les manches et le bas d'un de leurs manteaux orné de renard blanc, on peut penser que oui.
Elles regardent avec approbation la voiture de police qui nous dépasse, feu clignotant.
Derrière elles, un type au crâne rasé, l'air mauvais, écoute de la musique très fort sur son Ipod. Le rythme est familier, mais les sons couverts par les bruits de la rue. Il s'approche, poussé par une grande Africaine en boubou qui monte à l'arrêt Villeureuse. Je reconnais le morceau. Dites-moi où ne en quel pays, Est Flora. la belle Romaine. Du Villon et du Brassens... Ah ouais. Quand même.

Publié par Alain Bagnoud à 11:49:20 dans Transports | Commentaires (4) |

Millénium, par Stieg Larson | 27 août 2008

Qu'est-ce que j'ai fait, donc, cet été? Eh bien, la même chose que des milliers de gens. J'ai lu Millénium.
Cette trilogie policière due à Stieg Larson, dont vous avez forcément entendu parlerMillénium, même si vous ne l'avez pas ouverte. Vous connaissez aussi sans doute la triste histoire de l'auteur. Journaliste d'investigation dans un magazine anti-fasciste qu'il a créé, Expo, il écrit ces polars et annonce triomphalement à son amie qu'il a assuré avec ça leur retraite. Il a à peine le temps de rendre les manuscrits à son éditeur qu'il fait une crise cardiaque et qu'il meurt.
Les livres sont des succès mondiaux, mais comme il n'a pas fait de testament en faveur de sa compagne, elle est censée ne rien toucher, tout devant aller à la famille de l'auteur ou, selon d'autres sources, à une fédération de travailleurs communistes. Bon, il y a des tractations en cours, je vous passe les détails, vous les trouverez sur internet et dans la presse.
Millénium, donc. Dans les trois gros livres (plus de 600 pages chacun), on trouve les mêmes personnages principaux. Un journaliste vedette, Blomqvist, la quarantaine, super fort, super intègre, super beau, qui plait super aux femmes et fait super peur aux méchants, et qui est surnommé d'ailleurs super Blomqvist. Il travaille dans un magazine appelé Millénium. Magazine dirigé par sa maîtresse, Erika, mariée à un artiste tout à fait partageur.
Blomqvist a pour co-vedette Lisbeth Salander. Elle aussi est super. En apparence, c'est une jeune femme tatouée, piercée, presque anorexique, qui semble avoir 15 ans même si elle en a plus de 20. Elle est quasiment autiste, semble retardée mentalement, est sous tutelle. Mais le lecteur ne tarde pas à apprendre qu'en fait, c'est une génie de l'informatique, une hacker de génie, qui à la fin du premier livre a détourné 2 milliards de dollars.
En faisant équipe avec le journaliste qui est dans une mauvaise passe, elle réussit également à démasquer un violeur et tueur en série et à retrouver une femme disparue depuis plus de quarante ans.
Pour le plus grand plaisir, il faut le dire, du lecteur captivé, qui peine à refermer le livre.

Stieg Larson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Millénium 1, Actes sud

Publié par Alain Bagnoud à 10:31:43 dans Lectures | Commentaires (2) |

Rentrée | 26 août 2008

RentréeRetour aux affaires après quelques semaines tranquilles, que j'ai passées en montagne. C'est la rentrée et il y a mille choses à faire.
Relancer ce blog ensommeillé et le remettre au rythme de croisière habituel. Corriger les épreuves de mon prochain roman, Le jour du dragon, qui paraîtra en octobre aux Editions de l'Aire. Trouver une bonne âme pour écrire la préface de La leçon de choses en un jour , mon livre précédent, qui sortira en édition de poche, cet automne toujours (collection L'Aire bleue).
Ça, c'est fait. C'est Jean Winiger qui s'en est chargé, de la préface. Beau boulot, Jean!
Et puis l'école. Réunions de rentrée dont je vous passe généreusement le détail, premiers cours, organisation des examens de la session de septembre pour les classes d'adultes où j'enseigne aussi, etc.
Rassurez-vous, je ne vais pas vous harasser longtemps avec l'inventaire du quotidien. Il y a des sujets plus intéressants. J'ai lu toutes sortes de choses pendant mon séjour montagnard, et je me réjouis de vous en parler.
Dès demain, promis.

Publié par Alain Bagnoud à 08:58:42 dans Journal | Commentaires (5) |

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