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Alain Bagnoud

Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)

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 Alain Bagnoud, La leçon de choses en un jour


Alain Bagnoud, Saint Farinet


Alain Bagnoud, La proie du lynx

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Colargol... | 31 janvier 2008

...et son beau sifflet pour faire cuicui...

           
                                                 Colargol - 70 - ORTF

Publié par Alain Bagnoud à 08:41:21 dans Chansons | Commentaires (5) |

Lecture à la Compagnie des Mots | 30 janvier 2008

Arcade de La Compagnie des MotsPublicité. Dimanche prochain, le 3 février, je suis invité à faire une lecture à La Compagnie des Mots, dans la jolie ville de Carouge.
La Compagnie des Mots. Quel beau nom ! Un beau projet aussi. Voyez plutôt:
"Lancée en août 2005, l'association La Compagnie des Mots a pour vocation de promouvoir l'écrit sous toutes ses formes et d'ouvrir l'accès à cette expression culturelle au plus grand nombre possible, sans discrimination, dans un environnement propice et convivial, dans un lieu qui ne soit ni une organisation caritative ou sociale, ni un club pour personnes privilégiées." (C'est tiré de la page d'accueil de leur site.)
Donc, le 3 février dès 17 heures, je lirai des extraits de mes deux derniers livres.
Saint Farinet et La leçon de choses en un jour. Après 45 minutes de lecture, il y aura un échange avec le public. L'entrée est libre. (On peut acheter les livres.)
Comme on dit, avis aux amateurs.

Arcade « Au bonheur des mots », 33, rue Vautier, 1227 Carouge, tél: 078 665 64 96

Publié par Alain Bagnoud à 12:09:17 dans Journal | Commentaires (0) |

La bâtarde, par Violette Leduc (2) | 29 janvier 2008

La Bâtarde, de Violette Leduc, est donc un chef-d'œuvre autobiographique.
Qui raconte une existence peu banale. Violette Leduc est née bâtarde, d'une domestique engrossée par le fils du maître. Traitée durement par sa mère pour qui elle incarne la faute et le mépris social qui la suit, elle vit à Valenciennes avec sa grand-mère qui, elle, lui donne de l'affection et restera pour Violette un souvenir tendre et réconfortant. Elle connaît ses premières amours saphiques en internat. Puis elle monte à Paris.
Elle fait de petits boulots dans l'édition, le cinéma et le journalisme, tourne autour de l'écriture, jusqu'à ce que Maurice Sachs la lance définitivement dans la rédaction de romans - et accessoirement dans le marché noir : c'est la guerre.
Violette Leduc, avec un corps élégant mais  un visage peu conforme à la beauté classique. Simone de Beauvoir, son amie, son soutien, son mentor, parlera à son propos de « brutale laideur ». Violette Leduc bisexuelle, commençant par des femmes, se mariant ensuite avec un homme dont elle exige une profuse activité sexuelle, tombant amoureuse régulièrement d'homosexuels avec qui rien n'est possible : elle refuserait leurs avances s'ils lui en faisaient, puisqu'elle n'est pas un garçon. Si, c'est très logique. Violette Leduc éprouvant des passions pour des femmes inaccessibles, comme Simone de Beauvoir par exemple.
Bref, Violette Leduc n'est pas simple. Violette Leduc est même violemment  perturbée. Elle  a des tendances maniaco-dépressives, connaît les asiles psychiatriques et n'est pas facile à vivre.
Dans La Bâtarde, l'auteur se fait un devoir de dire tout ça ou au moins de l'évoquer. Ce qui a fait scandale lors de la publication du livre (1964). Elle parle de sa sexualité, évoque ses crises, ses difficultés, sa vitalité, sa rudesse, sa laideur. C'est un portrait d'elle-même qui est fort, troublant, attachant.
Et puis le contexte intéresse aussi. Les anecdotes, l'époque, les gens. La mode, par quoi elle est fascinée. Les couturiers les plus cèlèbres de l'époque. Les écrivains de Plon où elle est échotière. Les acteurs et des mondains chez Synops, une boîte qui s'occupe de cinéma. Maurice Sachs, avec qui elle vit quelques mois.
Et cette écriture !

Violette Leduc, La bâtarde, L'Imaginaire Gallimard

Publié par Alain Bagnoud à 09:30:41 dans Panthéon | Commentaires (0) |

Les petits arrangements, par Claude-Inga Barbey | 28 janvier 2008

    Pénélope et les prétendants, par Waterhouse
Gilda, l'héroïne du livre, s'est fait quitter par son prince. Ça semble un peu mièvre, dit ainsi, mais c'est bien ce qui s'est passé. Il l'a séduite, voulue, désirée, prise. Un homme beau, plus jeune qu'elle, une statue vivante qu'elle couvait, qu'elle admirait, qu'elle cajolait, qu'elle entretenait. Elle a largué un premier mari pour cet Ulysse, l'a épousé, lui a fait un enfant.
Mais emprisonné dans cet amour, contrôlé, chargé de famille, dévirilisé, le bel homme doit sauver sa peau et s'en va.
C'est le chagrin de Gilda qu'on suit dans ce livre, ses tentatives pour regagner son homme, ou l'oublier, ou le remplacer par un prétendant, jusqu'à sa résolution finale de ne plus juger mais d'accepter que chacun suive sa route. Dans l'intervalle, elle a rencontré des prétendants divers, des êtres un peu à part, un SDF, un réfugié...

Ulysse ? Les prétendants ? Oui. Claude-Inga Barbey établit un parallèle régulier entre son héroïne, qu'elle renomme Pénélope, et l'Odyssée. Histoire de donner à son histoire de la profondeur, du sens, de la généraliser. Le livre se termine d'ailleurs en Grèce, par une conclusion paradoxale, mais logique puisqu'Ulysse finalement ne revient pas : « C'est décidé. Pénélope part en voyage. »

Pourquoi pas ? Le parallèle est parfois éclairant, parfois juste anecdotique, mais ce n'est pas la première fois qu'on utilise les mythes grecs à toutes les sauces. Plus gênantes sont les quelques incohérences du récit. Comment expliquer par exemple que cette Gilda riche, qui a des propriétés et entretient son mari, travaille comme serveuse dans un bar ? L'essentiel, quand même, est ailleurs. Dans la petite musique de Claude-Inga Barbey, ce chagrin et ce charme. Dans son don d'observation du quotidien qui lui fait épingler en quelques notes un être, une situation.
Toutes choses qui font que ce livre se lit d'une traite et instaure une ambiance de tristesse, mais aussi de vitalité. Il suggère que même si tout peut s'expliquer a posteriori, si les schémas sont probables et les événements prévisibles, une grande liberté guide les destins, que la vie réserve des surprises, préserve le mystère des êtres, et est finalement intéressante même dans les plus téléphonés de ses dénouements. 

Claude-Inga Barbey, Les petits arrangements, Editions d'autre part
(Publié aussi dans Blogres.)

Publié par Alain Bagnoud à 08:42:34 dans Lectures | Commentaires (0) |

La Trêve de Primo Levi, par Philippe Lüscher | 27 janvier 2008

L'entrée du camp d'Auschwitz
Vu hier au
Terrier l'admirable spectacle de Philippe Lüscher. L'acteur est magnifique dans cette interprétation de La Trêve, un récit de Primo Levi publié en 1963, dix-huit ans après les faits qu'il relate. Juste, retenu, sensible, irradiant d'humanité retenue, de force, d'émotion contrôlée.
C'est un long monologue, d'une grande économie de moyens, au service d'un contenu difficilement supportable. L'histoire de ce qui se passe après que le camp d'Auschwitz a été libéré par les Russes, quatre cavaliers avec leur mitraillette sur le côté.
A ce moment-là, Primo Levi se trouve dans l'infirmerie du camp abandonné, parce qu'il avait eu la chance d'avoir la scarlatine qui lui a épargné la marche de la mort où ont disparu la plupart de leurs camarades. 
La Trêve raconte les neuf mois qui sont suivi, jusqu'à ce que Levi arrive en Italie. Neuf mois passés dans la maladie, le froid, la faim, la mort, pendant lesquels il a été ballotté par l'administration soviétique du haut en bas de l'Europe, de la Pologne à la Russie, à la Roumanie, à la Hongrie, à l'Autriche et à l'Allemagne,
dans une trajectoire absurde, de camp de triage en camp de regroupement, de train de marchandise en train de marchandise, sur un réseau de chemins de fer dévasté.
A se demander si les soviétiques avaient vraiment envie que ces survivants rentrent chez eux, si l'itinéraire n'était pas « 
machiavéliquement arrangé de manière à se débarrasser de ces témoins encombrants, qui ne sont de toute façon plus que l'ombre d'eux-mêmes », comme l'écrit Marcel Cottier dans sa présentation du spectacle.
Après la séance, on a parlé. C'est aussi ce qu'il y a de bien, au Terrier. On se retrouve ensuite à côté du petit et charmant théâtre underground, dans les antichambres qui servent de salle de réception, on se regroupe, on boit un verre, on grignote, on cause. Des négationnistes, de la mort ambiguë de Primo Levi, de La mort est mon métier, des Bienveillantes...
Pas des thèmes très gais, j'en conviens. Mais après toute cette barbarie qui nous avait été montrée, un peu de discours, des idées, de la communication et de la chaleur humaine, ça fait du bien.  

Philippe Lüscher, La Trêve, Le Terrier,71 bd de la Cluse,Genève, Tél. 022 320 43 61.
Ce soir dernière à 18 h 00

Publié par Alain Bagnoud à 11:27:29 dans Théâtre | Commentaires (3) |

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