
Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)
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Juste en face de l'université, 99 boulevard Carl-Vogt, de l'autre côté de la rue, il
y a un chaleureux restaurant qui n'est pas tellement fréquenté par les étudiants. Un peu trop cosy, vieille bohème, décoration abondante, nappes confortables et tons chauds. Le Kid.
Appelé ainsi à cause du film de Charlie Chaplin, qu'une ou deux affiches évoquent.
Il y a bien d'autres choses au mur. Des lithographies dans le genre art naïf revisité par Chagall ou le douanier Rousseau. Des miroirs. Une machine à coudre. Un fusil. Des assiettes décorées. Des porte-bouteilles de vin. Une présentation de la famille Knock. Les concurrents de Knie... (Mœurs suisses : Knock et Knie sont les deux plus grands cirques des cantons et leurs propriétaires constituent les seules dynasties royales dans ce pays qui se pique de démocratie.)
Chaud, sombre, illuminé par de petites veilleuses et lampes de chevet, avec ses affiches colorées et dorées, le Kid a quelque chose d'une église orthodoxe.
Au bar, un demi-étage plus haut, on célèbre parfois des colloques gay-friendly. Dans la salle, c'est mélangé et intimiste. Le restaurant fait le grand écart entre spécialités végétariennes bio et grillades au feu de bois et ceps de vigne. La carte ici.
Publié par Alain Bagnoud à 09:15:52 dans Cafés de Plainpalais | Commentaires (3) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 14:14:20 dans Transports | Commentaires (2) | Permaliens
Il y a quelque chose qui rappelle certains des derniers livres de Philip Roth dans L'homme
ralenti. Le thème déjà : un homme vieillissant, diminué, qui se prend d'amour pour une femme beaucoup plus jeune. Quelques questions aussi, sur l'arrivée de la vieillesse, la sexualité, le besoin d'amour, la solitude.
Avec une différence de taille : Philip Roth ressent généralement beaucoup d'empathie pour ses personnages. J.M. Coetzee, lui, se montre plus froid, cruel, mordant.
Donc, un ancien photographe dans la soixantaine a un accident. Il se fait renverser par un jeune chauffard alors qu'il roule à vélo. On doit l'amputer d'une jambe. Dès lors, tout change. Cette jambe manquante est comme un trou dans sa vie. A tel point qu'il se demande sérieusement s'il n'est pas mort, s'il n'a pas changé de réalité.
Il refuse toute prothèse par principe, se retrouve avec des béquilles et fortement handicapé. Le roman au début semble la simple description de ce changement d'état. Puis ça se corse avec l'arrivée de Marjana, une croate aide-soignante qui doit lui apporter les soins nécessaires. Une mère de famille qui a trois enfants, dont deux adolescents, qui n'est pas très belle, qui a la taille épaisse, mais qui dispense une lumière personnelle. Paul tombe amoureux d'elle, veut être un père pour ses enfants, se déclare, crée des drames dans la famille. Et soudain, une vieille femme écrivain lui tombe sur le paletot de nulle part. Dès lors, le récit est presque fantastique.
Qui est cette Elisabeth Costello ? Un double de l'auteur ? Coetze lui a consacré un roman entier, que je n'ai pas lu. Ici, elle s'impose dans la vie de Paul, l'observe, cite le début du roman, aimerait qu'il lui arrive des choses intéressantes pour pouvoir écrire sur lui. Fait l'entremetteuse pour lui procurer des rencontres et des relations sexuelles avec une aveugle, veut nouer une aventure entre eux...
Mais Coetzee ne conclut pas. Il pose des questions, s'interroge, creuse ses thèmes. Il semble agir comme un expérimentateur : il met des personnages en relation, il crée des rencontres et des incidents afin de voir ce qu'il en sortira. Le résultat est un roman très libre, acéré, où passe le souffle de la réalité et des drames personnels, qui décortique des thèmes lourds : l'amour impuissant, le sentiment de la dignité, l'amoindrissement, la vieillesse.
(J.M.Coetzee, L'homme ralenti, Seuil)
Publié par Alain Bagnoud à 12:23:35 dans Lectures | Commentaires (3) | Permaliens
semaine qui suivra sera chargée. C'est le cas. Plein d'activités littéraires après cette dégustation dont je vous ai parlé hier et dont Michel a aussi fait la chronique sur son blog.
oui, comme je vous le dis, de présenter deux de ces auteurs. Jeudi, j'introduirai et interrogerai Eric Masserey, dont les textes seront interprétés par des comédiens. Et vendredi, rebelotte avec Antonin Moeri, qui lira lui-même ses textes. (Tous les soirs à 19 heures sauf le samedi à 16 heures, 6 rue de la Terrassière, Genève, Tel 022 736 27 26.)
2) Antonin Moeri, justement, sera aussi jeudi à Lausanne, au théâtre TASTEMOT, pour un moment de littérature exceptionnel. Publié par Alain Bagnoud à 10:47:58 dans Journal | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Alain Bagnoud à 11:53:47 dans Journal | Commentaires (5) | Permaliens
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