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Alain Bagnoud

Alain Bagnoud. Né en 59 en Valais. Vit à Genève. Quatre romans, un récit, un essai. (Contact)

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Signature à la Chaux de Fonds | 28 septembre 2007

Quand j'ai annoncé fièrement à un ami écrivain que j'allais prochainement faire une signature dans une librairie, il s'est mis à rigoler et m'a traité de pessimiste. Avec un peu de chance, a-t-il dit, tu en feras peut-être deux.Librairie Payot à la Chaux-de-Fonds
C'est très drôle ! C'est très réaliste, surtout. L'expérience nous l'a appris.
Ça ne nous empêche pas d'y aller, nous autres, écrivains et faiseurs de livres, toujours la fleur au fusil et prêts à défendre notre art.
Donc samedi 29. Ça se passe à la Chaux-de-Fonds, à la librairie Payot. Je ne serai pas seul, heureusement. L'événement tourne autour du beau livre Le Vertige des réserves, du photographe Alan Humerose.
Il y aura aussi Pascal Antonietti. Pascal Antonietti dirigeait la revue [vwa], et est l'auteur notamment d'une monographie sur Yves Velan. Lui, moi (et d'autres auteurs) avons écrit des textes pour Le Vertige des réserves.
Alan Humerose sera là, avec un appareil, il tirera leur portrait aux acheteurs. Nous signerons son livre et nos autres ouvrages, nous offrirons à boire aux gens, nous prendrons aussi probablement de temps à autre un petit verre de fendant, d'arvine ou de païen. Histoire de passer le temps. Donc, si vous êtes dans le coin...

Librairie Payot, La Chaux-de-Fonds, 25, Av. L-Robert, 2300 de 11 heures à 14 heures.

Publié par Alain Bagnoud à 09:35:42 dans Lectures | Commentaires (5) |

Salope de pluie, par Bastien Fournier | 27 septembre 2007

Simon est entre deux. Entre sa femme et son père. Entre son envie d'écrire et son devoir d'être ambitieux. Bastien Fournier par Michael AbbetSon père, personnage cultivé, puissant, dominant, le somme de finir une thèse et de tenir la promesse qu'il lui a faite de devenir professeur d'université. Sa femme, harpiste talentueuse, se détache de lui au fil de ses tournées et concerts et se console avec un violoncelliste.
Simon enseigne un peu dans un lycée, fantasme sur une élève qui ne s'intéresse pas à lui, va coucher avec la fille d'en face, une prostituée lectrice de poésie. Il habite à Sion, parcourt la ville et affronte la pluie, une figure de son cafard ou de son désespoir.
Je raconte linéairement quelque chose de fragmenté. La méthode de Bastien Fournier est elliptique. Une scène ici, une autre là, et le lecteur reconstitue l'ensemble. Des scènes d'ambiance principalement. Tout ça suit une esthétique que l'auteur expose littéralement : « Ne pas dire : il est en colère, mais : sur son visage, les traits saillent, les maxillaires et les tempes gonflent. » Montrer, ne pas expliquer.
Le résultat est réussi. Talentueux. Plein de promesses. Bastien Fournier est encore un jeune auteur, mais il a un avenir et une œuvre probable.

Publié par Alain Bagnoud à 08:55:30 dans Lectures | Commentaires (0) |

Guitares | 26 septembre 2007

Nous avons ressorti nos guitares, Pierre Béguin et moi. Nous avons recommencé à plaquer des accords, à faire des gammes. Reconstitué nos anciens répertoires (je parle de ceux que nous jouions il y a trente ans, quand nous ne nous connaissions pas). 
Ça va chauffer dans les chaumières - chez lui et chez moi ! Nous sommes décidés. Nous allons répéter, nous enregistrer. La suite en ligne ici dans quelques mois où nous jouerons des choses comme celle que vous pouvez entendre ci-dessous.  
Mais rassurez-vous. Avec nous, ça sera beaucoup plus rigolo qu'avec Léonard Cohen. Je peux déjà vous le promettre : vous serez morts de rire !  

          
             Leonard Cohen - Suzanne (Live At Isle Of Wight Festival, 1970)

Publié par Alain Bagnoud à 14:33:54 dans Journal | Commentaires (3) |

Battling le ténéreux, d'Alexandre Vialatte | 25 septembre 2007

C'est un blog qui m'a donné envie de lire Alexandre Vialatte (1901-1971). Un blog dont le nom vient du premier recueil de chroniques de Vialatte. Dernières nouvelles de l'homme. Joël qui le tAlexandre Vialatteient est un passionné de l'écrivain. Sa présentation vous en convaincra...
Grâce à Joël, je me suis donc mis à Battling le ténébreux. Un premier roman paru en 1928. Un premier échec commercial.
Vialatte a mis du temps à se faire apprécier. Il est surtout posthume comme écrivain, même s'il était célèbre grâce à ses traductions de Kafka qu'il a fait connaître en France. Certains prétendent d'ailleurs que l'humour absurde qu'on trouve dans Kafka en français doit un peu à son traducteur. Il y a eu tout un débat là-dessus voici quelques années...
Battling le ténébreux est un fait-divers. Un adolescent au passé difficile tombe amoureux d'une peintre allemande qui s'est installée dans une ville de province. Elle voudrait s'y intégrer et y jouir des coutumes petit-bourgeoises après avoir toujours fréquenté des artistes d'avant-garde et des allumés.
Battling la touche d'abord, puis elle le rejette à cause d'une maladresse. Lui, un hypersensible qui se dissimule, qui se déteste, qui accable le monde de sarcasmes faute d'y être accepté, finit pas se suicider.
Il y a d'autres portraits. Celui de la femme peintre, cocasse. Du collège et des professeurs. De Manuel, un ami qui réussit tout ce que Battling rate mais gâche finalement ses grands dons. Du narrateur, dont on ne sait à peu près rien de précis biographiquement mais dont le point de vue emporte le lecteur avec son humour somptueux doublé par une immense pitié.
L'histoire est touchante, drôle et tragique. Elle glorifie l'amitié et est habitée par une nostalgie puissante. C'est une belle et profonde traversée de cette époque de l'adolescence qui promet tout, et finalement ne tient rien. Ou pas grand chose. 

P.S.: Et, heureux hasard, ces prochains jours, à Genève, l'acteur Jean Bruno lira : "Badonce et les créatures"  d'Alexandre Vialatte. Mercredi 26 septembre à 20h30, jeudi 27 septembre à 20h30, vendredi 28 septembre à 19h. samedi 29 septembre à 18h, dimanche 30 septembre à 18h. C'est au Terrier, 71, bd de la Cluse, Pour réserver vos places, vous pouvez téléphoner au Terrier 022. 320.43.61 (répondeur) ou envoyer un message électronique à leterrier@bluewin.ch

Publié par Alain Bagnoud à 08:46:19 dans Lectures | Commentaires (5) |

Les plaisirs qu'offrent les duchesses | 24 septembre 2007

Le snobisme du narrateur de La Recherche est d'essence poétique. Il existe bel et bien puisque le personnage occupe la plupart de ses heures actives à fréquenter les salons les plus brillants, à rencontrer la duchesse de Guermantes... Mais Proust nous présente cette activité comme la conséquence de l'imagination.
C'est l'histoire des Guermantes qui leur donne de l'intérêt, les Mémoires où leur nom apparaît, l'importance et la beauté de leurs châteaux et de leurs propriétés qui emplissent le nom de Guermantes d'une richesse et d'une saveur, lesquelles agrémentent ensuite la personne des ducs.
Même chose avec le comportement aristocratique, le tact, la finesse, la discrétion, la pondération, l'exquise politesse et jusqu'à l'esprit de la duchesse. Ce sont des résultats historiques d'une éducation de caste qui évoque un long passé illustre. Du coup, ces qualités deviennent délicieuses parce qu'on y lit non plus l'individualité mais la lignée, l'Histoire, les rêveries de l'enfance sur Louis XIV, les grands seigneurs, les anecdotes racontées par Saint-Simon...
Le narrateur ne semble d'ailleurs jamais faire d'efforts d'arrivisme ou d'intrigue pour pénétrer dans cette vie mondaine où il va devenir un homme de premier plan. Le premier salon qu'il connaît, celui d'Odette Swann, il y arrive parce qu'il est un compagnon de jeu de sa fille Gilberte, qu'elle l'invite à ses goûters, et qu'insensiblement, il bascule vers les réceptions de sa mère qui a son jour en même temps. C'est là qu'il fait la connaissance de Madame Verdurin et qu'il est invité dans les salons bourgeois.
Son accession aux salons aristocratiques se fait par un hasard semblable, parce qu'à Balbec en vacances, sa grand-mère retrouve Madame de Villeparisis avec qui elle était en pension. Grâce à elle, le narrateur se lie avec son neveu Robert de Saint-Loup, puis, de fil en aiguille, avec la duchesse de Guermantes. Sans que jamais le narrateur ne fasse montre d'ambition mondaine ou de servilité. Par une sorte de hasard nécessaire, naturel, évident - ou, plutôt, par une sorte de conséquence secondaire des sentiments.

Publié par Alain Bagnoud à 08:54:02 dans Proust | Commentaires (0) |

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