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Olivier Chiacchiari, La mère et l'enfant se portent bien | 19 octobre 2006


Vous souvenez-vous, messieurs (je parle aux pères) de ces moments magiques qui ont suivi l'accouchement ? Pas les jours bénis où la nouvelle maman était encore à l'hôpital avec le petit trésor et où vous alliez faire les bistrots avec les copains pour célébrer comme il se doit l'événement. Je parle d'après. Quand tout le monde s'est retrouvé à la maison. Vous vous rappelez ? L'exaltation et les angoisses devant le petit être fragile. Quand en manque de sommeil chronique, vous contempliez durant des heures votre compagne qui allaitait, en prenant l'air attendri et en pensant aux copains qui continuaient à fêter l'événement dans les bistrots. Et puis on vous donnait le bébé, il vous vomissait dessus, se mettait à hurler et une odeur vraiment bizarre émanait de ses couches. Et dans ce moment de bonheur obligatoire, vous vous sentiez un peu l'accessoire de ce couple fusionnel que formaient votre femme et votre bébé, vous compreniez qu'on attendait désormais de vous que vous assumiez vos responsabilités, que vous cessiez de rêver. Que c'était fini la rigolade, l'aventure. Qu'il y aurait dorénavant toujours le bébé entre votre compagne et vous. Mais on estimait que la situation devait vous rendre ravi, béat, et comme vous étiez un brave homme, que vous ne vouliez décevoir personne, vous étiez ravi et béat.
Olivier Chiacchiari l'a été lui aussi, ravi et béat. Puis pour se venger, il a écrit une pièce dont on dégustera le titre. La mère et l'enfant se portent bien. C'est une satire très cruelle et très drôle. Il y décortique au scalpel les relations entre jeunes parents, les transformations de leurs rapports, et met en pièces les clichés sur le sujet. Ses personnages sont insérés dans notre époque. Très contemporains. On n'aurait certainement pas pu jouer ça il y a vingt ans. Une amie me disait que si Chiacchiari peut dire ce qu'il dit, c'est parce que les rapports hommes-femmes ont changé grâce au féminisme. Vous pourrez bientôt en juger par vous-même. On va jouer la pièce à Genève, au Théâtre de Poche, du 30 octobre au 25 novembre (www.lepoche.ch). Allez la voir ! Le texte est à hurler de rire ou à grincer des dents, c'est selon. Vous verrez, messieurs, vous vous y reconnaîtrez ! Vous aussi, peut-être, mesdames. Ou en tout cas, vous entendrez pour une fois tout haut ce que vos hommes pensaient de temps à autre tout bas.  

Publié par Alain Bagnoud à 10:47:52 dans Théâtre | Commentaires (0) |

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