Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

<< Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil | Stephan Zweig, Trois Maîtres | Edmond de Goncourt, né maudit >>

Stephan Zweig, Trois Maîtres | 21 mai 2009

Stephan ZweigLes trois maîtres auxquels Zweig s'intéresse n'étonneront pas les amateurs de grandes œuvres. Balzac, Dickens, Dostoïevski. De ceux qui ont créé des univers romanesques étendus, complexes, dont la lecture demande un gros investissement en heures et en mémoire.
Inutile, donc, de penser qu'on va trouver dans l'étude de Zweig une analyse minutieuse des romans de chaque écrivain. Il y développe plutôt des impressions globales, il tente de saisir et de définir le monde de chacun d'eux, de comprendre ce qu'il a de spécifique.
Pour Balzac, c'est la volonté de puissance par rapport à la société. Ses héros veulent conquérir, arriver, triompher, se saisir de l'argent, de l'estime, de l'admiration, du pouvoir. Un Balzac que Zweig imagine réfugié dans son œuvre contre le réel, rêvant les triomphes ou les échecs magnifiques de ses héros, alors que criblé de dettes, malheureux, pourchassé, il passe ses journées à écrire comme un forçat, sans vivre.
C'est un point commun, d'ailleurs, des trois auteurs analysés ici: ils ont écrit pour gagner de l'argent. Aucun d'entre eux ne fait partie de cette caste des gens aisés qui prennent élégamment la plume pour augmenter leur surface sociale.
Dickens est celui des trois qui a le mieux réussi. Il a été célébré par son pays, il a gagné des sommes folles, il a incarné les traditions anglaises. Mais son rêve, dit Zweig, était médiocre: un cottage anglais tranquille où on prend paisiblement le thé en bourgeois qui jouit de petites rentes, aussi ne ne sauve-t-il que grâce à son humour et à son amour du petit peuple.
Le préféré de Zweig, c'est Dostoïevski, à qui il consacre plus de la moitié de son essai. Dostoïevski, ce génie toujours à la limite de la convulsion, entre extase et anéantissement, humiliation et grandeur, péché et rédemption. Toujours en recherche passionnée de Dieu, doutant de lui, voulant y croire, célébrant la vie malgré sa saleté, sa misère, ses douleurs...
Essai réussi, donc, pour Zweig. Malgré son ton un peu emphatique, la réelle sympathie et la pénétration qu'il montre pour définir ces trois écrivains qu'il aime nous donne envie de les relire.
Je sais, on va me reprocher ce re. Vous n'avez sans doute pas lu tous les textes de ces auteurs mais si, comme moi, vous arrivez à la cinquantaine, vous en avez probablement achevé quelques-uns, non? Mais je ne veux pas d'histoires. Je corrige. Vous donne envie de les lire.

Stephan Zweig, Trois Maîtres, Le livre de poche

Publié par Alain Bagnoud à 09:13:29 dans Lectures | Commentaires (0) |

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici

Rechercher

Archives

Mai

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Compteur

Depuis le 14-09-2006 :
6223613 visiteurs
Depuis le début du mois :
43772 visiteurs
Billets :
1230 billets

FreeCompteur Live

libstat


statistiques

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03