Ingénieur hydraulicien, j'ai travaillé au Nicaragua entre 1999 et 2001 - point de départ de mon voyage mésoaméricain.
Après quelques années françaises me voici à nouveau sur le "terrain", je serais basé à Antananarivo au moins jusqu'en 2010 !

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La semaine dernière je suis allé assister à la finale de la coupe africaine de Basketball féminin - c'est le deuxième match d'un sport collectif que je vois dans le vif de ma vie - le premier avait été un match de baseball entre le Boer de Managua et le Norte de Matagalpa... C'est au stade couvert de Mahamasina que le match a eu lieu, il opposait les Lionnes du Sénégal aux Aigles du Mali - comme nous étions arrivés là accompagnant une volontaire française d'origine malienne c'est dans les rangs des supporters maliens que nous nous sommes retrouvés.
Le state était quasiment plein, pour l'essentiel des jeunes malgaches venus en groupe petit ou grands (comme ces trois adolescentes qui étaient assises à notre droite - ou ces deux types à notre gauche nous ayant offert de boire de la bière dans une bouteille de coca en plastique), il y avait là bien sur des ressortissants sénégalais ou maliens et quelques vasaha égarés dans la foule.
En face de nous, dans la tribune de VIP, l'ambassadeur du Sénégal dans un grand boubou violet, diverses personnalités en costard et au centre, dans une tenue décontractée un peu cowboy (chemise à carreaux et jeans), l'ancien maire de Tana, actuel homme fort du pays. Tout ce beau monde n'avait pas l'air de beaucoup s'amuser....
Le match je l'ai suivi : des Lionnes dominantes, des Aigles se reprenant au deuxième quart temps, mais trop tard, rebonds, attaques, paniers... C'était une partie de l'intérêt d'être là.
Mais l'autre partie c'était l'ambiance, la très particulière ambiance de l'enceinte avant le début du match, l'ambiance des discours protocolaires... On sentait que les autorités en place avaient voulu instrumentaliser l'évènement : voir en le maintien de la compétition à Madagascar une forme de reconnaissance. Des discours ont été faits, rendus inaudibles par les cris, les huées et les applaudissements de la foule - on sentait Tana divisée et dans le boucan il était difficile de savoir si les applaudisseurs ou les hueurs étaient majoritaires... L'air était tendu à rompre, électrique... Il rendait quelque peu dérisoire la remise de médailles aux représentants de la Fiba.
Ce sentiment de division, d'hostilité palpable, s'est évaporé au fur et à mesure du match. Quand, à la distribution des coupes et des médailles, quelques distinctions ont été attribués aux malgaches (Prisca meilleure tri-pointeuse, Maïwen meilleur espoir, coupe fair play du mérite...) l'explosion de joie a été là complète et partagée - indivisible !
Publié par Mazeo à 09:59:32 dans Madagasikara | Commentaires (0) | Permaliens
C'est à Ampefy, nous venons de tenter un peu informé tour du lac Itaosy - mis à mal par la vue de l'entendue d'eau s'ouvrant à la pointe de la presque île que nous avions atteint. De retour à notre hôtel et dépités nous nous sommes assis à une terrasse surplombant l'eau et nous attendons l'apéritif en lisant quelques lignes chacun de son livre (je pense que je lisais du Simak, mon amie lisait Les Cavaliers de Kessel).
Le serveur nous a apporté notre bière et a commenté en voyant les livres : « c'est un nouveau ? ».
Un peu interloqués nous ne l'avons pas compris, il s'est expliqué.
Il avait lu les quatre livres de Kessel de la bibliothèque de l'Alliance française du bourg - il se demandait si Les Cavaliers, qu'il ne connaissait pas, était un nouveau livre de cet auteur qu'il aimait beaucoup !
Nous n'avons malheureusement pas pu lui laisser, elle ne l'avait pas encore fini - mais la prochaine fois que j'y passe je déposerais à la bibliothèque de l'Alliance française ce livre plein de fureur...
Publié par Mazeo à 11:33:18 dans Madagasikara | Commentaires (1) | Permaliens
Cela fait déjà quatre heures que nous marchons en direction du nord ouest depuis Belobaka - un bourg déjà à une soixantaine de kilomètres de Tsiroamandidy, capitale du Bongolava. Nous avançons dans un paysage de collines couvertes d'herbes sèches, suivant parfois ce que fût la route de Belobaka à Akanvadra sur les bords de la Manambolo, notre destination.
A priori, et puisque nous avons laissé Tsiroanomandidy (« là où deux rois ne peuvent régner » limite du monde merina et du monde sakalava) derrière nous nous sommes déjà en plein pays sakalava. Et pourtant, voilà, juste au-dessus de cet arbre sur le flanc d'un petit piton rocheux un tombeau merina...
Ces tombeaux marquent le cœur d'un territoire familial on y ramène les squelettes des membres de la famille qui seraient morts au loin, on y célèbre la cérémonie du famahadiana - le retournement des morts, on les construit en pierres pour durer...
Mais voilà ce tombeau solitaire, sur le bord d'un chemin de crête, loin de tout village, et probablement déjà en territoire « ennemi »...
Pourquoi est-ce que cela me fait penser au poème de Basho :
Herbe d'été flétrie
tout ce qui reste
du rêve de guerriers ?
Publié par Mazeo à 10:14:31 dans Madagasikara | Commentaires (0) | Permaliens
Une ces maisons préfabriqués - je n'avais pas pu bien la cadrer dans le billet précédent...
Publié par Mazeo à 18:46:40 dans Madagasikara | Commentaires (0) | Permaliens
A chaque fois que je vais à Toamasina, comme la semaine dernière, je suis étonné par les ateliers de « préfabriqué » qui longent le bazar be, que l'on trouve du côté de la minoterie ou encore ailleurs. Un morceau de terrain où s'activent divers types, dans un coin peut-être un tas de gros bambous encore verts, dans un autre, ou alors sur les bords de l'atelier, le produit fini. Quelques uns des types usent de la machette pour découper des lamelles de bambou, les autres les tissent, d'autres encore peuvent découper dans certaines de ces nattes le triangle sur lequel viendra se poser un toit.
Car il s'agit d'ateliers qui préfabriquent les murs des maisons parmi les plus simples de la zone. On en voit parfois en ville, roulés, posés sur une « calèche » (construite avec des pneus de voiture récupérés que l'on pousse ici et là et qui est le véhicule utilitaire le moins cher de l'Est) en route vers le chantier où une petite maison se construit. Ce sera une battisse sur pilotis d'une dizaine de mètres carrés, des poteaux en bois soutenant un toit en feuille de ravinala et les murs : ces nattes de bambou...
Une solution élégante et « autochtone » au problème de l'accès au logement, des maisons à trois sous qui tomberont peut-être au premier cyclone mais qui seront si aisément remises sur pied !
Publié par Mazeo à 17:58:04 dans Madagasikara | Commentaires (0) | Permaliens