Ingénieur hydraulicien, j'ai travaillé au Nicaragua entre 1999 et 2001 - point de départ de mon voyage mésoaméricain.
Après quelques années françaises me voici à nouveau sur le "terrain", je serais basé à Antananarivo au moins jusqu'en 2010 !

Ces créations sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons.
Dans cette rue il y a aussi une base de mormons et on les voit parfois errer dans le quartier par paire dans leurs uniformes de VRP, blonds et rougis par le soleil. On me dit qu'ils sont tenaces...
De temps à autre je croise aussi le couple classique des Témoins de Jéhovah distribuant leur petite revue en malgache.
Et j'étais tombé sur la trace du pasteur Maillol et de son Église de l'Apocalypse dans le prénom d'un enfant lors de notre randonnée au Tsiafajavona.
Sans parler des volontaires catholiques (de Paris ou d'ailleurs), de Pedro et de son aura, des bonnes sœurs, des pères blancs et des frères missionnaires...
Sans doute que les différents segments de l'Islam ont ici leurs prosélytes aussi, puisqu'il paraît que les adhérents de cette religion croissent.
Qu'est qu'ils ont tous ces gens ? Qu'est qu'ils ont à venir ici enseigner la Seule Vraie Foi aux païens ? Ne peuvent-ils donc pas laisser les habitants de ce pays vaquer tranquillement à leurs occupations ?
C'est peut être la persistance des religions traditionnelles qui motive tous ces convertisseurs en puissance. Peut être se disent-ils qu'une religion traditionnelle est fragile dans un contexte de mondialisation et que ses tenants finiront par plier sous les coups conjugués des missions, de la modernité et de la crise... Il y aurait donc des adeptes à se faire !
Je n'ai pas particulièrement de sympathie pour les religions, traditionnelles ou autres, mais les prosélytes m'agacent bien plus et je souhaite aux païens toute la résilience nécessaire pour ne pas se laisser convertir par le premier quidam venu (ni le second d'ailleurs...).
Publié par Mazeo à 17:12:54 dans Madagasikara | Commentaires (9) | Permaliens
Des groupes de jeunes jouaient au cartes sous le large parasol d'un grand arbre, les commentaires fusaient, les cartes suivaient. Ils se sont levés pour aller déplacer la grande pirogue sakalava à balancier qui gisait sur le sable pas loin de leur aire de jeu. Sous les encouragements ils l'ont déplacé par petits bonds jusqu'à la mer. Là, une fois dans son élément la pirogue devenait légère, maniable et un seul homme la menait par la bride comme s'il avait amené un cheval à l'abreuvoir.
Ils étaient en train de préparer cette pirogue pour un voyage spécial : un mariage devait se tenir alors sur Nosy Be impliquant des familles de Nosy Komba et un groupe important attentaient qu'elle soit prête pour rejoindre la fête.
Nous nous sommes donc greffés à ce voyage, ravis de l'occasion. Les voyageurs reflétaient d'une certaine manière les transformations en cours dans la société : devant nous sur la belle proue de la pirogue un jeune homme et une jeune femme portaient des habits moulants couverts de pubs et de paillettes, lui les fausses lunettes de star lui cachant la vue, ils avaient tous les attributs d'une jeunesse branchée ; derrière nous une femme plus âgée portait, elle, un lamba coloré , la coiffure élaborée de sakalava et les dessins fleuris blancs que les femmes du nord-est se mettent encore parfois sur le visage pour se protéger du soleil. Le moteur a démarré et appuyée sur son balancier la pirogue s'est élancée vers Nosy Be. Pendant la traversée des chants montaient des passagers, des cris d'allégresse et les deux jeunes regardaient défiler le paysage lui derrière ses lunettes mode, elle un sourire blasé aux lèvres.
A l'approche du port de Helleville la mer s'est couverte d'une moisson de voiles : voiles carrées des pirogues, voiles latines des boutres, voile triangulaire d'un voilier européen parfois égarée entre elles - un ballet de pêcheurs, de caboteurs, marins tous. Quelle élégance que ces voiles comme suspendues au-dessus de l'eau - allant, venant !
Et la nostalgie de la mer me saisit et je me dis qu'un jour il faudra bien que je navigue à nouveau...
Pourquoi pas ici ?
Publié par Mazeo à 16:46:42 dans Madagasikara | Commentaires (0) | Permaliens
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