Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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Le Kosovo, qui a déclaré son indépendance au début de cette année, a depuis été reconnu par 51 Etats dans le monde. L'une de ses premières démarches en tant qu'Etat indépendant a été de poser candidature auprès de la FIFA - l'organisation rassemblant les fédérations nationales de football du monde entier - et de l'UEFA - l'organisation rassemblant les fédérations nationales de football européennes -. Les deux candidatures ont été refusées. 
Michel Platini, président de l'UEFA, en visite en Albanie la semaine dernière, a expliqué en effet qu'une candidature ne saurait être acceptée si l'Etat candidat n'est pas membre de l'Organisation des Nations Unies. La FIFA avait déjà rejeté formellement la candidature de Pristina à la fin octobre, précisant que seul "un Etat indépendant reconnu par la communauté internationale" peut rejoindre l'organisation. Selon euobserver.com, qui cite l'hebdomadaire bulgare Sofia Echo, la FIFA aurait ajouté que le Kosovo n'est par ailleurs pas autorisé à jouer de matchs amicaux.
La déception kosovarde, le président de la fédération critiquant une décision contraire à "l'intérêt du jeu" ("good of the game") ainsi qu'à "l'intérêt du monde" ("good of the world"), si elle est juridiquement infondée, révèle surtout le poids géopolitique de l'UEFA et de la FIFA, et à travers elle, du football. Le Kosovo l'a bien compris, entrer dans la communauté internationale du football, même si ce n'est qu'en amical, c'est entrer dans la communauté internationale tout court. L'universalité mêlée à la subjectivité passionnée du football, garantit un rayonnement que n'offre malheureusement pas toujours l'enceinte des Nations Unies à New York.
Photo: lemonde.fr
Publié par floe26 à 20:47:41 dans Football | Commentaires (0) | Permaliens
Invité par la commission de la
culture et de l'éducation (qui inclut le sport) du Parlement européen lundi
dernier, Sepp Blatter, le président de la FIFA a appelé l'Union européenne à
réagir face à la prise de contrôle financière des clubs européens par des
investisseurs étrangers. Ces prises de contrôle, de plus en plus nombreuses,
font couler beaucoup d'encre chez les commentateurs et provoquent des réactions
ambivalentes chez les supporteurs. Si certains se réjouissent d'un afflux
financier permettant au club d'acheter des joueurs de classe mondiale, d'autres
n'acceptent pas la marchandisation à outrance qu'elles entraînent, déplorent la
perte d'identité du club et l'abandon de ses valeurs traditionnelles.
Manchester : rat des villes ou rat des champs ?
Une ville anglaise symbolise
aujourd'hui cette évolution. A Manchester, deux clubs se disputent le
leadership, Manchester City et Manchester United. Champion d'Angleterre et
vainqueur de la Ligue des Champions l'année dernière, Manchester United a
quelques longueurs d'avance grâce à un effectif constellé de stars, payées par
des capitaux américains. Face à cette domination des "bourgeois"
d'United, les supporteurs de Manchester City revendiquaient leur identité plus
populaire.
Puis le club a été racheté par l'ancien premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, qui vient à son tour de le vendre à un consortium financier des Emirats Arabes Unis. Première recrue du nouveau président : Robinho, star brésilienne venu du Real Madrid. Objectif affiché : devenir le plus grand club du monde. Jusqu'ici, l'objectif fixé au club chaque année était simple : battre United lors du derby mancunien.
Les supporteurs de City déçus de cette évolution pourront toujours rejoindre les tribunes du F.C United of Manchester, fondé par les supporteurs de Manchester United qui n'ont pas accepté les rachats successifs de Rupert Murdoch et de Malcolm Glazer.
J'ai envie d'un nouveau club... Rouge ou noir ?
"Il faut faire quelque chose contre ces présidents milliardaires" a estimé lundi Sepp Blatter. "De nos jours, on achète un club comme on achète un maillot de foot. Il y a quelque chose qui ne va pas et c'est pourquoi je demande à l'Union européenne d'agir. (...) Il ne s'agit pas uniquement de l'Angleterre car cela va se répandre dans toute l'Europe".
Dans la Premier League anglaise, 8 clubs sur 20 appartiennent à des investisseurs étrangers. "Cela crée un risque d'instabilité pour ces équipes et la compétition en général", commente le président de la FIFA. "L'idéal serait que les clubs soient financés par des investisseurs locaux".
En gravitation ?
La crise financière rend ce problème encore
plus urgent, insiste Blatter. Pour autant, le football semble pour l'instant
immunisé face à l'épidémie qui touche les marchés mondiaux. L'éclatante santé
financière de certains clubs paraît même indécente et pousse l'International Herald Tribune à se
demander "combien de temps le football va continuer à défier les lois de
la gravité financière" (édition du 8 octobre).
"J'appelle l'UEFA à travailler au plus vite avec l'Union européenne pour rendre les règles plus strictes, autrement il y aura de grosses difficultés financières dans le futur" a conclu le président de la FIFA.
Dans l'Humanité, Benoît Hamon, eurodéputé socialiste, surenchérit : "Les pétrodollars russes ou d'ailleurs pleuvent sur le foot sans que l'on sache leur origine. (...) Il faut des règles de transparence. (...) Mais [les libéraux et les conservateurs] sont contre une DNCG (Direction Nationale de Contrôle de Gestion, chargée de surveiller les comptes des clubs de football professionnels en France) chargée de faire la transparence sur les flux financiers" (édition du 9 octobre).
Un gendarme footeux ?
Un gendarme financier européen : les demandes de
Sepp Blatter et de Benoît Hamon rejoignent finalement les appels de Nicolas
Sarkozy pour une plus grande régulation financière européenne. Alors, le
football ne pourrait-il servir de terrain d'entraînement pour ce gendarme
financier européen ?
Photos: Yahoo!, Parlement européen.
Publié par floe26 à 23:22:25 dans Football | Commentaires (0) | Permaliens
L'Euro 2008 de football s'est clôturé hier soir avec une victoire de l'Espagne sur l'Allemagne. Face au ballet des drapeaux et au concert des hymnes nationaux, certains se sont fait la remarque que la compétition exacerbait les sentiments nationalistes et allait donc à contre-courant de l'idée européenne.
Bien au contraire. Au sortir de la victoire, Fernando Torres, le buteur espagnol, déclarait hier soir que remporter l'Euro équivalait quasiment à un sacre mondial. L'Euro est même souvent considéré comme une compétition plus difficile que la Coupe du monde dans la mesure où le niveau général est plus élevé. L'Euro s'est donc imposé comme une compétition de référence pour les équipes nationales, une échéance cruciale leur permettant de s'étalonner face à leurs voisins européens. Un enjeu fondamental donc, dont l'importance se mesure à l'ampleur du dépit affiché par les équipes non qualifiées, à l'image de l'Angleterre cette année.
Alors certes, le supporteur français, espagnol ou suédois affiche clairement sa préférence mais celle-ci ne se conçoit pas en contradiction avec l'idée européenne. Au contraire, le cadre de référence en matière de football est bien le cadre européen et non plus le cadre national.
Qui irait accuser un supporteur de Marseille ou de Nancy d'être antifrançais ?
Il est vrai que le football a pu et peut servir d'instrument de revendication nationaliste ou indépendantiste, en Espagne (FC Barcelone, Athletic Bilbao) par exemple. Mais ces équipes participent au championnat national et ses supporteurs ne voudraient le quitter pour rien au monde.
Les socios du Barca ne rêvent que d'une chose, battre le Real Madrid et remporter le championnat. Or cette logique ne fait que renforcer la prégnance du championnat national et donc du cadre national.
Le raisonnement est transposable au niveau européen. En rêvant de triompher à l'Euro, les équipes nationales et leurs supporteurs démontrent l'évidence du cadre européen.
Un cadre européen élargi puisqu'il s'en est fallu de peu pour que la finale n'oppose la Russie et la Turquie, les deux demi-finalistes malheureux. Du grain à moudre pour l'UE ? C'est un autre débat...
Photo: UEFA
Publié par floe26 à 19:24:34 dans Football | Commentaires (3) | Permaliens
Lors de son congrès à Sydney cette semaine, la FIFA (Fédération internationale de football) s'est prononcée en faveur de la mise en place de la règle du « 6 + 5 », contre-attaquant ainsi le Parlement européen qui avait voté contre quelques semaines plus tôt.
La règle "6 + 5" vise à imposer aux clubs de jouer avec au moins 6 joueurs éligibles en sélection nationale. En d'autres termes, un club français devrait jouer avec 6 joueurs français au moins sur le terrain, un club anglais avec 6 joueurs anglais, etc. De fait, c'est le plus souvent le cas en ce qui concerne les clubs français. Beaucoup moins en ce qui concerne les clubs anglais... A ce point de l'exposé, il est quasi-obligatoire de ressortir l'exemple d'Arsenal, premier club anglais à avoir aligné régulièrement une équipe ne comptant aucun anglais sur le terrain et entraînée par un français, Arsène Wenger. Arsenal, bel exemple d'un foot sans frontières et de la primauté du talent ou symbole du foot-business ?
La FIFA penche plutôt vers la seconde solution. Cherchant à protéger les équipes nationales face à ce qu'elle considère être les effets pervers de l'arrêt Bosman, elle a donc élaboré ce principe du "6 + 5" afin de garantir un lien minimum entre les clubs et les équipes nationales correspondantes. Rappelons qu'en 1995, l'arrêt Bosman de la Cour de justice européenne, déclarait contraire à la libre circulation des travailleurs la limitation du nombre de joueurs communautaires dans les clubs européens.
La FIFA tente donc de revenir sur cette jurisprudence, estimant qu'elle favorise les clubs les plus riches. Sepp Blatter (photo), le président de la FIFA, explique ainsi que "le système actuel va à l'encontre du principe actuel d'égalité des compétitions et de revalorisation des équipes nationales. C'est un système égoïste. Il ne faut pas laisser les riches devenir plus riches".
Mais si l'objectif est sans aucun doute louable, le moyen choisi par la FIFA pour y parvenir n'est pas forcément le meilleur. D'abord et avant tout parce qu'il est contraire aux principes de droit communautaire, créant une discrimination entre nationaux et non-nationaux à l'heure où l'entraîneur détermine sa composition. C'est ce qu'a souligné le Parlement européen en votant il y a quelques semaines le livre blanc sur le sport.
A la place du "6 + 5", le Parlement européen soutient une règle défendue par l'UEFA, imposant aux clubs de compter un minimum de joueurs formés chez eux dans l'équipe première (8 joueurs sur les 25 de l'équipe, dont au moins 4 formés dans le club et les autres formés dans la même ligue).
Visant à inciter les clubs à investir dans la formation, celle-ci permet par contre d'échapper aux quotas de nationalité, tout en permettant a priori de donner leur chance aux jeunes nationaux. La Fédération anglaise, dont l'équipe nationale ne s'est pas qualifiée pour l'Euro débutant dans quelques jours, reproche ainsi ouvertement aux clubs anglais de ne pas donner leur chance aux jeunes anglais, en achetant des jeunes formés à l'étranger.
Dans le détail, la "home-grown rule" défendue par le Parlement européen et l'UEFA prévoit que les 8 joueurs concernés doivent avoir été enregistrés pour un minimum de 3 saisons dans le club - ou la ligue - entre l'âge de 15 ans et de 21 ans. Or aujourd'hui, la formation des joueurs de football débute de plus en plus tôt et un bon joueur se repère dès 12-13 ans, voire plus tôt. Les grands clubs achètent donc les joueurs de plus en plus jeunes, se contentant de peaufiner leur formation avant de les lancer dans le grand bain.
Photo: AFP.
Publié par floe26 à 19:09:45 dans Football | Commentaires (1) | Permaliens
Décidément, le football intéresse la Communauté européenne. Après la Commission qui organise un match de gala à Manchester (cf. billet "Le football, une réussite européenne" sur ce blog), c'est au tour du Parlement de parler un peu du ballon rond.
Jeudi 29 mars en plénière, deux textes ont été adoptés par le Parlement. Le premier était une résolution législative en vue de l'adoption d'une décision du Conseil concernant la sécurité lors de matches de football revêtant une dimension internationale.
L'avenir du football professionnel selon le Parlement européen
Le second, plus développé, était une résolution sur l'avenir du football professionnel en Europe, adoptée suite au rapport du député belge Ivo Belet. Dans ce texte, le Parlement cherche d'abord à expliquer sa démarche. Le sport n'étant pas à proprement parler une compétence communautaire, cela semble judicieux même si les résolutions du Parlement - textes non contraignants - peuvent avoir trait à tous les sujets. Pour le Parlement, "la professionnalisation et la commercialisation croissantes du sport en général et du football en particulier ont accru considérablement l'incidence du droit communautaire dans ces domaines, ce que reflète le nombre croissant d'affaires pendantes devant la Cour de justice et la Commission. Dans ce contexte, le problème de l'insécurité juridique s'est considérablement aggravé (...)".
Afin de contrer cette insécurité juridique née de l'absence de régulation au niveau européen, le Parlement se prononce pour une intégration des aspects économiques du sport dans le champ communautaire et invite la Commission à élaborer des lignes directrices dans cette perspective.
L'affaire Charleroi et la formation
Le Parlement évoque également l'affaire Charleroi - soutenu par le G14 qui regroupe les clubs européens les plus puissants, le club de Charleroi conteste la mise à disposition gratuite des joueurs aux équipes nationales - actuellement pendante devant la Cour de justice et au sujet de laquelle il estime qu'elle "pourrait sérieusement réduire les possibilités qu'ont les petites et les moyennes associations nationales de football de participer à des compétitions internationales et pourrait menacer les investissements essentiels qu'opèrent les associations nationales dans le football amateur". Le Parlement considère à cet égard "que les clubs devraient libérer les joueurs appelés en équipe nationale sans prétendre à une compensation".
Par ailleurs, un soutien explicite est apporté aux clubs formateurs, et en particulier, aux mesures de l'UEFA imposant un nombre minimum de joueurs locaux dans les effectifs. Voilà qui plaira sans doute aux clubs français mais on peut se demander si la CJCE n'y verra pas une atteinte à l'arrêt Bosman, consacrant la libre circulation des footballeurs communautaires.
La main sur le coeur européen?
De manière générale, la résolution du Parlement européen met le doigt sur les problèmes cruciaux auxquels le football fait face aujourd'hui. Son utilité ne fait à cet égard aucun doute, même si sa portée est entièrement conditionnée par les mesures prises par l'UEFA, la FIFA et éventuellement les autres institutions de l'Union européenne. L'européanisation du football semble en tout cas s'accélérer, même si finalement l'idée de jouer l'hymne européen et de faire flotter le drapeau européen lors des finales de la Ligue des Champions et de l'Euro a été retirée juste avant le vote.
Publié par floe26 à 21:20:22 dans Football | Commentaires (5) | Permaliens
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