Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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L'Euro 2008 de football s'est clôturé hier soir avec une victoire de l'Espagne sur l'Allemagne. Face au ballet des drapeaux et au concert des hymnes nationaux, certains se sont fait la remarque que la compétition exacerbait les sentiments nationalistes et allait donc à contre-courant de l'idée européenne.
Bien au contraire. Au sortir de la victoire, Fernando Torres, le buteur espagnol, déclarait hier soir que remporter l'Euro équivalait quasiment à un sacre mondial. L'Euro est même souvent considéré comme une compétition plus difficile que la Coupe du monde dans la mesure où le niveau général est plus élevé. L'Euro s'est donc imposé comme une compétition de référence pour les équipes nationales, une échéance cruciale leur permettant de s'étalonner face à leurs voisins européens. Un enjeu fondamental donc, dont l'importance se mesure à l'ampleur du dépit affiché par les équipes non qualifiées, à l'image de l'Angleterre cette année.
Alors certes, le supporteur français, espagnol ou suédois affiche clairement sa préférence mais celle-ci ne se conçoit pas en contradiction avec l'idée européenne. Au contraire, le cadre de référence en matière de football est bien le cadre européen et non plus le cadre national.
Qui irait accuser un supporteur de Marseille ou de Nancy d'être antifrançais ?
Il est vrai que le football a pu et peut servir d'instrument de revendication nationaliste ou indépendantiste, en Espagne (FC Barcelone, Athletic Bilbao) par exemple. Mais ces équipes participent au championnat national et ses supporteurs ne voudraient le quitter pour rien au monde.
Les socios du Barca ne rêvent que d'une chose, battre le Real Madrid et remporter le championnat. Or cette logique ne fait que renforcer la prégnance du championnat national et donc du cadre national.
Le raisonnement est transposable au niveau européen. En rêvant de triompher à l'Euro, les équipes nationales et leurs supporteurs démontrent l'évidence du cadre européen.
Un cadre européen élargi puisqu'il s'en est fallu de peu pour que la finale n'oppose la Russie et la Turquie, les deux demi-finalistes malheureux. Du grain à moudre pour l'UE ? C'est un autre débat...
Photo: UEFA
Publié par floe26 à 19:24:34 dans Football | Commentaires (3) | Permaliens
Lors de son congrès à Sydney cette semaine, la FIFA (Fédération internationale de football) s'est prononcée en faveur de la mise en place de la règle du « 6 + 5 », contre-attaquant ainsi le Parlement européen qui avait voté contre quelques semaines plus tôt.
La règle "6 + 5" vise à imposer aux clubs de jouer avec au moins 6 joueurs éligibles en sélection nationale. En d'autres termes, un club français devrait jouer avec 6 joueurs français au moins sur le terrain, un club anglais avec 6 joueurs anglais, etc. De fait, c'est le plus souvent le cas en ce qui concerne les clubs français. Beaucoup moins en ce qui concerne les clubs anglais... A ce point de l'exposé, il est quasi-obligatoire de ressortir l'exemple d'Arsenal, premier club anglais à avoir aligné régulièrement une équipe ne comptant aucun anglais sur le terrain et entraînée par un français, Arsène Wenger. Arsenal, bel exemple d'un foot sans frontières et de la primauté du talent ou symbole du foot-business ?
La FIFA penche plutôt vers la seconde solution. Cherchant à protéger les équipes nationales face à ce qu'elle considère être les effets pervers de l'arrêt Bosman, elle a donc élaboré ce principe du "6 + 5" afin de garantir un lien minimum entre les clubs et les équipes nationales correspondantes. Rappelons qu'en 1995, l'arrêt Bosman de la Cour de justice européenne, déclarait contraire à la libre circulation des travailleurs la limitation du nombre de joueurs communautaires dans les clubs européens.
La FIFA tente donc de revenir sur cette jurisprudence, estimant qu'elle favorise les clubs les plus riches. Sepp Blatter (photo), le président de la FIFA, explique ainsi que "le système actuel va à l'encontre du principe actuel d'égalité des compétitions et de revalorisation des équipes nationales. C'est un système égoïste. Il ne faut pas laisser les riches devenir plus riches".
Mais si l'objectif est sans aucun doute louable, le moyen choisi par la FIFA pour y parvenir n'est pas forcément le meilleur. D'abord et avant tout parce qu'il est contraire aux principes de droit communautaire, créant une discrimination entre nationaux et non-nationaux à l'heure où l'entraîneur détermine sa composition. C'est ce qu'a souligné le Parlement européen en votant il y a quelques semaines le livre blanc sur le sport.
A la place du "6 + 5", le Parlement européen soutient une règle défendue par l'UEFA, imposant aux clubs de compter un minimum de joueurs formés chez eux dans l'équipe première (8 joueurs sur les 25 de l'équipe, dont au moins 4 formés dans le club et les autres formés dans la même ligue).
Visant à inciter les clubs à investir dans la formation, celle-ci permet par contre d'échapper aux quotas de nationalité, tout en permettant a priori de donner leur chance aux jeunes nationaux. La Fédération anglaise, dont l'équipe nationale ne s'est pas qualifiée pour l'Euro débutant dans quelques jours, reproche ainsi ouvertement aux clubs anglais de ne pas donner leur chance aux jeunes anglais, en achetant des jeunes formés à l'étranger.
Dans le détail, la "home-grown rule" défendue par le Parlement européen et l'UEFA prévoit que les 8 joueurs concernés doivent avoir été enregistrés pour un minimum de 3 saisons dans le club - ou la ligue - entre l'âge de 15 ans et de 21 ans. Or aujourd'hui, la formation des joueurs de football débute de plus en plus tôt et un bon joueur se repère dès 12-13 ans, voire plus tôt. Les grands clubs achètent donc les joueurs de plus en plus jeunes, se contentant de peaufiner leur formation avant de les lancer dans le grand bain.
Photo: AFP.
Publié par floe26 à 19:09:45 dans Football | Commentaires (1) | Permaliens
Décidément, le football intéresse la Communauté européenne. Après la Commission qui organise un match de gala à Manchester (cf. billet "Le football, une réussite européenne" sur ce blog), c'est au tour du Parlement de parler un peu du ballon rond.
Jeudi 29 mars en plénière, deux textes ont été adoptés par le Parlement. Le premier était une résolution législative en vue de l'adoption d'une décision du Conseil concernant la sécurité lors de matches de football revêtant une dimension internationale.
L'avenir du football professionnel selon le Parlement européen
Le second, plus développé, était une résolution sur l'avenir du football professionnel en Europe, adoptée suite au rapport du député belge Ivo Belet. Dans ce texte, le Parlement cherche d'abord à expliquer sa démarche. Le sport n'étant pas à proprement parler une compétence communautaire, cela semble judicieux même si les résolutions du Parlement - textes non contraignants - peuvent avoir trait à tous les sujets. Pour le Parlement, "la professionnalisation et la commercialisation croissantes du sport en général et du football en particulier ont accru considérablement l'incidence du droit communautaire dans ces domaines, ce que reflète le nombre croissant d'affaires pendantes devant la Cour de justice et la Commission. Dans ce contexte, le problème de l'insécurité juridique s'est considérablement aggravé (...)".
Afin de contrer cette insécurité juridique née de l'absence de régulation au niveau européen, le Parlement se prononce pour une intégration des aspects économiques du sport dans le champ communautaire et invite la Commission à élaborer des lignes directrices dans cette perspective.
L'affaire Charleroi et la formation
Le Parlement évoque également l'affaire Charleroi - soutenu par le G14 qui regroupe les clubs européens les plus puissants, le club de Charleroi conteste la mise à disposition gratuite des joueurs aux équipes nationales - actuellement pendante devant la Cour de justice et au sujet de laquelle il estime qu'elle "pourrait sérieusement réduire les possibilités qu'ont les petites et les moyennes associations nationales de football de participer à des compétitions internationales et pourrait menacer les investissements essentiels qu'opèrent les associations nationales dans le football amateur". Le Parlement considère à cet égard "que les clubs devraient libérer les joueurs appelés en équipe nationale sans prétendre à une compensation".
Par ailleurs, un soutien explicite est apporté aux clubs formateurs, et en particulier, aux mesures de l'UEFA imposant un nombre minimum de joueurs locaux dans les effectifs. Voilà qui plaira sans doute aux clubs français mais on peut se demander si la CJCE n'y verra pas une atteinte à l'arrêt Bosman, consacrant la libre circulation des footballeurs communautaires.
La main sur le coeur européen?
De manière générale, la résolution du Parlement européen met le doigt sur les problèmes cruciaux auxquels le football fait face aujourd'hui. Son utilité ne fait à cet égard aucun doute, même si sa portée est entièrement conditionnée par les mesures prises par l'UEFA, la FIFA et éventuellement les autres institutions de l'Union européenne. L'européanisation du football semble en tout cas s'accélérer, même si finalement l'idée de jouer l'hymne européen et de faire flotter le drapeau européen lors des finales de la Ligue des Champions et de l'Euro a été retirée juste avant le vote.
Publié par floe26 à 21:20:22 dans Football | Commentaires (3) | Permaliens

Le sport, et donc le football, n'est pas une compétence communautaire. Pour autant, le football constitue une véritable réussite européenne. C'est ce qu'explique Thomas Ferenczi, correspondant du Monde à Bruxelles : le football se comprend aujourd'hui à une échelle européenne, qui apparaît comme évidente. Lyon-Rome, Barcelone-Liverpool, autant d'affiches qui passionnent et attirent des spectateurs et téléspectateurs plus nombreux que pour un match de championnat national.
Car l'étalon de la valeur d'un club de football aujourd'hui est européen. Le constat souvent établi de la faiblesse des clubs français naît de l'analyse de leurs résultats dans les coupes européennes, en premier lieu la Ligue des Champions. Au contraire, la valeur des joueurs français se mesure à leur présence dans les clubs phares des championnats anglais, espagnol, italien et allemand.
L'Europe s'impose ainsi comme le cadre de référence en matière de football. Un tel constat est loin de pouvoir s'appliquer à d'autres domaines, pourtant largement communautarisés : l'emploi, le commerce, l'énergie, l'environnement, la santé, parmi d'autres. Pour ces derniers, si les acteurs professionnels sont sans aucun doute conscients de la réalité européenne, la population dans son ensemble ne raisonne pas encore en termes européens. Pour le football, au contraire, la réalité européenne s'impose à tous et non pas aux seuls acteurs professionnels.
Moteur de cette européanisation, l'UEFA peut être alors présentée comme une partenaire privilégiée de l'UE, comme une "petite sœur" qui suit la dynamique de la plus grande. Mathématiquement parlant, il faudrait d'ailleurs plutôt parler de grande sœur puisque l'UEFA est née en 1954. De la même génération, l'UEFA et l'UE vont fêter ensemble l'anniversaire de cette dernière : le 13 mars, un match de gala sera organisé à Manchester, opposant l'équipe de Manchester United à une sélection européenne. Selon M. Barroso, "c'est une belle manière de marquer le cinquantième anniversaire de la création de l'UE, avec le football, ce merveilleux sport qui inspire les Européens comme nul autre et leur fait partager une passion et un langage communs".
Football : a European success
Sport, including football, does not rank as one of EU competencies. Yet, football is a real European success, explains Thomas Ferenczi, Le Monde's correspondent in Brussels. Football is now to be understood at the European level, which solely makes sense. Games such as Lyon vs. AS Roma or Barcelona vs. Liverpool draw crowds bigger than those watching national games.
The standard of football quality has become European. French clubs are deemed to be a bit under as people look at their results in European cups, and above all in the Champions League. On the contrary, the quality of French players is revealed by their presence in top clubs of the British, Spanish, Italian and German championships.
Thus in football, the framework is now clearly European. Saying that is not as easy in respect to fields that are yet much more regulated by the European Union, such as employment, business, energy, environment, health, among others. In these fields, if professionals are undoubtedly aware of the European reality, citizens do not yet think in a European frame. In football however, the European reality is clear to everyone and not only to the professionals.
Having led this Europeanization, the UEFA appears as a privileged partner of the EU, as a "little sister" that follows her elder. Mathematically speaking though, one should talk about the older sister since the UEFA was founded in 1954. Belonging to the same generation, the UEFA and the EU are going to celebrate together the birthday of the latter: on March 13th, a charity match will be organized in Manchester, between Manchester United and a European XI containing some of the continent's top players. According to the president of the European Commission, Mr Barroso, "it is a great way to mark the 50th anniversary of the creation of the European Union, through the great game of football that inspires Europeans in a unique way, through a shared passion and a language shared by all".
Publié par floe26 à 21:47:02 dans Football | Commentaires (2) | Permaliens


Publié par floe26 à 22:18:57 dans Football | Commentaires (1) | Permaliens
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