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l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Effervescence | 29 juin 2007


Période d'effervescence européenne...

Une "Constitution -", ah non pardon mot tabou : un mini traité. Beaucoup moins simple que mini ne le laisse entendre d'ailleurs. Entre l'exception britannique à la Charte des droits fondamentaux et à l'approfondissement de la coopération en matière pénale, la disparition de "la concurrence libre et non faussée" des objectifs de l'Union - même si elle le reste dans les faits - et un système de pondération de voix au Conseil à géométrie plus que variable, seuls les professeurs de droit européen seront sans doute rassurés : ils vont encore servir à quelque chose.

 Pendant ce temps, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kazinscki nous propose un cours d'histoire : "sans 1939-1945, la Pologne serait aujourd'hui un pays de 66 millions d'habitants", déclarait-il avant le sommet. Cette semaine, il constate qu' "en Allemagne, quelque chose de très négatif se produit. Comme à une époque qui est déjà révolue, la grande majorité des Européens n'avait pas le courage d'en parler, il en est de même aujourd'hui". Merci pour la leçon, mais sans façon. L'effervescence d'accord, la poussée de fièvre germanophobe pas la peine.

Pendant ce temps encore, la Turquie voit la porte entrouverte se refermer doucement. Encore faut-il qu'Angela Merkel la retienne un peu cette porte, car Nicolas Sarkozy la tire lui plutôt violemment.

 


Bref une Europe en marche. Certes. Mais dans quel sens ?

 

Photo : Conseil de l'UE

Publié par floe26 à 10:21:00 dans Actualité | Commentaires (4) |

Débattez Mesdames, Messieurs, mais mettez-y plus de sang | 19 juin 2007

La semaine dernière fut sans doute désagréable pour les think-tanks européens. Deux critiques, l'une voilée, l'autre beaucoup moins, sont venus les secouer un petit peu.

La première - celle qui est voilée - vient de la Commission. Celle-ci, annonce EUobserver, dévoilera ce mois-ci une proposition visant à mettre en place des fondations attachées aux partis politiques européens sur le modèle allemand de la Friedrich Ebert Stiftung (SPD) et de la Konrad Adenauer Stiftung (CDU). Le but : politiser le débat européen. La commissaire à la communication, Margot Wallstrom, justifie cette démarche en expliquant qu'à l'heure actuelle, le débat européen reste confiné à la "bulle bruxelloise" et manque de diversité et de controverses. Certes, la critique peut prêter à sourire, venant d'une institution dont la platitude de la communication est souvent relevée... Mais la critique envers les think-tanks bruxellois, bien souvent financièrement soutenus par cette même Commission, n'en est pas moins présente.

Beaucoup plus claire est la critique de The Economist. L'éditorial européen de samedi dernier, intitulé "Les think-tanks qui ratent la cible" (The think-tanks that miss the target), dresse une comparaison entre les think-tanks européens et leurs homologues américains peu flatteuse pour les premiers. "Eu égard à l'importance des décisions prises par l'Union européenne, tant la quantité que la qualité du débat public dans la capitale européenne sont désespérément basses", constate-t-il. La formule classique d'un colloque bruxellois selon lui : "des croissants, du bon café, des discours ennuyeux et un bref échange de banalités". L'explication : "à Bruxelles, ce sont toujours les mêmes personnes qui, au long des années, essayent de travailler ensemble, de faire des compromis pour élaborer des politiques. Or la démolition publique des idées d'un autre ne constitue pas le meilleur moyen pour se faire des amis". Le compromis, voilà le responsable du consensualisme du débat bruxellois. Pour autant, "un débat politique intense existe déjà à Bruxelles - comment pourrait-il en être autrement alors que les fondations du projet européen étaient si radicales? -, simplement la nécessité du consensus l'a jusqu'alors enfoui".

La vigueur du débat européen aurait ainsi été sacrifiée sur l'autel du compromis. Aujourd'hui, le compromis apparaît toujours nécessaire mais insuffisant. La pérennité du projet européen réclame de la vigueur, du souffle, de la polémique.

Dessin: The Economist

Publié par floe26 à 20:02:40 dans Actualité | Commentaires (8) |

Sur les chapeaux de roue | 02 juin 2007

Quoi qu'on pense de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, l'on ne peut que constater que ses débuts sont impressionnants. Impressionnants de maîtrise de la tactique politicienne en ce qui concerne la composition de son gouvernement. Impressionnants de rapidité dans le domaine européen.

En quelques jours, Nicolas Sarkozy a rencontré beaucoup de ses interlocuteurs au niveau européen : Angela Merkel d'abord - pour sa première visite, le choix était judicieux car l'Allemagne, présidente actuelle du Conseil européen, joue un rôle central - puis José Manuel Barroso, Guy Verhofstatd et Romano Prodi. Tous ces interlocuteurs, en particulier les deux derniers, comptent parmi les plus fervents supporteurs d'une "Constitution +".

A l'heure où l'autre camp, celui d'une "Constitution -" privée de ses symboles "constitutionnels", voire même remaniée en ce qui concerne la répartition des votes au Conseil et la composition de la Commission, semble avoir la maîtrise du jeu, la tactique de Sarkozy n'est pas stupide. Proche de ce même camp, il montre néanmoins sa volonté d'agir et de peser dans le débat.

A bien des égards, l'arrivée - en force - de la France dans le débat soulage ses partenaires. Surtout qu'avec Sarkozy, la perspective d'un nouveau referendum s'est éloignée.

On peut être déçu des orientations qui semblent s'affirmer aujourd'hui. Mais on ne peut que se réjouir de voir l'Europe en bonne place dans les journaux français. Comme si la personnalité - trop ? - décomplexée du nouveau Président décomplexait une France hantée par le non de mai 2005.

Whatever one thinks about the election of Nicolas Sarkozy as the new President, one can't deny his impressive start. Impressive is his mastering of the politician game in respect to the composition of his government. As much impressive is his efficiency in European matters.

In a few days time, Nicolas Sarkozy has met many of his partners at the European level : Angela Merkel first - a wise choice considering the central role Germany plays as current holder of the EU Presidency - then Jose Manuel Barroso, Guy Verhostatd and Romano Prodi. All these partners, particularly the last two, are among the most fiery fans of a "Constitution +".

At a time when the other camp, the one that defends a "Constitution -" deprived of its constitutional symbols, and even maybe reshuffled in respect to the votes in the Council and the composition of the Commission, seems to be in command, Nicolas Sarkozy's tactic is far from stupid. Close to this very camp, he shows nevertheless his willingness to move forward and to count in the debate.

In many respects, France's - brutal - inclusion in the debate relieves her partners. Even more so as the perspective of a new referendum fade away with Sarkozy's victory.

One can disagree with where the constitutional debate seems to head today. Yet one must be happy to see Europe in French newspapers. As if the lack of complexes of the new President helped the complex of a France haunted by the "no in May 2005 to vanish a little...

Photo: Commission européenne

Publié par floe26 à 19:17:23 dans Actualité | Commentaires (0) |

Itinérance bis | 26 mai 2007


De l'itinérance téléphonique

Retour sur un sujet déjà évoqué sur ces pages (voir le billet "A quand le marché unique de la téléphonie mobile") : "l'itinérance sur les réseaux publics de téléphonie mobile". L'expression est quelque peu barbare, tout autant que les factures qu'elle engendre d'ailleurs. Mais la Commission a décidé de mettre son nez dans cette affaire et de venir au secours de "l'itinérant européen".
 

Expliquons nous. L'itinérance sur les réseaux publics de téléphonie mobile décrit le fait, pour un consommateur européen, d'appeler ou d'être appelé sur son téléphone portable depuis un pays de l'Union autre que celui dans lequel il a souscrit son abonnement. L'expérience - je suis à nouveau en train de le constater - est douloureuse. Pour peu qu'il n'ait pas souscrit à une offre spéciale "Europe" ou autre, ledit consommateur se rend rapidement compte - du moins faut-il l'espérer car la mauvaise surprise à la fin du mois n'en sera sinon que plus désagréable - que les tarifs ne sont pas les mêmes que les tarifs nationaux "traditionnels". Et de loin (pour une analyse plus détaillée, voir le billet "A quand le marché unique de la téléphonie mobile" sur ce blog).


Des vacances avec téléphone... ouf

Une bonne nouvelle néanmoins pour l'itinérant européen. Soucieuse qu'il passe de bonnes vacances, la Commission a poussé pour qu'une régulation en ce domaine se mette en place avant l'été. Sans doute moins concernés par les vacances de leurs nationaux, les Etats ont failli mettre à mal ce projet. Les murmures des opérateurs téléphoniques à leurs oreilles les atteignaient peut-être plus facilement...

Mais le Parlement a considéré que ces chers itinérants européens - citoyens actifs il faut bien le dire, avides de découvrir l'espace communautaire - devaient pouvoir partir avec leur téléphone portable et même s'en servir, sans recevoir ensuite une facture démesurée. Il devrait normalement être bientôt suivi par le Conseil puisque le compromis a été approuvé.

Les tarifs ne sont pas alignés sur les tarifs nationaux ; après tout, les frontières n'ont-elles pas disparues au sein du marché intérieur ? Néanmoins, le plafonnement permet une réduction des prix loin, très loin même, d'être négligeable, et celle-ci doit en outre s'approfondir avec le temps (lire la position approuvée mercredi par le Parlement).

Grâce à l'UE, partez donc tranquille cet été. Mais n'oubliez pas votre téléphone portable...

Publié par floe26 à 11:38:48 dans Actualité | Commentaires (2) |

Etes-vous un citoyen européen actif ? | 17 mai 2007

 

 La Commission vient de lancer le programme "l'Europe pour les citoyens" 2007-2013. "Avec un budget de 215 millions d'euros pour la période 2007-2013, le but de ce nouveau programme est de faire émerger une "citoyenneté européenne active" en impliquant davantage les Européens dans la construction de l'Union européenne. Il soutient donc les actions qui favorisent la participation directe des citoyens, le développement d'une conscience civique européenne, ainsi que la compréhension mutuelle, la tolérance et le dialogue interculturel".


Si vous êtes une association visant à "faire émerger une citoyenneté européenne active" de quelque manière que ce soit, voici donc venu le temps de vous manifester. La décision établissant ce programme distingue quatre actions participant à sa mise en œuvre :

  • "des citoyens actifs pour l'Europe" : favorise la participation directe des citoyens, au moyen d'activités de jumelage de villes ou d'autres types de projets citoyens.  
  • "une société civile active en Europe" : s'adresse aux organisations de la société civile de dimension européenne, auxquelles elle apporte une aide structurelle dans le cadre de leur programme de travail ou une aide destinée à des projets transnationaux.
  • "tous ensemble pour l'Europe" : soutient des événements à haute visibilité, des études et des instruments d'information s'adressant à un public aussi vaste que possible par-delà les frontières et rendant l'Europe plus concrète pour ses citoyens.
  • "une mémoire européenne active" : vise à préserver les principaux sites et archives ayant un lien avec les déportations et à commémorer les victimes du nazisme et du stalinisme.

Le champ d'application de cette initiative est large : elle s'adresse à toute activité promouvant une citoyenneté européenne active. Ainsi, on peut par exemple considérer qu'une association sportive ayant un projet de rencontre transnationale s'inscrit dans une telle perspective et peut dès lors bénéficier de subventions allouées dans le cadre de ce programme.

Il est certain que tout le monde gagnerait à une large réponse à ce programme : la Commission y gagnerait en légitimité en élargissant son soutien à des acteurs non initiés, que ne sont pas les think-tanks bien connus du paysage institutionnel européen, et bien entendu de nombreuses associations accueilleraient avec plaisir les subventions européennes.  

A vos formulaires donc. Plus de renseignements sur le site du programme "L'Europe pour les citoyens".  

Logo: Commission européenne

Publié par floe26 à 18:40:48 dans Actualité | Commentaires (3) |

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