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l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Quelle politique étrangère pour la France | 13 septembre 2007

Parmi les multiples chantiers de la présidence de la République, la rentrée a mis en lumière un domaine que la campagne avait largement négligé : la politique étrangère. La réflexion s'articule autour de deux textes, le discours de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs du 27 août dernier et le rapport remis par Hubert Védrine à ce même Sarkozy.

Concentrons nous sur le discours de Nicolas Sarkozy, destiné à fixer les grandes orientations de la diplomatie française pour les années à venir et qui se révèle à la fois complet et relativement précis. Il identifie trois défis mondiaux majeurs :

  • prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident
  • intégrer dans le nouvel ordre global les géants émergents que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil
  • faire face à des risques majeurs tels que le réchauffement climatique, les nouvelles pandémies ou la pérennité des approvisionnements énergétiques
Le président de la République présente ensuite la ligne directrice de son approche en matière de politique étrangère. A cet égard, il ménage les susceptibilités tant nationales qu'européennes :
si "à travers notre politique étrangère, c'est notre identité en tant que nation que nous exprimons" et que "la France a beaucoup à apporter au monde, parce qu'elle a l'un des peuples les plus dynamiques et les mieux formés, l'une des économies les plus performantes, une diplomatie et des forces armées parmi les meilleures",
"il n'y a pas de France forte sans l'Europe, et qu'il n'y a pas d'Europe puissante sans la France" et "l'émergence d'une Europe forte, acteur majeur sur la scène internationale, peut contribuer de façon décisive à la reconstruction de cet ordre mondial plus juste, plus efficace que réclament nos peuples".

Les chantiers européens

La construction de l'Europe est une priorité pour la France, explique Nicolas Sarkozy, se félicitant de son succès dans la relance du processus institutionnel tout en rendant hommage à Angela Merkel et à José Manuel Barroso. Mais alors que les travaux sur le chantier institutionnel se poursuivent - le futur traité est rédigé à 95% aux dernières nouvelles - quel sera le futur chantier européen?

Tandis que la Commission se réunit actuellement pour décider de ses actions dans les deux années à venir, Nicolas Sarkozy adopte une approche plus globale et déclare que le moment est venu de poser la question de l'avenir du projet européen. Pour y répondre, il propose la création d'un comité de dix à douze sages de très haut niveau, chargé de réfléchir à la question "quelle Europe en 2020-2030 et pour quelles missions?" et de remettre leurs conclusions et leurs propositions avant les élections européennes de juin 2009. Nicolas Sarkozy poursuit donc au niveau européen sa création de comités pluriels, à tous les sens du terme. Bientôt il ne saura plus où trouver les sages...

L'espérance ménagée de la Turquie

Le principe de ce comité a déjà été accepté par Angela Merkel. Pour appuyer ce projet, Nicolas Sarkozy n'hésite pas à recourir au chantage : il pose l'institution de ce comité comme préalable nécessaire à la poursuite des négociations avec la Turquie. A ce sujet, le président de la République décide de jouer les prolongations plutôt que le but en or : au lieu de bloquer immédiatement les pourparlers, il choisit d'entretenir "l'espérance" turque. Il explique : "sur les trente-cinq chapitres qu'il reste à ouvrir, trente sont compatibles avec l'association. Cinq ne sont compatibles qu'avec l'adhésion. J'ai dit au Premier Ministre turc : occupons-nous des trente compatibles avec l'association, on verra pour la suite". Mais l'issue finale pour Sarkozy n'a pas changé, ce sera l'association et non l'adhésion. Cependant, notons que ces négociations se poursuivront sans doute au-delà de sa présidence, fut-elle prolongée.

La présidence française : immigration, énergie et environnement

Le président de la République a également annoncé les priorités de la présidence française, au second semestre 2008 : l'immigration, l'énergie et l'environnement. Débutant dans moins de 10 mois, la présidence française de l'Union européenne se prépare déjà.

La France et l'OTAN

Mais d'ores et déjà, le président déclare vouloir travailler sur l'Europe de la Défense. Dans ce domaine, une évolution notable s'amorce : la position de la France vis-à-vis de l'OTAN. Insistant sur une alliance "décomplexée" avec les Etats-Unis et sur la complémentarité de l'UE et de l'OTAN, Sarkozy semble annoncer une implication nouvelle de la France dans l'OTAN. Car "cette Alliance atlantique, faut-il le rappeler, c'est la nôtre : nous l'avons fondée, nous en sommes aujourd'hui un des principaux contributeurs". A quand l'annonce du retour de la France dans les structures militaires intégrées de l'OTAN, qu'elle avait quittées en 1966 avec le général de Gaulle?

Un discours riche d'enseignements donc. Les orientations sont claires, les mises en œuvre sont à suivre.

Photo: elysee.fr

Publié par floe26 à 17:03:59 dans Actualité | Commentaires (0) |

Vacances | 28 juillet 2007

Voici venue la fin de mon stage à la CJCE et avec elle, le début des vacances. Après les vallées pluvieuses de Luxembourg, la chaleur étouffante de Berlin! Rendez-vous en septembre et bonnes vacances!

Publié par floe26 à 18:11:55 dans Actualité | Commentaires (3) |

Grande chambre | 07 juillet 2007

Le mardi, la Cour de justice des communautés européennes se réunit en grande chambre pour écouter les affaires de plus grande importance. Récit.

L'impression immédiate est différente. Plus solennelle peut-être, moins intime sans doute. Ici, le nombre d'interprètes ne dépasse pas celui des spectateurs. A moins que les groupes de visiteurs allemands ne comptent pas...

Selon un ancien référendaire, l'audience, en particulier en grande chambre, "c'est un show". Autant que le contenu des débats, les comportements sont épiés. Au sein de la juridiction communautaire en effet, la procédure écrite tend à dominer la procédure orale. Peu de nouveaux arguments sont développés à l'oral, en dehors des réponses aux questions des juges.

9h30. Le "show" judiciaire européen débute. Le public et les caméras sont là. La grande salle d'audience du bâtiment Thomas More est pleine. Les caméras ne tournent que quelques minutes pourtant ; alors que le greffier annonce l'affaire d'espèce, le président leur fait signe de quitter la salle.

10h30. La lycéenne allemande à droite ne parvient plus à réprimer le bâillement qu'elle combattait depuis un moment déjà. Un peu plus loin, une autre s'amuse à écouter tous les interprètes l'un après l'autre, et les regarde en souriant dans leurs cabines. "Il ne vous reste plus que deux minutes" prévient le président. L'avocat accélère alors l'allure. "Il ne s'agit pas de lire plus vite ce que vous avez écrit mais de résumer" intervient encore le président. Secrètement, les interprètes le remercient sans doute.

11h. Le président suspend la séance. Les lycéens allemands et les retraités, allemands également (plus proches ou plus intéressés les Allemands ?), quittent la salle, et partent écouter une conférence sur le fonctionnement de la Cour. Dommage, ils ratent le plus intéressant.

11h15. Reprise. Il est temps de passer aux questions. Face au juge qui l'interroge en français, l'avocat italien entame sa réponse en français également. "En italien s'il vous plaît" l'interrompt le président. Il faut respecter la langue de procédure. S'exprimant en dernier, l'avocat de la Commission se montre fin tacticien : voyant que l'heure tourne, il écourte au maximum ses conclusions, ce que n'avait pas su faire son prédécesseur.

12h30. La séance est close. Bon appétit.

Photo: www.curia.europa.eu

Publié par floe26 à 19:04:07 dans Opinions | Commentaires (0) |

Effervescence | 29 juin 2007


Période d'effervescence européenne...

Une "Constitution -", ah non pardon mot tabou : un mini traité. Beaucoup moins simple que mini ne le laisse entendre d'ailleurs. Entre l'exception britannique à la Charte des droits fondamentaux et à l'approfondissement de la coopération en matière pénale, la disparition de "la concurrence libre et non faussée" des objectifs de l'Union - même si elle le reste dans les faits - et un système de pondération de voix au Conseil à géométrie plus que variable, seuls les professeurs de droit européen seront sans doute rassurés : ils vont encore servir à quelque chose.

 Pendant ce temps, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kazinscki nous propose un cours d'histoire : "sans 1939-1945, la Pologne serait aujourd'hui un pays de 66 millions d'habitants", déclarait-il avant le sommet. Cette semaine, il constate qu' "en Allemagne, quelque chose de très négatif se produit. Comme à une époque qui est déjà révolue, la grande majorité des Européens n'avait pas le courage d'en parler, il en est de même aujourd'hui". Merci pour la leçon, mais sans façon. L'effervescence d'accord, la poussée de fièvre germanophobe pas la peine.

Pendant ce temps encore, la Turquie voit la porte entrouverte se refermer doucement. Encore faut-il qu'Angela Merkel la retienne un peu cette porte, car Nicolas Sarkozy la tire lui plutôt violemment.

 


Bref une Europe en marche. Certes. Mais dans quel sens ?

 

Photo : Conseil de l'UE

Publié par floe26 à 10:21:00 dans Actualité | Commentaires (4) |

Débattez Mesdames, Messieurs, mais mettez-y plus de sang | 19 juin 2007

La semaine dernière fut sans doute désagréable pour les think-tanks européens. Deux critiques, l'une voilée, l'autre beaucoup moins, sont venus les secouer un petit peu.

La première - celle qui est voilée - vient de la Commission. Celle-ci, annonce EUobserver, dévoilera ce mois-ci une proposition visant à mettre en place des fondations attachées aux partis politiques européens sur le modèle allemand de la Friedrich Ebert Stiftung (SPD) et de la Konrad Adenauer Stiftung (CDU). Le but : politiser le débat européen. La commissaire à la communication, Margot Wallstrom, justifie cette démarche en expliquant qu'à l'heure actuelle, le débat européen reste confiné à la "bulle bruxelloise" et manque de diversité et de controverses. Certes, la critique peut prêter à sourire, venant d'une institution dont la platitude de la communication est souvent relevée... Mais la critique envers les think-tanks bruxellois, bien souvent financièrement soutenus par cette même Commission, n'en est pas moins présente.

Beaucoup plus claire est la critique de The Economist. L'éditorial européen de samedi dernier, intitulé "Les think-tanks qui ratent la cible" (The think-tanks that miss the target), dresse une comparaison entre les think-tanks européens et leurs homologues américains peu flatteuse pour les premiers. "Eu égard à l'importance des décisions prises par l'Union européenne, tant la quantité que la qualité du débat public dans la capitale européenne sont désespérément basses", constate-t-il. La formule classique d'un colloque bruxellois selon lui : "des croissants, du bon café, des discours ennuyeux et un bref échange de banalités". L'explication : "à Bruxelles, ce sont toujours les mêmes personnes qui, au long des années, essayent de travailler ensemble, de faire des compromis pour élaborer des politiques. Or la démolition publique des idées d'un autre ne constitue pas le meilleur moyen pour se faire des amis". Le compromis, voilà le responsable du consensualisme du débat bruxellois. Pour autant, "un débat politique intense existe déjà à Bruxelles - comment pourrait-il en être autrement alors que les fondations du projet européen étaient si radicales? -, simplement la nécessité du consensus l'a jusqu'alors enfoui".

La vigueur du débat européen aurait ainsi été sacrifiée sur l'autel du compromis. Aujourd'hui, le compromis apparaît toujours nécessaire mais insuffisant. La pérennité du projet européen réclame de la vigueur, du souffle, de la polémique.

Dessin: The Economist

Publié par floe26 à 20:02:40 dans Actualité | Commentaires (8) |

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