Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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- " T'es à quelle entrée ? ASP ou PHS ? "
- "Heu... à quelle entrée... "
En face de moi, la jeune fille de l'accueil intervient, d'un sourire mi-moqueur, mi-bienveillant : "ASP".
- "ASP" m'empressai-je de répéter au téléphone.
-
"Ok, à tout de suite".
"Vous êtes à l'entrée ASP,
bâtiment Alterio Spinelli" m'explique la jeune fille, toujours amusée par
mon air perplexe. Elle tend le bras. "En face, c'est le bâtiment
Paul-Henri Spaak, ou PHS".
Le Parlement européen est en fait une vaste équation.
ASP + PHS = BXL
LOW + WIC +
SDM = STR
KAD + SCH =
LUX
BXL + STR + LUX = PE
Se repérer n'est pas bien
compliqué, m'explique-t-on. Il suffit de savoir où on met les pieds. Pas sur le
tapis bleu par exemple, "réservé aux membres". "Membres",
comprendre "membres du parlement européen", traduction de l'anglais
"Member of the European Parliament" or better yet "MEP". En
français: député.
- "Surtout prendre le bon ascenseur". C'est-à-dire,
le bon bloc.
- "Seuls les ascenseurs G mènent au bloc G".
- "Et bien vérifier qu'il va dans la bonne
direction". Ne pas monter dans un ascenseur qui descend si on monte.
- "Ca peut arriver qu'on passe 5 minutes dans l'ascenseur,
ou qu'on l'attende 5 minutes".
- "Il y en a 6 à chaque bloc pourtant".
- "Tu verras".
En effet.
Trouver le bureau maintenant. ASP 09G158.
Suivre l'ordre. D'abord le bâtiment, puis l'étage, puis le
bloc, puis le bureau.
Bienvenue au Parlement européen, à Bruxelles.
- "What
entrance are you at ? ASP or PHS ?"
- "Hum..
What entrance am I at..."
The young lady facing me smiles. Half teasing, half benevolent, she says : "ASP".
- "ASP"
I repeat over the phone, trying to sound self-assured.
- "All
right, see you in a few minutes".
Still amused, the young lady explains. "You are standing in the Alterio Spinelli or ASP building". She shows something behind me. "Over there is the Paul-Henri Spaak or PHS building".
The European Parliament is only a big equation.
ASP + PHS =
BXL
LOW + WIC +
SDM = STR
KAD + SCH =
LUX
BXL + STR + LUX = PE
Bonus : no translation needed.
Finding one's way is easy I have been told. You just need to know where to land your feet. Not on the blue carpet for instance. "Members only". Understand "Members of the European Parliament" or better yet "MEP".
- " Make
sure you take the good lift". i.e. make sure you're in the right block. "Only
G-lifts lead you to the G-part of the building".
- "And
make sure it goes in the right directioni.e. don't step in a lift going
down if you're going up.
- "It
might happen that you spend 5 minutes in the lift. Or wait for 5 minutes before
getting one".
- "There
are 6 lifts per block though".
- "You'll
see".
Indeed.
Find the
office now. ASP 09G158.
One thing
at a time. First the building, then the floor, then the block, then the office.
Welcome to the European Parliament,
Publié par floe26 à 20:07:23 dans Parlement européen | Commentaires (3) | Permaliens

La présidence slovène est à plusieurs titres symbolique. La Slovénie est en effet le premier des 10 pays ayant rejoint l'UE en 2004 à occuper la présidence de l'UE. Durant les six mois qui viennent, elle va donc s'efforcer de démontrer que l'intégration de ces pays est désormais effective et, parallèlement, que l'élargissement ne nuit nullement au fonctionnement de l'Union.
Par ailleurs, la Slovénie comptait parmi les membres de l'ex-Yougoslavie. A ce titre, elle dispose d'une situation privilégiée pour gérer l'un des dossiers les plus urgents pour l'Europe : la question de la Serbie et du Kosovo. La présidence slovène a ainsi fait de la relation entre l'UE et les Balkans l'une de ses priorités.
Le Premier Ministre slovène Janez Jansa viendra présenter le programme de la présidence lors de la session plénière de Strasbourg qui aura lieu la semaine prochaine.
La présidence slovène devrait donc être observée de près. Sa réussite sera aussi celle de l'Europe élargie.
Publié par floe26 à 19:15:41 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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Voilà déjà venue la deuxième occasion pour moi de vous souhaiter sur ce blog mes meilleurs vœux pour l'année qui débute.
Un an d'Europe supplémentaire donc. Un an où l'Europe a bougé. Où elle a avancé, comme elle le fait depuis 50 ans maintenant.
En ce début d'année, ne boudons pas un optimisme que certains abandonnent parfois trop facilement, par excès d'exigence. Certes, la construction européenne peut sembler s'essoufler mais cette impression ne s'explique que par la célérité d'un projet politique mené à grand train depuis la fin de la seconde guerre mondiale. A l'échelle de l'Histoire, la fulgurance du projet européen démontre à elle seule son évidence.Alors soyons patients, car l'Europe continue d'avancer, de s'étendre, de s'organiser. Laissons-lui le temps de la démontrer, cette évidence.
As a new year begins, do not repress your optimism like those who ever want more. Yes indeed, you can feel that for the last years the European project has lost its momentum. But you would never feel that way if not for the swiftness with which it has advanced since the end of the Second World War. On the scale of History, the European project's celerity itself proves its obviousness.
So let's be patient, because Europe keeps on moving forward, sprawling and getting organized. Give her time to show it plainly, this obviousness.Publié par floe26 à 16:32:19 dans Actualité | Commentaires (1) | Permaliens
Ainsi dans un billet explicite, "Pourquoi il ne faut en aucun cas faire de référendum sur le traité de Lisbonne", Jean Quatremer fait valoir que le nouveau traité étant différent de la défunte Constitution (voir sur cette question "un référendum silencieux"), le passage par la voie du référendum ne s'impose en aucune manière : "Rien, ni le droit, ni la raison n'impose d'avoir recours à un nouveau référendum à partir du moment où le texte n'est juridiquement plus le même".
L'argumentation quitte ensuite le plan juridique pour se concentrer sur la finalité du référendum. Selon Jean Quatremer, les tenants du référendum sont automatiquement des nonistes : "On voit dès lors quel est l'objectif des tenants du référendum : appeler à voter non pour en finir avec "l'Europe" (version droite souverainiste) ou avec "l'Europe libérale" (version gauche souverainiste)". Dans le souci de préserver la construction européenne - qui serait, il est vrai, très fortement fragilisée par un deuxième non français - il ne faut donc pas faire de référendum. Un tel souci est, selon moi, louable mais sauve-t-il en lui-même l'argumentation ?
Ce n'est pas l'avis de Marianne, qui ramène le débat sur la "démocratie" : "Peut-on revenir sur le choix du peuple sans le consulter ? C'est une question de démocratie, la seule qui se pose aujourd'hui, et à laquelle on ne peut répondre en prêtant des desseins cachés à ceux dont on suppose qu'ils ne vont pas bien voter".
On en revient toujours au même problème : le principe même du recours au référendum. Est-il un outil adéquat, en particulier pour les questions européennes ? Relisons à ce propos les considérations de Jean-Louis Bourlanges, député européen jusqu'à la fin de cette année :
"S'agissant du référendum : moi j'étais très hostile à ce qu'on nomme le TCE, qui avait exactement la même valeur juridique que ces prédécesseurs, une constitution. Je disais comme Jacques Delors : 'il vaut mieux un bon traité qu'une mauvaise constitution'. Et à partir du moment où l'on a nommé cela 'constitution', on a dit : 'il faut un référendum'. Mais ce qui rend très difficile le référendum c'est que la question ne peut pas être posée dans sa clarté. Les deux choses qui ont et qui vont animer la campagne - mais je comprends tout à fait, ce sont deux passions démocratiques comme dit Tocqueville, mais légitimes - c'est : est-ce que je suis pour ou contre le gouvernement et est-ce que je suis pour ou contre la construction européenne. Bon. Mais ce n'est pas la question qui serait posée ! La question du traité c'est de savoir si l'on ratifie le traité de Lisbonne. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si l'on posait la question honnêtement - mais c'est bien évidemment impossible de la poser en ces termes - la question devrait être : Est-ce que vous préférez le traité de Nice [cochez] ou est-ce que vous préférez le traité de Lisbonne [cochez] ? Parce que si le traité de Lisbonne n'est pas ratifié, c'est le traité de Nice. Donc c'est une question extraordinairement circonscrite ! Et le référendum en revanche est une consultation qui est illimitée dans ses implications politiques".
Une solution ? le référendum européen.
Photos: europa.eu
Publié par floe26 à 11:17:09 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Derk-Jan Eppink, ancien membre du cabinet du Commissaire européen Frits Bolkestein, publie "Life of a European Mandarin, Inside the Commission". Il y raconte son expérience de "mandarin", c'est-à-dire haut fonctionnaire, à la Commission européenne.
"La Princesse" : tel est le surnom donné par Derk-Jan Eppink à la Commission européenne. Son engagement auprès d'elle, tel est le récit qu'il nous relate. A la fois effrayant et captivant.
Effrayant parce que dans un système institutionnel intégré d'une dimension internationale sans précédent, on se dit que leur monde est en fait bien petit. Les enjeux se jouent de part et d'autre d'un couloir, nous raconte l'auteur.
Au moins ces luttes de pouvoir internes servent à démontrer qu'il y a bien là un pouvoir. Un pouvoir dont les populations européennes ne se rendent pas compte, aiment à se répéter les mandarins. De fait, un large fossé sépare l'élite européenne de la population, explique Derk-Jan Eppink, tant dans la perception actuelle de l'Union que dans ses perspectives d'avenir. Un exemple : la Turquie. Se réfugiant derrière le fait que le processus d'adhésion est lancé, Bruxelles ne questionne pas le principe même de son adhésion, alors même qu'elle perturbe beaucoup de citoyens européens, fait valoir l'auteur.
Effrayant d'aveuglement. Certes l'aveuglement bruxellois est plus facile à dénoncer maintenant que les référendums français et néerlandais de 2005 l'ont révélé au grand jour. Mais ici, on l'observe concrètement, raconté par un ancien collaborateur du Commissaire européen Frits Bolkestein : on apprend ainsi comment un "point A" * de la Commission attire des milliers de personnes dans la rue en France.
Effrayant car l'auteur, honnêtement et ironiquement, nous raconte comment il a lui-même pris part au petit manège qu'il dénonce au fil du livre. But de la démonstration : pour être efficace au sein de la Commission, et plus largement dans le système institutionnel européen, il faut en accepter les pratiques. Le maître mot de la réussite, selon Derk-Jan Eppink : l'hypocrisie.
Captivant, le récit l'est tout autant. Désordonné mais rafraîchissant, c'est l'attachement au quotidien, à l'anecdote qui lui confère son intérêt. Il en perd au contraire lorsqu'il s'attarde sur des chemins plus théoriques, qui réclament une argumentation prolongée.
Souvent ironique, le ton évite pourtant la condescendance grâce à l'honnêteté de l'auteur, qui s'implique tout au long du récit. Le lecteur est donc mis en position de juger, et pour cette raison il ne devrait pas se passer de cette lecture.
* "point A" : point sur lequel les directions générales de la Commission se sont mises d'accord et qui ne nécessite donc pas de discussion prolongée au sein du collège des commissaires.
Derk-Jan Eppink is a former member of the cabinet staff of the European Commissioner Frits Bolkestein. He tells his life as a mandarin, i.e. a senior administrator, in the European Commission in "Life of a European Mandarin, Inside the Commission".
"The Princess" : that is the surname given by Derk-Jan Eppink to the European Commission. His story with the Princess, that's what he tells us. It is both alarming and impelling.
Alarming because this is the world's most far-reaching attempt of a transnational integrated political system, yet, reading Derk-Jan Eppink, we find their world very small. Issues oppose one side of the corridor to the other side, he explains.
At least these internal struggles for power reveal one thing: that there is indeed some power to gain in the European corridors. A power that the European citizens are not aware of, fancy the mandarins. Indeed there is a great gulf between the European elite and the European people, both on the issues of what should be the EU now and what should it be twenty years on, recounts Derk-Jan Eppink. One exemple : Turkey. Burying themselves under the fact that the Turkish accession process is already under way, European mandarins do not question the very principle of this accession, even though it disturbs many European citizens, he explains.
An alarming blindness. True, it is easier to denounce Brussels' blindness now that the French and Dutch referenda have put it on display. But in this book, we get to observe it concretely, outlined by a former member of the cabinet staff of the European Commissioner Frits Bolkestein : we thus learn how a "A-point" * for the Commission brought thousands of people on the streets in France.
Alarming because the author honestly and ironically tells us how he himself took part in the very game he denounces throughout the book. Point of the argument : to be efficient inside the Commission, and broadly speaking in the European sphere, one has to learn its art. The key for success, according to Derk-Jan Eppink: hypocrisy.
As much as it is alarming, this story is impelling. Quite sloppy sometimes but thus refreshing, it is the story of a European routine. The relevance of the book comes from this routine, not from the dispersed theoretical considerations, which lack of a sound reasoning.
Often ironic, the author yet avoids any superior feelings thanks to his honesty. He puts himself out there all along. Therefore the reader is able to judge, and for this reason he should not do without this reading.
* "A-point" : an A-point dossier has been agreed upon at the directorates general level and therefore does not require much discussion among the College of Commissioners.
Derk-Jan Eppink, Life of a European Mandarin, Inside the Commission, lannoo, 2007.
Publié par floe26 à 10:26:16 dans Livres | Commentaires (1) | Permaliens
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