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l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Les élections européennes peuvent être passionnantes, alors pourquoi se priver ? | 26 avril 2009

 

Seuls 34% des citoyens européens (47% des Français) se disent certains d’aller voter aux élections européennes du 4 au 7 juin prochains. Seuls 38% sont même au courant que les élections européennes auront lieu dans quelques semaines.

A qui la faute ?

Le sondage Eurobaromètre qui révèle ces chiffres est allé un peu plus loin, s’intéressant aux raisons de cette méconnaissance. Chargés de l’information, les médias sont en grande partie responsables puisque 36% des Européens se souviennent avoir entendu, lu ou vu un sujet sur le Parlement européen dans leurs médias.

Lundi dernier dans Libération, Daniel Schneidermann accusait les hebdos, obsédés par la préparation de la présidentielle de 2012 au point de négliger tant les européennes que les régionales (qui auront lieu en 2010). La plupart des analystes - ou plutôt des journalistes - rejettent le blâme sur les partis politiques français, engoncés dans leurs querelles internes de composition des listes et attendant le dernier moment pour lancer une campagne dont on se demande si elle va véritablement être lancée un jour.

Qu’il est difficile d’intéresser les Français aux élections européennes, nous expliquent-ils. Trop lointaine, trop complexe, trop ennuyeuse, l’Europe.
 

Cachez ces enjeux que je ne saurais voir

Les enjeux ne manquent pas pourtant. Ils donnent le tournis même, si l’on s’y penche d’un peu trop près.

La crise économique et financière d’abord. Elle est le sujet de préoccupation n°1 des Européens. Rares sont désormais ceux qui s’affirment non touchés par la crise. Celle-ci étouffe le débat sur les européennes, nous disent du coup les politiques. Elle devrait l’enflammer au contraire, ce débat. La politique économique et sociale, nerf de la Politique, a toujours et dessine encore le clivage entre gauche et droite en Europe. Au niveau national d’abord mais au niveau européen également : allez assister à un débat au Parlement européen entre le commissaire au marché intérieur, Charlie McCreevy - présenté depuis des années comme le chantre du laissez-faire - et des députés européens réclamant de nouvelles règles de régulation du marché. Vous en sortirez persuadé que le débat politique existe à Strasbourg et à Bruxelles, et que venir voter le 7 juin peut valoir le coup.

Au-delà de la crise économique, l’enjeu pour l’Union européenne est crucial. D’abord et surtout pour le premier concerné, le Parlement européen. Une participation qui resterait sur la pente descendante entamée depuis la première élection au suffrage universel en 1979, qui serait encore plus basse que celle de 2004, représenterait un désaveu des citoyens européens pour une institution qui ne cesse pourtant de s’affirmer face à la Commission européenne et au Conseil. L’argument peut être retourné, allez-vous me dire : la faiblesse croissante de la participation aux élections européennes jusqu’à aujourd’hui n’a justement pas empêché le Parlement européenne de voir ses pouvoirs se renforcer, en s’appuyant sur sa légitimité démocratique. Mais en ces temps de cafouillage institutionnel et de confiance à retrouver pour les citoyens, le Parlement ne se remettrait que très difficilement d’un échec en juin prochain. Car il s’agirait bien là d’un échec et le Parlement l’a bien compris, investissant dans une campagne proactive et paneuropéenne de communication sur l’enjeu des élections.

Personnalisons !

L’enjeu des européennes concerne en fait l’équilibre institutionnel de l’Union européenne dans son ensemble. Les députés européens prennent le risque de ne pas assez le souligner en négligeant de jouer sur le pouvoir de contrôle dont ils disposent d’ores et déjà - sans attendre l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne - sur la Commission européenne.

Les politologues l’ont analysé, l’omniprésence de l’élection présidentielle l’a démontré, la personnalisation des enjeux attirent l’électeur. Dont acte. Personnalisons. Expliquons que les élections européennes, c’est élire des députés mais c’est aussi dessiner le visage de la Commission européenne. Imprudemment, les partis politiques européens se privent de cet attrait en se réfugiant derrière les diplomates, qui leur font valoir que les nominations des responsables européens font l’objet de savants dosages entre Etats membres, dans lesquels le Parlement européen ne saurait s’immiscer. Dès lors, le PSE se tire une balle dans le pied en mettant en valeur le danois Poul-Nyrup Rasmussen, alors que son homonyme et compatriote Anders-Fogh Rasmussen vient d’être choisi comme nouveau secrétaire général de l’OTAN ; le PPE-DE choisit la facilité en soutenant José Manuel Barroso ; l’ADLE devrait se faire entendre beaucoup plus, au même titre que les Verts, qui bénéficient d’une crédibilité beaucoup plus forte au niveau européen qu’en France.

Du côté du droit

Le droit européen prime sur le droit national, au moins au niveau infra-constitutionnel. Ce n’est pas nouveau, c’est réaffirmé tous les jours par le juge européen et par le juge national. Partant de ce principe, la démonstration que les directives et règlement adoptés au niveau européen ont de l’importance devrait être aisée. Elle est pourtant toujours aussi compliquée en France. Là encore, nous pourrions passer du temps à essayer d’identifier les responsables de cette désinformation. Plus utile sans doute serait de souligner que les élections européennes sont une nouvelle fois l’occasion de mener à bien cette démonstration.

Une nouvelle star pour cette campagne : Internet

Un exemple l’illustre à merveille et pourrait à lui seul marquer la campagne : la loi Création et Internet, parfois nommée loi Hadopi (pour une explication par Maître Eolas, lire ici). Son dernier épisode : la partie de cache-cache parlementaire qui a conduit au rejet de la loi par 21 voix contre 15 à l’Assemblée nationale (pour un point d’actualité, lire le dernier article des Ecrans de Libération). Le projet de loi a depuis été réinscrit au calendrier parlementaire pour le 29 avril.

Quel rapport avec le Parlement européen ?

A l’automne dernier, une large majorité de députés européens avait voté en faveur d’un amendement qui rendait le projet de loi français non conforme au droit européen. Au Conseil, la France était alors parvenue à convaincre les autres Etats membres de supprimer cet amendement, inclus dans le paquet Télécom, ensemble législatif qui vise à réguler le réseau européen de communications électroniques. Depuis, la Commission européenne, le Conseil et le Parlement européen négocient afin de tenter de conclure ce dossier en deuxième lecture. Or les négociations bloquent sur cet amendement, revoté par la commission ITRE (Industrie, Recherche et Energie) du Parlement européen cette semaine à Strasbourg, et qui dispose qu’ "aucune restriction ne peut être imposée aux droits et libertés fondamentaux des utilisateurs finaux sans décision préalable des autorités judiciaires, notamment conformément à l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne concernant la liberté d'expression et d'information, sauf lorsque la sécurité publique est menacée, auquel cas la décision peut intervenir ultérieurement."

Au-delà de la fronde soulevée en France par ce projet de loi et des points controversés qu’il porte, il s’agit là d’un enjeu plus global pour la société d’aujourd’hui : la régulation publique de l’usage d’Internet et des nouvelles technologies. Cet enjeu devrait être réglé au niveau européen, au moins pour en fixer les cadres. Quelle meilleure occasion que ces élections européennes pour mener ce débat ?  

 

Publié par floe26 à 19:46:09 dans Actualité | Commentaires (3) |