Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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Invité par la commission de la
culture et de l'éducation (qui inclut le sport) du Parlement européen lundi
dernier, Sepp Blatter, le président de la FIFA a appelé l'Union européenne à
réagir face à la prise de contrôle financière des clubs européens par des
investisseurs étrangers. Ces prises de contrôle, de plus en plus nombreuses,
font couler beaucoup d'encre chez les commentateurs et provoquent des réactions
ambivalentes chez les supporteurs. Si certains se réjouissent d'un afflux
financier permettant au club d'acheter des joueurs de classe mondiale, d'autres
n'acceptent pas la marchandisation à outrance qu'elles entraînent, déplorent la
perte d'identité du club et l'abandon de ses valeurs traditionnelles.
Manchester : rat des villes ou rat des champs ?
Une ville anglaise symbolise
aujourd'hui cette évolution. A Manchester, deux clubs se disputent le
leadership, Manchester City et Manchester United. Champion d'Angleterre et
vainqueur de la Ligue des Champions l'année dernière, Manchester United a
quelques longueurs d'avance grâce à un effectif constellé de stars, payées par
des capitaux américains. Face à cette domination des "bourgeois"
d'United, les supporteurs de Manchester City revendiquaient leur identité plus
populaire.
Puis le club a été racheté par l'ancien premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, qui vient à son tour de le vendre à un consortium financier des Emirats Arabes Unis. Première recrue du nouveau président : Robinho, star brésilienne venu du Real Madrid. Objectif affiché : devenir le plus grand club du monde. Jusqu'ici, l'objectif fixé au club chaque année était simple : battre United lors du derby mancunien.
Les supporteurs de City déçus de cette évolution pourront toujours rejoindre les tribunes du F.C United of Manchester, fondé par les supporteurs de Manchester United qui n'ont pas accepté les rachats successifs de Rupert Murdoch et de Malcolm Glazer.
J'ai envie d'un nouveau club... Rouge ou noir ?
"Il faut faire quelque chose contre ces présidents milliardaires" a estimé lundi Sepp Blatter. "De nos jours, on achète un club comme on achète un maillot de foot. Il y a quelque chose qui ne va pas et c'est pourquoi je demande à l'Union européenne d'agir. (...) Il ne s'agit pas uniquement de l'Angleterre car cela va se répandre dans toute l'Europe".
Dans la Premier League anglaise, 8 clubs sur 20 appartiennent à des investisseurs étrangers. "Cela crée un risque d'instabilité pour ces équipes et la compétition en général", commente le président de la FIFA. "L'idéal serait que les clubs soient financés par des investisseurs locaux".
En gravitation ?
La crise financière rend ce problème encore
plus urgent, insiste Blatter. Pour autant, le football semble pour l'instant
immunisé face à l'épidémie qui touche les marchés mondiaux. L'éclatante santé
financière de certains clubs paraît même indécente et pousse l'International Herald Tribune à se
demander "combien de temps le football va continuer à défier les lois de
la gravité financière" (édition du 8 octobre).
"J'appelle l'UEFA à travailler au plus vite avec l'Union européenne pour rendre les règles plus strictes, autrement il y aura de grosses difficultés financières dans le futur" a conclu le président de la FIFA.
Dans l'Humanité, Benoît Hamon, eurodéputé socialiste, surenchérit : "Les pétrodollars russes ou d'ailleurs pleuvent sur le foot sans que l'on sache leur origine. (...) Il faut des règles de transparence. (...) Mais [les libéraux et les conservateurs] sont contre une DNCG (Direction Nationale de Contrôle de Gestion, chargée de surveiller les comptes des clubs de football professionnels en France) chargée de faire la transparence sur les flux financiers" (édition du 9 octobre).
Un gendarme footeux ?
Un gendarme financier européen : les demandes de
Sepp Blatter et de Benoît Hamon rejoignent finalement les appels de Nicolas
Sarkozy pour une plus grande régulation financière européenne. Alors, le
football ne pourrait-il servir de terrain d'entraînement pour ce gendarme
financier européen ?
Photos: Yahoo!, Parlement européen.
Publié par floe26 à 23:22:25 dans Football | Commentaires (0) | Permaliens
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