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ACRMP

Association des Conservateurs-Restaurateurs de Midi-Pyrénées

La Région Midi-Pyrénées : rencontre autour du Patrimoine | 17 mars 2007

Le Conseil Régional de Midi-Pyrénées vient d'exprimer les grandes lignes de sa future politique patrimoniale qu'il annoncera lors des Journées du Patrimoine en septembre prochain. L'architecture de son action a été esquissée au cours d'une journée d'étude intitulée « les ateliers du patrimoine » devant une nombreuse assistance impatiente de connaître enfin la position de la Région face à une décentralisation de l'Etat qui ressemble de plus en plus à un complet désengagement. Il faut d'ailleurs saluer le courage de la Région qui, sur cette question, fait office de région pionnière en France en anticipant le transfert de certaines missions notamment dans le domaine de l'inventaire. Mais rapidement les organisateurs ont cherché à souligner les craintes que leur inspire une charge qui, au delà du problème des compétences, se réalise sans concertation, sans péréquation budgétaire et surtout sans transfert législatif. Aussi la Région a-t-elle décidé d'axer sa future politique autour du thème de « la valorisation du patrimoine », domaine plus en adéquation avec ses champs de compétences.

Ce choix, aussi pertinent soit-il, n'a pas manqué de soulever nombres de questions aux multiples acteurs présents. En tout premier lieu sur l'ordre des priorités des actions à entreprendre dans un secteur qui, faut-il le rappeler, est aujourd'hui sinistré faute de crédit. A titre d'exemple les crédits d'Etat alloués au patrimoine (immobilier et mobilier confondus) de notre région ont chuté de 11,5 à quelques 1,75 millions d'euros en deux ans !! Dans ce contexte on est amené à se demander s'il y aura, dans les années à venir, un quelconque patrimoine à valoriser. On peut comprendre que le Conseil Régional, qui n'a pas la prérogative ni l'obligation de conserver le patrimoine (même si la Région intervient déjà à hauteur d'un million d'euros), ne souhaite pas se substituer totalement aux charges de l'Etat. Mais n'est-il pas prématuré d'envisager les retombées économiques et touristiques de biens dont la conservation, l'entretien et la mise en valeur ne sont plus assurés ? N'oublions jamais que les œuvres, qui nous ont été transmises et que nous avons le devoir de transmettre à notre tour, sont fragiles. Vouloir tirer parti de cet héritage n'est pas inconvenant mais à l'absolue condition d'en prendre soin. Un soin attentif, respectueux et toujours mesuré. Et ces conditions ne sont pas aujourd'hui remplies.

Autre inquiétude perceptible chez les participants, la question de la formation. Là encore la Région souhaite, et c'est bien naturel, promouvoir et inciter toutes les formes d'aides à la formation des professionnels du secteur. Les nombreuses expériences de « chantiers écoles » ou d'enseignements encouragent la Région à investir dans ce champ d'action qui relève depuis plusieurs années de sa compétence. Personne n'y trouverait à redire si la réalité économique de se secteur n'était pas aussi catastrophique et s'il n'existait déjà des formations hautement qualifiantes. Encourager des jeunes en manque de diplômes à se former pour ensuite s'installer sans avoir évalué la demande et les besoins du « marché », que représente le patrimoine, sont incompréhensibles. Rappelons que de très nombreux ateliers souhaiteraient pouvoir embaucher si la fluctuation des crédits et l'absence de visibilité à moyen terme ne les en dissuadaient. Ne serait-il pas temps que les différents partenaires concernés que sont la Région, l'Etat et les départements, envisagent de « sanctuariser » une partie de leurs budgets consacrés au patrimoine afin de stabiliser ce secteur d'activité et pouvoir organiser, en concertation, une politique patrimoniale moins aléatoire ?

Les nombreuses questions posées lors de la clôture des débats sont le reflet du malaise qui agite le secteur du patrimoine depuis plusieurs années. L'attitude de la Région, si louables que soient ses intentions, ne laisse pas de surprendre. Prise en tenaille entre ses champs de compétences et des transferts inachevés ou en cours, elle semble opter pour la prudence en investissant prioritairement le domaine de la « valorisation du patrimoine ». Mais prudence n'est pas toujours raison et s'il est légitime, et sans aucun doute nécessaire, de voir dans le patrimoine une source de richesse et de développement, cela ne peut se faire sans un investissement minimum dont la Région ne peut faire l'économie. Où il en sera du patrimoine comme de Perrette et son pot au lait...

  Dans la mesure du possible, nous mettrons en ligne, la semaine prochaine, les notes prises par chacun des participants de l'ACRMP lors de cette journée.

Publié par ACRMP à 19:46:39 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

nos chefs d'oeuvres à louer !!!! | 12 janvier 2007

Non je ne signerai pas la pétition lancée par Françoise Cachin et Jean Clair. Et pourtant, à bien y réfléchir, je l'aurais sans doute cautionnée il y a seulement quelques années. Mais la polémique passionnée et passionnante autour des prises de position de M. Loyrette a le grand mérite de lever le voile hypocrite qui recouvre les problèmes de « l'économie culturelle » et particulièrement, ceux concernant le patrimoine.



Si la réaction des pétitionnaires est légitime et si leurs craintes sont sans doute fondées, on est en droit de s'étonner d'un certain nombre d'arguments apportés à leurs thèses. En premier lieu par celui qui introduit la dite pétition affirmant que le monde des musées français serait « envié pour l'exceptionnel soutien dont il bénéficie de la part de l'Etat et des municipalités ». Je ne connais certes pas les ressources financières des grands établissements tels que le Louvre mais force est de constater, année après année, la misère croissante des crédits accordés au patrimoine en général et aux musées de province en particulier. A titre d'exemple la DRAC de la région Midi-Pyrénées consacrait, en 2003, 11,5 millions d'euros à son secteur du patrimoine. En 2006 le chiffre atteint péniblement 1,75 millions d'euros. En conséquence l'enveloppe budgétaire des musées a été amputée, toujours en 2006, de 30%! Il est d'ailleurs symptomatique que l'ex-directrice des musées de France n'évoque nullement la conservation et la restauration à propos de l'éthique « jusqu'à présent irréprochable » des musées.



La restauration n'est pas le seul secteur touché par ces restrictions. On ne compte plus les musées de province en panne de réhabilitation, de personnels ou de budget d'acquisition. De plus en plus d'établissements sont contraints, par leur municipalité, à réaliser le tour de force de monter ou de recevoir des expositions sans nouvelles ressources. La pétition évoque les codes de déontologie publiés par l'ICOM : il serait intéressant d'interroger les conservateurs sur la réalité de leur travail. Beaucoup passent plus de temps à faire de la gestion de personnel ou à mendier de pauvres subsides qu'à faire de la « recherche » ou « du travail scientifique ». « Et puis pourquoi les 7 millions de visiteurs annuels au Louvre, payants pour la grande majorité, devraient-ils être privés de ces œuvres si longtemps » s'interroge la pétition : on pourrait sans doute poser cette question aux milliers de visiteurs qui, cet été, n'ont pu accéder aux salles d'Egyptologie faute de personnel.



Ne serait-il pas temps d'accorder aux conservateurs un « droit à l'expérimentation » ? Le projet de M. Loyrette ne consiste pas à vendre ou dilapider notre patrimoine mais à « louer » temporairement certaines œuvres moyennant rétribution. Le patrimoine est inaliénable, pas intransportable. Les pétitionnaires se disent choqués de « l'utilisation commerciale et médiatique des chefs-d'œuvre du patrimoine national ». Mais alors que penser des halls d'accueil de nos grands musées transformés en véritables galeries marchandes ? J'ai récemment découvert dans l'une de ces boutiques, au milieu des pin's, calendriers, cravates et autre objet culturel, une boite transparente contenant une« figure action » à l'effigie de Van Gogh. Le peintre, tout en plastique articulé, tenait une palette à la main à côté d'un chevalet pliant. Mais le génie du fabriquant de jouet ne s'arrêtait pas là puisqu'il proposait une seconde tête interchangeable dite « à l'oreille coupée » le tout pour la modique somme de 10 euros. Et que doit-on penser des éternelles et invariables expositions autour des peintres impressionnistes : sont-elles concernées par le texte lorsqu'il affirme qu'« il faut prêter des œuvres d'art ( - ) dans le cadre de manifestations qui apportent une contribution à la connaissance et à l'histoire de l'art » ?



Ne faut-il pas faire confiance aux conservateurs en leur accordant un peu plus de marge de manœuvre quand à la gestion des collections ? M. Loyrette rappelle fort justement, lors d'un entretien accordé au « Monde » que son musée possède 380 000 œuvres pour seulement 35 000 exposées. Le dépôt payant et temporaire de certaines œuvres permettrait peut-être de restaurer et de présenter des collections en réserves. Pourquoi se priver de la possibilité de voir enfin nos musées pouvoir se porter acquéreur de chefs-d'œuvre aujourd'hui inaccessibles lors des grandes ventes internationales ? Et comment nommer ce patrimoine, acquis en 2006, à des prix pharaoniques et à la barbe des musées, par des « nouveaux riches »: objet d'art ou objet de spéculation ?



Je dois avouer être ravi de cette polémique. Ravi de voir enfin la question patrimoniale sur la place publique, enchanté de constater que le débat sur le rôle des musées arrive à se faire entendre au milieu d'une assourdissante et bien souvent inintéressante campagne électorale. Mais ce qui me réjouit le plus, c'est l'ampleur qu'est en train de prendre le débat. Certes les artisans de cette polémique ne sont pas exemptés d'arrière-pensées mais tant pis. Allumer son poste radio, au petit matin, en prenant son café chaud et en écoutant, à la place des sordides faits divers, des revues de presse consacrées à l'avenir de nos objets d'art, moi, à défaut d'illuminer ma journée, ça la rend moins sinistre. Foi de restaurateur !



Olivier CLERIN



Restaurateur de peinture de chevalet.

Publié par ACRMP à 18:47:19 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (1) |

Billet d'humeur | 08 novembre 2006

Par une belle journée d'octobre en notre belle ville de Toulouse, a été inauguré le Salon International des Métiers d'Art.
Ce même jour, deux membres de l'ACRMP ont eu l'occasion de rencontrer  M. le sous-directeur au Ministère des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales qui avait fait l'honneur aux organisateurs du salon de venir inaugurer celui-ci et, à cette occasion, d'écouter les doléances en région. Ainsi la parole était donnée à la province qui, à défaut d'être écoutée, était   autorisée à s'exprimer.

 

Après l'intervention des représentants des Métiers d'Art et de la SEMA (Société d'Encouragement aux Métiers d'Art) nos deux représentants de l'association sont venus ajouter aux récriminations : chute des budgets de l'Etat qui mettent en danger les entreprises de conservation-restauration et le patrimoine régional (pour ne pas dire provincial1), non reconnaissance des qualifications et/ou des compétences par les maîtres d'œuvre et les maîtres d'ouvrage.... en se limitant délibérément à ces seules revendications.
Monsieur le sous-directeur au Ministère des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales de leur répondre :
-         Les budgets concernés dépendent du Ministère de la Culture et non de celui des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales,
-         La LOLF a été mise en place pour justement améliorer la gestion des dépenses publiques.
-         Et, comme il ne « pratique pas la langue de bois », de souligner que la chute des budgets de l'Etat est globale.
-         Enfin, considérant que « ceux qui veulent gagner gagnent », d'engager purement et simplement les restaurateurs à partir travailler à l'étranger pour sauver leurs entreprises.

 

Chers membres, vous  êtes certainement installés sous le statut d'artisan ou de profession libérale, et vous avez eu, comme moi, la naïveté de croire que le devenir de nos entreprises concernait le Ministère des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales, les crédits de restauration fussent-ils émis par le Ministère de la Culture. Vous avez sans doute constaté que le rayonnement de la France à l'étranger est dans l'air du temps et que nombre de mesures incitatives sont prises pour que les PME trouvent leur clientèle et leur marché à l'étranger. Mais aviez vous imaginé que ce mot d'ordre s'adressait aussi à vous ?
Et le patrimoine dans tout ça ? Faudra-t-il alors le laisser crouler ? Ou bien l'exporter lui aussi (moyennant même, peut-être, monnaie sonnante et trébuchante) pour le faire restaurer ? Et qu'en est-il des formations en conservation restauration : doivent-elles former des restaurateurs voués à aller travailler à l'étranger2?
Mais enfin, fi de ces questions embarrassantes, le mot d'ordre est lancé !
Alors fort du soutien (moral bien sûr) de notre délicat et visionnaire ministre des PME, n'hésitons plus, chers amis restaurateurs du patrimoine, à partir à l'assaut des trésors étrangers. A nous les peintures flamandes, les estampes japonaises et les châteaux en Espagne. Et vous verrez qu'à la prochaine baisse budgétaire on nous réservera une place dans le prochain programme spatial...
  La présidente de l'ACRMP






1 Un député du Lot évoqué cette situation lors des questions à l'Assemblée Nationale. Le Ministre de la Culture et de la Communication a entre autres répondu ceci : « Une grande partie des 100 millions d'euros obtenus (des recettes de privatisation promises lors des JDP 2005) a bénéficié à de grandes opérations nationales de restauration : Grand Palais, Palais de Chaillot, quadrilatère Richelieu, Orangerie du Louvre, théâtre de l'Odéon et château de Versailles, ce qui a permis d'abonder les crédits délégués aux Directions Régionales des Affaires Culturelles .» Question n°97509, JO du 20/06/2006 page 6346, réponse dans le JO du 17/10/2006 page 10833.

2 Il semble que cette question elle aussi soit dans l'air du temps. Voici le commentaire d'un signataire de la pétition que l'ACRMP  a mis en ligne sur son blogg : n°62. : Elisabeth : « Les nouveaux diplômés vont-ils s'en sortir ou vont-ils être obligés de partir à l'étranger?... »
 





 
 
 

Publié par ACRMP à 09:18:58 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Une Vénus bien mal en point !!!... | 29 septembre 2006

Publié par ACRMP à 22:48:01 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Les Journées du Patrimoine et nous !!! | 28 septembre 2006



Nous étions présents lors des Journées du Patrimoine et notamment le dimanche 17 septembre, nous nous sommes réunis, l'après-midi, devant le musée des Augustins (Toulouse). Nous avons informé le public de la chute drastique des crédits d'état alloués  au patrimoine et par voie de conséquence la mise en péril de ce patrimoine, votre patrimoine, et des ateliers de restauration qui le font vivre.



Sous le regard bienveillant d 'une Vénus souffrante, nous avons réuni plus de 700 signatures pour notre pétition et cela en quelques heures. Certains étaient en d'autres lieux et ont aussi interpellé le public sur la situation: musée Fénaille de Rodez, église de Muret, Préfecture d'Auch,...



Merci de nous soutenir en signant notre pétition en ligne (lien sur le menu de gauche, remplissez le formulaire et votre signature sera validée par retour à réception du mail de "mesopinions.com)) et en transmettant au plus grand nombre.

Publié par ACRMP à 12:40:06 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

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