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Si vous n'êtes pas trop argenté, rassurez-vous, l'Atelier du Temps Passé, à Paris, vous prend en charge pendant trois ans pour 14 450 euros, au terme de quoi vous recevrez une mirifique « attestation de formation professionnelle en restauration de tableaux et objets polychromes »... Pour les personnes en délicatesse avec le calcul mental, attention cependant aux apparences : le coût horaire de cet atelier est de 7,52 euros pour 1920 heures de formation, contre 5,46 euros à Condé Paris pour 6 400 heures d'enseignement ! Mais revenons à nos moutons, ce n'est pas fini. Pour 16 000 euros en quatre ans, vous ressortirez de l'Atec, Ecole de restauration d'œuvres picturales (niveau III au RNCP[3]) muni d'un « diplôme de technicien supérieur en restauration d'œuvres picturales. Assistant en restauration d'oeuvres picturales ». Si vous résidez dans l'est, deux écoles sont à votre disposition : l'ISPDA, moyennant 7500 euros vous délivrera un « brevet technique de peintre décorateur », et avec ACADEMetz, vous aurez l'embarras du choix pour votre spécialité, « peintre-illustrateur, fresquiste, graphiste illustrateur et décorateur » et j'en passe. Bon là encore, je me gratte la tête... Enfin, si c'est le vitrail qui vous passionne, moyennant 12 euros de l'heure, vous vous formerez à la « création-restauration » de cet art de la lumière à la Maison du Vitrail.
Après cette enrichissante lecture[4], deux questions viennent à mon esprit, un peu torturé je vous l'accorde. L'évolution de la restauration, discipline récente, en « conservation-restauration », resterait-elle confinée dans le cerveau de quelques professionnels qui réfléchissent sur cette pratique[5] ? A l'heure où les crédits ont fondu comme neige au soleil, à l'heure où les ateliers cassent les prix (et la qualité du travail ?) pour assurer leur survie, où les professionnels sont tentés de demander des moratoires aux formations reconnues par la Loi Musées, est-il raisonnable de dépenser de telles sommes pour pratiquer une profession qui, tout bien pesée, n'est pas reconnue par tous dans sa spécificité ?Optimisme ou pessimisme, je serais tentée de rassurer les restaurateurs en herbe : quelque soit votre formation initiale et l'intitulé de votre diplôme, ne vous inquiétez pas, la réglementation et les usages s'adapteront pour vous faire une « place » au sein de ce « beau métier ».
[5] Rappelons que la conservation-restauration est codifiée par des chartes et codes déontologiques reconnus au niveau international et que l'ECCO travaille encore à ce sujet (voir http://ecco-eu.info/)
Publié par ACRMP à 22:58:12 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (0) | Permaliens
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