Depuis le 10-09-2006 :
101028 visiteurs
Depuis le début du mois :
4217 visiteurs
Billets :
105 billets
Pour démarrer son Grenelle de l'environnement, qui commence mercredi 24 octobre, le gouvernement a décidé de lancer un appel à toutes les bonnes volontés afin de recueillir le maximum de suggestions innovantes. Et comme les petites rivières font un jour les grands fleuves, voici en quelques lignes ma modeste, mais je l'espère utile, contribution.
Tout d'abord, en ce qui concerne les économies de carburant, peut-être pourrait-on suggérer des déplacements groupés pour réaliser nos devis. En effet la multiplication des consultations, et particulièrement des appels d'offres, nous amène de plus en plus fréquemment à nous déplacer loin de nos ateliers. Nous pourrions ainsi mettre en place un système de co-voiturage particulièrement économique pour nos amis parisiens qui viennent sillonner notre belle région. Autre suggestion, plus utile encore, serait de suivre l'exemple de certains de nos collègues qui, dans un salutaire élan citoyen, n'hésitent plus à réaliser leur devis sans se déplacer ni voir les objets!
Pour les problèmes d'économie d'eau, certains ont déjà apporté un début de solution. Ainsi pourrions nous nous inspirer de leur trouvaille en éliminant les opérations de décrassage avant certains traitements. Car quoi de plus inutile qu'un décrassage de surface avant un retrait de vernis. J'attire votre attention sur le fait que cette ingénieuse solution permettrait de surcroît de faire de sensibles économies sur l'utilisation massive de coton hydrophile.
Dans la même perspective et afin de limiter les graves menaces pesant sur la déforestation, nous ne pouvons qu'encourager les initiatives de certains commanditaires qui n'hésitent plus à éliminer des cahiers des charges le coût prohibitif des dossiers de traitement.
Enfin à propos de la question cruciale des économies d'énergie, je voudrais vous soumettre une idée dont je ne suis pas peu fier. Ne pourrait-on pas imaginer interdire l'éclairage de nos églises et de nos musées ? Je sais, la chose parait saugrenue de prime abord, mais permettez-moi quand même de la défendre : non seulement la collectivité ferait un éco-geste en faisant baisser la facture d'électricité, mais imaginez dans le même temps les économies d'entretien et de restauration réalisées. En effet une œuvre mal éclairée n'a pas besoin d'être complètement restaurée : un simple « bichonnage » et une signalétique appropriée seraient alors largement suffisants à sa présentation. Enfin, ce n'est qu'une idée...
Olivier Clérin
Publié par ACRMP à 21:01:18 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (0) | Permaliens
Dix centimètres. Il aura fallu dix centimètres de déchirure sur une toile de Monet (Le pont d'Argenteuil, 1874) pour que le patrimoine redevienne une question d'actualité. Il est vrai que l'événement a de quoi intéresser les médias : cinq jeunes, passablement éméchés, ont pénétré par effraction au musée d'Orsay afin de poursuivre leur virée nocturne. Interrompus dans leurs festivités par le déclenchement de l'alarme, il semble que l'un d'entre eux a eu la lumineuse idée de donner un coup poing à l'œuvre du maître impressionniste avant de s'enfuir.
Bien naturellement les journalistes se sont interrogés sur les conditions de sécurité de l'un de nos plus prestigieux établissements parisiens, soulignant la facilité avec laquelle nos joyeux vandales avaient réussi à pénétrer et à s'enfuir librement de ce que tout le monde pensait être un véritable coffre-fort. Mais pour ma part je voudrais attirer l'attention sur un tout autre point. Dès le lendemain l'ensemble de la presse et des médias insistait sur le fait qu'un « collège d'experts » estimait « les dégâts réparables » (sic) et de rajouter « que dans moins d'un mois l'œuvre serait raccrochée à sa cimaise ».
Je n'arrive toujours pas à y croire ! Alors c'est vrai, il est possible, ici en France, d'envisager de restaurer une œuvre en moins d'un mois ! Je veux dire réunir un collège d'experts, lancer un appel à candidature, mettre en place un cahier des charges, constituer deux lots (support et couche picturale), convoquer les restaurateurs, réunir la commission ad hoc, dépouiller les offres, sélectionner les restaurateurs, réunir un comité scientifique, décider des analyses, réaliser les examens, restaurer l'œuvre, convoquer à nouveau la commission, délibérer ...en moins de quatre semaines ! A moins que ...
Olivier Clérin
P.S : Beaucoup de mes collègues s'alarment devant ce qu'ils appellent « des restaurations à deux vitesses ». Et bien moi, je dis, que « vitesse » est un bien grand mot.
Publié par ACRMP à 20:52:00 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (0) | Permaliens
1|
Vos Commentaires