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ACRMP

Association des Conservateurs-Restaurateurs de Midi-Pyrénées

Billet d'humeur | 08 novembre 2006

Par une belle journée d'octobre en notre belle ville de Toulouse, a été inauguré le Salon International des Métiers d'Art.
Ce même jour, deux membres de l'ACRMP ont eu l'occasion de rencontrer  M. le sous-directeur au Ministère des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales qui avait fait l'honneur aux organisateurs du salon de venir inaugurer celui-ci et, à cette occasion, d'écouter les doléances en région. Ainsi la parole était donnée à la province qui, à défaut d'être écoutée, était   autorisée à s'exprimer.

 

Après l'intervention des représentants des Métiers d'Art et de la SEMA (Société d'Encouragement aux Métiers d'Art) nos deux représentants de l'association sont venus ajouter aux récriminations : chute des budgets de l'Etat qui mettent en danger les entreprises de conservation-restauration et le patrimoine régional (pour ne pas dire provincial1), non reconnaissance des qualifications et/ou des compétences par les maîtres d'œuvre et les maîtres d'ouvrage.... en se limitant délibérément à ces seules revendications.
Monsieur le sous-directeur au Ministère des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales de leur répondre :
-         Les budgets concernés dépendent du Ministère de la Culture et non de celui des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales,
-         La LOLF a été mise en place pour justement améliorer la gestion des dépenses publiques.
-         Et, comme il ne « pratique pas la langue de bois », de souligner que la chute des budgets de l'Etat est globale.
-         Enfin, considérant que « ceux qui veulent gagner gagnent », d'engager purement et simplement les restaurateurs à partir travailler à l'étranger pour sauver leurs entreprises.

 

Chers membres, vous  êtes certainement installés sous le statut d'artisan ou de profession libérale, et vous avez eu, comme moi, la naïveté de croire que le devenir de nos entreprises concernait le Ministère des PME, de l'Artisanat et des Professions Libérales, les crédits de restauration fussent-ils émis par le Ministère de la Culture. Vous avez sans doute constaté que le rayonnement de la France à l'étranger est dans l'air du temps et que nombre de mesures incitatives sont prises pour que les PME trouvent leur clientèle et leur marché à l'étranger. Mais aviez vous imaginé que ce mot d'ordre s'adressait aussi à vous ?
Et le patrimoine dans tout ça ? Faudra-t-il alors le laisser crouler ? Ou bien l'exporter lui aussi (moyennant même, peut-être, monnaie sonnante et trébuchante) pour le faire restaurer ? Et qu'en est-il des formations en conservation restauration : doivent-elles former des restaurateurs voués à aller travailler à l'étranger2?
Mais enfin, fi de ces questions embarrassantes, le mot d'ordre est lancé !
Alors fort du soutien (moral bien sûr) de notre délicat et visionnaire ministre des PME, n'hésitons plus, chers amis restaurateurs du patrimoine, à partir à l'assaut des trésors étrangers. A nous les peintures flamandes, les estampes japonaises et les châteaux en Espagne. Et vous verrez qu'à la prochaine baisse budgétaire on nous réservera une place dans le prochain programme spatial...
  La présidente de l'ACRMP






1 Un député du Lot évoqué cette situation lors des questions à l'Assemblée Nationale. Le Ministre de la Culture et de la Communication a entre autres répondu ceci : « Une grande partie des 100 millions d'euros obtenus (des recettes de privatisation promises lors des JDP 2005) a bénéficié à de grandes opérations nationales de restauration : Grand Palais, Palais de Chaillot, quadrilatère Richelieu, Orangerie du Louvre, théâtre de l'Odéon et château de Versailles, ce qui a permis d'abonder les crédits délégués aux Directions Régionales des Affaires Culturelles .» Question n°97509, JO du 20/06/2006 page 6346, réponse dans le JO du 17/10/2006 page 10833.

2 Il semble que cette question elle aussi soit dans l'air du temps. Voici le commentaire d'un signataire de la pétition que l'ACRMP  a mis en ligne sur son blogg : n°62. : Elisabeth : « Les nouveaux diplômés vont-ils s'en sortir ou vont-ils être obligés de partir à l'étranger?... »
 





 
 
 

Publié par ACRMP à 09:18:58 dans * Association de Conservateurs - Restaurateurs de biens culturels | Commentaires (0) |

Journées de sensibilisation à la peinture murale | 07 novembre 2006

Journées de formation continue les 18, 19 et 20 octobre 2006 à Toulouse.

 

Ces journées ont été organisées à l'initiative du Service de l'Inventaire de Midi-Pyrénées et ont eu lieu dans les locaux de la DRAC à Toulouse. Elles s'adressaient tout particulièrement aux architectes (Architectes en Chef des Monuments Historique, Architectes des Bâtiments de France et Architectes du Patrimoine).


Deux membres de l'ACRMP y ont assisté en tant qu'intervenants : Jean-Marc Stouffs et Françoise Tollon.


Finalement, l'auditoire, somme toute peu nombreux, était principalement constitué d'Architectes du Patrimoine et de Conservateurs des Antiquités et Objets d'Art, 1 Architecte en Chef des Monuments Historiques et 1 Architecte des Bâtiment de France (ces chiffres ne tiennent compte que de l'auditoire et non des intervenants).

  

Il a donc été question, pendant trois jours, de peinture murale, vue sous tous les angles : du point de l'histoire de l'art à celui de la restauration en passant par la technique, les analyses, l'inventaire,  la divulgation... D'où la diversité des intervenants : historiens d'art, Conservateur du Patrimoine, ingénieur au Service de l'Inventaire, chimistes, ACMH, ABF, CAOA, restaurateurs. Diversité qui, rappelons-le, témoigne de la nécessaire multidisciplinarité lorsqu'il est question de peinture murale mais au-delà, de tout objet mobilier.

 

Le programme a été organisé par thèmes généraux.

 

  • Un langage commun à mettre en place pour une approche de la peinture murale.

- Bilan sur les protections au titre des Monuments Historiques en Midi-Pyrénées (uniquement concernant les peintures murales), avec une approche de la notion de peinture murale et de sa diversité.


- Rappel du vocabulaire autour de la peinture murale (notamment lié aux techniques) et inventaire des peintures murales de la Région Midi-Pyrénées.


- Aperçu de l'histoire régionale de la peinture murale et de ses particularités.


- Les cadres institutionnels et financiers de la conservation de la peinture murale. Au travers d'exemple, il a été présenté le travail des ACMH et des ABF.

 

  • La conservation-restauration de la peinture murale.

- Les analyses scientifiques : présentation du LRMH (Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques) et d'un labo indépendant, le CRITT-DIAC. Inventaire des analyses possibles et de ce qu'elles apportent à la connaissance de l'œuvre.


- Expérience d'une restauration pour une petite commune, Vals, retracée par le maire et l'animateur du patrimoine.


- Présentation de l'Association des Conservateurs Restaurateurs de Midi-Pyrénées


- De l'étude préalable, intérêt et contenu : diagnostic, rapport détaillé des sondages, protocole, conditions de conservation, conservation préventive...


- Deux études de cas : Notre-Dame du Taur à Toulouse et la cathédrale Sainte-Cécile à Albi.

 

  • Exemples concrets

- « Restaurateurs et historiens d'art ». A partir de l'exemple d'une restauration d'une petite chapelle en PACA, mise  en évidence la nécessité de la collaboration entre l'historien d'art et le restaurateur. Dans ce cas, elle a permis d'établir puis de vérifier la présence d'une iconographie spécifique et particulière à une partie de la région PACA : « le Christ du dimanche ».


- Le projet de Notre-Dame de la Sède à Saint-Lizier (Ariège)


- Un exemple espagnol : présentation d'Ars Picta, un site sur les peintures murale catalanes qui contient toutes les informations possibles sur celles-ci.

  

Ces journées ont permis de faire un état des lieux sur la peinture murale. Les débats qui ont suivi les interventions ont notamment porté sur la conservation restauration de la peinture murale :


- Il a été clairement distingué la conservation restauration de la restitution.


- Le problème des cahiers des charges a été assez largement évoqué. La nécessité de faire réaliser des études préalables par des conservateurs restaurateurs a été démontrée, car celles-ci permettent d'ajuster le cahier des charges à chaque cas particulier. Il a été rappelé qu'une étude préalable n'est pas nécessairement une étape extrêmement coûteuse et qu'il s'agit, en fonction de la taille de la peinture et des difficultés qu'elle présente, d'adapter les objectifs de l'étude et de l'inscrire dans le cadre d'un projet global.


- Il a enfin été débattu du rapport entre maître d'ouvrage, maître d'œuvre et restaurateur. La nécessité de la multidisciplinarité, de la mise en commun des différents savoirs a été souvent soulignée.

 

Pour conclure ces journées se sont révélées fort intéressantes et nous ne pouvons que saluer ce genre d'initiative. Si les Architectes du Patrimoine ont dans l'ensemble répondu présent, nous ne pouvons que déplorer le peu d'écho suscité par ces journées auprès des architectes institutionnels (ACMH et ABF), pourtant régulièrement confrontés à la conservation-restauration de peinture murale.

Publié par ACRMP à 18:57:43 dans * Les spécialités dans la conservation et la restauration | Commentaires (0) |

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