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<< Conseil d'ami | Les propositions du Conseil Economique et Social | Simple bichonnage. >>
Les membres du conseil ne se sont pas limités à dresser un constat accablant sur la situation de notre patrimoine monumental. Dans un document de 37 pages, le « projet d'avis [1]», ils proposent toute une série de modifications législatives dans le but avoué d'accélérer la décentralisation. On se souvient qu'en 2003 déjà, M. Aillagon, alors Ministre de la Culture, avait souhaité transférer, avec le succès que l'on sait, 176 monuments historiques de l'Etat vers les collectivités locales. Fort de ce semi échec[2], le conseil incite l'Etat à réitérer l'expérience en suggérant cette fois-ci de transférer aussi la propriété de certaines cathédrales.
Dans un chapitre particulier[3] le conseil remet en cause le choix opéré par la commission de 2003 présidée par René Rémond, notamment dans le fait qu'elle aurait « défini une propriété de l'état sur des critères exclusivement religieux et non sur l'appréciation de la qualité ou de l'importance des monuments concernés. L'état possède ainsi des cathédrales qui sont édifices majeurs, à Paris, à Bourges, à Reims, à Amiens ...mais aussi des édifices modestes et moins significatifs à Pamiers, à Montauban, ou à Lille».
Aussi le conseil préconise-t-il de créer une nouvelle commission chargée d'établir de nouveaux critères de propriété de certaines cathédrales en « examinant par exemple le principe d'un transfert systématique de ces édifices aux départements et aux régions ». Et de rajouter « on pourrait imaginer en contrepartie de ce transfert que l'État « adopte » dans tout département où il ne possède pas déjà un monument historique, un monument insigne, par exemple à Toulouse, la basilique Saint-Sernin, édifice autrement plus important que la cathédrale Saint-Etienne qui procède d'un malhabile collage entre un édifice roman et un édifice gothique ». Les Toulousains apprécieront !Dans le domaine fiscal, le conseil n'est pas en reste. Il préconise entre autres « que le taux de la TVA sur les travaux monuments historiques soit uniformément et généralement arrêté au taux inférieur de 5,5 % et que l'État engage à cet effet une négociation avec les partenaires de la France au sein de l'Union européenne[7] ». Il réaffirme aussi son attachement au dispositif de défiscalisation issu de la « loi Malraux » tout en considérant « comme légitime que son usage soit inclus dans le plafonnement global des dispositifs de déduction fiscale ».
Sur la question du mécénat, il recommande l'extension du dispositif de protection des « Trésors nationaux [8]», jugé particulièrement efficace, en l'appliquant à une liste de 100 « monuments historiques d'intérêt national majeur », liste établie tous les 3 ans.
Nous ne savons rien des réactions du Ministère de la Culture à la lecture de ce rapport qui lui a été remis le mercredi 22 octobre. Quelles que soient les propositions retenues, il apparaît clairement que le conseil économique et social a pris en considération les échecs de la politique de décentralisation de 2003. En suggérant à l'état de réfléchir à de nouvelles sources de financement, en recommandant la pérennisation des dotations budgétaires et une politique plus active de défiscalisation en faveur de nos monuments, il fait preuve d'un volontarisme salutaire dans une période on ne peut plus sinistre pour le patrimoine.
Faudra-t-il atteindre un quinzième rapport avant de voir les choses bouger ? Possible répondra l'ironique. Probablement affirmera le cynique. Quoi qu'il en soit, peut-être est-il temps de se dire, à l'instar d'un président américain « ne vous demandez pas ce que l'état peut pour vous, mais interrogez-vous sur ce que vous pouvez faire pour lui ». Pourquoi les politiques, et j'entends par là autant les élus régionaux que nationaux, se saisiraient du problème patrimonial si nous même sommes incapables de le porter ?
Olivier Clérin.
[1] http://www.conseil-economique-et-social.fr/rapport/pravi/PA081310.pdf - Projet d'avis.
[2] Le résultat fut un demi-échec dans la mesure ou seules une cinquantaine d'entre eux ont trouvé preneurs (tels le château de Chaumont-sur-Loire, dans le Loir-et-Cher, et le château du Haut-Koenigsbourg, dans le Bas-Rhin).
[5] « Dans ces régions tests, l'État délèguerait dans le cadre d'un contrat pluriannuel, les crédits d'intervention sur les monuments inscrits comme il le fait déjà pour ceux affectés au patrimoine rural non protégé. À terme, en cas de conclusion positive de cette expérimentation et de généralisation de ses objectifs, on créerait un nouveau label déclinable « Monument inscrit à l'inventaire du patrimoine de la Bourgogne » (de l'Aquitaine, de la Picardie...) »
Publié par ACRMP à 18:22:57 dans * Tribunes libres des membres de l'ACRMP | Commentaires (1) | Permaliens
24-11-2008 17:48
De LN Sujet:
Propositions du CES
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