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Plus rouge que moi tu meurs | 21 novembre 2006





Fraichement désignée par une grande majorité des militants, la
candidate socialiste suscite déjà les préventions des héraults de
l'extrême gauche.

Ségolène Royal a imposé sa candidature par la base et le contournement
idéologique. Bien joué !

Aujourd'hui, elle retrouve en face d'elle le mur idéologique de la
gauche française. Les tenants du « plus plus plus ». La gauche qui lave
plus blanc que blanc, l'autoproclamée « vraie » gauche, celle que
prétendait incarner avec une conviction inébranlable, le
révolutionnaire Laurent Fabius. Celle-là même qui brandit des slogans
aussi porteurs d'avenir et exportables dans le monde que : « vive les
35 heures » ou « re-nationalisons EDF ! »

Certes, on peut regretter le triomphe d'une surfeuse de l'opinion
doublée d'une obsédée de la communication. Mais force est de constater
que ses coups médiatiques ont bougé les lignes et que sa popularité
atteste d'un profond besoin de renouvellement des discours et des
pratiques politiques à gauche, comme à droite d'ailleurs.

Qu'il reste posé en face une force politique, non pas révolutionnaire
mais conservatrice, dont l'audience est incertaine est une donnée qu'il
faudra prendre en compte pour le premier tour.

Je suis personnellement sidéré de constater à quel point une partie de
l'échiquier politique français est coupée des réalités. C'est un peu
comme si les Besancenot, Buffet, Autain, Bové, Laguiller et autre Mélenchon
existaient politiquement pour se faire plaisir intellectuellement, recherchant sans doute
à dérouler le programme d'une révolution en vase clos, entre
fonctionnaires de l'Etat, syndicalistes minoritaires depuis longtemps
en disponibilité et militants associatifs parisiens.

Le plus consternant dans cette histoire c'est de constater que les
enjeux d'un pouvoir narcissique sont omniprésents puisque les leaders
de la gauche « anti-libérale » demeurent dans l'incapacité de choisir
un candidat commun.

J'ai beaucoup plus de respect pour un Nicolas Hulot qui cherche à
promouvoir la pensée écologique sans arrière-pensée et dans une
approche trans-parti.

Il est plus que temps que la gauche française grandisse et sorte de
cette logique de clubs de révolutionnaires déconnectés de la réalité du
quotidien de celles et ceux qu'elle prétend représenter.


Publié par Archignac à 12:10:18 dans Au pays de Candy | Commentaires (11) |

Politicus ennuyus | 31 octobre 2006





L'appauvrissement du débat politique en France est une triste réalité,
à gauche comme à droite, sans parler des extrêmes qui continuent
invariablement à radoter sur les mêmes antiennes.

A droite, un affrontement de personnes se dessine, sans qu'on puisse
réellement penser que la machine de guerre UMP ne soutiendra pas
Nicolas Sarkozy. Les MAM ou Villepin peuvent toujours se présenter en
marge, je ne vois pas comment ils pourraient peser.

A gauche, les trois candidats officiels à l'investiture du PS
s'affrontent à coups de petites phrases discrètes et assassines. En
coulisse, c'est plus tendu que jamais, ainsi que l'épisode des fameux
sifflets de Bercy l'a démontré.

Je l'ai déjà évoqué mais il y a une même façon de faire de la politique
chez Sarkozy et Royal. Une forte sensibilité à l'opinion qui leur
confère toujours un train d'avance dans les sondages. Cela dit, slogan
sur slogan sur slogan ne font pas politique. Et au fur et à mesure que
l'échéance approche, l'exercice de communication habile montre ses
limites. Ségolène Royal, passé l'attrait de la nouveauté du discours,
commence à laisser entrevoir trop de ses grosses ficelles.

Face à ce populisme, qu'il soit de gauche ou de droite, peu de place
pour une politique un peu plus noble qui camperait ses racines sur une
réflexion de fond. A gauche, le candidat Dominique Strauss Kahn se
distingue au moins par sa très grande cohérence et le sérieux de ses
propositions dans un positionnement résolument social-démocrate. Mais
il est difficile de lui trouver un soupçon de chaleur humaine qui en
ferait un candidat réellement dangereux pour Ségolène Royal. A la
gauche du PS, Laurent Fabius n'en finit pas de faire dans la caricature
du socialisme à la française en déclamant un discours que le Mitterrand
de 81 aurait pu tenir. Sauf qu'on n'est pas en 1981 et que le rose
fabiusien sent la moisissure.
 
On en vient à rêver des affrontements politiques qui se déroulent dans
d'autres Etats moins stables, où les enjeux donnent lieu à des passes
d'armes autrement plus passionnantes. A force de marketing politique,
on finit par tuer la politique et ouvrir la voie à une nouvelle
déconvenue en 2007.


Publié par Archignac à 16:05:18 dans Au pays de Candy | Commentaires (11) |

Les garçons ils aiment les totos qui vont vite | 09 octobre 2006





Ce dimanche, Michael Schumacher a probablement perdu le titre de
champion du monde de Formule 1 dans la fumée de son moteur. Fait
rarissime chez Ferrari, c'est donc le manque de fiabilité de la « Rossa
» qui aura décidé de l'issue d'un championnat pour le moins
passionnant, depuis que le septuble champion du monde allemand avait
comblé son retard de points sur l'actuel leader, Fernando Alonso.

Après cette saison, c'est une page qui se tournera puisque Michael
Schumacher rendra sa combinaison. L'homme de tous les records, avec 7
titres de champion du monde (2 de plus que Fangio), 89 victoires (38 de
plus que Prost) et 68 pole positions (3 de plus que Senna), partira « à
la retraite », en laissant derrière lui une bande de jeunes loups
dignes de prendre le relais.

Le fait est que Schumacher ne m'a jamais réellement passionné même s'il
est impossible de ne pas reconnaître une envergure exceptionnelle à ce
pilote. Et cet avis est assez partagé. C'est le paradoxe Schumacher.
La froideur professionnelle avec laquelle il aborde ce sport
fait souvent oublier son incroyable coup de volant, qui lui a permis de
remporter des victoires teintées d'un grand panache. Mais plus encore
que cette approche scientifique de la course, c'est son manque de
fair-play auquel on fait souvent référence pour lui contester la place
de meilleur pilote de l'histoire de la Formule 1. Les mémoires sont
pleines d'incidents qui jettent une part d'ombre sur la carrière
exceptionnelle du teuton : l'accrochage volontaire avec Damon Hill en 1994,
qui lui a permis de remporter son premier titre, l'accrochage volontaire
avec Jacques Villeneuve en 1997, qui lui a coûté son deuxième titre,
et très récemment, un tout droit suspect à Monaco qui a entraîné
la suspension d'une séance qualificative qui lui était défavorable...

Bref, Schumacher a fait une carrière plus que brillante, en choisissant
de rester fidèle à une équipe, Ferrari, entièrement façonnée - au
détriment de ses coéquipiers, certes moins en verve - pour lui
permettre de rester en haut de l'affiche cinq années durant, pour ne
parler que des années de victoire au championnat. Salut l'artiste !

Place aux autres, on ne perdra pas tant que ça au change. Fernando
Alonso ne manque pas de talent, c'est le moins que l'on puisse dire. Je
regrette juste l'arrogance du bonhomme. Ma préférence va à Kimi
Raikkonen, dont j'apprécie la combativité et l'agressivité du pilotage.
J'espère qu'il saura tirer le meilleur parti de la Ferrari qu'il
pilotera dès la saison 2007...






Publié par Archignac à 12:21:10 dans Au pays de Candy | Commentaires (4) |

Pétard mouillé | 28 septembre 2006

 
Lionel Jospin renonce à briguer l'investiture du Parti Socialiste pour
l'élection présidentielle de 2007. Il l'a annoncé ce matin, non sans
avoir décoché une flèche peu élégante à l'égard de celle qu'il méprise:
Ségolène Royal.

Ca n'est finalement pas une grande surprise car après l'étincelle
allumée à Lens, les espoirs de voir se rallier les autres candidats à
sa candidature ont fait pschitttttttt...

Lionel Jospin se retire, Ségolène Royal triomphe car on voit mal qui
pourrait empêcher aujourd'hui la quasi-certaine candidate à la
candidature de remporter les élections primaires, dès le premier tour,
le 16 novembre prochain. Cela d'autant plus que certains des supporters
de François Hollande annoncent leur soutien à la Zapatera. C'est le cas
de Pierre Mauroy aujourd'hui, suivi par le premier fédéral du Nord et
de quelques élus qui pèsent dans cette puissante fédération. Nul doute
que ce ralliement signifie que François Hollande n'a pas l'intention de
présenter sa candidature et qu'il s'est résigné à laisser le champ
libre à sa compagne. Le Nord rejoindrait ainsi les Bouches du Rhône et
le Languedoc-Roussillon, trois gros bastions de militants au service de
Ségolène Royal.

Les autres candidats ont refusé de se retirer au profit de Jospin,
voyant les chances de ce dernier quasi-nulles. Il leur reste à défendre
leur place pour obtenir quelques compensations. Seul Laurent Fabius
devrait porter la bataille sans arrière-pensée contre Ségolène Royal.
Il est peu probable qu'il parvienne à obtenir les soutiens de Dominique
Strauss Kahn et de Jack Lang, tant sa côte de sympathie dans le PS est
faible, malgré la fidélité de ses réseaux. Fabius aurait pu gagner sans
les 80 000 nouveaux adhérents ; aujourd'hui, il ne peut que perdre.

Il n'est pas impossible toutefois qu'un second tour se joue bien plus
tard, à proximité du scrutin présidentiel, dans l'hypothèse où Dame
Royal ne tiendrait pas le choc face au candidat de la droite, qui sera
probablement Nicolas Sarkozy. Dans ce cas précis, le recours serait
naturellement le premier secrétaire, François Hollande, à moins que les
conditions ne soient réunies pour envoyer Laurent Fabius à la bataille...

Wait and See...


Publié par Archignac à 11:34:24 dans Au pays de Candy | Commentaires (1) |

Examen blanc | 18 septembre 2006





Encore du PS au menu.

C'est que ce qui s'est joué à Lens ce samedi 16 septembre, lors des
chantiers du Pas-de-Calais, était une étape majeure dans la course à
l'investiture du Parti Socialiste pour la Présidentielle.

Chaque prétendant confirmé ou pressenti (selon la formule : « qui n'a
pas exclu de se présenter ») a pu s'exprimer ce samedi, à tout de rôle,
devant plus de 2500 militants et 400 journalistes. L'exercice était
contraint : un tirage au sort pour déterminer l'ordre de passage, une
introduction et trois questions de militants sélectionnées par avance.

Ségolène Royal avait demandé une dérogation pour s'exprimer la
première, avant de prendre un avion pour se rendre au congrès du PS
espagnol. Lionel Jospin, Jack Lang, Dominique Strauss Kahn, Martine
Aubry et Laurent Fabius lui ont succédé.

Globalement, les médias présents ont fait la même analyse de ce
rendez-vous : un duel Jospin - Royal qui se dessine et un Fabius très
en verve sur ces terres fabiusiennes. On a pu constater les manœuvres
des uns et des autres : les partisans de Laurent Fabius, nombreux au
sein de cette fédération, ont été quelques uns à rester en fin de
réunion afin de se présenter spontanément aux journalistes. Les
partisans de Lionel Jospin ont distillé le message du ralliement de
Lang et Strauss Kahn à leur candidat. Quant aux partisans de Royal, ils
n'ont pas eu besoin d'en ajouter (il y avait tout de même trois bus
affrétés pour l'occasion), les médias ayant déjà fait d'elle la
candidate du PS.

De cette réunion, à mon sens, Ségolène Royal n'est pas sortie grandie :
discours creux, gnangnan, faussement légitimiste, paraphrase du projet
socialiste et une explication maladroite sur la carte scolaire.
Pourtant, elle a été acclamée à son arrivée, comme on acclame une star,
beaucoup moins pendant son discours... Il y a néanmoins un
phénomène, c'est indéniable et c'est irrationnel. Il est aussi indéniable que
la presse en fait des tonnes...

Lionel Jospin a fait une intervention remarquable. Assis sur un
charisme impressionnant, il a soulevé le cœur des militants, phénomène
qui n'est pas probablement pas passé à la télévision. La salle a été
conquise, elle a semblé retrouver chez Jospin les accents de 1997...
Aucun doute, Jospin s'est posé en candidat naturel et s'est montré
extrêmement déterminé.

Derrière, les autres prétendants ont fait pâle figure. A commencer par
Jack Lang, fortement positionné sur l'international, trop timide, trop
tendu, trop intellectuel. Ca n'a pas pris. DSK était porté par des
représentants de ses réseaux mais il est apparu, comme souvent, trop
distant, technique, professionnel. Bref, il manque toujours ce fluide
avec les gens, ce petit truc irrationnel, qui fit la différence entre
un manager et un leader. Martine Aubry était là pour renforcer Jospin,
elle a fait du Martine : offensif, humain, social...

Restait Laurent Fabius qui avait très bien préparé ce rendez-vous en
s'appuyant sur une partie de la fédération qui lui est restée fidèle.
Un discours gauchisant, larmoyant, très démago - c'est un point de vue
- et surtout à contre-pied de celui de Ségolène Royal, histoire de
poser le duel qu'il espère. Car Fabius peut encore espérer : en cas de
non candidature de Jospin, il sera l'adversaire de Ségo et il sait
qu'une grande partie des militants, peut-être majoritaire, n'apportera
pas sa voix à la candidate du Poitou.

François Hollande concluait en patron du PS, par un discours brillant,
comme il en a le don, ovationné à son tour. De quoi lui donner des
idées, même si l'hypothèse Jospin et la popularité de Royal doivent
l'empêcher de les concrétiser...

De cette réunion, il me semble que l'on peut en tirer quelques conclusions
intéressantes :

- D'une part, la candidature de Ségolène Royal repose sur un socle
fragile. Elle reste à la surface des sujets et commence à montrer ses
limites sur ce point. Elle fait des erreurs de communication en interne
du parti et ça commence à peser sur la base militante. Par ailleurs,
elle a suscité l'hostilité des autres candidats et de leurs partisans,
ce qui n'est jamais bon lorsque l'exercice consiste à rassembler.
Enfin, un détail qui tue: elle n'était pas sur la photo de fin de réunion...

- D'autre part, Lionel Jospin a posé son retour dans l'esprit des
militants et largement diffusé le message du ralliement de DSK et Lang
à sa candidature.

Bref, après cette étape, mon pronostic se dessine et donne l'avantage
à Lionel Jospin.



EDIT (25/09/2006) : preuve que la plus grande confusion règne, le
pronostic d'hier n'est pas le même que celui d'aujourd'hui. Je me
garderai bien d'en rajouter. Le fait est que Jospin semblait avoir
percé dans une offensive visant à obtenir les retraits de Jack Lang et
de DSK avant le dépôt des candidatures, ça n'en prend finalement pas
le chemin. La candidature de Jospin ne décolle pas pour l'instant et la
contre-offensive des royalistes fragilise davantage l'hypothèse de son
retour. Par ailleurs, Fabius a passé la seconde et les partisans de
Hollande commencent à préparer le terrain... L'hypothèse d'une victoire
de Jospin était audacieuse et reposait sur le calcul du rapport de
force militant, en cas de ralliement de Lang et DSK. Sans leur
ralliement, il n'a aucune chance. Et il n'y aura pas ralliement tant
qu'il semblera n'avoir aucune chance. Bref, l'oeuf ou la poule...

Publié par Archignac à 15:31:16 dans Au pays de Candy | Commentaires (0) |

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