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La marche des TSS | 23 février 2007

La note précédente était pessimiste quant à la campagne de Ségolène Royal, c'était le moment d'une déprime qui avait largement gagné les rangs du PS.

Mais depuis sa prestation plutôt excellente lors du prime time politique de TF1, il semble que la candidate se soit remis sur les rails qui l'ont conduit à emporter la primaire du PS. Un discours une nouvelle fois en décalage par rapport à la ligne politique classique du PS - l'esprit d'entreprendre et le pragmatisme ont été mis en exergue à plusieurs reprises lors de l'émission - et une assurance qu'elle semblait avoir perdu.

Ca n'est pas le coup tordu d'Eric Besson qui enrayera la machine. L'homme a pété les plombs pour des raisons qui ne sont pas celles qui ont été publiquement invoquées par l'intéressé.

En revanche, l'annonce de la nouvelle organisation censée mener la campagne de Ségolène Royal peut légitimement inquiéter ses partisans. Au premier abord, chacun pourrait se féliciter de l'arrivée officielle de Dominique Strauss Kahn, Laurent Fabius et Lionel Jospin sur le bateau. Mais elle prend le risque de ringardiser sa campagne, surtout avec le retour de Jospin et se faire tirer dans les pieds par certains engagements moins sincères que d'autres.

Cette nouvelle organisation paraît surtout faite pour rassurer les militants et les élus de base du PS. Bref, une fois n'est pas coutume et sous l'influence probable de la direction du PS, Ségolène fait une concession à l'appareil.

Autre fait marquant ce ces derniers jours : la montée confirmée de François Bayrou dans les intentions de vote. Mais quelle crédibilité donner à un sondage qui le donne vainqueur au second tour alors qu'il est perdant au premier ?

Quoiqu'il en soit cette montée dans les sondages tend à valider l'hypothèse de départ de Bayrou, à savoir que la campagne se fera sur le pour ou contre Sarkozy, un peu comme il y a eu un pour ou contre Berlusconi en Italie. C'est un peu plus cela qui explique le vote utile c'est à dire la concentration des intentions de vote sur deux ou trois des adversaires du candidat de l'UMP et donc le score particulièrement marginal des autres, plus qu'une quelconque intention de faire barrage au FN.

La grande différence avec l'Italie souvent citée en référence par le candidat centriste, c'est que l'extrême droite était intégrée à la droite, ce qui n'est pas le cas en France. Et je persiste à penser que le score de Le Pen est sous-estimé. Un institut évalue d'ailleurs son potentiel électoral à 21% au premier tour, ce qui risquerait de le placer au second.

Cette situation de dispersion entre trois ou quatre candidats est donc potentiellement dangereuse pour qui ne souhaite pas revivre une situation de présence du candidat frontiste au second tour.

Voilà pourquoi Ségolène Royal doit sortir de cette logique pour ou contre Sarkozy et mobiliser sur elle-même et son projet.

La montée ou la descente de Bayrou dans les sondages au cours des prochaines semaines sera un indicateur majeur pour la candidate du PS qui saura alors si sa campagne prend ou pas, dans l'électorat.

Publié par Archignac à 15:17:18 dans Au pays de Candy | Commentaires (0) |

Jeanne d'Arc est tombée de son cheval | 19 février 2007


 
 
Alors que François Bayrou monte, sans doute un peu artificiellement dans les sondages à la manière d'un Chevènement en 2002, Ségolène Royal continue sur la pente descendante.

De quoi craindre un nouveau 21 avril 2002 car le score de Jean-Marie Le Pen est, à n'en pas douter, sous-estimé et celui de Bayrou probablement sur-estimé.

Plus grave, au-delà des sondages, c'est l'impression que plus les Français connaissent Ségolène Royal, moins ils l'apprécient, découvrant semble-t-il un visage peu conforme à celui qu'on leur a vendu pendant un an.

Par ailleurs, comment ne pas s'inquiéter d'une campagne teintée d'un amateurisme, sans doute grossi par les médias. Mais le fait est que ce qui importe est ce qui semble plus que ce qui est réellement.

Car ce qui est réellement c'est qu'en proposant tout et son contraire, le programme du candidat de la droite est imprégné de démagogie et de populisme et que la sincérité de son chiffrage est franchement douteuse. Mais décidément, ce qui semble, c'est que Nicolas Sarkozy se sort mieux de cet exercice que la candidate du PS, pourtant plus cohérente et réaliste sur ce coup là.

Bref, le poison est injecté dans la campagne de Ségolène Royal et il est à craindre pour les sympathisants du PS qu'elle ne parvienne pas à redresser la barre. Quand bien même elle se sortirait bien de sa prestation de ce soir, sur TF1, la chaîne de l'impartialité, quand bien même elle trouverait enfin une organisation, communiquée jeudi, adéquate pour mener sa barque de candidate, elle inquiète et déçoit tant qu'il lui sera très difficile de retrouver une crédibilité.

Alors que faire ? Le constat communément admis est que beaucoup des nouveaux sympathisants du candidat centriste sont des sympathisants de Dominique Strauss Kahn. Est-ce à dire qu'une candidature de DSK ferait immédiatement perdre 5 points à Bayrou, le ramenant à un score de 7% d'intentions de vote ? Possible. Mais dans ce cas, faut-il y voir une aspiration de l'électorat français à une gauche moderne, social-démocrate ? Faut-il considérer que le discrédit de Ségolène Royal est aussi dû à ses concessions aux vieilles rengaines du PS, par rapport à l'image de modernité qu'elle incarnait pendant la campagne interne ? N'y a-t-il pas là la marque du mal qui ronge le PS depuis 2002 : l'absence de leadership ?

Dans les coulisses, l'hypothèse d'un changement de candidat est de plus en plus évoquée et le nom de Dominique Strauss Kahn circule.

Pour ma part, je n'ai aucun doute : si Dominique Strauss Kahn avait été candidat dès le début, les chances de l'emporter auraient été bien plus grandes, d'autant que cette élection devait être pour la gauche. Mais aujourd'hui ?

Publié par Archignac à 11:40:45 dans Au pays de Candy | Commentaires (7) |

Duhamel s'est suicidé en s'aspergeant du Bayrou par erreur | 16 février 2007

Soutenir Bayrou est donc un acte fort, si on en croit le sort qui a été fait au célèbre journaliste politique, par ailleurs talentueux.

Le fait de suspendre de l'antenne un journaliste parce qu'il a exprimé son opinion politique n'est pas un acte scandaleux en soi. Cela dit, la prise de position d'Alain Duhamel présente l'avantage de la clarté et il se devait sans doute d'afficher une neutralité à toute épreuve. Une obligation de réserve renforcée par son coming out.

Toutefois, ce non événement me semble s'inscrire dans un environnement médiatique des plus hypocrites. Alors que l'on suspend Duhamel pour sa gaffe, on est en droit de suspecter l'existence de lignes éditoriales latentes, proches du scénario, dans certaines rédactions, en particulier de la télévision. La couverture de la campagne présidentielle a pour premier impératif de faire audience, quelque en soit le coût pour la qualité de l'information. Si pour cela on doit se focaliser sur l'organisation ou l'inorganisation de la campagne de la candidate du PS, au détriment de ses propositions sur le fond et relayer fidèlement les attaques du camp d'en face, on le fait sans réserve, non par esprit militant (du moins je l'espère) mais par désir de créer l'événement, la polémique, porteurs d'audience. La ligne éditoriale : « Ségolène pas à la hauteur et isolée », c'est la tendance du moment ! « Bayrou le 3e homme », autre tendance forte, inquiétante pour le candidat de l'UDF balzacienne (référence subtile à la peau de chagrin) quand on étudie le cas Chevènement, mort d'avoir jailli artificiellement trop tôt (sans mauvais jeu de mots).

La partialité n'a rien de choquant s'agissant du Nouvel Observateur, magazine d'information engagé notoirement à gauche, rien de choquant non plus s'agissant du Figaro, quotidien historiquement situé à droite, mais c'est beaucoup plus problématique s'agissant de la télévision, quand bien même un traitement partial de l'information aurait pour origine l'objectif de vendre mieux.

Je me souviens encore du traitement du moindre fait divers par les journaux télévisés, en particulier de France 2, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle de 2002, les présentateurs d'alors n'oubliaient pas de préciser systématiquement « agresseur d'origine maghrébine ». En mars 2002, l'évangéliste de la beaufitude Pernaut a employé le mot « insécurité » 43 fois et son clone du service public, Bilalian l'a employé 63 fois. Bien joué !

Que nous réserve-t-on pour la suite ? Quelqu'un se serait-il procuré les prochains épisodes sur internet ?


Publié par Archignac à 14:16:34 dans Au pays de Candy | Commentaires (2) |

Ken et Barbie | 12 février 2007

A l'heure où j'écris ces quelques lignes, j'ai pris la décision de changer le titre de ce blog et de m'en tenir provisoirement, au moins ici, à un commentaire libre de la campagne pour l'élection présidentielle en France. En plus, malencontreusement, j'ai effacé les billets non politiques...

Ce lundi, la campagne a réellement commencé sur le fond. Cela à un moment où, pour l'anecdote, quelques blogs créés par des militants ou non, du camp adverse ou pas, ont fleuri sur le thème : changeons de candidat pour le PS ou Ségolène est nulle. J'en indique un pour le plaisir des titres, ça me fait rire ( www.bravitude.com ), le contenu des articles étant sans intérêt.

Les manœuvres d'intox, à coup d'imposture ou de caricature ont trouvé un allié commode en ce média incontrôlable, qui laisse perplexes les état-major de campagne les moins avertis. Sur ce plan, le PS est à la traîne (sans parler des autres composantes de la gauche) par rapport à l'UMP. C'est relativement paradoxal dans la mesure où Ségolène Royal a lancé et nourri sa campagne interne sur Internet. A l'inverse, Nicolas Sarkozy n'a jamais créé de blog.

Toujours est il qu'aujourd'hui, le débat s'installe dans un clivage rassurant, gauche et droite, au grand désespoir de François Bayrou, qui fera pshiiittt, comme Chevènement en 2002.

Ségolène a présenté un programme clair en 100 propositions et là, divine surprise : elle n'a pas lâché sur des points qui avaient heurté les vierges effarouchées du PS, à savoir : la carte scolaire, les 35h, les régimes spéciaux de retraite, la fermeté dans la lutte contre la délinquance juvénile, etc...

A ce moment de la campagne, Nicolas nous refait le coup de la fracture sociale de Chirac et Ségolène les 100 propositions de Mitterrand. Au fond, rien de nouveau sous le soleil.

Publié par Archignac à 12:02:17 dans Au pays de Candy | Commentaires (6) |

Et si c'était lui? | 02 février 2007

 

Publié par Archignac à 16:09:23 dans Au pays de Candy | Commentaires (5) |

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