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Politicus ennuyus | 31 octobre 2006





L'appauvrissement du débat politique en France est une triste réalité,
à gauche comme à droite, sans parler des extrêmes qui continuent
invariablement à radoter sur les mêmes antiennes.

A droite, un affrontement de personnes se dessine, sans qu'on puisse
réellement penser que la machine de guerre UMP ne soutiendra pas
Nicolas Sarkozy. Les MAM ou Villepin peuvent toujours se présenter en
marge, je ne vois pas comment ils pourraient peser.

A gauche, les trois candidats officiels à l'investiture du PS
s'affrontent à coups de petites phrases discrètes et assassines. En
coulisse, c'est plus tendu que jamais, ainsi que l'épisode des fameux
sifflets de Bercy l'a démontré.

Je l'ai déjà évoqué mais il y a une même façon de faire de la politique
chez Sarkozy et Royal. Une forte sensibilité à l'opinion qui leur
confère toujours un train d'avance dans les sondages. Cela dit, slogan
sur slogan sur slogan ne font pas politique. Et au fur et à mesure que
l'échéance approche, l'exercice de communication habile montre ses
limites. Ségolène Royal, passé l'attrait de la nouveauté du discours,
commence à laisser entrevoir trop de ses grosses ficelles.

Face à ce populisme, qu'il soit de gauche ou de droite, peu de place
pour une politique un peu plus noble qui camperait ses racines sur une
réflexion de fond. A gauche, le candidat Dominique Strauss Kahn se
distingue au moins par sa très grande cohérence et le sérieux de ses
propositions dans un positionnement résolument social-démocrate. Mais
il est difficile de lui trouver un soupçon de chaleur humaine qui en
ferait un candidat réellement dangereux pour Ségolène Royal. A la
gauche du PS, Laurent Fabius n'en finit pas de faire dans la caricature
du socialisme à la française en déclamant un discours que le Mitterrand
de 81 aurait pu tenir. Sauf qu'on n'est pas en 1981 et que le rose
fabiusien sent la moisissure.
 
On en vient à rêver des affrontements politiques qui se déroulent dans
d'autres Etats moins stables, où les enjeux donnent lieu à des passes
d'armes autrement plus passionnantes. A force de marketing politique,
on finit par tuer la politique et ouvrir la voie à une nouvelle
déconvenue en 2007.


Publié par Archignac à 16:05:18 dans Au pays de Candy | Commentaires (11) |

Les garçons ils aiment les totos qui vont vite | 09 octobre 2006





Ce dimanche, Michael Schumacher a probablement perdu le titre de
champion du monde de Formule 1 dans la fumée de son moteur. Fait
rarissime chez Ferrari, c'est donc le manque de fiabilité de la « Rossa
» qui aura décidé de l'issue d'un championnat pour le moins
passionnant, depuis que le septuble champion du monde allemand avait
comblé son retard de points sur l'actuel leader, Fernando Alonso.

Après cette saison, c'est une page qui se tournera puisque Michael
Schumacher rendra sa combinaison. L'homme de tous les records, avec 7
titres de champion du monde (2 de plus que Fangio), 89 victoires (38 de
plus que Prost) et 68 pole positions (3 de plus que Senna), partira « à
la retraite », en laissant derrière lui une bande de jeunes loups
dignes de prendre le relais.

Le fait est que Schumacher ne m'a jamais réellement passionné même s'il
est impossible de ne pas reconnaître une envergure exceptionnelle à ce
pilote. Et cet avis est assez partagé. C'est le paradoxe Schumacher.
La froideur professionnelle avec laquelle il aborde ce sport
fait souvent oublier son incroyable coup de volant, qui lui a permis de
remporter des victoires teintées d'un grand panache. Mais plus encore
que cette approche scientifique de la course, c'est son manque de
fair-play auquel on fait souvent référence pour lui contester la place
de meilleur pilote de l'histoire de la Formule 1. Les mémoires sont
pleines d'incidents qui jettent une part d'ombre sur la carrière
exceptionnelle du teuton : l'accrochage volontaire avec Damon Hill en 1994,
qui lui a permis de remporter son premier titre, l'accrochage volontaire
avec Jacques Villeneuve en 1997, qui lui a coûté son deuxième titre,
et très récemment, un tout droit suspect à Monaco qui a entraîné
la suspension d'une séance qualificative qui lui était défavorable...

Bref, Schumacher a fait une carrière plus que brillante, en choisissant
de rester fidèle à une équipe, Ferrari, entièrement façonnée - au
détriment de ses coéquipiers, certes moins en verve - pour lui
permettre de rester en haut de l'affiche cinq années durant, pour ne
parler que des années de victoire au championnat. Salut l'artiste !

Place aux autres, on ne perdra pas tant que ça au change. Fernando
Alonso ne manque pas de talent, c'est le moins que l'on puisse dire. Je
regrette juste l'arrogance du bonhomme. Ma préférence va à Kimi
Raikkonen, dont j'apprécie la combativité et l'agressivité du pilotage.
J'espère qu'il saura tirer le meilleur parti de la Ferrari qu'il
pilotera dès la saison 2007...






Publié par Archignac à 12:21:10 dans Au pays de Candy | Commentaires (4) |

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