Posez une règle : obtenir au moins 500 « parrains » pour être candidat officiel à l'élection présidentielle.
Posez un postulat vérifié : la plupart des élus locaux se divisent
entre les deux principaux partis de gouvernement (PS et UMP) et les non
cartés sont dépendants des subventions accordées par les autres.
Cela posé, prenez une importante poignée de « petits candidats », c'est
à dire ceux qui grosso modo ne pourront pas viser plus de 5% au premier
tour des présidentielles mais qui pour, certains d'entre eux, peuvent
gêner ou conforter l'un des deux favoris. Ajoutez-y un gros candidat
dans tous les sens du terme pour qui le simple fait d'accorder un
parrainage est un acte à haut risque politique mais qui est une
véritable variable d'ajustement. Enfin, complétez avec un troisième
larron qui dispose lui de ses parrainages mais pour qui les intentions
de vote au premier tour, quelque soit la volatilité de ces intentions,
deviennent un problème majeur pour les deux favoris, à leur très grande
surprise.
Vous obtenez un tout extrêmement complexe.
En 2002, aucun obstacle majeur ne s'était dressé sur la route des Le
Pen, Mamère, Besancenot, Laguiller, Chevènement, etc... L'ensemble de ces
candidats était parvenu à faire que les voix au premier tour ont été
particulièrement dispersées aux dépens de Lionel Jospin, avec la suite
que l'on connaît.
En 2007, au souvenir de cette leçon, on s'intéresse beaucoup plus aux
parrainages, qui sont intégrés pleinement à la stratégie des deux
favoris pour le premier tour des présidentielles. A cet égard, la
sortie récente de Nicolas Sarkozy sur France 3 ne manque pas de sel.
Dans sa grande générosité, Monsieur Sarkozy a annoncé qu'il se
battrait, au nom de la démocratie, pour que Le Pen et Besancenot
puissent concourir ! Pourquoi ces deux-là ? Pourquoi pas Voynet ?
Lepage ? Bové ?... Curieuse conception de la démocratie qu'un candidat
décide de quels autres candidats pourront concourir... Ou alors serait-ce
parce que Besancenot affaiblirait Royal et Le Pen affaiblirait Bayrou,
sans parler du report de voix au second tour entre Le Pen et Sarkozy ?
Au moins, peut-on mettre au crédit de Sarkozy de briser le silence sur
une hypocrisie extraordinaire, celle des parrainages... Mamère aurait-il
pu être au premier tour en 2002 sans le PS ? Le Pen aurait-il pu l'être
sans Chirac ? Si Voynet est au premier tour en 2007, ne le devra-t-elle
pas au PS ?
Ne serait-il pas temps de réformer ce système absurde et contre-productif ?
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