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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Le Début De La Vie Eternelle... | 31 janvier 2010

Photo : Lascaux


Quand
Khore’n se réveilla sur le sol froid et humide de la grotte, il était seul. Allongé à demi-nu dans une flaque argileuse, il ouvrit les yeux dans l’obscurité. Il sentait sur son front des mèches de cheveux collées par la boue et le sang ; et des douleurs se réveillaient un peu partout dans son corps meurtri. Ce n’était pas sans lutter qu’il s’était laissé prendre...

Se relevant péniblement, les dents serrées pour ne pas hurler, il appuya ses mains à la paroi de la grotte et toussa, crachant sur ses doigts, encore une fois, du sang mêlé à de la terre ocre. Il se souvenait qu’on l’avait passé à tabac avant de l’enfermer sous terre. Pourquoi ? C’était bien simple à la vérité : son crime était de ceux qu’on punit sévèrement. Il savait depuis toujours qu’en séduisant la fille du chef il courait au-devant des ennuis. Mais comment résister ? Elle était tellement belle, et puis tellement...consentante ! De son doigt, il traça sur le mur le « V » tentateur que la jeune fille dissimulait
(enfin, le plus souvent) sous son pagne en peau de chèvre. Il avait l’impression de la voir se détacher dans les reliefs de la pierre, venir le rejoindre dans sa solitude...

Khore’n alla s’asseoir sur un rocher, renversant au passage un vieux crâne d’ours qui alla se briser sur le sol. Regardant les reflets de lumière filtrant à travers le mur de branches tressées, retenue par un lourd tronc d’arbre abattu, il songea à ce qui l’attendait. Dans quelques jours, il serait mis à mort. La fille du chef ? Il ne savait rien de son sort ; sans doute était-on en train d’en décider dans la tribu. Mais lui ne saurait jamais. Tout comme il ne verrait jamais plus les plaines et les bois. Il ne chasserait plus jamais, lui qui adorait pister le gibier, traquer les troupeaux de rennes dans les vallées encaissées… Le désespoir au cœur, il se leva. Dans ses yeux, il y avait des myriades de cerfs, de mammouths et de bisons. Il y avait l’auroch et le bouquetin, les grands félins et les échassiers qu’il avait vus près de la rivière. Sur ses doigts, il y avait de l’argile rouge, un bout de charbon qui traînait là...

Quand les hommes de la tribu vinrent le chercher pour le supplice, épuisé, affamé, il durent l’entraîner en le soulevant par les bras.
Bunorgh, qui était depuis toujours l’homme des Esprits pour le groupe, portait la torche ; ayant longuement regardé la fresque d’argile et de sang, il se tourna vers le condamné et le fixa d’un air étrange. Puis il sortirent de la grotte et s’éloignèrent vers la plaine et le lieu du sacrifice. Bunorgh cependant savait qu’à présent, le monde allait changer ; et qu’en réalité Khore’n ne mourrait pas vraiment. Il serait pour toujours là, sur la paroi fixant le monde avec stupeur, les yeux agrandis par la surprise de ce qu’il avait découvert...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 12:21:13 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (4) |

[L'Autre] Créature Des Profondeurs [Domestiques]... | 05 janvier 2010

Fond sonore : [Them Crooked Vultures - Bandoliers]


(Ceci est un scénario que j'envisage de proposer à Chris Carter pour la saison 28 des X-Files...oui oui oui, j'y crois^^)

Salvador Bandolier somnolait sur son canapé; le paquet de chips était vide, et le dernier film qu'il avait loué venait de s'achever doucement. Pas un chef-d'oeuvre à coup sûr, mais relativement efficace, songeait Salvador. L'actrice principale faisait preuve d'un grand potentiel méritant chaudement d'être étudié... Bref, après cela l'ennui le guettait ; il se leva, étendit les bras jusqu'à les entendre craquer. Bon ! Ce faisant, il contemplait son appartement : une forte impression de négligé s'y faisait sentir depuis quelques temps. Son esprit carré d'ingénieur récemment reclassé chômeur tiqua fortement devant les appels d'une imminente lessive ; plus urgent peut-être, une vaisselle d'un mois s'accumulait dangereusement sur l'évier. Qu'un courant d'air survienne (mais il aérait peu, par prudence) ou (plus embêtant) qu'une mouche se pose sur l'assemblage de couverts et d'assiettes sales, et ce pouvait être la catastrophe. Salvador fit craquer ses doigts, grogna un peu et se dirigea donc vers la cuisine.

Il s'était mis courageusement à l'ouvrage, frottant avec force les assiettes pour les débarrasser des débris séchés qui s'incrustaient depuis...
Mathusalem. Au moins. Il bataillait, mais il progressait ; et plus le tas descendait, plus c'était facile car imprégné de l'humidité qui stagnait dans l'évier. En revanche, l'odeur allait de pire en pire, et il notait sur les ustensiles une sorte de substance visqueuse brunâtre. Cela finit par étonner Salvador. Il lui parut bientôt que la substance remplissait en fait le fond du bac ; il s'en élevait une odeur pestilentielle qui, lorsqu'il se pencha pour mieux voir, prit Salvador aux tripes.

« 
Mon Dieu, pensa-t-il, horrifié ; mais...qu'est-ce que c'est ? Peut-être une nouvelle forme de vie ? Question humidité, elle doit être à l'aise ; mais d'où serait-elle venue ? »

Constatant un remous, Salvador écarta un vieux plat de gratin recouvert de la matière brunâtre ; soudain, il eut l'impression que sa main glissait. Il tenta de lâcher prise, mais comme il ouvrait les doigts la substance sembla bondir, se saisir de son bras, l'envelopper et le tirer avec force. Hurlant comme un possédé mais incapable de résister vraiment, Salvador Bandolier fut aspiré par l'horreur gluante dans le siphon de son évier.

***


Exhibant sa carte comme un talisman, l'agent Hoax Mulder II
(en fait, un clone mis en service après la perte du premier dans la boîte à gants de sa Ford Escort) pénétra dans l'appartement. Pressentant le moyen de se défaire d'une affaire de disparition domestique plus qu'embarrassante, l'inspecteur local de la police lui sauta aussitôt sur le poil. En un rien de temps, l'agent spécial des Affaires Non Classées était au parfum (ce dernier, d'ailleurs, flottait toujours dans la cuisine) ; il réclama qu'on le laisse seul un moment sur les lieux pour investigation. Quelques instants plus tard, un éclat de rire réjoui rappelait les officiers de police, main sur la hanche et le sourcil froncé :

« 
Agent Mulder II ? Un...problème ? Du gaz hilarant ?
_Non,
hoqueta l'agent du FBI ; mais il se trouve que j'ai résolu le mystère...
_...quoi ?!
_Oui, vous dis-je ! C'est très simple,
ajouta-t-il en essayant de reprendre son sérieux ; j'ai eu le même problème il y a quelques jours. Phénomène « B3URK » dû à une mutation de bactérie extra-terrestre que j'ai éternuée dans les égouts la semaine dernière (une allergie). Vous retrouverez votre disparu dans la fosse septique, sans doute très décomposé par l'aventure...mais probablement toujours en vie.
_Ah...et, si ce n'est pas indiscret, comment vous en êtes-vous sorti ?


Mulder II cligna de l'oeil :

Imaginez-vous que...je n'en sais rien. C 'est ma prochaine affaire Non-Classée ! »

 


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 12:43:21 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (3) |

Le Concert (2)... | 22 décembre 2009



Le vent souffle toujours sous mon nez des flocons ; le froid n’a pas encore réussi à pénétrer mon manteau mais il s’humidifie lentement en surface. Ma guitare se couvre de givre et d’une mince pellicule d’eau qui dégouline sur mes chaussures. Mes mains, je les garde au chaud.

Devant moi le trafic se fait plus intense ; je vois, parfois, un regard furtif pour ce malheureux type debout sur le pont avec son instrument. Mais en règle générale, que dalle ! Le nez dans le guidon et le pied au plancher, pour arriver au boulot avant les bouchons. Pas le temps pour le reste...pour l’instant.

Dans mon dos, un personnage s’arrête ; je l’entends qui dépose son matériel. Il y a beaucoup de pêcheurs qui s’installent ici, j’en ai souvent vu poser leur ligne par-dessus la rambarde et commencer à roupiller sur leur glacière, en attendant que ça veuille bien mordre... Mais là, ce n’est pas ça. Je sais, parce que je l’ai vu du coin de l’œil, que c’est David -
mon batteur - qui prend place avec ses fûts. ‘When The Levee Breaks’ résonne dans mes oreilles en y pensant ; joli morceau, mauvais présage, alors je change et me berce d’un bon petit Wolfmother. ‘New Moon Rising’, ça ira mieux... Qu’un noir soleil se lève sur nos projets, à travers la tempête de neige qui s’annonce, non vraiment, ça ne serait pas pour nous déplaire !

(à suivre)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 21:54:23 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (1) |

Le Concert (1)... | 20 décembre 2009



Les mains dans les poches de mon manteau, je laisse le vent me souffler dans les yeux la fraîcheur du matin. Il est 7h40, et c’est l’Hiver depuis deux jours...

Tandis que les premières voitures défilent, génératrices du brouhaha ambiant, je hausse les épaules, enfouis ma tête dans les replis de l’écharpe qui vient me moucher le nez. Avec elles le vent se lève, comme un tourbillon qui balaierait leurs traces en nous aspirant dans leur sillage. Ancré sur mon trottoir, le dos rond et l’œil noir, je résiste pourtant vaillamment ; car j’ai un but, une raison d’être là qui me fait supporter la fraîcheur humide. Un leimotiv qui m’a fait me lever à 6h ce matin pas tout a fait pour rien. On pourrait la lire, cette raison, dans la petite lueur qui anime mon œil et ravive en moi un feu souterrain, occulte même. Ce feu qui fait que je tiens sur le pont, Telecaster en bandoulière, face aux premiers flocons accrochant mes sourcils.

J’ai confiance, l’heure approche et mon sourire grandit. J’ai du
Them Crooked Vultures dans les oreilles, survivance du culte du Zeppelin chez les  Q.O.T.S.A, touchant au Nirvana par la batterie. Sur ces rythmiques un peu dures, mon pied battant la mesure, j’attends...

(à suivre)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:20:54 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (7) |

Macro... | 08 décembre 2009


Dans le courant de l’année 1919, je travaillais au laboratoire Hallschmidt sur le campus de l’Université d’
Arkham ; j’étais chargé avec mon équipe de l’analyse du matériel expédié d’Antarctique par l’expédition Ashton-Smith. Sur place, les scientifiques rencontraient de nombreuses difficultés pour faire fonctionner correctement leurs instruments, et un inexplicable accident avait détruit une partie du matériel. Nos études se basaient donc sur les photographies et les notes rédigées par nos collègues sur le terrain ; le premier envoi comportait des clichés en taille réelle des premières découvertes. Comme nous le précisait le professeur Ashton dans la notice, les prélèvements et les clichés au microscope allaient suivre par le vol suivant.

Le développement des premières pellicules effectué, je me mis au travail ; il s’agissait d’étudier un sol préhistorique, un niveau calcaire très altéré présentant de nombreuses fissures et regorgeant de fossiles. Le cliché principal représentait un squelette manifestement humain, dans ce qui devait être une sépulture primitive. Il suffisait par lui seul à donner l’échelle -
heureusement, car elle manquait. Oubli dû à l’excitation de la découverte, sans doute ; à moins qu’il ne s’agisse justement du matériel perdu... Dès le départ, je remarquai quelque chose d’inattendu : les espèces fossilisées, quoique ressemblant tout à fait à des spécimens connus, étaient d’une taille surprenante en comparaison avec le squelette. On connaissait ces mollusques ou leurs proches cousins dans des variétés pouvant atteindre, dans nos régions, une dizaine de centimètres ; mais de trente centimètres jusqu’à un bon mètre cinquante, jamais. Certes, ceux-ci étaient d’une espèce différente ; cependant leur gigantisme avait quelque chose de repoussant, d’inadmissible.

Le problème venait aussi d’une sorte de méduse en relation avec le corps ; composé d’un corps de section pentagonale, pourvu d’un système vasculaire inédit, il était équipé de cinq tentacules enroulés et, apparemment, extensibles. Sa contemporanéité avec la sépulture ne faisait aucun doute : les deux se trouvaient dans la même couche calcaire plus claire, recoupés par les mêmes accidents, failles et fracturations du rocher -
ce qui amenait à penser qu’ils s’y étaient tous deux fossilisés ! Les deux jours suivants furent dédiés à une recherche assidue de correspondances phylogénétiques, afin d’attribuer aux espèces observées au moins une tentative identification. Nous ne pûmes rien trouver d’équivalent à ce monstre dans la classification connue ; en revanche, plus surprenant, un de mes étudiants cru reconnaître dans les fossiles présents sur la photographie les phénotypes d’espèces microscopiques identifiés dans des sédiments calcaires de la fin de l’ère Primaire. Qu’ils aient pu survivre dans l’Arctique jusqu’à l’apparition de l’Homme était d’une hypothèse scientifique intéressante ; mais au point d’atteindre une taille si éloignée de celle d’origine, cela dépassait l’entendement. Quant à penser que c’était l’homme lui-même qui était très petit, c’était tentant certes mais aussi parfaitement absurde.

Nous en étions là de nos recherches, fébriles et profondément perplexes, quand un coursier de l’université vint nous porter l’élément qui, loin de résoudre l’énigme, ne faisait qu’en obscurcir le sens ; cette nouvelle donnée se présentait sous la forme d’une autre lettre du professeur Ashton. Jointe au colis initial, elle s’était perdue quelque part au centre de tri et nous parvenait avec du retard ; quand je lus ce qu’elle renfermait, je sentis mes certitudes scientifiques s’étioler, se fondre dans le doute et l’égarement. Ainsi s’expliquait la ressemblance de la tombe avec
ces minéraux broyés par la pression, à l’intérieur même d’un rocher... Elle en avait toutes les caractéristiques, certes,mais j’avais constamment repoussé cette idée. Et pourtant, tandis que ma raison rendait l’âme, je relisais sans cesse la phrase : « …pardonner mon erreur ; nous vous avons transmis les clichés pris au microscope. Il s’agit donc de lames minces de roche, les photos en taille réelle et macrophotographie suivront plus tard… »


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:45:42 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (4) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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